Wall Street se stabilise laborieusement, sur fond de guerre commerciale

Wall Street se stabilise laborieusement, sur fond de guerre commerciale©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 26 juin 2018 à 12h26

Wall Street tente de se stabiliser avant bourse ce mardi, après la purge de la veille (-1,3% sur le DJIA et 2,1% sur le Nasdaq). Les investisseurs commencent à relativiser et à se pencher sur quelques achats sélectifs. Le S&P500 et le Nasdaq fléchissent de 0,2% en pré-séance ce jour.

Peter Navarro, conseiller commercial du président Donald Trump, a confié que les restrictions redoutées sur les investissements chinois et internationaux (dans des technologies américaines) n'étaient pas imminentes.

Le climat reste toutefois tendu entre Washington et Pékin. Selon le 'Wall Street Journal', qui citait dimanche des personnes familières de la question, Trump entendrait bien interdire à de nombreuses entreprises chinoises d'investir dans les technologies aux Etats-Unis. Plus précisément, les firmes dont plus de 25% du capital serait détenu par des intérêts chinois ne pourraient alors acquérir d'entreprises américaines aux technologies "industriellement significatives". Le Département US au commerce et le Conseil de sécurité nationale proposeraient par ailleurs des contrôles accrus des exports, afin d'empêcher de telles technologies d'être livrées en Chine...

Ces nouvelles mesures contre la Chine ne devraient néanmoins pas être annoncées immédiatement, si l'on en croit les derniers commentaires de Navarro. Ces mesures éventuelles sont supposées contrer le programme chinois 'Made in China 2025' visant à obtenir une place de leader technologique. Navarro juge à ce sujet que les investisseurs devraient se réjouir... des efforts de la Maison Blanche pour protéger les exports américains.

La semaine dernière, le président Donald Trump avait rappelons-le demandé à l'United States Trade Representative d'identifier 200 Mds$ de biens chinois susceptibles de faire l'objet de taxes additionnelles de 10%.

De son côté, le président chinois Xi Jinping, cité par le 'Wall Street Journal', est resté menaçant, assurant que la Chine n'hésiterait pas à répliquer sur le plan commercial contre les USA. "En Occident, vous avez l'idée que si quelqu'un vous frappe sur la joue gauche, vous tendez l'autre joue", a dit Xi. "Dans notre culture, nous ripostons", a lancé le dirigeant, selon des commentaires livrés lors du Global CEO Council, et repris par le WSJ.

Hier dimanche, sur le réseau social Twitter qu'affectionne tout particulièrement Trump, le président américain s'était pour sa part ému : "Les Etats-Unis insistent sur le fait que tous les pays ayant placé des Barrières Douanières artificielles et des Taxes sur des biens entrant dans leurs territoires, doivent lever ces Barrières & Taxes ou être accueillis avec plus que de la Réciprocité par les U.S.A. Le Commerce doit être juste et plus une voie à sens unique!"

Vendredi, Trump avait déjà menacé l'Europe de prélèvements de 20% sur toutes les voitures importées aux États-Unis et provenant de l'Union européenne. Les autorités européennes avaient répliqué, affirmant qu'elles n'auraient alors d'autre choix que de procéder à des représailles...

Sur le front économique aux États-Unis ce mardi, l'indice S&P Corelogic Case-Shiller des prix de l'immobilier pour le mois d'avril 2018 sera communiqué à 15 heures (consensus +0,5% pour l'indice '20-city' ajusté des variations saisonnières, en comparaison du mois antérieur).

L'indice de confiance des consommateurs du mois de juin 2018, mesuré par le Conference Board, sera connu à 16 heures (consensus 128,1).

L'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Richmond pour le mois de juin sera révélé à la même heure (consensus 16).

Enfin, l'indice de confiance des investisseurs de State Street pour le mois de juin sera communiqué dans l'après-midi.

Sur le marché des changes, l'euro se stabilise à environ 1,166$ ce jour. De même, le dollar évolue peu contre un panier de devises, après son récent pic de 11 mois.

Sur le Nymex, le baril de brut revient à l'approche des 68$ (contrat d'août), la réunion de l'OPEP ayant sans surprise été marquée en fin de semaine dernière par la décision de producteurs majeurs de renforcer leur production de brut. Le cartel n'est toutefois pas rentré dans les détails chiffrés, s'engageant à une conformité à 100% aux précédents accords.

Lennar publie ses comptes trimestriels avant bourse ce jour à Wall Street.

General Electric, le colosse industriel et financier américain, a confirmé hier avoir conclu un accord en vue de céder son activité dédiée aux moteurs industriels au fonds de capital investissement Advent. Le 'Wall Street Journal' avait révélé l'information dimanche soir, citant des sources proches de la question. Le montant de l'opération atteindra 3,25 milliards. Le conglomérat industriel américain, qui vient de sortir de l'indice historique Dow Jones à Wall Street, récupérera ainsi du cash pour alimenter sa trésorerie dans un contexte de marché plutôt difficile.

La filiale vendue regroupe les marques GE Jenbacher et Waukesha. Elle construit des turbines à gaz qui produisent de l'électricité sur des sites industriels. Jenbacher et Waukesha représentent le segment des turbines de tailles petite et moyenne du pôle électricité de GE, variant de 100 kilowatts à 10 mégawatts.

En outre, le conglomérat pourrait prochainement annoncer la scission de sa branche santé et la vente de de sa participation majoritaire dans le groupe de services parapétroliers Baker Hughes. Sous la houlette de John Flannery, le groupe qui traverse une période pour le moins compliquée, s'est lancé dans un vaste plan de restructuration. Le directeur général de GE souhaiterait désormais recentrer l'entreprise sur ses seules branches dédiées à l'énergie et à l'aviation. Selon le 'Wall Street Journal', à l'origine de cette information, la sortie de Baker Hughes pourrait intervenir dans les deux à trois prochaines années. La scission de la division santé devrait également conduire la société à diminuer à nouveau son taux de distribution aux actionnaires.

Boeing. Bamboo Airways s'est engagé à acquérir 20 787-9 Dreamliners auprès de Boeing. La compagnie vietnamienne, dont les opérations devraient commencer l'an prochain à partir de Hanoi, compte, à long terme, relier le Vietnam à des marchés clés en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. Les premières livraisons sont attendues en avril 2020. La commande est évaluée à 5,6 milliards de dollars au prix catalogue.

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