Wall Street grimpe avant la Fed, Alphabet en renfort

Wall Street grimpe avant la Fed, Alphabet en renfort
Deux traders inquiets sur le floor du NYSE à New York.
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Boursier.com, publié le mercredi 29 avril 2020 à 12h59

Wall Street progresse assez nettement avant bourse ce mercredi, le S&P500 s'adjugeant 0,7% et le Nasdaq 1%, avec l'aide d'Alphabet et de quelques autres leaders technologiques. Sur le Nymex, le baril de brut WTI rebondit de 13% sur les 14$. Le Brent avance de 4%. L'once d'or consolide à 1.718$.

Plusieurs grands rendez-vous économiques sont au programme ce jour à Wall Street. Les chiffres initiaux du PIB américain pour le premier trimestre seront publiés à 14h30. Le consensus est de 3,7% de décroissance en rythme annualisé, avec une baisse de 1,5% des dépenses réelles de consommation. L'indice des prix est attendu en hausse de 1,2%. Ces chiffres devraient donc confirmer l'effondrement de l'économie américaine en ce début d'année.

L'indice des promesses de ventes de logements aux USA pour le mois de mars 2020, mesuré par la National Association of Realtors, sera communiqué à 16 heures. Le consensus est de -10%, contre +2,4% un mois avant.

L'indice de confiance des investisseurs mesuré par State Street sera lui aussi communiqué cet après-midi.

Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'Energie sur les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close au 24 avril sera révélé à 16h30.

En soirée, la Fed publiera à 20 heures son communiqué de politique monétaire, qui sera suivi par la conférence de presse de Jerome Powell à 20h30. Les taux américains sont déjà à zéro, mais la Banque Centrale américaine reste surveillée de près, et pourrait modifier encore son discours et se montrer plus alarmiste d'un point de vue économique.

La Bourse de New York a fini en baisse mardi, sous l'effet d'une rotation sectorielle faite au détriment des grandes valeurs technologiques et des valeurs de santé, qui avaient fortement rebondi ces dernières semaines. Les investisseurs ont pris peu d'initiatives à la veille des annonces de la Fed, qui a débuté mardi une réunion de politique monétaire de deux jours. Le pétrole a tenté de se stabiliser après son plongeon de lundi, tandis que de nombreux Etats américains continuent de préparer la levée progressive des mesures de restriction liées au Covid-19.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,13% à 24.101 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 0,52% à 2.863 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a abandonné 1,4% à 8.607 pts.

La banque centrale américaine a multiplié les mesures chocs contre la crise du coronavirus ces dernières semaines, et les marchés n'attendent pas de gestes supplémentaires ce mercredi. Ils seront en revanche très attentifs aux nouvelles prévisions économiques de la banque centrale et aux propos de Jerome Powell sur la situation de l'économie face à la crise du coronavirus qui a fait exploser le chômage et plonger l'activité économique, ainsi que les prix de nombreux biens, à commencer par le pétrole.

Sur les marchés pétroliers, les cours ont tenté de se stabiliser mardi, au lendemain d'un nouveau plongeon de près de 25% pour le WTI lundi... Le baril de brut léger américain pour livraison juin a fini en baisse de 3,4% à 12,34$ après être tombé en début de séance jusqu'à 10,07$ sur le Nymex (-21%)... Le baril de Brent de la mer du Nord de même échéance a regagné 2,35% à 20,46$.

Les pays producteurs réunis au sein de l'Opep+ ont certes prévu de réduire leur production de près de 10 millions de barils par jour à partir de mai, mais les investisseurs jugent cette mesure très insuffisante dans un contexte de récession mondiale.

Les valeurs

Alphabet, la maison-mère de Google, a révélé hier soir ses derniers chiffres. Les chiffres publiés ont finalement rassuré. Le géant américain d'internet a ainsi annoncé après la clôture de Wall Street avoir réalisé au 1er trimestre un bénéfice net de 6,84 milliards de dollars (9,87$ par action) contre 6,66 Mds$ au 1er trimestre 2019 (9,50$ par action). Les revenus (hors coûts d'acquisition de trafic) ont grimpé à 33,7 Mds$ contre 29,48 Mds$ un an plus tôt (+14,3%).

Les analystes du consensus du cabinet FactSet tablaient sur un bénéfice par action supérieur, de 10,71$ en moyenne, mais les revenus ont battu le consensus logé à 33,32 Mds$, même si ces attentes avaient été révisées en baisse ces dernières semaines pour tenir compte de l'impact de la crise du Covid-19.

Les recettes publicitaires représentent plus de 80% des revenus d'Alphabet le solde provenant des activités "Google cloud" (location de serveurs de stockage de données) et du site de vidéo en streaming YouTube. Les revenus du cloud et de YouTube ont dépassé les attentes avec respectivement 2,78 Mds$ (+52%) et 4 Mds$ (+33,4%).

Ruth Porat, la directrice financière d'Alphabet, a décrit un trimestre marqué par "une forte performance pendant les 2 premiers mois, puis en mars nous avons subi une net ralentissement des ventes de publicités en ligne". Mme Porat a ajouté que les ventes hors publicité étaient restées très solides tout au long du trimestre, surtout pour "Google Cloud". "Nous anticipons un deuxième trimestre difficile pour nos activités de publicité", qui sont en lien direct avec la situation macro-économique du pays, a-t-elle reconnu.

AMD, l'autre géant des microprocesseurs, a publié à son tour ses comptes du premier trimestre, qui sont ressortis globalement conformes aux attentes des marchés. Le groupe a fait état après la clôture de Wall Street d'un bénéfice net de 162 millions de dollars (14 cents par action), contre 16 M$ (1 cent par action) un an plus tôt. En données ajustées des éléments exceptionnels, le bpa s'élève à 18 cents, conforme aux attentes des marchés, contre un bpa de 6 cents au 1er trimestre 2019.

Le chiffre d'affaires a atteint 1,79 milliard de dollars, légèrement supérieur au consensus logé à 1,78 Md$. Il est en hausse de 41% par rapport au 1,27 Md$ encaissé au cours de la même période l'année précédente. Pour le 2e trimestre, AMD s'attend à des ventes situées entre 1,75 Md$ et 1,95 Md$ en ligne avec le consensus qui s'établit à 1,8 Md$. Malgré la crise du Covid-19, AMD n'a pas renoncé à faire des prévision annuelles, mais a revu ses ambitions de ventes à la baisse. Le fabricant de puces s'attend encore à une hausse de 20% à 30% de ses ventes cette année par rapport à 2019, contre une fourchette de +28% à +30% auparavant. L'objectif de marge brute est maintenu à 45% en données ajustées.

Ford Motor. Le deuxième constructeur automobile américain a publié mardi soir une lourde perte nette de 2 milliards de dollars, supérieure aux attentes des marchés. Le groupe a en outre suspendu ses prévisions pour l'ensemble de 2020, tout en précisant s'attendre au 2e trimestre à un résultat d'exploitation (Ebit) en perte de 5 Mds$ ! "Nous pensons que la trésorerie du groupe lui permettra de tenir jusqu'à la fin de l'année", a toutefois déclaré Tim Stone, le directeur financier du constructeur américain. Au cours du premier trimestre, Ford a "brûlé" 2,2 Mds$ de cash.

Le groupe a tiré récemment plus de 15 Mds$ sur ses lignes de crédit existantes et a émis en avril des obligations non garanties pour 8 Mds$ pour renforcer ses fonds propres. A la fin du 1er trimestre, Ford disposait de 35,1 Mds$ de liquidités et sa filiale Ford Credit de 28 Mds$. Au 1er trimestre, la perte nette de Ford a donc atteint 2 miliards de dollars (-50 cents par action) à comparer avec un bénéfice de 1,1 Md$ (29 cents par action) sur la même période de 2019. En données ajustées, la perte par action est de 23 cents contre une perte de 8 cents attendue par le consensus FactSet.

Les ventes du groupe ont chuté de 15% au 1er trimestre pour revenir à 34,3 Mds$ contre 40,3 Mds$ un an plus tôt. Les analystes tablaient sur 34,7 Mds$ de revenus. Le groupe a suspendu la distribution de son dividende trimestriel ainsi que son programme de rachat d'actions.

Mondelez, le groupe alimentaire américain aux marques Oreo ou Toblerone, a annoncé pour son premier trimestre 2020 des revenus en croissance de 2,6% et une croissance organique de 6,4%. Les revenus dépassent de 100 M$ le consensus, alors que le bpa est supérieur de 3 cents aux attentes de marché. Le bénéfice dilué par action a représenté 52 cents, en retrait de 17%, mais le bpa ajusté s'est élevé à 69 cents, en hausse de 11%. Le cash généré par les activités a représenté 284 millions de dollars et le free cash flow 70 millions de dollars. Les revenus ont atteint 6,71 milliards de dollars. Du fait de la pandémie, le groupe précise que la visibilité est limitée actuellement sur plusieurs marchés. Ainsi, Mondelez retire temporairement sa guidance annuelle.

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