Wall Street grimpe, avec les espoirs de négociation entre Etats-Unis et Europe

Wall Street grimpe, avec les espoirs de négociation entre Etats-Unis et Europe©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 05 juillet 2018 à 11h26

Wall Street, fermé hier mercredi pour 'l'Independence Day' américain (Jour de l'Indépendance), rouvre ce jeudi. La cote américaine avait corrigé mardi soir avec les valeurs technologiques (-0,86% sur le Nasdaq et -0,54% sur le DJIA), au terme d'une séance écourtée à la veille de la fête nationale. La tendance avant bourse ce jeudi est par contre positive, alors que l'administration Trump semble assouplir le ton face à l'Europe concernant la taxation des importations de voitures. Le S&P500 est attendu en hausse de 0,4%. Le Nasdaq affiche une progression comparable.

L'ambassadeur américain en Allemagne a proposé aux dirigeants allemands de constructeurs automobiles que le Président Trump suspende sa menace d'imposer des prélèvements douaniers sur les voitures importées de l'Union Européenne, si le bloc lève de son côté les taxes imposées aux véhicules importés des USA. C'est du moins ce que croit savoir le journal allemand 'Handelsblatt', repris par l'agence Reuters. Trump avait auparavant menacé d'imposer des taxes de 20% sur les véhicules assemblées dans l'Union Européenne. D'après 'Handelsblatt', l'ambassadeur Richard Grenell aurait toutefois tenté de négocier l'apaisement, à l'occasion d'une réunion à Berlin avec les dirigeants de Daimler, BMW et Volkswagen (Dieter Zetsche, Harald Krueger et Herbert Diess).

Les marchés pourraient donc apprécier ce jour cette tentative de négociation, qui reste à confirmer. Actuellement, les 'tarifs' US sur les importations de voitures sont de 2,5% (25% sur les camions). L'Union Européenne impose quant à elle des prélèvements de 10% sur les voitures importées des États-Unis, rappelle l'agence Reuters. Trump a enfin sanctionné l'UE, le Canada et le Mexique avec des taxes de 25% sur l'acier et 10% sur l'aluminium, qui ont pris effet le mois dernier, après la levée des exemptions antérieures. L'Union a alors imposé des droits de 25% sur une série de biens américains (acier, aluminium, produits agricoles, bourbons, jeans, motos...).

Les tensions commerciales persistent quant à elles entre les Etats-Unis et la Chine. Les nouveaux prélèvements douaniers décidés par les USA sur 34 Mds$ de produits importés de Chine doivent entrer en vigueur demain. Les 'tarifs' douaniers chinois décidés en représailles, et portant sur un montant sensiblement équivalent de 34 Mds$ de produits importés des USA, sont également attendus dans la foulée.

Le conflit commercial entre Washington et Pékin semble s'installer dans la durée, comme en témoigne par ailleurs l'affaire Micron. Un tribunal chinois a ainsi décidé d'interdire temporairement au concepteur américain de 'puces' de commercialiser en Chine 26 produits semi-conducteurs. Le motif invoqué est la violation supposée de brevets détenus par le Taïwanais United Microelectronics Corp. (UMC). Micron a décroché mardi soir en bourse (-5,5%) sur cette nouvelle, et emporté avec lui une bonne partie de la cote technologique à Wall Street.

De son côté, le gouvernement des États-Unis entend empêcher le colosse télécom China Mobile de pénétrer sur le marché américain. Ainsi, L'opérateur chinois ne pourrait pas offrir ses services sur le territoire américain, au motif que la firme poserait un risque pour la sécurité nationale. La FCC (Federal Communications Commission) américaine pourrait donc repousser la demande de l'opérateur asiatique, qui désirait offrir des services entre les Etats-Unis et d'autres pays. C'est du moins ce que suggère la National Telecommunications and Information Administration (NTIA), agence du Département au commerce qui conseille l'administration Trump sur les politiques télécoms...

Dans ce contexte de guerre commerciale à l'échelle mondiale, les devises demeurent fluctuantes, au gré des rumeurs. L'euro s'affiche ce jeudi à 1,1688$ (+0,3%). Le yuan se stabilise quant à lui après un plancher de 11 mois, de retour à 6,64 le dollar avec la Banque centrale chinoise, dont le Gouverneur a affirmé qu'il prêtait attention aux fluctuations récentes sur les marchés.

Sur le Nymex américain, le baril de brut reste haut perché, sur les 74$ pour le contrat d'août, avant le rapport hebdomadaire concernant les stocks domestiques américains. Le Brent évolue autour des 78$. En attendant le rapport du Département américain à l'énergie, qui sera révélé à 17 heures ce jour, l'American Petroleum Institute a dévoilé de son côté des stocks hebdomadaires US domestiques de brut en retrait de 4,5 millions de barils en comparaison de la semaine antérieure.

Sur le front économique aux Etats-Unis ce jeudi, l'étude Challenger concernant les destructions de postes annoncées sera publiée à 13h30, suivie à 14h15 par le rapport d'ADP sur l'emploi privé (consensus 190.000 créations de postes) et à 14h30 par les inscriptions hebdomadaires au chômage (consensus 223.000 pour la semaine close au 30 juin). Les indices PMI (consensus 56,5) et ISM (consensus 58,4) des services américains pour le mois de juin seront également dévoilés ce jour, à respectivement 15h45 et 16 heures. Dans la soirée, les puristes suivront aussi les Minutes de la dernière réunion FOMC de la Fed (20 heures).

Il n'y aura pas de publications financières trimestrielles notables d'entreprises cotées à Wall Street ce jour.

Boeing. Le patron du conglomérat aéronautique brésilien Embraer, Paulo Cesar de Souza e Silva, a déclaré que les négociations de l'avionneur brésilien avec Boeing étaient entrées en phase finale, selon les informations de 'Valor Economico' reprises par l'agence Reuters. Le dirigeant d'Embraer, qui assistait à une conférence organisée par le journal, n'a pas daigné apporter de précisions sur l'accord, qualifiant les négociations de complexes.

Praxair. L'acteur japonais des gaz industriels Taiyo Nippon rachète certaines activités européennes de l'Américain Praxair pour cinq milliards d'euros. L'opération vise notamment à assurer le succès du rapprochement de l'Allemand Linde et de Praxair, dans le cadre d'une fusion de 83 Mds$ par échange de titres donnant naissance à un leader industriel dépassant Air Liquide.

Linde a promis par ailleurs d'autres cessions, afin d'obtenir l'aval de la Commission européenne pour cette fusion géante. Linde espère une finalisation du rapprochement au second semestre 2018.

Tesla restera surveillé à Wall Street ce jour, après une chute de 7,2% mardi soir. Malgré l'atteinte de l'objectif de production du Model 3 à fin juin, les opérateurs doutent toujours de la capacité du groupe à s'inscrire durablement dans un cercle vertueux. L'objectif des 5.000 Model 3 produits en une semaine aurait d'ailleurs été atteint au prix de sacrifices importants et peut-être au détriment de la qualité, si l'on en croit certains médias financiers américains.

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