Wall Street : haut plateau permanent ?

Wall Street : haut plateau permanent ?
Réaction de traders après la clôture du NYSE.

Boursier.com, publié le jeudi 08 avril 2021 à 10h59

La cote américaine progresse avant bourse ce jeudi, le Nasdaq étant attendu sur un gain de 0,6%, contre une hausse de 0,3% du S&P 500. Seul le DJIA temporise et s'affiche stable. Le baril de brut WTI recule de 0,6% sur le Nymex à 59,4$, alors que le Brent de la mer du Nord évolue à 63$. L'once d'or est sans grande évolution à 1.744$. L'indice dollar régresse de 0,1% face à un panier de devises. L'euro progresse de 0,1% face au billet vert. Le bitcoin abandonne 1% environ sur 24 heures à 56.900$. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond américain à dix ans se situe à 1,66% et celui du 30 ans à 2,34%.

La cote américaine progresse avant bourse ce jeudi, le Nasdaq étant attendu sur un gain de 0,6%, contre une hausse de 0,3% du S&P 500. Seul le DJIA temporise et s'affiche stable. Le baril de brut WTI recule de 0,6% sur le Nymex à 59,4$, alors que le Brent de la mer du Nord évolue à 63$. L'once d'or est sans grande évolution à 1.744$. L'indice dollar régresse de 0,1% face à un panier de devises. L'euro progresse de 0,1% face au billet vert. Le bitcoin abandonne 1% environ sur 24 heures à 56.900$. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond américain à dix ans se situe à 1,66% et celui du 30 ans à 2,34%.

Les inscriptions hebdomadaires américaines au chômage pour la semaine close au 3 avril seront annoncées à 14h30 (consensus 680.000). James Bullard, Neel Kashkari et surtout Jerome Powell de la Fed s'exprimeront dans la journée.

Ailleurs dans le monde, l'indice japonais de confiance des consommateurs a dépassé les attentes à 36,1, alors que le sentiment des observateurs économiques a lui aussi battu le consensus à 49. Les commandes industrielles allemandes ont augmenté comme prévu de 1,2% sur le mois de février. Le déficit de la balance commerciale française s'est allourdi à 5,2 milliards d'euros en février. Le PMI britannique de la construction est ressorti particulièrement solide à 61,7 en mars.

On notera par ailleurs sur le front économique, des commentaires dovish du chef économiste de la BCE, qui maintient donc son biais très accommodant. Hier, les Minutes du FOMC de la Fed américaine ont confirmé que la banque centrale américaine allait prendre son temps avant de durcir un peu sa politique.

Le soutien budgétaire essentiel des marchés provient de l'anticipation du plan Biden dédié aux infrastructures, malgré sa forte contrepartie fiscale frappant les entreprises et les riches. En outre, la saison des publications financières trimestrielles américaines du T1 pointe son nez, le consensus des analystes étant une croissance de 25% des profits du S&P 500. Pour finir, les opérateurs espèrent beaucoup de la réouverture de l'économie, en particulier aux USA.

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mercredi, le S&P 500 franchissant de justesse un nouveau record, après la publication du compte-rendu de la dernière réunion de la Fed, qui a confirmé son attentisme en matière de politique monétaire. Les marchés ont par ailleurs digéré les annonces de Janet Yellen, la secrétaire au Trésor américaine, qui a détaillé le projet de réforme de la taxation des entreprises visant à financer le plan sur les infrastructures de 2.300 milliards de dollars du président Joe Biden. Ce dernier a appelé mercredi les élus Républicains à soutenir ce plan.

A la clôture, le Dow Jones a grappillé 0,05% à 33.446 points, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 0,15% à 4.079 pts, un nouveau sommet donc, deux petits points au-dessus de son record de lundi. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a fini sur un léger recul de 0,07% à 13.688 pts.

Les marchés restent portés par les espoirs de reprise économique, avec les soutiens budgétaires et ceux des banques centrales. Le FMI a relevé mardi son estimation de croissance mondiale pour 2021 à 6%, contre 5,5% il y a environ 3 mois. Le Fonds monétaire international évoque en particulier les dépenses publiques sans précédent, essentiellement aux USA où les investisseurs attendent beaucoup du nouveau plan de l'administration Biden.

Depuis la Maison Blanche, Joe Biden a lancé mercredi soir un vibrant plaidoyer pour convaincre le Congrès d'adopter son plan d'investissement dans les infrastructures, indispensable selon lui pour que les Etats-Unis tiennent tête à la Chine et "pour que l'Amérique reste la première puissance mondiale", a déclaré le président démocrate.

"Est-ce que vous croyez que la Chine attend avant d'investir dans ses infrastructures numériques, dans la recherche et le développement ?", a-t-il lancé. "Elle n'attend pas et elle mise sur le fait que la démocratie américaine sera lente et trop divisée pour tenir le rythme". Soulignant qu'il n'existe pas "de ponts républicains ou d'aéroports démocrates", le président a appelé les élus républicains à "faire ce qui est bon pour l'avenir". Il s'est redit ouvert à "des négociations de bonne foi" avec pour seule ligne rouge de ne pas augmenter les impôts des personnes qui gagnent moins de 400.000 dollars par an.

Dans le compte-rendu de sa dernière réunion des 16 et 17 mars, publié mercredi à 20h, la Fed a confirmé qu'elle était encore loin d'avoir atteint ses objectifs, ajoutant qu'il faudra attendre encore "quelque temps" avant d'observer des progrès plus importants concernant ces objectifs, à savoir le plein-emploi et une inflation moyenne de 2%.

Les marchés financiers ont peu réagi à ce rapport, qui ne fait que confirmer les nombreuses déclarations des dirigeants de la Fed faites ces dernières semaines. Les Minutes indiquent que les membres de la Fed sont convenus de la persistance de fortes incertitudes liée à la pandémie, et ils ont estimé que la politique monétaire actuelle restait appropriée pour "soutenir une plus ample reprise" économique.

Dans ses nouvelles projections faites en mars, la Fed ne prévoyait pas de hausse du taux des "fed funds" avant la fin 2023, même si 7 des 18 responsables de la Fed s'attendaient tout de même à une remontée des taux courant 2023 (contre 11 tablant sur un statu quo), alors qu'ils n'étaient que 5 en décembre dernier. Ils sont 4 sur 18 à envisager une hausse des taux dès 2022.

Par ailleurs, le président de la Fed de Dallas, Robert Kaplan a estimé mercredi qu'il était encore trop tôt pour réduire le soutien à l'économie américaine. Il faudra attendre le reflux de la pandémie et un rétablissement plus avancé de l'économie, a-t-il déclaré au 'Wall Street Journal'. "Il y a des raisons d'être optimiste quant à l'avenir. Cela dit, je tiens également à souligner que nous ne sommes pas encore sortis d'affaire", a-t-il poursuivi. Trois autres membres de la Fed, Charles Evans, Thomas Barkin et Mary Daly devaient s'exprimer mercredi sur divers sujets.

Mercredi, Janet Yellen a détaillé les projets fiscaux de l'administration Biden pour les entreprises, qui verront notamment le taux d'impôt sur les sociétés remonter de 21% à 28%. Ce projet repose aussi sur la conclusion d'un accord avec les grandes puissances économiques sur l'introduction d'un taux mondial d'imposition minimum des entreprises à 21%, et sur une taxe plancher distincte de 15% sur les bénéfices que les plus grandes firmes américaines publient dans leurs communiqués financiers aux actionnaires. Des dizaines de grandes entreprises aux Etats-Unis recourent à des stratégies fiscales complexes pour réduire à zéro leur dette fiscale fédérale.

Janet Yellen a déclaré n'avoir pas vu se matérialiser la promesse d'un investissement accru des entreprises aux Etats-Unis faite par la précédente administration au moment de la réforme de 2017, qui a allégé la pression fiscale sur les grandes entreprises. En revanche, a-t-elle regretté, les baisses d'impôts de Donald Trump ont entraîné une lourde chute de la part des recettes fiscales dans l'économie, avec des mesures incitant à basculer des bénéfices hors du pays.

Sur le front sanitaire, les vaccinations contre le coronavirus accélèrent aux Etats-Unis. Le président Joe Biden a annoncé mardi soir l'ouverture de la vaccination à tous les Américains majeurs dès le 19 avril, et non le 1er mai comme initialement prévu. La Maison blanche craint une nouvelle vague de Covid, au vu du relâchement des comportements des Américains lassés par la pandémie, et de la levée des mesures de restriction dans certains Etats. Ainsi, sur les 7 derniers jours, le nombre moyen de nouveaux cas a augmenté de 20% par rapport à la période précédente de 7 jours, atteignant 64.847 cas quotidiens aux Etats-Unis. Le nombre d'hospitalisations et de morts reste toutefois contenu.

Alors que le variant britannique, plus contagieux, est désormais majoritaire aux Etats-Unis, selon les autorités sanitaires, les Etats continuent de rouvrir leurs économies. La Californie notamment, prévoit de lever la majeure partie des restrictions sanitaires au 15 juin, du moins si les vaccins sont en nombre suffisant et si les hospitalisations demeurent contenues.

Jusqu'à présent aux Etats-Unis, 108,3 millions de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin, soit 32,6% de la population, et plus de 63 millions sont entièrement vaccinés (environ 19%). A noter que la Maison blanche a exclu mardi d'imposer des "passeports vaccinaux" tout en indiquant que les sociétés privées étaient libres d'explorer cette idée.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.