Wall Street perd du terrain après les records

Wall Street perd du terrain après les records
Un trader sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le vendredi 21 août 2020 à 14h15

La cote américaine, qui s'était finalement distinguée hier soir (+0,17% sur le DJIA et +1,06% sur le Nasdaq sur ses sommets historiques), consolide avant bourse ce vendredi. S&P500 et DJIA perdent ainsi 0,5% environ avant bourse. La prudence domine, après des indicateurs PMI européens sans relief, et en attendant les statistiques américaines (15h45 - flash PMI composite attendu à 51,3 en août, 51,9 pour l'indice manufacturier et 51 pour les services ; reventes de logements à 16 heures, consensus 5,4 millions en juillet).

Hier et avant-hier, les Minutes de la Fed et le compte rendu de la BCE n'avaient déjà pas vraiment enthousiasmé les opérateurs. En outre, les craintes sanitaires et économiques persistent, et les tensions sino-américaines préoccupent les investisseurs. Hier encore, les derniers chiffres de l'emploi américain sont ressortis mitigés, avec des inscriptions hebdomadaires au chômage sur la barre du million.

L'euro se traite à 1,1769$ actuellement (-0,8%), alors que l'indice dollar prend 0,6% contre un panier de devises de référence. L'once d'or perd 1,1% à 1.925$. Le baril de brut WTI fléchit de 1,2% à 42,3$, alors que le Brent de la mer du Nord abandonne 1,1% à 44,4$. Le marché pétrolier reste déprimé, alors que selon Reuters, certains pays producteurs du groupe informel Opep+ auraient trop produit sur la période mai-juillet, ce qui les obligerait en théorie à réduire leurs pompages en août et en septembre...

Les indices PMI européens publiés ce jour par Markit traduisent globalement un ralentissement de la croissance de la zone euro en août 2020. L'indice PMI flash composite de l'activité globale dans la zone euro s'est ainsi replié à 51,6, contre 54,9 en juillet, au plus bas de deux mois. L'indice PMI flash de l'activité de services dans la zone euro s'est tassé à 50,1, contre 54,7 en juillet. L'indice manufacturier est ressorti à 51,7 contre 51,8 en juillet. Les deux composantes sont inférieures au consensus, qui se situait à 54,6 pour les services et 52,7 pour l'indicateur manufacturier.

Les deux sous-indices français sont déprimés. L'indice flash français des services est ressorti ainsi à 51,9, contre 56,3 de consensus et 57,3 un mois avant. L'indice manufacturier passe même en territoire de contraction, sous les 50, à 49 contre 53 de consensus. Il était de 52,4 en juillet. L'indicateur flash allemand des services s'est établi à 50,8 contre 55,3 de consensus, mais l'indice manufacturier a mieux résisté à 53, contre 52,2 de consensus.

Les indicateurs PMI britanniques publiés ce jour sont en revanche supérieurs aux attentes, à 55,3 pour l'indice manufacturier et 60,1 pour les services, contre respectivement 54 et 57 de consensus.

Le bilan du nouveau coronavirus s'alourdit encore. Selon l'Université Johns Hopkins, 22,71 millions de cas confirmés ont été recensés dans le monde depuis le début de l'épidémie, dont 5,58 millions aux USA, 3,5 millions au Brésil et 2,91 millions en Inde. La Russie compte environ 944.000 cas confirmés et l'Afrique du Sud près de 600.000 désormais depuis l'émergence du virus. 794.256 décès sont recensés au niveau mondial.

Les Centres américains pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC) ont fait état hier de 1.404 décès supplémentaires pour un total de 172.416. Les CDC ont recensé 46.500 nouveaux cas en 24 heures, portant le total à 5.51 millions de personnes. Le bilan des CDC est réalisé sur la base de données arrêtées la veille. Selon Johns Hopkins, le nombre de cas atteint donc désormais 5,57 millions, pour plus de 174.000 morts.

Le Brésil a enregistré 45.323 nouveaux cas et 1.204 décès au cours des vingt-quatre dernières heures, selon le ministère de la Santé. Le bilan de l'épidémie y dépasse les 3,5 millions de cas et atteint 112.304 décès. Le Brésil est le deuxième pays le plus touché.

L'Amérique latine déplore près de 250.000 morts du nouveau coronavirus, ce qui en fait la région la plus touchée au monde. L'impact sur l'économie locale est majeur, puisque l'on prend notamment connaissance ce jour d'une chute de 12,9% du PIB argentin au premier semestre, ou d'un effondrement de près de 30% au Pérou au second trimestre.

L'Inde a fait état ce jour de 68.898 nouveaux cas en 24 heures, pour un total de 2,91 millions d'infections, selon les données du ministère fédéral de la Santé. Le nombre de décès s'élève à 54.849, avec 983 morts supplémentaires sur la journée. L'Inde est le troisième pays le plus affecté.

La Chine a recensé 22 nouveaux cas en 24 heures, selon les autorités sanitaires locales, qui évoquent comme toujours de nouveaux cas importés (!). Aucun décès supplémentaire n'est signalé. Selon les données officielles, 84.917 cas ont été au total confirmés dans le pays. L'épidémie apparue en Chine continentale en fin d'année dernière y a causé 4.634 morts.

Le ministère espagnol de la Santé a fait état hier de 3.349 cas supplémentaires contre 3.715 la veille, portant le total à 370.867. Le bilan des décès sur sept jours s'élève à 122.

La France a enregistré 4.771 cas confirmés supplémentaires en 24 heures, a annoncé hier soir l'agence Santé Publique France (SPF). SPF avait recensé 3.776 cas mercredi. 4.748 patients sont actuellement hospitalisés, 58 personnes de moins que mercredi, dont 380 malades dans un service de réanimation (374 la veille). Le nombre total de décès (+12 en 24 heures) atteint 30.480 depuis le début de l'épidémie.

La cote américaine achève finalement la séance sur une bonne tendance, ce jeudi, malgré des données économiques décevantes. Le DJIA prend 0,17% à 27.739 pts, alors que le S&P500 gagne 0,32% à 3.385 pts. Le Nasdaq progresse encore de 1,06% à 11.264 pts.

Les valeurs

Pfizer et BioNTech gagnent du terrain. Le géant pharmaceutique américain et son partenaire allemand ont fait état de données positives sur une étude préliminaire de leur vaccin expérimental contre le covid, vaccin qui pourrait être soumis à un examen réglementaire en octobre.

General Electric, le colosse industriel américain, a prolongé jusqu'en août 2024 le contrat de son dirigeant Lawrence Culp, nommé en 2018 en remplacement de John Flannery.

Deere, leader des équipements agricoles, a rehaussé ce vendredi sa guidance bénéficiaire pour l'année, suite à une baisse moins prononcée que prévu de son bénéfice trimestriel en raison d'une forte demande pour le remplacement d'engins. Les subventions gouvernementales ont favorisé le groupe.

Le bénéfice net pour le trimestre clos début août a représenté 811 millions de dollars soit 2,57$ par titre. Le bpa se tasse donc de 8%, alors que le consensus était de... -55% ! Les ventes d'équipements ont trébuché de 12% à 7,9 milliards de dollars, mais les analystes craignaient une chute encore plus prononcée de 25%. Le groupe de Moline, Illinois, table désormais sur un bénéfice net annuel de 2,25 milliards de dollars, contre une guidance antérieure allant de 1,6 à 2 milliards de dollars.

Tesla, le leader californien de l'automobile électrique, a dépassé hier les 2.000$ en bourse pour la première fois (+6,6%), fort de ses gains de parts de marché. L'action a quadruplé cette année et avance de 45% depuis le 11 août et l'annonce de la division du prix de l'action, qui verra chaque actionnaire obtenir quatre actions par titre détenu à la clôture du 28 août prochain.

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