Wall Street incertain face aux Sorcières

Wall Street incertain face aux Sorcières
Deux traders souriants sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le vendredi 18 septembre 2020 à 11h41

La cote américaine hésite avant bourse ce vendredi, le DJIA demeurant quasiment stable, contre une hausse de 0,2% du S&P500 et un gain de 0,6% sur le Nasdaq. Le baril de brut WTI grappille 0,3% sur le Nymex à 41,1$. L'once d'or prend 0,7% à 1.963$. L'indice dollar recule de 0,2% face à un panier de devises de référence.

Les doutes persistent sur la vigueur et l'ampleur de la reprise économique, alors que les banques centrales ont adopté un discours prudent ces derniers jours. Dans l'actualité économique à Wall Street ce vendredi, la balance des comptes courants pour le second trimestre 2020 sera publiée à 14h30 (-159 milliards de dollars de consensus de place). L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois de septembre sera communiqué à 16 heures (consensus 75). L'indice des indicateurs avancés américains du mois d'août 2020 sera annoncé à la même heure (consensus +1,3% en comparaison du mois antérieur). James Bullard et Raphael Bostic de la Fed s'exprimeront par ailleurs dans la journée.

Cette séance est également la journée dite des 'Quatre Sorcières', où les options et les contrats à terme sur les indices et les actions arrivent à échéance simultanément. Une certaine volatilité pourrait donc être de rigueur.

Le bilan de la pandémie ne cesse de gonfler. Le nombre de cas confirmés dans le monde depuis l'émergence du virus dépasse désormais les 30 millions, à 30,2 millions selon l'Université Johns Hopkins, dont 6,67 millions aux USA, 5,21 millions en Inde et 4,46 millions environ au Brésil. La Russie dénombre 1,08 million de cas depuis l'apparition du virus. Le nombre de morts dans le monde s'élève à 946.490, dont 197.633 aux Etats-Unis, 134.935 au Brésil et 84.372 en Inde.

L'Inde a recensé encore 96.424 nouveaux cas confirmés de contamination durant les vingt-quatre dernières heures, portant le total à 5,2 millions de cas. Depuis début août, l'Inde recense quotidiennement le plus grand nombre de nouveaux cas dans le monde. 1.174 décès supplémentaires ont été rapportés en 24 heures pour un total de 84.372 morts.

Le Brésil a enregistré 36.303 nouveaux cas et 829 décès supplémentaires en 24 heures selon les données gouvernementales.

La Chine a recensé 32 nouveaux cas au cours des vingt-quatre dernières heures, qui concernent une fois encore "des personnes venues de l'étranger". Officiellement, 85.255 cas de contamination ont été confirmés au total en Chine continentale depuis l'émergence du virus. L'épidémie de coronavirus a fait (officiellement) 4.634 décès dans le pays. Aucun nouveau décès n'a été signalé ce jour.

La France a enregistré pour sa part hier un nombre quotidien record de nouveaux cas d'infection à 10.593 cas, alors qu'au Royaume-Uni, le ministre de la Santé a souligné l'accélération des admissions à l'hôpital, qui doublent tous les 8 jours... Paris et Londres ont ainsi annoncé un durcissement des mesures de prévention.

La bourse de New York a fini en baisse hier, au lendemain d'un discours prudent du patron de la Fed au sujet de la solidité de la reprise économique en cours, après le choc récessionniste du printemps provoqué par la pandémie de coronavirus. Les valeurs technologiques ont subi des dégagements, au cours d'une séance volatile, à l'approche de la journée des "Quatre Sorcières", vendredi, lorsque les contrats à terme et les option sur indices et actions arriveront simultanément à échéance.

A la clôture, les trois indices ont toutefois réduit leurs pertes par rapport à leurs plus bas de la séance : l'indice Dow Jones a cédé 0,47% à 27.901 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,84% à 3.357 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et "biotechs", a chuté de 1,27% à 10.910 pts.

Depuis le début 2020, le Nasdaq gagne encore 21,6%, tandis que le DJIA recule de 2,2% et que le S&P 500 progresse de 3,9%.

Du côté de valeurs, les grandes "technos" ont piqué du nez jeudi, à l'instar d'Apple (-1,6%), Alphabet (-1,66%), Facebook (-3,3%) et Microsoft (-1%). Certains grosses valeurs industrielles en revanche profitent d'achats à bon compte, dont le fabricant d'engins de chantier Caterpillar (+2%) et le conglomérat 3M (+1,7%).

Mercredi soir, la Fed a un peu déçu les investisseurs, en n'évoquant pas du tout la possibilité d'un renforcement de ses mesures de soutien à l'économie américaine. La banque centrale américaine a maintenu comme prévu ses taux directeurs proches de zéro, et s'est engagée à les y conserver jusqu'à la fin 2023, en estimant que l'inflation ne devrait pas remonter jusqu'à son objectif de 2% avant cette date.

La Fed a aussi révisé à la hausse ses prévisions économiques pour 2020, en estimant que la récession sera moins profonde que prévu aux Etats-Unis, avec une chute de 3,7% du PIB attendu, contre -6,5% prévu en juin, lors de ses dernières projections macro-économiques. Le taux de chômage est attendu à 7,6% fin 2020, contre 9,3% prévu il y a trois mois.

Cependant, lors de sa conférence de presse, Jerome Powell, le président de la Fed, a jeté un froid en se montrant prudent sur la reprise en cours. Certes, celle-ci s'est déroulée "plus vite que ce qui était généralement prévu", mais "le chemin devant nous demeure hautement incertain", a-t-il martelé. "Les perspectives économiques sont hautement incertaines et dépendront en grande partie de notre capacité à maîtriser le virus", a-t-il poursuivi.

M. Powell a aussi réitéré son appel aux partis politiques pour qu'ils s'accordent sur un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie américaine dans le cadre de la lutte contre la Covid-19... "La réponse en matière de politique budgétaire (un plan de 2.200 milliards de dollars en mars : ndlr) a eu un effet vraiment positif, mais il en faudra probablement davantage" pour surmonter la crise actuelle, a estimé le banquier central.

Le nouveau plan de soutien budgétaire est pour l'instant bloqué au Congrés, notamment par des Sénateurs républicains, qui refusent de laisser filer trop loin le déficit public. Mercredi, Donald Trump s'est dit prêt à faire des compromis avec les Démocrates tout en appelant les Républicains du Sénat à parvenir à un accord dans une semaine à dix jours... Aucune avancée concrète n'était cependant en vue jeudi soir sur cette question.

Cette réunion de la Fed était dernière avant l'élection présidentielle du 3 novembre, mais aussi la première depuis l'adoption en août par la Fed d'une nouvelle doctrine sur l'inflation, qui passe désormais au second plan par rapport à un autre mandat de l'institution, à savoir le retour au plein emploi. La Fed est ainsi prête à tolérer des passages temporaires au-dessus des 2% d'inflation si elle estime que le marché de l'emploi va en bénéficier. Un débat qui n'est pas d'une actualité brûlante, la hausse des prix étant pour l'instant bien en dessous des 2% aux Etats-Unis.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.