Wall Street : pas un krach mais une 'correction' dit Trump, qui pense que la Fed est folle

Wall Street : pas un krach mais une 'correction' dit Trump, qui pense que la Fed est folle©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 11 octobre 2018 à 11h56

Faut-il s'alarmer, après une chute de plus de 800 points de l'indice Dow Jones hier soir et un plongeon des valeurs technologiques ? Pas à en croire Donald Trump, qui pense qu'il s'agit là d'une simple 'correction' des marchés financiers et non pas d'un krach. "En fait, c'est une correction que nous attendions depuis longtemps, mais je suis vraiment en désaccord avec ce que fait la Fed", a indiqué Trump devant les reporters en Pennsylvanie.


Mouvement baissier durable ?

Le DJIA a donc 'corrigé' hier soir de 3,15%, soit 832 points, de retour à 25.599 pts, tandis que le S&P500 a dévissé de 3,29% à 2.786 pts. Le Nasdaq Composite s'est effondré de 4,08% à 7.422 pts. La première capitalisation boursière au monde, Apple, a décroché hier de 4,6% en clôture à 216,36$. A l'échelle du groupe californien à la pomme, cela représente une baisse d'environ 50 milliards de dollars de la 'capi' ! Netflix a plongé de 8,4% hier soir, Amazon de 6,2%, Alphabet de 4,6% et Microsoft de 5,4%.


Incertitude chez les spécialistes

Les spécialistes sont relativement partagés concernant les prochaines séances. Certains évoquent une poursuite du mouvement baissier, d'autres une stabilisation ou un léger sursaut compte tenu de l'ampleur de la sanction. Le terme de correction employé par Trump traduit généralement un recul de plus de 10% en comparaison d'un plus haut. Néanmoins, on peut douter du fait que Trump ait utilisé l'expression dans ce sens.


Trump pense que la Fed a perdu la raison

Le Président américain s'en est encore pris à la Fed, qui relève les taux trop rapidement à son goût. "Je pense que la Fed fait une erreur. Ils sont tellement durs. Je pense que la Fed est devenue folle", a même lancé Trump devant les journalistes, alors que la Banque centrale américaine, désormais dirigée par Jerome Powell, s'apprête à remonter ses taux pour la quatrième fois de l'année le 19 décembre. Il était extrêmement rare, jusqu'à l'élection de Trump, qu'un président américain critique ouvertement la Fed, supposée être indépendante.


Christine Lagarde défend la Fed

En revanche, Christine Lagarde, directrice du Fonds Monétaire International (FMI), a tenu de son côté à défendre la Fed américaine. Lagarde juge que le relèvement des taux est un développement nécessaire compte tenu de la forte croissance de l'économie aux États-Unis. Ainsi, la dirigeante du FMI a jugé les décisions de la Banque centrale américaine légitimes, nécessaires et inévitables.


Hausse des taux le 19 décembre

Pour l'heure, le taux des fonds fédéraux est logé entre 2 et 2,25%. Un statu quo monétaire est attendu le 8 novembre, à l'issue de la prochaine réunion. La Fed procèderait ensuite à un tour de vis d'un quart de point le 19 décembre (probabilité de 76,4% d'un taux logé entre 2,25 et 2,50% selon FedWatch - CME Group). La hausse de taux suivante pourrait intervenir le 20 mars 2019 (probabilité de 48,7% d'un taux allant de 2,50 à 2,75%).


La Fed et son double mandat

D'un strict point de vue factuel, on ne peut pas dire que la Fed ne fasse pas son travail ou qu'elle soit devenue 'folle' comme l'affirme Trump. Son double mandat est en effet de veiller à une inflation contenue (stabilité des prix) et un chômage bas (haut niveau d'emploi / plein emploi). Pour l'heure, l'inflation est très proche de son objectif de 2% et le taux de chômage américain est au plus bas d'une quarantaine d'années - Trump s'attribuant toutefois le mérite de cette dernière statistique.

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