Wall Street : happy Thanksgiving

Wall Street : happy Thanksgiving
Deux traders souriants sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le vendredi 27 novembre 2020 à 10h16

Wall Street, fermé hier pour Thanksgiving, est attendu en légère progression, sur ses sommets ou presque, avant bourse ce vendredi. Le Dow Jones gagne 0,3%, le S&P 500 0,2% environ et le Nasdaq 0,4%. Le baril de brut WTI cède 1,4% sur le Nymex à 45$. L'once d'or grappille 0,1% à 1.808$. L'indice dollar perd 0,1% face à un panier de devises de référence.

Rappelons que la cote américaine ne rouvre ce jour que pour une courte séance, la clôture intervenant à 19 heures, heure française. Par ailleurs, aucune statistique économique notable n'est attendue outre-Atlantique et de nombreux opérateurs sont absents. L'actualité des entreprises cotées à Wall Street sera par ailleurs réduite, avec tout de même des publications financières des Chinois Weibo et Sina, représentés sur la place US.

L'optimisme persiste concernant les potentiels vaccins contre le coronavirus, malgré quelques doutes sur les résultats d'AstraZeneca du fait du manque de détails concernant le protocole le plus réussi de son étude, consécutif en fait à une erreur de dosage. Donald Trump, comme à son habitude, se montre pour sa part confiant quant à la livraison des vaccins, dont le processus devrait selon lui débuter la semaine prochaine. Les tendances à l'échelle mondiale concernant le nouveau coronavirus demeurent quant à elles assez préoccupantes, en particulier aux USA où les hospitalisations approchent de la barre des 90.000. En Europe, des signes de stabilisation sont décelés. En Asie, Tokyo (forte hausse des patients sévèrement atteints) et la Corée du Sud (infections au plus haut depuis mars) préoccupent.

Selon l'Université Johns Hopkins, le nombre de cas confirmés dans le monde depuis le début de l'épidémie dépasse désormais les 61 millions, dont 12,9 millions aux USA, 9,3 millions en Inde et 6,2 millions au Brésil. Le virus a fait 1,43 million de morts dans le monde, dont 263.455 aux Etats-Unis, 171.460 au Brésil et 135.715 en Inde.

Londres a demandé ce vendredi à l'Agence britannique de réglementation des médicaments et produits de santé (MHRA) d'évaluer le vaccin contre le Covid-19 développé par l'université d'Oxford et le laboratoire britannique AstraZeneca en vue de sa commercialisation. Le groupe pharmaceutique estime que 4 millions de doses pourraient être disponibles en Grande-Bretagne d'ici la fin du mois prochain, et le ministre de la Santé britannique, Matt Hancock, prévoit que le vaccin soit disponible avant Noël. Il s'agit donc désormais pour l'organisme de réglementation d'évaluer le vaccin d'AstraZeneca et de déterminer s'il correspond aux normes de sécurité. La MHRA évalue déjà le vaccin à mesure que les données de sécurité et efficacité sont publiées.

AstraZeneca a indiqué en début de semaine que son candidat vaccin développé en collaboration avec l'Université d'Oxford, affichait jusqu'à 90% d'efficacité selon des résultats préliminaires d'un essai clinique de phase III. Le taux moyen d'efficacité ressort à 70%, mais il est donc monté à 90% dans une branche de l'étude. Deux protocoles ont donné des résultats différents, avec 62% d'efficacité pour un groupe vacciné par deux doses à un mois d'écart et curieusement, 90% pour des volontaires ayant reçu une demi-dose puis une dose à un mois d'intervalle. Il serait donc possible qu'une dose initiale plus faible entraîne une meilleure efficacité du vaccin.

Justement, le directeur général du laboratoire a estimé hier jeudi que le vaccin nécessitait une étude supplémentaire, suite à certains avis critiques concernant les résultats. La procédure est toutefois attendue rapide, avec un plus petit nombre de patients selon Pascal Soriot. Cela ne devrait donc pas affecter l'approbation des régulateurs de l'UE ou du Royaume-Uni. L'accord américain pourrait prendre un peu plus de temps. La nouvelle étude servira à mieux évaluer l'efficacité du vaccin au dosage plus faible du protocole ayant donné 90% de résultat. L'Organisation mondiale de la Santé a déclaré qu'elle attendait impatiemment la publication complète des données afin de mieux appréhender les performances du candidat vaccin d'Oxford et AstraZeneca.

Matt Hancock a aussi demandé à la MHRA d'approuver le candidat de Pfizer et BioNTech après qu'il se soit avéré efficace à 95%. Pour l'heure, les vaccins de Pfizer et Moderna semblent plus efficaces que celui d'AstraZeneca, mais ce dernier est moins coûteux et plus facile à stocker. 3 milliards de doses du vaccin du Britannique pourraient ainsi être disponibles l'année prochaine, contre 1,3 milliard pour Pfizer / BioNTech. AstraZeneca prévoit de fabriquer 200 millions de doses d'ici la fin 2020 et 700 millions à la fin du premier trimestre 2021.

En outre, le fabricant du vaccin russe Spoutnik V contre Covid-19 a proposé hier à AstraZeneca de le combiner avec sa propre version pour en augmenter l'efficacité. Les autorités russes estiment que Spoutnik V est efficace à 92%.

Moncef Slaoui, qui dirige l'effort américain de vaccination dans le cadre de l'Opération Warp Speed, a indiqué à CNBC que les Américains pouvaient s'attendre à un 'retour substantiel à la normale' dès l'été 2021. Il espère que 70 à 80% de la population sera vaccinée en mai ou juin. Deux semaines après Thanksgiving, la FDA se réunira afin de décider d'une éventuelle approbation du vaccin de Pfizer / BioNTech. En cas d'accord, le gouvernement américain distribuera initialement 6,4 millions de doses à travers le pays. Slaoui pense que la vaccination de masse des Américains est un objectif difficile mais atteignable. Un récent sondage Gallup montre pourtant que 58% de la population seulement accepterait de se faire vacciner.

Sur le front commercial cette fois, Bloomberg rapporte que la France et l'Allemagne tentent des contacts préliminaires avec l'équipe du président-élu Joe Biden afin de normaliser les relations commerciales entre Washington et Bruxelles. Les questions sont diverses et concerneraient notamment le secteur aérien ou les tarifs sur l'acier et l'aluminium, ainsi que les fameuses 'compagnies digitales' internationales. La réforme de l'Organisation mondiale du commerce pourrait aussi être discutée.

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