Wall Street grimpe, le Nasdaq en terre inconnue

Wall Street grimpe, le Nasdaq en terre inconnue
Réaction de traders après la clôture du NYSE.

Boursier.com, publié le mercredi 05 août 2020 à 11h14

La cote américaine poursuit sa progression avant bourse ce mercredi, le DJIA prenant 0,7% et le S&P500 0,5%. L'indice Nasdaq Composite est attendu au plus haut de son histoire, sur un gain de 0,4% dans la zone inexplorée des 11.000 pts. Les opérateurs ignorent les dernières nouvelles relatives à la crise sanitaire du nouveau coronavirus et se concentrent sur les données économiques, plutôt réconfortantes quant à elles.

Aux Etats-Unis, le rapport d'ADP sur l'emploi privé pour le mois de juillet sera communiqué à 14h15 (consensus 1,89 million de créations). La balance commerciale de juin sera dévoilée à 14h30 (consensus 50,3 milliards de dollars de déficit). L'indice PMI final des services américains du mois de juillet sera connu à 15h45 (consensus 49,6), alors que l'ISM des services du même mois sera publié à 16 heures (consensus 55). Le rapport hebdomadaire du Département à l'Energie sur les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close le 31 juillet, sera annoncé à 16h30.

Les principales bourses européennes sont orientées en hausse ce jour, après les publications des indices PMI européens finaux des services. Le redressement de l'indice PMI composite IHS Markit de l'activité globale dans la zone euro s'est poursuivi au cours du mois de juillet. Progressant de 48,5 en juin à 54,9, l'indice gagne en effet plus de six points et dépasse en outre son estimation flash (54,8). L'indice se hisse ainsi au-dessus de la barre des 50 pour la première fois depuis février et signale le plus fort taux d'expansion de l'activité depuis juin 2018. A 54,7 en juillet contre 48,3 en juin, l'indice PMI IHS Markit de l'activité de services s'est également redressé nettement au-dessus de la barre des 50, signalant un retour à la croissance. L'indice a en outre atteint son plus haut niveau depuis près de deux ans.

L'indice PMI espagnol des services est ressorti à 51,9, proche des attentes du consensus, alors que l'indice italien a dépassé les prévisions à 51,6. L'indice français ressort robuste à 57,3, même s'il manque de peu le consensus. L'indice final allemand des services se situe à 55,6 contre 56,7 de consensus.

L'indice final britannique des services ressort en ligne avec les attentes à 56,5.

En Chine, la performance annoncée plus tôt ce jour dans les services ressort mitigée, traduisant un ralentissement de croissance avec un indicateur Caixin/Markit de 54,1, contre 58 de consensus. L'expansion de l'activité du secteur des services a ralenti après avoir atteint en juin son plus haut niveau en dix ans.

Les ventes au détail, corrigées des variations saisonnières, ont augmenté de 5,7% dans la zone euro en juin après le bond de 20,3% du mois précédent. Le consensus tablait sur une hausse plus marquée de 6,1%. Eurostat note toutefois que les volumes des ventes du commerce de détail sont désormais revenus aux niveaux enregistrés en février, avant que les mesures de confinement ne soient introduites. En glissement annuel, les ventes affichent une progression de 1,3% contre un repli de 0,2% attendu.

Les opérateurs suivent toujours avec attention l'évolution des négociations entre démocrates et républicains à Washington sur le plan de relance, qui pourraient déboucher sur un accord d'ici la fin de la semaine à en croire le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

La bourse de New York avait terminé hier soir en progression. L'indice Dow Jones avait gagné 0,62% à 26.828 pts, contre un gain de 0,35% sur le Nasdaq Composite à 10.941 pts. Apple signait hier une cinquième séance consécutive de hausse dans le sillage des comptes publiés la semaine dernière. Le groupe à la pomme, première capitalisation mondiale, pèse environ 1.880 milliards de dollars à Wall Street.

Les cours du pétrole progressent, après une baisse plus forte que prévu des stocks de brut aux Etats-Unis - selon les données de l'American Petroleum Institute (API). Le baril de Brent de la mer du Nord gagne 1,5% à 45$, alors que celui du brut léger américain (WTI) avance de 1,6% à 42,4$.

Les cours de l'or atteignent des sommets historiques. Le métal précieux évolue ce matin au-dessus des 2.000$, sur de nouveaux plus hauts à 2.038$ l'once (+1,5%). Porté par son statut de valeur refuge face aux risques politiques et économiques croissants, l'once d'or affiche une impressionnante progression de plus de 30% depuis le début de l'année.

Sur le front sanitaire cette fois, la pandémie poursuit son expansion et le triste cap des 700.000 morts recensés vient d'être franchi au niveau mondial. Selon l'Université Johns Hopkins, 18,55 millions de cas ont été confirmés dans le monde depuis l'émergence de l'épidémie du nouveau coronavirus, dont 4,77 millions aux USA, 2,8 millions au Brésil et 1,91 million en Inde. Le virus a fait 156.830 morts aux Etats-Unis et 95.819 au Brésil, les deux pays étant les plus touchés.

Walt Disney, le colosse américain du divertissement, a annoncé hier soir des comptes mitigés au titre de son troisième trimestre fiscal. Néanmoins, le groupe est parvenu à dégager un bénéfice ajusté par action supérieur aux attentes, à 8 cents par titre contre 64 cents de déficit anticipé. Le groupe a passé une charge voisine de 5 milliards de dollars du fait de la pandémie. La crise du Covid-19 a par ailleurs plombé de 3,5 milliards les profits opérationnels des parcs. Bob Chapek, CEO, évoque un impact sans précédent de la pandémie. Le service de streaming Disney+ dispose en revanche, à ce jour, de 60,5 millions de clients payants, ce qui constitue un motif de satisfaction. En tenant compte des abonnements Hulu et ESPN+, Disney a donc attiré sur ses terres plus de 100 millions de clients streaming dans le monde, contre 193 millions pour le leader Netflix. Disney n'entend pas en rester là et devrait poursuivre son offensive à l'international avec le service de streaming Star.

Disney s'adapte à la crise. Le groupe a surpris hier soir en annonçant la sortie de Mulan sur Disney+ le 4 septembre pour 30$ et au cinéma sur les marchés où son service de streaming n'est pas disponible. Le groupe avait auparavant annoncé fin juillet le report de la sortie du long-métrage Mulan à une date indéterminée.

Pour le trimestre clos, l'activité parcs et produits consommateurs a affiché une perte opérationnelle de 1,96 milliard. Les réseaux médias ont en revanche réalisé un profit opérationnel en vive croissance de 48% à 3,15 milliards. L'unité direct-to-consumer et international, comprenant Disney+, a perdu 706 M$. Les studios cinéma ont réalisé 668 M$ de profit, en baisse de 16%. Les revenus totaux du groupe ont chuté de 42% à 11,78 milliards de dollars, contre 12,37 milliards de consensus. La perte nette des opérations poursuivies a représenté 4,72 milliards de dollars, 2,61$ par titre.

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