Wall Street s'offre un rebond

Wall Street s'offre un rebond
Deux traders souriants sur le floor du New York Stock Exchange.
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Boursier.com, publié le mercredi 20 mai 2020 à 12h27

Wall Street rebondit avant bourse ce mercredi, se remettant rapidement de ses émotions de la veille, et misant de nouveau sur le scénario pourtant fort peu assuré d'une reprise en V. Le S&P500 est attendu en hausse de 1,1%, alors que le Nasdaq prend 1% et le DJIA 1,2%. Le baril de brut WTI gagne 0,3% sur le Nymex à 32$, alors que le Brent de la mer du Nord avance de 1,1% sur les 35$. Les investisseurs jouent donc de nouveau la reprise économique et le 'succès' des déconfinements.

Sur le front économique outre-Atlantique, le rapport hebdomadaire du Département à l'Energie concernant les stocks pétroliers domestiques américains pour la semaine close au 15 mai sera communiqué à 16h30. Les Minutes de la dernière réunion monétaire de la Fed seront révélées à 20 heures. James Bullard et Raphael Bostic de la Fed s'exprimeront dans la journée sur divers sujets.

Selon l'Université Johns Hopkins, depuis le début de l'épidémie, plus de 4,9 millions de personnes ont été contaminées dans le monde, dont 1,53 million aux USA, 309 milliers en Russie et 272 milliers au Brésil. La pandémie a fait près de 92.000 morts aux Etats-Unis.

Après une séance hésitante, la bourse américaine a reculé mardi en clôture, assaillie de doutes sur le rythme de retour de la croissance face à la crise du Covid-19. La forte hausse de lundi, dans l'espoir de la mise au point d'un vaccin contre le coronavirus, a été suivie de commentaires plus prudents mardi sur ce candidat-vaccin du laboratoire Moderna. Le pétrole WTI a fait du yo-yo, tandis que Donald Trump a repris ses critiques contre la Chine et l'Organisation mondiale de la santé.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 1,59% à 24.206 points (après un bond de 3,85% lundi), tandis que l'indice large S&P 500 a perdu 1,05% à 2.922 pts (+3,15% lundi), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a lâché 0,54% à 9.185 pts (après +2,44% lundi).

Du côté des valeurs, Moderna a corrigé de 10,4% (après +20% lundi). Selon le site spécialisé dans la santé, 'STAT', les résultats encourageants du candidat-vaccin contre le Covid-19 doivent être pris avec précaution et il est encore trop tôt pour crier victoire, en attendant les phases 2 et 3 de l'essai clinique.

Les investisseurs ont suivi avec intérêt la dernière intervention du président de la Fed Jerome Powell, qui a été auditionné par la Commission bancaire du Sénat, en même temps que le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. Jerome Powell a confirmé des propos déjà tenus ces derniers jours, à savoir que la banque centrale américaine anticipait un début de reprise économique progressive à partir du 2e semestre 2020.

La crise actuelle, même si elle fera s'envoler le chômage et sera la "pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale", devrait être moins grave que la Grande Dépression des années 1930, selon le patron de la Fed. Il a répété que l'institution est prête à utiliser tout l'éventail de ses outils pour soutenir l'économie. La Fed maintiendra ses taux proches de zéro tant que l'économie n'aura pas retrouvé la santé, a assuré Powell, qui n'a pas évoqué la possibilité de taux négatifs. Il a clairement repoussé cette idée à plusieurs reprises, malgré les pressions de Donald Trump.

De son côté, Steven Mnuchin a expliqué au Sénat que les dommages de la pandémie sur l'économie américaine pourraient être "durables" si le confinement se prolonge. Les sénateurs ont multiplié les questions sur les dangers d'un retour prématuré au travail des salariés, notamment ceux qui sont les moins bien payés et protégés.

"Comme je l'ai déjà dit, nous sommes conscients des problèmes de santé et nous voulons (rouvrir le pays) de manière équilibrée et sans danger", a assuré Steven Mnuchin. Mais, a-t-il prévenu, "il existe un risque de dommages durables" sur la première économie du monde si les mesures de confinement restent en vigueur trop longtemps.

Donald Trump a fait savoir mardi qu'il allait rencontrer les responsables républicains du Sénat dans la soirée au sujet d'un possible nouveau plan de soutien à l'économie. Cette rencontre n'était pas prévue à l'agenda du président américain. Elle intervient alors que la chambre des représentants dominée par les démocrates a approuvé le 15 mai un nouveau plan d'aide de 3.000 milliards de dollars, que le Sénat (à majorité républicaine) ne souhaite pas adopter. La Maison Blanche souhaite de son côté attendre de mesurer les effets des mesures budgétaires déjà prises, qui frôlent déjà les 3.000 Mds$.

Les marchés ont aussi surveillé avec nervosité l'évolution des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, qui se sont concentrées en ce début de semaine sur les questions sanitaires et en particulier le rôle et le financement de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les deux puissances se sont affrontées verbalement à l'occasion de l'Assemblée générale de l'OMS.

Donald Trump, qui accuse Pékin d'avoir menti sur les origines du coronavirus, a accusé l'OMS d'être une "marionnette de la Chine" et a menacé de geler indéfiniment le financement américain de l'Organisation si elle ne s'engageait pas à des "améliorations notables" dans un délai de 30 jours.

Les marchés pétroliers ont zigzagué mardi. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain WTI pour livraison juin a oscillé entre le rouge et le vert, avant de gagner 2,1% à 32,50$, pour son dernier jour de cotation. Le contrat de juillet, qui prend la relève en tant que contrat le plus négocié, a gagné 1% à 31,96$ le baril, poursuivant le "rally" qui a permis au WTI de revenir au plus haut depuis plus de 6 semaines. Le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a en revanche légèrement reculé de 0,5% à 34,65$.

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