Wall Street reste groggy, mais tente une remontée

Wall Street reste groggy, mais tente une remontée
Traders sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le mercredi 20 juin 2018 à 13h46

Wall Street reste sans grand relief en pré-séance ce mercredi, après la sanction de la veille (-1,15% sur le DJIA et -0,4% sur le S&P500). La cote américaine tente une fébrile remontée, le S&P et le Nasdaq se redressant de 0,2% avant bourse, sans grande conviction, alors que le durcissement de l'affrontement commercial entre Washington et Pékin avait plombé hier les marchés... Sur le marché des changes, l'euro cède actuellement 0,2% à 1,157$.

Le président américain Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 10% sur 200 milliards de dollars de produits chinois supplémentaires. Trump a ainsi demandé au représentant américain au Commerce Robert Lighthizer d'identifier les produits provenant de Chine qui devront être soumis à ces nouveaux prélèvements. Les nouvelles taxes prendront effet "si la Chine refuse de modifier ses pratiques, et aussi si elle insiste avec la mise en place des nouveaux tarifs douaniers qu'elle a récemment annoncés", selon la Maison Blanche. Pékin a évoqué de son côté des mesures 'quantitatives' et 'qualitatives' à prendre si le gouvernement américain mettait sa menace à exécution. "Une telle pratique de pression extrême et chantage s'écarte du consensus trouvé à de multiples occasions", s'est ému le ministère chinois du Commerce.

La Maison Blanche avait confirmé vendredi, par un communiqué officiel du président Donald Trump, les mesures concernant le commerce avec la Chine. Au regard des pratiques commerciales de la Chine, jugées déloyales par Donald Trump, les Etats-Unis appliqueront "un droit de douane de 25% sur des marchandises chinoises de 50 milliards de dollars contenant des technologies d'importance industrielle. Cela comprend les biens liés au plan stratégique chinois 'Made in China 2025' visant à dominer les industries émergentes de haute technologie qui stimuleront la croissance économique future de la Chine, mais qui nuisent à la croissance économique des États-Unis et de nombreux autres pays". Pékin avait alors riposté en annonçant l'instauration de taxes du même montant, fragilisant déjà les marchés financiers mondiaux.

Dans le détail, Washington a précisé que sur les 50 Mds$ de produits chinois initialement visés, ce sont dans un premier temps 34 Mds$ qui seront taxés à partir du 6 juillet. Le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a précisé que le second lot de 16 Mds$ d'importations chinoises allait être soumis à un examen supplémentaire, qui comprendra une période de consultations et d'auditions publiques. La Chine a elle aussi prévu de procéder en deux temps, avec la taxation, dès le 6 juillet, de 34 Mds$ d'importations américaines, dont des produits agricoles et les automobiles...

Sur le front économique aux USA, en dehors de cette escalade des menaces entre États-Unis et Chine, les chiffres des ventes de logements existants du mois de mai (16 heures) et le rapport hebdomadaire du Département américain à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques (16h30) seront à suivre.

Sur le Nymex américain, le baril de brut (contrat d'août) remonte péniblement de 0,2% à 65$. Les opérateurs restent prudents avant la réunion de l'OPEP prévue à Vienne jeudi et vendredi. Arabie saoudite et Russie désirent une augmentation conséquente des objectifs de production, alors que le cartel veut globalement éviter un déclin trop prononcé des prix en optant pour une hausse plus modérée de la production (moins de 600.000 barils par jour).

LES VALEURS

Oracle a publié mardi soir, après la clôture de Wall Street, les résultats de son quatrième trimestre fiscal 2017-2018, achevé le 31 mai. Les chiffres sont ressortis supérieurs aux attentes, grâce à la bonne tenue de ses activités "cloud" (informatique dématérialisée), division qui a compensé le déclin des licences de logiciels, activité historique du groupe. Le bénéfice net de l'éditeur américain de logiciels a augmenté de 5,5%, à 3,41 milliards de dollars, soit 0,82 dollar par action, contre 3,23 Mds$ (0,76$/action) pour la même période de l'exercice précédent.

Hors éléments exceptionnels, le résultat net par action est ressorti à 0,99$ alors que les analystes financiers avaient anticipé 0,94$, selon le consensus Thomson Reuters. Le chiffre d'affaires trimestriel a augmenté de 3,3%, à 11,25 Mds$, là aussi supérieur aux attentes du consensus, qui était logé à 11,19 Mds$. Dans les échanges post-séance à Wall Street, le titre Oracle, a d'abord réagi positivement à cette publication, avant de se replier nettement, après des précisions apportées par la direction... Les analystes ont ainsi été un peu déçus par les prévisions pour le premier trimestre de 2018-2019. La CEO, Safra Catz, a dit s'attendre à un bénéfice par action de 67 à 69 cents par action, alors que le consensus tablait sur 72 cents par action.

FedEx a publié ses résultats du quatrième trimestre fiscal. Le résultat net ressort à 1,13 Md$ (4,15$ par action), contre 1,02 Md$ (3,75$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action s'affiche à 5,91$, contre 4,19$ il y a un an. Les revenus s'élèvent à 17,3 Mds$, contre 15,7 Mds$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 5,70$, pour des revenus de 17,2 Mds$. Sur l'exercice 2018, les revenus sont de 65,5 Mds$ et les profits s'élèvent à 4,57 Md$. Pour l'année fiscale 2019, FedEx vise des revenus en hausse de 9%, pour un bpa logé entre 17 et 17,6$.

General Electric. Dans moins d'une semaine, GE n'entrera plus dans la composition de l'indice historique Dow Jones, auquel il appartenait depuis sa création en 1896 (mis à part une brève sortie au début des années 1900). S&P Dow Jones Indices a officialisé la nouvelle hier soir. Le conglomérat sera remplacé par la chaîne de pharmacies, Walgreens Boots Alliance. En baisse de 26% depuis le premier janvier, GE est l'action la moins performante du DJIA en 2018. Elle avait déjà perdu 45% l'an dernier quand le Dow avait pour sa part gagné 25%.

Cette décision n'est pas une surprise pour les investisseurs, tant le groupe traverse une passe difficile. Il y a moins d'un mois, GE avait par exemple dit ne pas être en mesure de garantir le maintien du dividende en 2019, tout en soulignant qu'il n'avait pas fini de régler les problèmes de ses différentes divisions, notamment dans l'énergie et la finance. "Ce n'était pas une question de si, mais quand", explique à Bloomberg, Quincy Krosby, qui dirige la stratégie marchés chez Prudential Financial...

Starbucks a annoncé que son conseil d'administration avait validé une augmentation de 20% de son dividende trimestriel, qui passe ainsi à 0,36$ par action. Il sera versé le 24 août aux actionnaires enregistrés le 9 août. La société prévoit maintenant de reverser environ 25 Mds$ en numéraire aux actionnaires sous la forme de rachats d'actions et de dividendes jusqu'à l'exercice fiscal 2020, soit 10 Mds$ de plus que ce qui avait été annoncé au début du mois de novembre dernier. Starbucks précise viser désormais une croissance de 1% en base comparable sur le troisième trimestre fiscal 2018 et annonce sa volonté d'accélérer la fermeture de points de vente sous-performants, avec un objectif de 150 sur l'exercice fiscal 2019 (contre 50 par an jusqu'ici).

AT&T a une faim de loup. A peine l'acquisition de Time Warner bouclée pour 85 Mds$, l'opérateur télécoms aurait entamé des discussions avec AppNexus en vue d'un rachat de ce spécialiste des technologies de publicité digitale. Selon le 'Wall Street Journal', qui cite des sources proches des négociations, AT&T pourrait mettre 1,6 milliard de dollars sur la table pour racheter cette entreprise fondée en 2007. L'acquisition d'AppNexus permettrait au géant américain de se renforcer dans la publicité en ligne et de mieux concurrencer les Facebook, Google et autres Verizon Communications. AppNexus exploite l'un des plus grands 'ad exchanges', des places de marché automatisées qui permettent aux annonceurs d'acheter de l'espace sur des milliers de sites Web, en ciblant leur public cible.

Tesla. Elon Musk, le patron de Tesla, a affirmé que l'Allemagne constituait l'hypothèse principale en vue de l'établissement d'une gigafactory en Europe. Musk a ainsi assuré hier, sur le réseau social média Twitter, que l'Allemagne était "le premier choix" en Europe. "Peut-être sur la frontière franco-allemande, cela ferait sens, près des pays du Benelux", a ajouté Musk, en réponse à un utilisateur de Twitter... Rappelons que le titre avait corrigé hier à Wall Street suite au sabotage d'un employé du groupe, dont les conséquences exactes restent à préciser.

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