Wall Street poursuit sa correction

Wall Street poursuit sa correction©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 20 août 2020 à 10h59

La cote américaine demeure assez mal orientée avant bourse ce jeudi, après le recul de la veille. Le DJIA est attendu en repli de 0,6% et le S&P500 en recul de 0,7%, alors que le Nasdaq perd 0,6%. Le baril de brut WTI fléchit de 0,8% à 42,7$, alors que le Brent abandonne 0,8%. L'once d'or régresse de 1,7% à 1.936$. L'indice dollar prend 0,3% face à un panier de devises de référence.

Sur le front économique ce jour à Wall Street, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 15 août seront publiées à 14h30 (consensus 930.000). L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois d'août sera communiqué à la même heure (consensus 21). L'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour le mois de juillet sera annoncé à 16 heures (consensus +1% en comparaison du mois antérieur).

En Europe, notons que l'indice allemand des prix à la production du mois de juillet a progressé de 0,2% en comparaison du mois antérieur, contre +0,1% de consensus... Les opérateurs pourront aussi suivre ce jour le compte rendu de la dernière réunion monétaire de la BCE, au lendemain de 'Minutes' de la Fed qui n'ont pas réellement convaincu.

Les inquiétudes au sein de la Réserve fédérale américaine concernant la santé de l'économie ont ainsi refroidi les opérateurs, alors que persistent par ailleurs les tensions entre les Etats-Unis et la Chine et que la crise sanitaire préoccupe toujours.

Le compte rendu de la réunion de la Fed du mois de juillet montre par ailleurs que les responsables de l'institution monétaire se rapprochent d'un accord concernant l'évolution du cadre de leur politique, via une potentielle modification du communiqué sur les objectifs à plus long terme et la stratégie de politique monétaire. A l'issue de sa réunion de juillet, la Fed avait opté pour le statu quo, laissant inchangée sa politique monétaire et affirmant dans le même temps son engagement à soutenir l'économie face à la crise sanitaire.

Le comité monétaire de la Fed à débattu en juillet de différentes options qui pourraient être appropriées à un moment donné, parmi lesquelles l'engagement de maintenir les taux jusqu'à ce que des objectifs quantifiés soient atteints ou jusqu'à une certaine date. Les membres votants n'ont pas soutenu en revanche l'idée d'objectifs ou de plafonds sur les rendements des bons du Trésor. Plusieurs responsables ont jugé que la Fed pourrait avoir besoin d'assouplir encore sa politique. La Fed a déjà fixé son taux directeur à zéro et acheté des milliers de milliards de dollars d'obligations. Selon les Minutes de la réunion des 28 et 29 juillet, plusieurs membres s'inquièteraient toutefois de ce qu'ils perçoivent comme un ralentissement du marché du travail, ainsi que du manque de vigueur de la reprise.

Selon l'Université Johns Hopkins ce jeudi, 22,42 millions de cas confirmés du nouveau coronavirus ont été recensés dans le monde depuis le début de l'épidémie, dont 5,53 millions aux USA, 3,46 millions au Brésil et 2,84 millions en Inde. 787.909 morts sont déplorés dans le monde, dont 173.181 aux Etats-Unis et plus de 111.000 au Brésil. Le nombre quotidien de nouveaux cas aux Etats-Unis a diminué mais reste proche de 50.000 en moyenne, ce qui freine l'économie et pourrait retarder la rentrée scolaire dans certains Etats.

Constatant la montée de l'incertitude qui entoure les perspectives sur la période séparant deux réunions monétaires, certaines membres de la Fed américaine ont suggéré qu'un assouplissement supplémentaire pourrait être nécessaire...

Le Brésil, second pays le plus frappé par le virus, a enregistré 49.298 nouveaux cas et 1.212 décès supplémentaires en 24 heures, selon le ministère local de la Santé.

Le bilan en Colombie s'est également alourdi mercredi à plus de 500.000 cas de contamination et près de 16.000 décès, alors même que le confinement doit être levé en fin de mois.

L'Inde a fait état ce jour de 69.672 nouveaux cas, ce qui représente un record sur une journée et porte le bilan total à 2,84 millions de cas. Le nombre de décès ressort à 53.886, avec 997 morts de plus en une journée.

La Russie a déploré ce jeudi 110 nouveaux décès dus au virus en 24 heures, portzant le bilan à plus de 16.000 morts. Les autorités ont recensé 4.785 nouveaux cas pour un total de 942.106 depuis le début de l'épidémie.

En Europe, certains pays montrent également des signes préoccupants. Le nombre de cas confirmés en Allemagne a grimpé à 228.621, 1.707 de plus que la veille selon l'Institut Robert Koch (RKI) pour les maladies infectieuses. Dix décès supplémentaires ont été déplorés pour un total de 9.253 morts.

La France a enregistré 3.776 cas confirmés de plus en 24 heures, a annoncé hier l'agence Santé Publique France (SPF). Il s'agit du niveau quotidien le plus élevé depuis la fin du confinement. SPF avait recensé 2.238 cas mardi. 4.806 patients atteints du covid sont actuellement hospitalisés, 17 de moins que mardi. Le nombre de patients en réanimation a diminué, passant à 374 contre 380. Le nombre de décès depuis le début de l'épidémie atteint 30.468, dont 19.957 en milieu hospitalier, une hausse de 162 en 24 heures.

La Chine a recensé sept nouveaux cas au cours des vingt-quatre dernières heures. Selon les autorités locales, il s'agirait une fois encore de cas importés. Aucun décès supplémentaire n'a été déploré. Selon les données officielles, 84.895 cas ont été confirmés dans le pays depuis l'émergence du virus, pour 4.634 décès.

Donald Trump, lui, ne cesse de pointer du doigt la responsabilité de la Chine et mentionne fréquemment le "virus chinois". Les tensions sino-américaines s'étalent par ailleurs sur différents fronts ces dernières semaines.

Le département d'Etat américain a informé Hong Kong de la suspension ou de l'annulation de trois accords bilatéraux, en réponse à l'instauration, à l'initiative de la Chine, d'une nouvelle loi de sécurité nationale répressive. Pékin a répliqué rapidement. Le ministère chinois des affaires étrangères a indiqué que l'ancienne colonie britannique suspendrait certaines coopérations judiciaires avec les Etats-Unis. Trump a ordonné le mois dernier à son administration de mettre fin au traitement préférentiel accordé à Hong Kong afin de punir la Chine pour ses "actes d'oppression".

Le département d'Etat américain a précisé que les accords en question couvraient la remise de délinquants fugitifs, le transfert de personnes condamnées et des exonérations fiscales réciproques sur des revenus sur l'exploitation internationale de navires...

Les valeurs

Airbnb a déposé une demande confidentielle (qui ne l'est plus vraiment) d'autorisation d'introduction en bourse auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC). Le spécialiste américain de la location courte durée indique que le nombre d'actions proposées et la fourchette de prix n'ont pas encore été fixés. L'offre devrait avoir lieu une fois que la SEC aura achevé l'examen du dossier, et en fonction de l'évolution du marché. La société avait annoncé l'an dernier son intention d'entrer en bourse en 2020. Ses opérations ont évidemment souffert de la crise.

Goodyear. Trump a appelé hier au boycott de la marque, suite à la décision du fabricant de pneus d'interdire dans l'entreprise les vêtements et accessoires affichant des slogans politiques. "N'achetez pas de PNEUS GOODYEAR. Ils ont annoncé une INTERDICTION DES CASQUETTES MAGA", s'est ému le président américain sur Twitter. La secrétaire à la presse de la Maison blanche, Layleigh McEnany, a précisé que Trump était irrité de constater que Goodyear autorisait ses salariés à porter des vêtements au slogan 'Black Lives Matter' ou d'autres liés aux revendications d'égalité, mais pas MAGA ou 'Blue Lives Matter'.

Goodyear dit pour sa part pratiquer la tolérance zéro contre toute forme de harcèlement ou de discrimination. Le groupe demande à ses salariés d'éviter l'expression sur le lieu de travail de tout soutien à une campagne politique de tout candidat ou parti.

Nvidia, géant américain des processeurs graphiques, consolidait très légèrement après bourse hier soir à Wall Street suite à sa publication trimestrielle. Le groupe a annoncé anticiper, pour le trimestre en cours, des revenus supérieurs aux estimations de marché, grâce notamment à la progression de l'intelligence artificielle et du cloud computing, soutenant la demande pour ses produits. Le groupe a par ailleurs publié des comptes du second trimestre supérieurs aux attentes. La réaction boursière est toutefois prudente, alors que le titre avait pratiquement triplé en un an, pour une capitalisation boursière de près de 300 milliards de dollars dépassant désormais celle du colosse Intel.

Pour le troisième trimestre de son exercice décalé, Nvidia dit tabler sur un chiffre d'affaires d'environ 4,40 milliards de dollars, plus ou moins 2%, alors que le consensus se situait à moins de 4 milliards de dollars. Au deuxième trimestre, clos fin juillet, les revenus ont augmenté de près de 50% en glissement annuel à 3,87 milliards de dollars, alors que les analystes tablaient en moyenne sur un niveau de 3,7 milliards de dollars. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 622 millions de dollars, 0,99$ par action, contre 552 millions un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est établi quant à lui à 2,18$, contre un peu moins de 2$ de consensus.

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