Wall Street se ressaisit, après la faiblesse de la veille

Wall Street se ressaisit, après la faiblesse de la veille
Réaction de traders après la clôture du NYSE.

Boursier.com, publié le mercredi 12 août 2020 à 10h33

La cote américaine, qui avait finalement connu hier soir un accès de faiblesse malgré le 'vaccin russe', reprend de l'étoffe avant bourse ce mercredi. Hier, les prises de profits l'avaient finalement emporté (-1,69% sur le Nasdaq et -0,38% sur le DJIA), en l'absence de développement sur le nouveau plan de relance américain. Ce mercredi, en pré-séance, le DJIA remonte de 1% et le S&P500 de 0,8%.

Les principales places européennes s'affichent quant à elles en ordre dispersé, en l'absence, pour l'heure, de compromis au Congrès des Etats-Unis sur des mesures supplémentaires de soutien à l'économie. Les négociations entre la Maison blanche et les démocrates sont pour l'heure au point mort sur le plan de relance, et les opérateurs doivent donc se contenter des décrets de Donald Trump destinés à assurer une aide de court terme aux millions
d'Américains mis au chômage par la crise.

Il faut dire que dans le même temps, l'élection présidentielle de novembre se rapproche aux USA. Le candidat démocrate Joe Biden a choisi d'ailleurs la sénatrice Kamala Harris, détractrice de la politique migratoire de Trump, comme colistière. Élue au Sénat en 2016 et âgée de 55 ans, elle s'était présentée à la primaire démocrate avant de jeter l'éponge et de soutenir Biden.

Sur le front économique ce mercredi, notons que la crise du coronavirus a provoqué une chute de 20,4% de l'économie britannique au deuxième trimestre, plus forte contraction annoncée à ce jour par une économie développée. Les chiffres de la production industrielle européenne sont attendus dans quelques instants.

Aux Etats-Unis, l'indice des prix à la consommation du mois de juillet sera communiqué à 14h30 (consensus +0,3%, +0,2% hors alimentaire et énergie).

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois d'août sera annoncé à 16 heures.

Le rapport du Département américain à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close au 7 août sera communiqué à 16h30 (consensus -3,4 millions de barils).

La balance budgétaire américaine sera annoncée à 20 heures (consensus -138,3 milliards de déficit).

La Bourse de New York a terminé dans le rouge hier mardi, alors que le S&P500 avait abordé pourtant durant la séance ses meilleurs niveaux historiques. L'indice Dow Jones a perdu 0,38%, le S&P500 0,80% et le Nasdaq Composite 1,69%, pénalisé par des prises de bénéfice sur les grandes valeurs technologiques.

Les deux contrats de référence sur le pétrole prennent chacun environ 1% ce jour, à 44,9 dollars le baril pour le Brent de mer du Nord et 42,1 dollars pour le brut léger américain. Le billet vert (indice dollar) évolue peu face à un panier de référence.

Donald Trump a décidé samedi de contourner le Congrès en signant un plan de relance par décrets. Les mesures permettraient un gel des cotisations salariales et le versement d'une indemnité hebdomadaire de 400 dollars à des dizaines de millions de chômeurs américains. Jusqu'à la fin du mois dernier, ces chômeurs bénéficiaient d'une indemnité de 600 dollars. Ce plan peut toutefois être contesté par les démocrates.

Nancy Pelosi et Steven Mnuchin ont indiqué récemment leur volonté de reprendre les négociations en vue du nouveau plan tant attendu de soutien à l'économie américaine, qui doit compenser l'impact de la crise du covid-19. Rappelons que le président américain Donald Trump, en l'absence de progrès dans ces discussions, avait signé samedi des décrets apportant une aide supplémentaire aux millions d'Américains au chômage suite à la crise récente. Les mesures ont néanmoins été jugées globalement insuffisantes par le clan démocrate.

Trump a estimé dimanche que la suspension des cotisations sociales annoncée la veille pourrait bien devenir permanente. La mesure n'aura pas d'impact sur la sécurité sociale. A propos de la reprise éventuelle des pourparlers à Washington, Trump a ajouté que la Maison blanche était prête à échanger si cela n'était pas une perte de temps.

Pelosi et Mnuchin paraissent désireux de trouver un accord prolongeant des aides jusqu'à la fin de l'année, mais l'échéance présidentielle complique la donne. Mnuchin a engagé les négociateurs à adopter ainsi "une loi sur des choses pour lesquelles nous pouvons nous entendre" (...) "Nous n'avons pas besoin de tout régler d'un coup", a ajouté le responsable sur Fox News.

Sur le front sanitaire, le nombre de morts dus au nouveau coronavirus a reculé la semaine dernière aux Etats-Unis après quatre semaines de hausse, constate Reuters, qui évoque une baisse des contaminations dans plusieurs états dont l'Arizona, la Floride et la Californie. Au niveau mondial, plus de 20 millions de cas ont été recensés selon l'Université Johns Hopkins, dont 5,14 millions aux USA, 3,06 millions au Brésil, 2,33 millions en Inde et 895.691 en Russie. Le nombre de morts dans le monde se chiffre à 741.723, dont 164.537 aux Etats-Unis et 101.752 au Brésil. Plus de 53.900 décès sont recensés au Mexique et 46.611 au Royaume-Uni.

Le président russe Vladimir Poutine a pour sa part annoncé hier la validation par les autorités locales de santé d'un tout premier vaccin contre le nouveau coronavirus. Le ministère russe de la Santé a donc accordé une autorisation réglementaire pour ce premier vaccin anti-covid-19 développé par l'Institut Gamaleya. Le dirigeant du fonds souverain russe, Kirill Dmitriev, a indiqué que ce vaccin serait commercialisé sous le nom de Spoutnik V sur les marchés internationaux, le nom faisant référence au premier satellite artificiel lancé par l'Union soviétique en 1957. L'autorisation intervient après moins de deux mois d'essais chez l'homme. Elle va permettre une utilisation à grande échelle du vaccin en Russie.

Cependant, les dernières phases d'essais cliniques se poursuivent pour déterminer l'innocuité et l'efficacité du vaccin. Ces essais doivent débuter mercredi, selon Kirill Dmitriev. Vladimir Poutine, lors d'une réunion ministérielle retransmise par la télévision d'Etat, a ajouté : "Je sais qu'il est très efficace, qu'il permet de développer une forte immunité et, je le répète, il a passé tous les tests nécessaires". Poutine espère une production de masse sous peu.

L'Organisation mondiale de la Santé discute quant à elle avec les autorités russes de la procédure en vue d'une éventuelle "préqualification" du vaccin. "Nous sommes en contact étroit avec les autorités russes et des discussions sont en cours au sujet d'une éventuelle préqualification du vaccin", a précisé un porte-parole de l'organisation, cité par Reuters, ajoutant tout de même que cette préqualification inclut un examen et une évaluation rigoureux de l'ensemble des données d'innocuité et d'efficacité.

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