Wall Street sans tendance, rebond du pétrole

Wall Street sans tendance, rebond du pétrole
Trader sur le floor du New York Stock Exchange.
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Boursier.com, publié le jeudi 23 avril 2020 à 10h48

Wall Street demeure sans grande évolution avant bourse ce jeudi, le S&P500 consolidant de 0,2% et le Nasdaq de 0,3%. Le baril de brut WTI poursuit son rebond et regagne encore 10% à 15,2$ sur le Nymex, après un début de semaine cataclysmique. L'once d'or grappille 0,5% à 1.750$.

Sur le front économique, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 18 avril seront encore surveillées à 14h30 (consensus 4,25 millions). L'indice flash PMI composite américain du mois d'avril sera révélé à 15h45 (consensus 40 pour l'indice manufacturier et 35 pour celui des services). Les ventes de logements neufs du mois de mars seront publiées à 16h (consensus 643.000). Enfin, l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City sera révélé à 17h (consensus -33).

Le coronavirus a fait désormais plus de 47.000 morts aux Etats-Unis selon un décompte de l'agence Reuters. Sur le seul Etat de New York, 474 décès ont été signalés hier, ce qui reste le plus faible total quotidien depuis le 1er avril. En revanche, New Jersey et Pennsylvanie ont fait état de records de décès. Les Etats-Unis ont désormais recensé près de 840.000 cas de Covid-19, mais des signes de ralentissement des nouveaux cas et des décès continuent de se confirmer, notamment à New York, l'épicentre américain de l'épidémie. Dans le monde, plus de 2,62 millions de cas ont été officiellement recensés et plus de 182.000 personnes sont décédées du coronavirus, selon le décompte de l'université américaine Johns Hopkins.

Eli Lilly, Blackstone, E*Trade, Raytheon, Travelzoo, Robert Half, Celgene, Intel et Hershey, comptent parmi les nombreuses publications trimestrielles du jour outre-Atlantique.

La Bourse de New York a regagné du terrain mercredi, après deux jours de forte baisse, saluant un rebond du pétrole après son krach des derniers jours. Les marchés apprécient en outre les signes de redémarrage de l'activité dans certains Etats américains ainsi que l'adoption par le Sénat américain, mardi soir, d'un plan complémentaire de soutien à l'économie de près de 500 milliards de dollars. Enfin, Donald Trump a précisé ses projets de geler l'immigration, qui ne porteront pour l'instant que sur la délivrance de cartes vertes et non sur les permis de travail de court terme utilisés par les entreprises, notamment les "technos" de la Silicon Valley.

A la clôture, l'indice Dow Jones a repris 1,99% à 23.475 points, tandis que l'indice large S&P 500 a regagné 2,29% à 2.799 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a rebondi de 2,81% à 8.495 pts. Les trois indices avaient perdu environ 5% sur les deux séances précédentes, les marchés s'inquiétant d'une grave récession mondiale liée au coronavirus Covid-19, sur fond d'effondrement des cours du pétrole.

Mercredi, les cours du pétrole ont affiché de spectaculaires rebonds, aidés par un tweet de Donald Trump menaçant de détruire les navires iraniens susceptibles de "harceler" ceux des Etats-Unis dans le Golfe.

Sur le marché Nymex, le contrat à terme le plus négocié sur le brut léger américain WTI, celui des livraisons de juin, a repris 19,1% à 13,78$, après un plongeon de 43% mardi à un peu plus de 11$... Le Brent de la mer du nord pour livraison en juin a rebondi de son côté 5,4% à 20,37$ le baril (après -24% mardi). Les cours des deux variétés de pétrole restent toutefois très déprimés, à leurs plus bas niveaux depuis 1999, il y a 21 ans, pour le WTI, et depuis février 2002 pour le Brent.

Lundi, le cours du contrat à terme de mai sur le WTI (qui est arrivé à échéance depuis mardi) avait dégringolé en terrain négatif à -37,63$ le baril, une première historique... Cette anomalie témoignait de la panique des opérateurs face à une saturation des capacités de stockage de pétrole dans le monde, alors que l'offre reste pléthorique et que la demande a chuté de plus de 30% depuis le début de la crise du Covid-19.

Sans surprise, les stocks hebdomadaires de pétrole brut aux Etats-Unis, publiés mercredi, ont continué de gonfler. Pour la semaine close au 15 avril, ils se sont envolés de 15 millions de barils à 518,6 mb, contre un consensus de +14 millions de barils.

Les valeurs pétrolières ont rebondi avec les cours, au lendemain de l'annonce par Donald Trump d'un plan visant à soutenir l'industrie pétrolière et gazière américaine menacée de faillites en série par le plongeon des cours.

Mardi soir, le Sénat américain a voté mardi soir une rallonge de 480 milliards de dollars pour soutenir les PME en difficulté et les hôpitaux américains face à la crise du coronavirus. Le texte, issu d'un compromis bipartisan, va à présent être soumis à la Chambre des représentants, à majorité démocrate. Le vote pourrait intervenir dès jeudi.

Ce nouveau plan --le 4e acte législatif depuis le début de la crise du coronavirus--, complète le "CARES Act" de 2.200 milliards de dollars adopté fin mars. Dans le détail, le nouveau dispositif prévoit de consacrer 320 Mds$ supplémentaires au programme "PPP" qui assure le paiement des salaires des entreprises sinistrées, plus 60 Mds$ à un programme parallèle de crédit aux PME en état de catastrophe, ainsi que 75 Mds$ pour les hôpitaux et 25 Mds$ pour des programmes fédéraux de tests de dépistage du coronavirus.

De son côté, Donald Trump s'est félicité mercredi dans un tweet de la reprise progressive de l'activité économique aux Etats-Unis. "Les Etats reviennent en toute sécurité. Notre pays recommence à s'ouvrir aux affaires. Une attention particulière est et sera toujours donnée à nos aînés bien-aimés (sauf moi!). Leurs vies seront meilleures que jamais ... NOUS VOUS AIMONS TOUS!"

Le président américain va par ailleurs signer ce mercredi le décret exécutif suspendant temporairement l'immigration aux USA. "En attendant, même sans cet ordre, notre frontière sud, aidée substantiellement par les 170 milles du nouveau Mur Frontalier & 27.000 soldats mexicains, est très protégée - y compris contre le trafic d'êtres humains!", a asséné Trump sur Twitter.

Après une levée de bouclier des milieux d'affaires, notamment dans la technologie, qui emploie beaucoup d'étrangers, cette suspension ne concernera que les demandes de cartes vertes (permis de séjour permanent) pendant une durée de 60 jours. Les demandes de visas temporaires de travail, très utilisés par les entreprises, ne seront a priori pas concernés. Mardi, le secteur "techno" avait chuté à Wall Street dans la crainte de difficultés à recruter des talents si Donald Trump appliquait sa menace de façon stricte.

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