Wall Street hésite, le Dow Jones plombé par Boeing

Wall Street hésite, le Dow Jones plombé par Boeing
Deux traders inquiets sur le floor du NYSE à New York.

Boursier.com, publié le lundi 11 mars 2019 à 11h55

La cote américaine pourrait souffrir quelque peu ce lundi. Le S&P500 est attendu relativement stable avant bourse, mais l'indice historique Dow Jones décroche quant à lui de 0,6%, affichant un recul à trois chiffres avec Boeing. Le Nasdaq est attendu en revanche dans le vert en pré-séance (+0,2%).

Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier devises, grappille 0,1% à 97,4.

Du côté des matières premières, le baril de brut WTI avance de 0,9% sur le Nymex à 56,6$, alors que le baril de Brent de la mer du Nord réalise une performance comparable à 66,3$. L'Arabie saoudite envisage de réduire ses exports de brut à moins de 7 millions de barils / jour en avril, tout en conservant une production très inférieure à 10 millions de barils / jour. C'est du moins ce qu'affirme ce lundi un responsable saoudien. Ainsi, pour le second mois consécutif, le Royaume devrait couper sa production davantage que prévu, a indiqué à 'Bloomberg' ce responsable. La décision montre la volonté de Ryad de respecter ses quotas afin de soutenir des cours du brut qui restent bien en dessous du niveau dont de nombreux membres de l'OPEP ont besoin pour couvrir leurs dépenses publiques.

Rappelons que les États-Unis sont passés hier dimanche à l'heure d'été.

Dans l'actualité économique américaine ce jour, les ventes de détail du mois de janvier 2019 seront publiées à 13h30 (consensus stable en comparaison du mois antérieur, +0,2% hors automobile, +0,5% hors automobile et essence).

Les stocks et ventes des entreprises américaines pour le mois de décembre 2018 seront connus à 15h (consensus +0,6% pour les stocks).

Jerome Powell, le président de la Fed, interviendra pour sa part dans la soirée, à l'occasion des remarques d'introduction de la conférence NCRC (National Community Reinvestment Coalition's) 'Just Economy' à Washington. Le leader de la Fed a confirmé hier dimanche que la Banque n'était pas pressée de relever ses taux. La Fed observera l'impact du ralentissement économique sur les conditions locales aux Etats-Unis avant d'agir, a indiqué Powell à l'occasion d'une interview sur CBS ('60 Minutes'). Le timonier de la Fed a jugé les taux actuellement appropriés et quasiment neutres, ce qui 'colle' bien avec les estimations des spécialistes, qui anticipent majoritairement une pause cette année.

Powell, interrogé à propos de son conflit avec le président américain Donald Trump, a estimé que ce dernier n'avait probablement pas le pouvoir de le 'virer' sous prétexte d'un conflit à propos de la politique monétaire.

Du côté des comptes trimestriels des entreprises, c'est le retour au calme à Wall Street, après la vague des publications.

Boeing décroche de près de 9% à Wall Street avant bourse, suite au crash d'un B737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines qui a fait 157 morts. L'accident est intervenu moins de six mois après le crash d'un avion du même type de Lion Air en Indonésie... Suite à ce nouveau drame, la compagnie africaine a annoncé avoir immobilisé toute sa flotte de B737 MAX 8 (4 appareils) jusqu'à nouvel ordre, alors que les autorités chinoises ont ordonné aux compagnies aériennes du pays de suspendre leurs vols opérés avec ce type d'appareils.

Les transporteurs chinois opèrent environ 20% des 737 MAX en exploitation dans le monde. China Southern et China Eastern Airlines disposent notamment de 16 et 13 737MAX. Les autorités indonésiennes viennent également à leur tour d'interdire aux transporteurs locaux d'effectuer des liaisons avec des 737 MAX.

La 'Federal Aviation Administration' américaine a de son côté indiqué qu'elle "surveillait de près les développements" de l'enquête éthiopienne sans en dire davantage.

Tesla semble avoir du mal à fixer sa stratégie ces derniers mois. Ainsi, quelques jours à peine après avoir annoncé le passage de l'intégralité des ventes en ligne et la proposition d'un Model 3 à 35.000$ seulement, le groupe a révélé hier dimanche son intention de relever ses prix d'environ 3% dans le monde. En outre, le groupe californien a décidé finalement de ne pas totalement démanteler son réseau. Le groupe augmentera ses prix après le 18 mars, la hausse ne concernant toutefois que les versions les plus onéreuses des Model 3, S ou X. Le Model 3 à 35.000$ reste donc d'actualité, fort heureusement.

"Le mois dernier, nous avons annoncé la fermeture de plusieurs de nos magasins et le passage aux ventes en ligne uniquement afin de répercuter les économies réalisées sur nos clients", explique Tesla. "Au cours des deux dernières semaines, nous avons évalué de près chaque site de vente au détail Tesla et nous avons décidé de garder un nombre beaucoup plus important de magasins que ceux annoncés précédemment, alors que nous continuerons à les évaluer pendant plusieurs mois. Lors de la fermeture récente de 10% des points de vente, nous avons sélectionné des magasins qui n'invitaient pas le trafic naturel pour lequel nos magasins ont toujours été conçus. Ce sont des magasins que nous aurions de toute façon fermés, même si les ventes en magasin constituaient l'ensemble de notre modèle de vente. Quelques magasins situés dans des zones très visibles qui ont été fermés en raison de leur faible débit seront rouverts, mais avec une équipe Tesla plus petite. En outre, 20% des sites sont sous examen et, en fonction de leur efficacité au cours des prochains mois, certains seront fermés et certains resteront ouverts", détaille le groupe.

En raison de la conservation d'un nombre beaucoup plus important de magasins, Tesla devra augmenter les prix des véhicules d'environ 3% en moyenne dans le monde. En d'autres termes, le groupe ne fermera "qu'environ la moitié des magasins", et les économies réalisées ne seront donc que de la moitié environ de ce qui était envisagé.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.