Wall Street peine après la Fed, les craintes commerciales pèsent

Wall Street peine après la Fed, les craintes commerciales pèsent
Deux traders inquiets sur le floor du NYSE à New York.

Boursier.com, publié le jeudi 21 mars 2019 à 11h56

La cote américaine, qui avait légèrement consolidé hier soir suite au communiqué monétaire de la Fed, à ses prévisions et à la conférence de Jerome Powell, s'affiche assez stable avant bourse ce jeudi. Le S&P500 est attendu ainsi inchangé. Le DJIA fléchit pour sa part de 0,1% avant bourse, alors que le Nasdaq grappille 0,1%.

La réunion monétaire de la Fed n'a donc pas offert de grande surprise, confirmant la politique souple de la Banque, qui n'envisage plus de relever les taux cette année et devrait progressivement mettre un terme au 'resserrement quantitatif' passant par une réduction du bilan. Les négociations commerciales sino-américaines, quant à elles, semblent quelque peu freinées.

La banque centrale américaine a maintenu comme prévu hier soir ses taux directeurs à 2,25%-2,50%. Elle a par ailleurs révisé à la baisse son objectif de taux des 'fed funds' pour la fin 2019, de 2,9% à 2,4%, ce qui signifie qu'elle ne prévoit donc plus désormais de hausse de taux cette année - comme l'anticipaient déjà les marchés financiers compte-tenu du ralentissement de la croissance mondiale... En décembre, la Banque envisageait encore deux hausses des taux cette année.

Par ailleurs, les prévisions de croissance du PIB pour 2019 aux Etats-Unis ont été revues à la baisse à 2,1% contre 2,3% en décembre. Enfin, la Fed a indiqué qu'elle allait mettre fin en septembre à son programme de réduction du bilan.

Sur le front commercial, les marchés s'inquiètent d'un possible regain de tension dans les négociations entre les Etats-Unis et la Chine. Cette dernière serait revenue en arrière ces derniers jours sur des concessions qu'elle avait faites, notamment en matière de respect de la propriété intellectuelle. Pékin réclamerait désormais, comme préalable à sa signature d'un accord, une levée des droits de douane sur les biens chinois exportés vers les Etats-Unis. En outre, Pékin chercherait à faire inclure dans le texte que les éléments de l'accord devront être compatibles avec les lois chinoises.

Trump ne semble pas prêt à de telles concessions, et compte bien maintenir la pression sur la Chine grâce aux droits douaniers imposés à quelque 250 milliards de dollars de marchandises chinoises depuis 2018. Le président américain, a ainsi affirmé mercredi qu'il allait maintenir les droits de douane sur les importations chinoises jusqu'à ce qu'il soit sûr que Pékin respecte le futur accord. Il a donc exclu que les deux pays intègrent dans l'accord la suppression des barrières douanières qu'ils ont tous deux instaurées en 2018.

"Nous ne parlons pas de les lever, nous parlons de les maintenir pendant une période de temps considérable, parce que nous devons nous assurer que si nous concluons un accord avec la Chine, cette dernière s'y conformera", a même indiqué Trump aux journalistes depuis la Maison Blanche.

Néanmoins, la Chine a confirmé que des discussions de haut niveau allaient se poursuivre la semaine prochaine. Trump a précisé pour sa part que le deal 'avançait bien'. De hauts négociateurs américains se rendront en Chine le week-end prochain pour travailler à la conclusion d'un accord. Le 'Wall Street Journal' indiquait mardi que le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin se rendraient à nouveau à Pékin dans la semaine du 25 mars pour aplanir les derniers différends, ajoutant qu'un nouveau voyage du vice-premier ministre chinois Liu He à Washington était prévu pour la semaine suivante.

Les cours du pétrole sont repartis en hausse mercredi, de retour autour de leurs plus hauts niveaux depuis 4 mois, après l'annonce d'une forte baisse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine passée. Le baril de brut WTI pour mai a pris hier 1,4% vers les 60$ sur le Nymex, mais se tasse de 0,4% ce jeudi. Les stocks de brut aux Etats-Unis ont chuté de 9,6 millions de barils sur la semaine close le 15 mars, hors réserve stratégique et en comparaison de la semaine antérieure. Les cours restent aussi soutenus par la décision, le week-end dernier par l'Opep et ses alliés, dont la Russie, de prolonger au moins jusqu'en juin leurs coupes de production. La réunion prévue en avril sur le sujet a été annulée, et les pays producteurs en reparleront lors d'une réunion prévue les 25 et 26 juin.

Concernant le Brexit enfin, le Conseil européen devrait essayer d'éviter une sortie brutale du Royaume-Uni de l'Union européenne, à huit jours de la date jusqu'alors fixée pour le 'divorce'. Theresa May a demandé hier officiellement à l'UE un report de trois mois du Brexit, jusqu'au 30 juin, afin de se donner du temps pour convaincre les députés de voter un accord de sortie déjà rejeté par deux fois. La Commission juge que le report ne pourrait durer au-delà du 23 mai (début des élections européennes), ou alors se devrait d'être bien plus étendu. L'acceptation ou le refus de la demande de May nécessite une décision à l'unanimité des 27.

Sur le front économique à Wall Street ce jour, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 16 mars seront communiquées à 13h30 (consensus 225.000). L'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Philadelphie pour le mois de mars sera annoncé à la même heure (consensus 5,5). Enfin, l'indice des indicateurs économiques avancés du Conference Board pour le mois de février sera publié à 15h (consensus +0,1% en comparaison du mois antérieur).

Levi Strauss va faire son grand retour à Wall Street. Le fabricant de jeans a annoncé hier avoir placé pour 623 millions de dollars de titres dans le cadre de son 'IPO' (introduction en bourse). Ainsi, la valorisation de l'affaire s'établit à 6,6 milliards de dollars, pour un prix d'introduction fixé au-dessus du haut de la fourchette indicative, à 17$. Le groupe plus que centenaire avait fait précédemment état d'une fourchette indicative d'introduction allant de 14 à 16$ par action, pour 36,7 millions de titres proposés.

Sur le montant total de la levée de fonds, 161 millions de dollars concernent l'émission d'actions nouvelles, tandis que 462 millions de dollars correspondent à des cessions d'actionnaires historiques. Les produits de l'opération doivent servir notamment au développement de la gamme, a affirmé le groupe contrôlé par la famille héritière (Haas).

Le groupe va faire son grand retour sur la cote américaine sous le symbole 'LEVI'. Levi Strauss était sorti de la cote en 1985 à l'initiative des héritiers du groupe. La cotation est attendue ce jeudi sur le New York Stock Exchange.

Micron Technology grimpe en pré-séance à Wall Street ce jeudi. Le groupe technologique américain basé à Boise a publié hier soir, après la clôture de la cote US, ses résultats du deuxième trimestre de l'exercice en cours. Les revenus de la société s'élèvent à 5,84 milliards de dollars sur la période contre 7,35 milliards un an plus tôt. Les bénéfices sont quant à eux de 1,62 milliard de dollars sur le trimestre, soit 1,42 dollar par action. Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice net par action ajusté de 1,67 dollar par action. Il est finalement ressorti à 1,71 dollar pour un bénéfice net ajusté de 1,97 milliard de dollars.

Nike publiera à son tour ses derniers comptes trimestriels après bourse ce soir à Wall Street. Le concepteur de chaussures et accessoires de sport dévoilera ainsi ses résultats pour le troisième trimestre fiscal. Le bénéfice par action est anticipé à 64 cents selon le consensus, alors que les revenus devraient ressortir voisins de 9,6 milliards de dollars, en augmentation de 7% en glissement annuel. Le titre a pris 16% cette année et compte à ce titre parmi les meilleures performances du Dow Jones.

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