Wall Street grimpe avec les espoirs de baisse des taux

Wall Street grimpe avec les espoirs de baisse des taux
Traders sur le floor du NYSE américain.

Boursier.com, publié le jeudi 20 juin 2019 à 11h33

La cote américaine, qui terminait hier soir sur une note prudente (+0,15% sur le DJIA et +0,42% sur le Nasdaq), semble vouloir accélérer ce jeudi, le S&P500 s'accordant 0,8% avant bourse et le Nasdaq 1,2% ! Les espoirs de baisse des taux de la Fed soutiennent encore les marchés.

La Réserve Fédérale américaine a maintenu hier mercredi l'objectif du taux des fed funds à 2,25-2,50%, tout en ouvrant la voie à des assouplissements dans les prochains mois. A noter que si 9 membres du Comité de politique monétaire ont voté en faveur de ce statu quo, il y a eu un vote contre, celui de James Bullard. Le patron de la Fed de St-Louis était favorable à une baisse d'un quart de point du taux des fed funds dès hier... La banque centrale a en outre retiré de son communiqué l'expression "patiente", relative à sa future politique monétaire. La Fed est prête à agir de façon "appropriée" face aux "incertitudes croissantes" sur l'économie américaine, ajoutant qu'elle "surveillerait de près" les données macro-économiques à la lumière de ces incertitudes.

Malgré une expansion modérée de l'activité économique, un marché de l'emploi solide et une inflation proche de son objectif de 2%, la Fed indique que "les incertitudes sur les perspectives économiques se sont accrues". A la lumière de ces incertitudes et des faibles pressions inflationnistes, "le Comité va surveiller de près les implications des prochaines données statistiques pour la croissance, et agira de façon appropriée pour soutenir la croissance afin de maintenir un marché de l'emploi solide et une inflation proche de l'objectif de 2%".

Dans ses nouvelles projections économiques, la Fed a cependant laissé planer un certain doute sur le rythme d'évolution des taux. En effet, les projections médianes montrent que la Fed prévoit toujours un taux des fed funds à 2,4% à la fin de l'année (sans changement par rapport à ses dernières projections de mars), ce qui impliquerait non pas une baisse mais une stabilité des taux. Dans le détail, les membres de la Fed apparaissent très partagés : 8 d'entre eux voient les taux baisser d'ici à la fin 2019, dont 7 prévoient deux reculs pour revenir à 1,75-2%. Huit autres prévoient des taux inchangés d'ici à décembre, à 2,25-2,50%, et un seul prévoit une hausse d'un quart de point à 2,50-2,75%.

Pour la fin 2020 en revanche, les prévisions de taux sont bien revues en baisse, à 2,1% au lieu de 2,6% en mars, et pour 2021, elles sont de 2,4% (contre 2,6% précédemment).

La banque centrale américaine a en outre très peu modifié ses prévisions de croissance du PIB des Etats-Unis, attendu en hausse de 2,1% en 2019, de 2% en 2020 et de 1,8% en 2021, contre respectivement 2,1%, 1,9% et 1,8% en mars. Le taux de chômage est revu en très légère baisse de 0,1 point, à 3,6% en 2019, 3,7% en 2020 et 3,8% en 2021, contre respectivement 3,7%, 3,8% et 3,9% en mars. Quant à l'inflation sous-jacente, elle est revue en légère baisse à 1,8%, 1,9% et 2% sur les trois années, contre 2%, 2% et 2% en mars dernier.

Sur le front économique aux USA ce jour, les inscriptions hebdomadaires pour la semaine close au 15 juin seront dévoilées à 14h30 (consensus 219.000), à la même heure que l'indice d'activité manufacturière de la Fed de Philadelphie du mois de juin (consensus 11) et que la balance des comptes courants du 1er trimestre (consensus -124 Mds$). L'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour le mois de mai sera communiqué pour sa part à 16h (consensus +0,1% en comparaison du mois antérieur).

Le pétrole poursuit sa remontée ce jour avec un baril de Brent de la mer du Nord échéance août qui avance de 2,6% à 63,4 dollars à Londres et un 'light sweet crude' pour livraison juillet qui bondit de 3,2% à 55,7$ sur le Nymex. L'or noir bénéficie d'un contexte très porteur depuis hier soir mêlant baisse du dollar, tensions géopolitiques dans le Golfe, accalmie sur le front commercial sino-américain et recul plus fort qu'anticipé des réserves américaines la semaine passée.

Après avoir atteint un plus haut de près de deux ans, les stocks de pétrole ont chuté de 3,1 millions de barils la semaine dernière aux Etats-Unis quand le consensus anticipait un repli de 1,1 million de barils... Après des semaines de désaccord, les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole ont quant à eux décidé de se réunir le 1er juillet, avant une réunion avec leurs alliés non membres du cartel le lendemain. L'OPEP+ discutera de l'opportunité de prolonger l'accord sur la réduction de 1,2 million de barils par jour de la production, qui expire ce mois-ci. Le ministre de l'énergie des Émirats arabes unis a déclaré au journal 'Al-Bayan' qu'une extension était "logique et raisonnable" et que l'élan en faveur d'un accord semblait se renforcer.

Les espoirs commerciaux ont dopé les marchés chinois. Le Shanghai Composite a repris 2,4% à 2.987 pts. Le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer, qui dirige les discussions avec la Chine sur les questions commerciales, a indiqué qu'il s'attendait à rencontrer, avec le secrétaire au Trésor Stephen Mnuchin, le vice-Premier ministre chinois Liu He. Les discussions au niveau intermédiaire vont donc bien reprendre, avant une rencontre au sommet attendue lors du G20 d'Osaka au Japon entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping.

Du côté des valeurs, Oracle a battu mercredi soir le consensus au quatrième trimestre, tant au niveau de son chiffre d'affaires que de son bénéfice, grâce notamment à l'informatique dématérialisée et aux licences. L'éditeur de logiciels de gestion d'entreprises a fait état d'un bénéfice net de 3,74 milliards de dollars (1,07$ par action) pour son 4ème trimestre clos le 31 mai, en hausse de 14% par rapport aux 3,28 Mds$ réalisés un an plus tôt (0,79$ par action). Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action a atteint 1,16$, supérieur au consensus de 1,07$. Les ventes du groupe californien ont de leur côté progressé de 1% à 11,14 Mds$, alors que le consensus était logé un peu plus bas à 10,9 Mds$. Le CA des licences, notamment celles du cloud, a bondi de 12% à 2,52 Mds$...

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