Wall Street : prudence avant le "paquet" de la BCE

Wall Street : prudence avant le "paquet" de la BCE
Mario Draghi et Jerome Powell durant une réunion FMI à Washington.

Boursier.com, publié le jeudi 12 septembre 2019 à 11h56

La cote américaine est attendue en très légère hausse, au sommet avant les annonces de la BCE, après une séance de progression hier alimentée par les espoirs monétaires et commerciaux. Le S&P500 et le Nasdaq sont orientés respectivement sur des gains de 0,1% et 0,3% en pré-séance. L'indice dollar régresse de 0,1% à 98,5. Sur le Nymex, le baril de brut WTI poursuit sa correction et abandonne 0,8% à 55,3$.

La situation semble se détendre quelque peu sur le front commercial, entre les Etats-Unis et la Chine. Donald Trump a annoncé ainsi hier soir sur Twitter qu'à la demande du vice-Premier ministre et négociateur en chef chinois Liu He, et du fait de la célébration du 70ème anniversaire de la république populaire de Chine le 1er octobre, les USA avaient accepté, "par un geste de bonne volonté", de déplacer la date d'application des tarifs douaniers majorés de 25 à 30% sur 250 milliards de dollars d'importations provenant de Chine du 1er au 15 octobre.

La Chine avait précédemment contribué à détendre l'atmosphère sur les marchés mondiaux en annonçant hier mercredi qu'elle exonérerait un certain nombre de produits américains des nouveaux droits de douane majorés. Pékin a ainsi publié une liste couvrent seize catégories de produits allant des pesticides aux lubrifiants en passant par certains produits pharmaceutiques. Ces exemptions seront valables à partir du 17 septembre pour une durée d'un an.

Après un début de semaine en ordre dispersé, Wall Street a repris le chemin de la hausse hier mercredi, sous l'effet d'un rebond des valeurs technologiques, à commencer par Apple (+3,2%), qui a franchi les 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Par ailleurs, les attentes de baisses de taux se renforcent vis-à-vis de la Fed, une nouvelle fois attaquée par Donald Trump, qui a exigé des taux ramenés à zéro, voire négatifs... Le pétrole a baissé encore, le limogeage de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale préfigurant selon les marchés une position plus conciliante des Etats-Unis envers l'Iran. Hier soir, le DJIA a gagné 0,85% à 27.137 points. L'indice large S&P 500 a progressé de 0,72% à 3.000 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a bondi de 1,06% à 8.169 pts.

Certains analystes craignent tout de même que les marchés ne soient trop optimistes vis-à-vis de la banque banque centrale européenne. S'il paraît acquis que la BCE abaissera ce jeudi son taux de dépôt, qui pourrait passer de -0,4% à -0,5% (ou -0,6%), assorti d'un système de paliers pour ne pas trop pénaliser les banques, la question de la reprise du programme de rachat d'actifs (QE) est plus incertaine. Ce sujet ne fait pas l'unanimité au sein des membres du conseil de la BCE, l'Allemagne y étant notamment opposée. En cas d'absence d'annonce sur cette question du QE, les marchés pourraient réagir négativement, selon les experts.

Aux Etats-Unis, où la Fed se réunira la semaine prochaine, les 17 et 18 septembre, Donald Trump a lancé hier mercredi une nouvelle offensive pour forcer la banque centrale à baisser fortement ses taux directeurs. "La Réserve Fédérale devrait ramener nos taux d'intérêt à ZÉRO ou moins, et nous devrions ensuite commencer à refinancer notre dette", a ainsi tweeté le président américain. Soulignant une nouvelle fois la faiblesse de l'inflation, il a fustigé "la naïveté de Jay Powell et de la Réserve Fédérale qui ne nous permet pas de faire ce que d'autres pays font déjà. L'opportunité d'une vie que nous ratons à cause de 'crétins'", a-t-il conclu...

Pour l'instant, les marchés financiers ont intégré deux ou trois baisses de taux des "fed funds" d'ici à la fin de l'année, ce qui le ramènerait entre 1,25% et 1,50% (contre 2% à 2,25% actuellement) ou bien entre 1,50 et 1,75% (fourchette la plus probable à 47,5% au 11 décembre selon FedWatch). L'outil Fedwatch du CME Group indique une probabilité de 88,8% pour une baisse d'un quart de point le 18 septembre, ce qui ferait revenir le taux des 'fed funds' entre 1,75% et 2%. La probabilité d'un statu quo à cette date est de 11,2%.

Vendredi dernier, le président de la Fed, Jerome Powell, avait indiqué que la banque centrale ne prévoyait pas de récession aux Etats-Unis, mais que l'économie américaine faisait face à des risques baissiers "significatifs". Il a assuré que la Fed continuera à agir de manière appropriée pour soutenir la croissance de l'économie américaine, et a répété que les banquiers centraux ne tenaient aucun compte de la politique pour déterminer la politique monétaire.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, l'indice des prix à la consommation du mois d'août 2019 sera communiqué à 14h30 (consensus +0,1% en comparaison du mois antérieur, +0,2% hors alimentaire et énergie). Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 7 septembre seront communiquées à la même heure (consensus 215.000). Enfin, les chiffres du budget américain du mois d'août seront dévoilés à 20h (consensus -173 milliards de dollars de déficit).

Dans l'actualité des entreprises, Oracle a surpris hier soir. Le groupe a publié un chiffre d'affaires inférieur au consensus au premier trimestre fiscal. En outre, l'éditeur de logiciels de gestion d'entreprises a annoncé que son directeur général (CEO) Mark Hurd allait prendre un congé pour des raisons de santé. Les ventes trimestrielles du groupe ont atteint 9,22 milliards de dollars, un chiffre un peu en-deça du consensus de 9,29 Mds$ compilé par IBES/Refinitiv. Le bénéfice par action ajusté est ressorti conforme au consensus, à 81 cents, mais il l'avait battu les sept trimestres précédents. Ces chiffres sèment donc un doute sur la capacité du groupe à s'imposer sur le segment du cloud computing, qui apporte désormais la majorité de son chiffre d'affaires.

"Nous avons travaillé dur tous ensemble pour boucler le premier trimestre et j'ai décidé de passer du temps à me préoccuper de ma santé", a expliqué Mark Hurd dans un communiqué. "A ma demande, le conseil d'administration m'a accordé un congé pour raisons médicales", a-t-il ajouté. La co-CEO Safra Catz et le fondateur d'Oracle Larry Ellison, actuellement responsable des technologies, assumeront les responsabilités de Mark Hurd durant son congé maladie.

Broadcom publie ses comptes trimestriels après bourse à Wall Street ce soir. Kroger annonce avant bourse.

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