Wall Street positive avant les 'stats', malgré la remontée des taux

Wall Street positive avant les 'stats', malgré la remontée des taux
Traders sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le jeudi 27 septembre 2018 à 12h32

Wall Street est attendu dans le vert avant bourse ce jeudi, le S&P500 s'accordant 0,1% et le Nasdaq 0,2%. Après une légère consolidation hier soir suite à une hausse des taux sans surprise de la Fed, la cote américaine semble avoir déjà récupéré. La journée sera riche en statistiques outre-Atlantique, avec les commandes de biens durables, la balance du commerce international de biens, les inscriptions au chômage, et surtout le PIB du second trimestre (lecture finale attendue à +4,3%).

Sur le marché des changes, l'euro se tasse de 0,2% à 1,1715$. Sur le Nymex américain, le baril de brut WTI progresse encore de 1,1% à 72,4$ (contrat de novembre), dans un contexte de tensions sur l'offre avec les sanctions américaines contre l'Iran. Le Brent gagne 0,8% à 81,4$.

La Réserve fédérale américaine a relevé hier ses taux directeurs pour la 3ème fois cette année, pour les porter entre 2% et 2,25%. Son président Jerome Powell, a souligné que la croissance et le marché de l'emploi étaient "forts" aux Etats-Unis, l'inflation demeurant quant à elle proche de l'objectif de 2%. Les marchés s'attendent à une dernière hausse des taux d'un quart de point cette année, le 19 décembre 2018, ce qui porterait le taux des fonds fédéraux entre 2,25 et 2,50% (probabilité de plus de 86% selon l'outil FedWatch du CME Group).

Fait notable hier : la Fed a supprimé le terme "accommodant" pour désigner sa politique monétaire, qui figurait dans ses communiqués depuis une dizaine d'années, suite à la crise des subprimes de 2008. Pour autant, dans ses projections économiques, qui vont jusqu'en 2021, la banque centrale ne s'est pas montrée plus "faucon" que lors de sa dernière réunion de juin. Elle a certes relevé sa prévision de croissance pour 2018 et 2019, mais ses projections pour les taux directeurs, l'inflation et l'emploi sont quasi-inchangées, ne traduisant pas de changement d'orientation vers une politique monétaire plus restrictive.

Lors de la conférence de presse suivant la décision de la Fed, Jerome Powell s'est montré optimiste pour l'économie américaine, tout en ne cachant pas des inquiétudes sur les répercussions des tensions commerciales actuelles. Pour l'instant, "il est difficile de voir quoi que ce soit apparaître dans les indicateurs" macro-économiques, a indiqué M. Powell. Il a noté que la Réserve fédérale entendait un nombre croissant de voix d'entrepreneurs inquiets des bouleversements que provoqueraient une guerre commerciale.

Les hausses de taxes ne se sont pas répercutées à ce stade dans les chiffres de l'inflation, a précisé M. Powell, mais il admis qu'il s'inquiétait de savoir "où cela va mener". "Si cela débouche sur une baisse des barrières douanières, ce serait une bonne chose". Si ça débouche sur davantage de protectionnisme, "ce serait mauvais pour l'économie des Etats-Unis, pour les travailleurs américains et leurs familles, ainsi que pour les économies d'autres pays", a-t-il ajouté. Powell a aussi affirmé que les décisions de la Fed n'étaient pas affectées par des considérations politiques. Il répondait ainsi indirectement au président américain à Donald Trump, qui s'était inquiété en août d'un rythme trop rapide de hausses de taux, qui risquait de faire ralentir l'économie et de peser sur l'emploi. "Nous ne prenons pas en considération les facteurs politiques" a déclaré le patron de la Fed. "C'est ce que nous sommes, c'est ce que nous faisons et c'est ainsi que ça a toujours été pour nous".

Le président de la Fed a ajouté que "nous faisons tout ce que nous pouvons pour maintenir une économie forte, en bonne santé, et qui va de l'avant. C'est la meilleure façon pour nous de promouvoir un environnement dans lequel chaque Américain aura l'opportunité de réussir", a-t-il ajouté.

La Fed n'a pas modifié ses projections concernant le niveaux des taux directeurs dans les années à venir. En outre, elle ne compte plus les relever au-delà de 2020, alors que certains investisseurs craignaient de nouvelles hausses en 2021. Ainsi, comme en juin, le taux des "fed funds" est attendu à 2,4% à la fin 2018 (impliquant donc une 4ème hausse en décembre prochain), puis à 3,1% en 2019 et à 3,4% en 2020, ainsi qu'en 2021.

La banque centrale a relevé ses projections de croissance pour 2018 à 3,1% (contre 2,8% en juin), puis à 2,5% en 2019 (contre 2,4% en juin). Pour 2020, elles sont maintenues à 2% et pour 2021, la hausse du PIB est attendue à 1,8%. Mais pour autant, la Fed ne prévoit pas d'emballement de l'inflation, qu'elle voit rester proche de son objectif de 2%. Ainsi, les projections restent identiques par rapport à celles de juin pour l'inflation (PCE) et l'inflation sous-jacente ("core PCE"). Cette dernière est attendue à 2% cette année, à 2,1% en 2019 et à 2,1% en 2020. La première prévision de la Fed pour 2021 ressort aussi à 2,1% pour l'indice "core PCE", la mesure favorite de la Fed pour étudier la hausse des prix. Pour ce qui est du taux de chômage, l'institution anticipe à présent un taux de 3,7% (contre 3,6% en juin) en 2018, 3,5% en 2019 (prévision inchangée), 3,5% en 2020 (inchangée) et 3,7% en 2021.

Sur le front économique aux USA ce jour, les chiffres finaux du PIB du second trimestre 2018 seront communiqués à 14h30 (consensus +4,3% contre +4,2% auparavant ; +3% pour l'indice des prix et +3,8% pour les dépenses réelles des consommateurs).

Les commandes de biens durables du mois d'août seront dévoilées à la même heure (consensus +2,2% en comparaison du mois antérieur ; +0,5% hors transport).

La balance du commerce international de biens pour le mois d'août sera également révélée à 14h30 (consensus -70,8 Mds$).

Les inscriptions au chômage pour la semaine close au 22 septembre seront publiées à la même heure (consensus 215.000, contre 201.000 pour la semaine antérieure).

Les promesses de ventes de logements du mois d'août seront révélées à 16h (consensus stable).

L'indice manufacturier de la Fed de Kansas City pour le mois de septembre sera communiqué à 17h.

Jerome Powell interviendra encore dans la soirée ce jour à l'occasion du Business Leaders Day de Rhode Island, à propos de l'économie américaine.

Accenture, Carnival, ConAgra, Rite Aid et McCormick, publient avant bourse à Wall Street leurs derniers trimestriels.

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