Wall Street positive, Facebook et Tesla en renfort

Wall Street positive, Facebook et Tesla en renfort
Deux traders souriants sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le jeudi 30 avril 2020 à 10h59

Wall Street progresse encore légèrement avant bourse ce jeudi, le S&P500 s'accordant 0,2% et le Nasdaq 0,6%. Les valeurs technologiques devraient profiter ce jour des bons chiffres publiés hier soir par Facebook, Microsoft ou Tesla. Du côté des matières premières, le pétrole poursuit son rebond accéléré, le baril de brut WTI s'adjugeant 14% supplémentaires à plus de 17$, contre un gain de 7% sur le Brent de la mer du Nord. L'once d'or progresse de 1% à 1.728$.

Amazon et Apple publient à leur tour leurs comptes ce soir, après la clôture de Wall Street. Altice USA, Altria, Avon Products, Baxter, Moody's, Visteon, Whirlpool, McDonald's, Cigna, Marsh & McLennan, Goodyear, Comcast, Kraft Heinz, Fluor, Gannett, Kellogg, ConocoPhillips ou Dow, sont également de la partie ce jour.

L'espoir persiste sur les marchés, avec des éléments intéressants dévoilés hier par Gilead dans le traitement du Covid-19. Le déconfinement progressif devrait pour sa part avoir un impact économique positif à court terme. Enfin, les banques centrales restent en embuscade et fournissent aux marchés les liquidités suffisantes dans ce contexte exceptionnel. Le communiqué de la BCE est attendu dans quelques instants et sera suivi de la conférence de presse de Christine Lagarde. Hier, la Fed n'a pour sa part pas surpris en maintenant ses taux proches de zéro et en confirmant son engagement, alors qu'était par ailleurs annoncée une forte contraction du PIB américain au premier trimestre.

Sur le front économique aux USA ce jour, les inscriptions au chômage pour la semaine close au 25 avril seront révélées à 14h30 (consensus 3,5 millions). Les revenus et dépenses des ménages pour le mois de mars seront connus à la même heure (consensus -1,1% sur les revenus en comparaison du mois antérieur, -4,5% sur les dépenses personnelles de consommation, -0,1% pour l'indice des prix core-PCE). L'indice des coûts de l'emploi du premier trimestre sera communiqué à 14h30, lui aussi (consensus +0,6%). L'indice PMI de Chicago pour le mois d'avril sera révélé à 15h45 (consensus 37,9).

La Bourse de New York a terminé en nette hausse, mercredi, l'espoir d'un traitement prometteur contre le Covid-19 l'emportant sur l'annonce d'un plongeon du PIB des Etats-Unis au 1er trimestre, et sur les annonces de la Réserve fédérale, qui voit des "risques considérables pour les perspectives économiques à moyen terme" en raison de la crise du coronavirus. Le pétrole a continué sa course folle avec un vif de rebond de 22% ce mercredi pour le baril de WTI. La Bourse a en revanche peu réagi à l'annonce d'une chute de 4,8% du PIB des Etats-Unis au 1er trimestre en rythme annuel, le pire trimestre depuis 2008...

A la clôture, l'indice Dow Jones a grimpé de 2,21% à 24.633 points, tandis que l'indice large S&P 500 a bondi de 2,66% à 2.939 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a gagné 3,57% à 8.914 pts.

Les marchés ont aussi apprécié certains résultats d'entreprises moins mauvais que prévu, notamment de la part d'Alphabet et de Boeing, dont les titres ont bondi respectivement de 8,8% et de 5,9%. Le titre de Gilead Sciences a progressé de 5,6% : le laboratoire américain a annoncé que sa molécule remdesivir avait montré des résultats positifs lors de deux nouveaux essais cliniques menés sur des patients atteints de forme sévère de Covid-19.

La Réserve fédérale a fait savoir mercredi soir, à l'issue de sa réunion de deux jours, qu'elle ferait tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir l'économie américaine face à la grave crise économique engendrée par la pandémie de coronavirus. Son président Jerome Powell a décrit un "arrêt brutal" de l'économie et une crise dont la durée est encore incertaine, comportant des "risques considérables à moyen terme".

La banque centrale américaine, qui a déployé ces dernières semaines un arsenal sans précédent de mesures de soutien, a comme prévu maintenu en l'état ses taux directeurs, le taux des "fed funds" restant proche de zéro, dans une fourchette de 0% à 0,25%. Le taux restera à ce niveau jusqu'à ce que la Fed "soit convaincue que l'économie a surmonté les événements récents", a précisé l'institution dans un communiqué.

Lors de sa visioconférence, le président de la Fed Jerome Powell a prévenu que "l'activité économique devrait plonger au 2e trimestre à un rythme sans précédent", ajoutant qu'"il se pourrait que l'économie ait besoin de plus de soutien de la part de nous tous, si nous voulons que la reprise soit robuste". Le patron de la Fed a plusieurs fois insisté sur l'importance de la politique budgétaire pour aider l'économie, estimant que "ce n'est pas le moment" de laisser les craintes de hausse du déficit fédéral entraver la taille de la réponse budgétaire.

Sur le plan macro-économique, le coronavirus a comme prévu fortement impacté la croissance du 1er trimestre aux Etats-Unis. Le PIB, publié mercredi, a ainsi plongé de 4,8% en rythme annuel sur les 3 premiers mois de l'année. Il s'agit du plus important recul depuis la récession de 2008, mais ce chiffre devrait encore s'aggraver au 2e trimestre, la crise sanitaire et les mesures de restriction n'ayant frappé les Etats-Unis qu'à partir de mars... Malgré cela, les chiffres du 1er trimestre sont pires qu'attendus par le consensus, qui se situait à -3,7% sur la période. L'indice avancé des prix rattaché au PIB a progressé sur un rythme de 1,3%, contre 1,2% de consensus. Les dépenses réelles de consommation se sont effondrées de 7,6%, alors que le consensus n'était que de -1,5%.

Le marché pétrolier reste la proie de brusques mouvements spéculatifs. Sur le Nymex, les cours sont repartis en nette hausse mercredi, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin s'envolant de 22% pour finir à 15,06$ après être tombé la veille jusqu'à 10,07$ en séance... Le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 10% à 22,54$.

Ce rebond s'est produit malgré l'annonce d'une nouvelle hausse des stocks pétroliers aux Etats-Unis, qui est toutefois un peu moins forte que prévu. Pour la semaine close au 22 avril, les stocks ont bondi de 9 millions de barils à 527,6 mb, alors que le consensus tablait sur un bond de 10,6 mb. Les réserves d'essence ont en revanche reculé de 3,7 millions de barils (contre environ 2,5 mb de consensus), alors que les stocks de produits distillés ont progressé de 5,1 mb par rapport à la précédente semaine, contre une hausse de 3,6 mb anticipée par le marché.

Les valeurs

Tesla ignore décidément la crise. Le constructeur californien de véhicules électriques a très agréablement surpris hier soir, puisqu'il est parvenu à dégager un bénéfice surprise pour son premier trimestre. Malgré les perturbations en termes de production résultant du contexte économique et sanitaire actuel, le groupe se montre extrêmement confiant dans ses perspectives. Le titre en profite. Après un gain de 4,1% en clôture hier à Wall Street, il gagnait encore près de 9% après bourse.

Tesla a donc réalisé un bénéfice inattendu de 16 millions de dollars soit 9 cents par titre sur le trimestre clos, contre une perte GAAP de 4,1$ par action un an plus tôt. Le bénéfice ajusté trimestriel a représenté 227 millions de dollars et 1,24$ par action, contre une perte ajustée de 2,9$ par titre un an auparavant. Les ventes ont totalisé quant à elles 5,99 milliards de dollars contre 4,54 milliards un an avant. Le consensus FactSet était de 28 cents de perte ajustée par titre pour 6,1 milliards de ventes.

C'est la première fois de son histoire que le groupe affiche au premier trimestre un bénéfice GAAP positif, la période étant saisonnièrement faible. Les résultats sont donc impressionnants compte tenu de la crise du Covid-19. La marge brute est restée solide avec l'aide du SUV Model Y. Le groupe se dit toujours en mesure d'atteindre son objectif annuel de livraison de plus de 500.000 véhicules en 2020, avec le renfort du site de Shanghai. Le management indique que le constructeur dispose des liquidités suffisantes malgré les fermetures. Le directeur financier Zach Kirkhorn relève que le groupe reçoit encore de nombreuses commandes en ligne.

Elon Musk, le patron du groupe, s'est pour sa part plaint des mesures de distanciation sociale et de confinement en place depuis plusieurs semaines en Californie et plus globalement aux Etats-Unis, mesures qui ont notamment provoqué une fermeture temporaire du site de Fremont. "J'appellerais cela emprisonner de force des gens dans leurs maisons contre tous leurs droits constitutionnels... brisant les libertés des gens d'une manière qui est horrible et mauvaise, et ce n'est pas pour cela que les gens sont venus en Amérique", s'est ému Musk devant les investisseurs. "Cela causera un grand tort, non seulement à Tesla, mais à toute entreprise. Et bien que Tesla résistera à la tempête, il existe de nombreuses petites entreprises qui n'y arriveront pas", a ajouté le dirigeant.

Facebook, qui tire presque tous ses revenus de la publicité, a publié mercredi soir un chiffre d'affaires supérieur aux attentes au premier trimestre, malgré l'impact de la crise du coronavirus. Cette dernière a néanmoins pesé sur les comptes, les bénéfices du réseau social ressortant légèrement inférieurs aux attentes du marché. Le bénéfice net du réseau social a atteint 4,9 milliards de dollars au 1er trimestre (1,71$ par action), doublé par rapport aux 2,43 Mds$ de la même période de 2019 (0,85$ par action). Toutefois, les marchés attendaient un bénéfice par action un peu supérieur, de 1,74$ par action, selon le consensus établi par le cabinet Factset. Les ventes du groupe ont bondi de 17% pour totaliser 17,74 Mds$, alors que les analystes tablaient en moyenne sur 17,33 Mds$.

Le nombre d'utilisateurs actifs mensuels des applications du groupe a atteint 2,99 milliards à la fin mars (dont 2,6 milliards pour Facebook seul), contre 2,89 milliards un an plus tôt. Outre Facebook, le groupe contrôle aussi l'application de partage de photos Instagram, et les messageries WhatsApp et Messenger.

Si les dégâts liés à la crise du Covid-19 ont été limités au 1er trimestre, la société se montre prudente pour la suite de l'année et a suspendu ses prévisions financières pour le 2e trimestre et l'ensemble de l'exercice 2020. La crise du Covid-19 a eu un impact sur Facebook et "comme toutes les compagnies, nous faisons face à une période d'incertitude sans précédent concernant nos perspectives", a indiqué le groupe dans un communiqué.

Son directeur financier David Wehner a ainsi estimé que "les perspectives sont vraiment incertaines". Sur la chaîne 'CNBC', il a ajouté que le groupe avait constaté sur les trois dernières semaines de mars un "recul" de la publicité faite par les grandes et petites entreprises sur ses plateformes, ce qui a entraîné "une baisse des prix des publicités sur les trois dernières semaines du premier trimestre". Pour faire face à la crise du coronavirus, Facebook a revu en baisse son programme d'investissement, ramené entre 14 et 16 Mds$ sur 2020, contre 17 à 19 Mds$ précédemment.

Microsoft a publié mercredi soir des résultats supérieurs aux attentes pour son 3e trimestre fiscal, malgré la crise du Covid-19. Le géant américain de l'informatique a notamment profité de la demande de ses clients "cloud" et de sa plateforme de travail en équipe et de visioconférence Teams. Ces activités ont été soutenues par le recours massif des entreprises au télétravail dans le contexte de la pandémie de coronavirus.

Sur le trimestre janvier-mars (le 3e trimestre fiscal pour Microsoft), le bénéfice net a atteint 10,75 milliards de dollars, soit 1,4$ par action, contre 1,14$ un an plus tôt et 1,27$ par action attendu par le consensus. Les ventes du groupe ont totalisé 35 Mds$ contre 30,57 Mds$ il y a un an et 33,76 Mds$ attendus par les marchés. "Au 3e trimestre fiscal, le Covid-19 a eu un impact minime sur les revenus globaux du groupe" a indiqué Microsoft dans un communiqué, tout en reconnaissant que certaines de ses activités dépendantes de la publicité (comme LinkedIn et Bing) avaient ralenti en fin de trimestre.

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