Wall Street : la remontée des rendements obligataires pèse

Wall Street : la remontée des rendements obligataires pèse
Deux traders inquiets sur le floor du NYSE à New York.

Boursier.com, publié le jeudi 04 mars 2021 à 12h18

La situation se complique sur la cote américaine, après la lourde correction de la veille menée par le Nasdaq. Les marchés sont donc sous pression dans un contexte de remontée des rendements obligataires et de craintes inflationnistes, malgré les espoirs de relance économique et le soutien monétaire toujours affirmé de la Fed. Le DJIA perd 0,4% avant bourse ce jour et le S&P 500 0,7%, alors que le Nasdaq cède 0,9%. Le baril de brut WTI est assez stable à 61$. L'indice dollar prend 0,2% face à un panier de devises. Le bitcoin cède 4% à 49.300$ environ sur Bitfinex.

La situation se complique sur la cote américaine, après la lourde correction de la veille menée par le Nasdaq. Les marchés sont donc sous pression dans un contexte de remontée des rendements obligataires et de craintes inflationnistes, malgré les espoirs de relance économique et le soutien monétaire toujours affirmé de la Fed. Le DJIA perd 0,4% avant bourse ce jour et le S&P 500 0,7%, alors que le Nasdaq cède 0,9%. Le baril de brut WTI est assez stable à 61$. L'indice dollar prend 0,2% face à un panier de devises. Le bitcoin cède 4% à 49.300$ environ sur Bitfinex.

Dans l'actualité économique américaine ce jeudi, la dernière étude Challenger relative aux destructions de postes annoncées par les entreprises pour le mois de février sera communiquée à 13h30. Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 27 février seront révélées à 14h30 (consensus 760.000).

Les chiffres révisés de la productivité non-agricole américaine pour le quatrième trimestre seront également annoncés à 14h30 (consensus au rythme de -4,7%, +6,7% pour les coûts unitaires du travail).

Les commandes industrielles du mois de janvier seront publiées à 16 heures (consensus +2% en comparaison du mois précédent).

Rappelons également que le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi aux Etats-Unis pour le mois de février sera dévoilé demain à 14h30. Le consensus est de 175.000 créations de postes non-agricoles pour 6,3% de chômage, avec 183.000 créations dans le privé et 16.000 dans le secteur manufacturier. Le taux de participation à la force de travail est attendu à 61,5% et le salaire horaire moyen devrait augmenter de 0,2% par rapport au mois antérieur.

Selon le dernier rapport d'ADP publié mercredi, les créations de postes dans le privé en février se sont chiffrées à 117.000.

Ailleurs dans le monde, les opérateurs ont pris connaissance d'une violente rechute des ventes au détail dans la zone euro. Les ventes, corrigées des variations saisonnières, ont diminué de 5,9% en janvier après avoir augmenté de 1,8% le mois précédent. Le consensus tablait sur un repli limité à 1,4%. En glissement annuel, les ventes affichent une baisse marquée de 6,4% contre 2,1% attendu... Le taux de chômage dans la zone euro est en revanche ressorti légèrement moins lourd que prévu à 8,1%. Notons enfin que le PMI britannique de la construction a battu le consensus.

Les investisseurs ont levé le pied mercredi à Wall Street, découragés par une nouvelle poussée de fièvre de taux longs souverains, malgré les propos rassurants des banquiers centraux américains et européens concernant le risque de dérapage inflationniste. Le DJIA a cédé 0,39% à 31.270 points, tandis que l'indice large S&P a reculé de 1,31% à 3.819 pts, et que le Nasdaq a perdu 2,7% à 12.997 pts.

Sur les marchés obligataires, la hausse des taux est repartie de plus belle mercredi, après trois séances de détente. Alors que le plan de relance de 1.900 milliards de dollars proposé par Joe Biden est examiné par le Sénat à partir de ce mercredi, les marchés continuent de se demander s'il n'est pas surdimensionné et s'il va entraîner un emballement haussier des prix dans les prochains mois.

Le rendement du T-Bond à 10 ans a frôlé le seuil de 1,50% en séance hier avant de finir à 1,48%, non loin de son pic de 1,54% atteint jeudi dernier en séance, son plus haut niveau depuis janvier 2020. Il évolue à 1,47% environ ce jour. Le rendement du 30 ans a terminé à 2,28% hier et pointe à 2,24% ce jeudi. En février, les taux souverains américains à 10 et 30 ans ont connu leur plus forte poussée haussière depuis 2016. Fin décembre, l'emprunt d'Etat US à 10 ans rapportait 0,9% et le 30 ans 1,66%.

Pourtant, la BCE ne semble pas s'inquiéter d'un risque inflationniste. De même, la Réserve fédérale américaine ne croit pas à un retour durable de l'inflation. Le président de la Fed, Jerome Powell, s'est efforcé de rassurer les marchés la semaine dernière, affirmant que la banque centrale n'a aucune intention de resserrer sa politique monétaire avant longtemps, et estimant que l'économie américaine est loin d'avoir surmonté la crise sanitaire. Il s'est montré peu préoccupé par une flambée durable de l'inflation, laissant entendre que les prix pourraient connaître temporairement un passage au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed sans déclencher de remontée des taux directeurs.

Dans son dernier Livre Beige, publié mercredi à deux semaines de sa réunion des 16 et 17 mars, la Fed a estimé que l'économie américaine a continué de croître à un rythme modeste en début d'année, avec des entreprises se montrant optimistes pour les mois à venir, au vu de l'accélération de la campagne de vaccination contre le Covid-19. Toutefois, la situation sur le marché du travail reste contrastée, avec une amélioration lente de l'emploi, relève la banque centrale.

Concernant l'inflation, question qui agite actuellement les marchés financiers, la Fed apporte des éléments contrastés. Elle note que certains détaillants et industriels ont pu relever leurs prix de vente, mais que de nombreux autres n'ont pas été en mesure de le faire.

Concernant le pétrole, notons que les vingt-trois membres de l'Opep+ se retrouvent ce jeudi en réunion plénière, pour statuer sur leur niveau de production à partir du mois d'avril. La hausse des prix du brut et les espoirs de reprise de la demande mondiale pourraient les inciter à accroître leur production. L'Arabie saoudite pourrait ainsi cesser de réduire unilatéralement sa production de 1 million de barils par jour, comme elle l'avait fait en février et mars. En outre, d'autres membres du groupe, dont la Russie, pourrait réclamer une hausse d'au moins 500.000 bj. Certains experts envisagent donc une rallonge assez importante, de 1,5 à 2 millions de barils par jour au total à partir d'avril, ce qui pourrait entraîner une rechute des cours du brut.

Sur le front sanitaire, Joe Biden continue de mettre la priorité sur la campagne de vaccination, et estime désormais que les Etats-Unis disposeront d'ici à la fin mai d'un nombre suffisant de vaccins pour l'ensemble de la population adulte. A ce jour, près de 52 millions d'Américains ont reçu au moins une dose de vaccin, dont 26 millions ont reçu 2 doses. Environ 8% de la population totale sont à ce stade complètement vaccinés.

Le président américain espère que le pays sera en mesure de retrouver une vie normale dans un an, et même peut-être un peu plus tôt, selon l'attitude de la population. Joe Biden s'appuie sur l'augmentation du nombre de vaccins disponibles, depuis que celui de Johnson & Johnson (qui ne nécessite qu'une seule injection) a été autorisé samedi par les autorités de santé américaines, et arrive donc en renfort de ceux déjà approuvés de Pfizer / BioNTech et de Moderna. J&J a en outre passé un accord avec son concurrent Merck & Co, qui va l'aider à produire son vaccin, augmentant les volumes disponibles.

Dans ce contexte, certains Etats américains ont annoncé cette semaine leur intention d'alléger leurs mesures de restrictions face au Covid-19, malgré les mises en garde de l'administration Biden et des Centres de prévention des maladies (CDC) contre un relâchement trop précipité. Les gouverneurs du Texas et du Mississipi se sont attiré de nombreuses critiques en levant notamment l'obligation de porter un masque de protection, tandis que le Michigan a assoupli les contraintes pesant sur l'accueil dans les restaurants et sur les rassemblements publics et privés.

Selon le dernier bilan de l'Université Johns Hopkins, qui fait référence sur la question, le nombre de cas confirmés du nouveau coronavirus dans le monde depuis le début de l'épidémie est désormais de plus de 115 millions, dont près de 29 millions aux USA. Le virus a fait officiellement 2,56 millions de morts dans le monde et plus de 518.000 aux États-Unis.

Les valeurs

Walt Disney, géant américain du divertissement qui met désormais l'accent sur les services de streaming avec Disney+, réduit la voilure en Amérique du Nord dans la distribution physique. Disney a ainsi annoncé son intention de fermer cette année une soixantaine de magasins en Amérique du Nord, ou environ 20% du nombre total des boutiques dans le monde - qui est voisin de 300. Le groupe californien de Burbank n'a pas précisé les conséquences de ces fermetures en termes d'emplois. Disney désire par ailleurs réduire le nombre de ses boutiques éponymes en Europe, selon un porte-parole cité par Reuters, qui ajoute que les magasins situés au Japon et en Chine ne seraient pas concernés.

American Eagle Outfitters a annoncé, pour son quatrième trimestre, un bénéfice ajusté par action de 39 cents, à comparer à un consensus de 36 cents et à un niveau de 37 cents un an avant. Le détaillant américain en vêtements a réalisé pour le trimestre écoulé des revenus de 1,29 milliard de dollars, dépassant le consensus de 1% environ, contre 1,31 milliard de dollars sur la période correspondante de l'an dernier. Mieux encore, le groupe s'attend à ce que ses revenus du premier trimestre fiscal ainsi que son profit opérationnel, dépassent les niveaux des deux années précédentes. Le groupe mise notamment sur la forte croissance de sa marque intime Aerie. Sur le quatrième trimestre, clos fin janvier, Aerie a affiché 25% de progression. Les revenus digitaux se sont améliorés de 35%.

BlackRock a renforcé à 5,21% sa participation au capital de Toshiba. Le géant américain de la gestion d'actif devient par conséquent le troisième actionnaire du Japonais.

Marvell Technology pourrait corriger ce jour à Wall Street. Le groupe a indiqué que les chaînes d'approvisionnement de 'semis' devraient rester sous tension cette année. La guidance financière du groupe ressort en ligne avec les attentes du consensus. Le concepteur américain de semi-conducteurs anticipe des revenus de 800 millions de dollars au premier trimestre fiscal, alors que le bpa ajusté est attendu entre 23 et 31 cents. Pour le quatrième trimestre, Marvell a réalisé des recettes de 798 millions en croissance de 11%, pour un bpa ajusté de 29 cents.

Apple. L'autorité britannique de concurrence, la CMA, a ouvert une enquête sur le groupe californien de Cupertino, pour déterminer s'il détient une position dominante sur le marché des applications pour ses produits. La CMA a en effet reçu des plaintes dans ce sens, concernant les conditions commerciales imposées par le groupe à la pomme aux développeurs.

ExxonMobil, le géant pétrolier américain, a saisi pour sa part la justice au Texas pour échapper au paiement d'une indemnité de 11,7 millions de dollars à l'Australien Macquarie Energy pour non-respect de ses engagements en matière de livraisons de gaz lors de la vague de froid avant sévi dans le centre des Etats-Unis le mois dernier.

Okta, un spécialiste de la gestion et de la protection de l'identité numérique, a fait part hier de l'acquisition de son rival AuthO dans le cadre d'une transaction en actions d'un montant de 6,5 milliards de dollars.

Amazon, le leader du e-commerce, poursuit son expansion. Le groupe de Jeff Bezos a annoncé l'ouverture ce jour dans l'ouest de Londres, dans le quartier d'Ealing, de son premier magasin physique en dehors du territoire américain.

Walmart. Flipkart, firme indienne de e-commerce contrôlée par l'Américain, envisagerait selon Bloomberg une introduction en bourse à Wall Street par fusion avec un SPAC, véhicule spécial d'investissement sans activité.

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