Wall Street reste incertain, reprise de souffle confirmée

Wall Street reste incertain, reprise de souffle confirmée©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 12 janvier 2021 à 10h59

La cote américaine s'affiche encore hésitante avant bourse ce mardi, au lendemain d'une sanction menée par le Nasdaq (-1,25%). Le DJIA prend 0,2% avant bourse ce jour et le S&P 500 0,3%, alors que le Nasdaq grappille 0,3%. Le baril de brut WTI monte de 1,3% à 52,9$ sur le Nymex. L'once d'or prend 0,4% à 1.859$. L'indice dollar fléchit de 0,1% face à un panier de devises.

Le rapport JOLTS du Département américain au Travail concernant les ouvertures de postes pour le mois de novembre sera communiqué à 16 heures (consensus 6,42 millions). Raphael Bostic, Lael Brainard, Robert Kaplan, Loretta Mester et Esther George de la Fed, s'exprimeront durant la journée. Ailleurs dans le monde, l'actualité économique est assez réduite. Au Japon, l'indice du sentiment économique a quelque peu déçu, à 35,5 contre 37 de consensus.

Alors que les marchés ont déjà 'pricé' en partie le nouveau plan de relance budgétaire de Joe Biden, qui se chiffrerait en 'milliers de milliards', et que la politique monétaire demeure très accommodante à travers le monde, c'est la crise sanitaire qui concentre l'attention. Les chiffres des infections continuent de progresser dans le monde, l'Europe luttant pour contenir la propagation du variant britannique, et la Chine se trouvant confrontée à une nouvelle poussée des contaminations.

Selon l'Université Johns Hopkins ce jour, le nombre de cas confirmés de contaminations au nouveau coronavirus dans le monde depuis le début de la pandémie ressort désormais à près de 91 millions, dont 22,6 millions aux USA, 10,5 millions en Inde et 8,1 millions au Brésil. Le virus a fait 1,95 million de morts dans le monde, dont 376.280 aux États-Unis, 203.580 au Brésil et plus de 151.000 en Inde...

Fort heureusement, le déploiement des vaccins s'accélère à travers le monde. L'Union européenne discute avec Moderna pour commander des doses supplémentaires de son vaccin, bien que le laboratoire américain cherche à le vendre à un prix plus élevé, selon deux responsables du bloc et un document interne consulté par Reuters. L'UE a réservé près de 2,3 milliards de doses de vaccins auprès de Pfizer-BioNTech, Moderna, Johnson & Johnson, AstraZeneca, Sanofi, GSK et CureVac, mais à ce jour seuls les vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna ont été autorisés. AstraZeneca a soumis à l'UE une demande d'autorisation en urgence de son vaccin contre le covid conçu avec l'Université d'Oxford. La demande va être examinée dans le cadre d'une procédure accélérée, a assuré l'EMA dans un communiqué. Un avis pourrait être rendu avant la fin du mois.

Aux États-Unis, après un retard initial, la campagne de vaccinations semble aussi s'accélérer. Symboliquement, Joe Biden a reçu en direct à la télévision la seconde dose du vaccin Pfizer / BioNTech contre le covid, dans un hôpital du Delaware à Newark. Biden prendra ses fonctions le 20 janvier. Il doit dévoiler le coût de son plan de lutte contre l'épidémie. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont indiqué hier qu'ils avaient déjà administré près de 9 millions de premières doses des vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna.

Dans le même temps, les démocrates s'activent pour obtenir un 'impeachment' de Donald Trump suite aux événements dramatiques du Capitole intervenus la semaine dernière. De nouveaux articles d'impeachment ont été introduits à la Chambre des représentants. Cette affaire n'a que peu d'intérêt - voire aucun - pour les marchés, qui se concentrent plutôt sur la perspective du début de mandat de Biden.

Du côté de la Fed, le débat concernant le 'tapering' (réduction des achats d'actifs) reste ouvert. Le président de la Fed de Dallas, Robert Kaplan, a estimé que la distribution et le déploiement des vaccins devraient permettre une forte croissance économique. Il anticipe une expansion de 5% de la première économie mondiale cette année assortie d'une chute du taux de chômage. Cela justifierait donc de considérer le tapering. Kaplan voit en effet au-delà des difficultés de court terme et se montre particulièrement confiant. Selon lui, le chômage pourrait retomber cette année entre 4,5% et 4,75%.

Mais tous les membres de la Fed n'anticipent pas des progrès aussi substantiels. Le président de la Fed de Richmond, Thomas Barkin, s'est montré plus mesuré. Il souligne que la Fed devra observer des améliorations significatives en termes d'emploi et d'inflation avant de lancer une discussion sur le QE. Raphael Bostic de la Fed d'Atlanta ne voit quant à lui pas d'évolution de politique monétaire cette année, et il en faudrait encore beaucoup selon lui pour réétudier la politique de rachat d'actifs.

Le rendez-vous économique majeur de la semaine aux USA est attendu jeudi. Biden présentera alors son plan économique face à la pandémie. Il a indiqué que ce plan représenterait des milliers de milliards. De nouveaux 'chèques de relance' sont attendus, une extension des allocations chômage, des financements aux États et gouvernements locaux, ainsi qu'un soutien bien évidemment à la distribution de vaccins. Compte tenu du niveau très élevé du plan, certains espèrent par ailleurs des dépenses d'infrastructures. Biden a souligné la nécessité d'une action immédiate, tirant avantage des taux bas.

Robert Lighthizer, représentant au Commerce des États-Unis, a pour sa part demandé à Biden de laisser en place les tarifs douaniers établis avec la Chine. Le responsable USTR a précisé au Wall Street Journal que la future administration Biden devrait maintenir la pression sur Pékin, même si cela passe par une hausse des prix pour les consommateurs ou les entreprises américaines. Il juge que cette posture dure vis-à-vis de la Chine profitera aux travailleurs américains, mettant un terme à des années de laxisme supposé des précédentes administrations de ce point de vue.

Concernant ce conflit sino-américain, notons par ailleurs que le bannissement des investissements américains dans les firmes chinoises blacklistées prend effet ce jour. L'ordre exécutif de Trump concerne 35 compagnies chinoises ayant des liens supposés avec le pouvoir militaire chinois.

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