Wall Street soutenu par... le commerce, confiance sur le Brexit

Wall Street soutenu par... le commerce, confiance sur le Brexit
Traders sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le mardi 15 octobre 2019 à 11h55

Les deux éléments majeurs qui avaient plombé hier la cote américaine, à savoir le commerce et le Brexit, jouent ce mardi les catalyseurs, avant une belle série de résultats trimestriels dans le secteur financier. Après la consolidation de la veille, Wall Street remonte donc aussi vite ce jour, le S&P500 étant attendu en progression de 0,4%, le DJIA grimpant de 0,3% et le Nasdaq pointant en hausse de 0,4%...

Il faut dire que les dernières nouvelles provenant de Chine sont un peu plus réjouissantes, la situation semblant bien se décanter du point de vue commercial avec les USA. Vendredi, l'accord partiel... 'de phase 1' scellé entre les deux superpuissances n'avait pas totalement convaincu. Il semblait en effet éluder quelques questions clés et se concentrer sur les achats de produits agricoles américains. Le ministère chinois aux Affaires Étrangères a toutefois livré quelques commentaires allant dans le sens de l'interprétation américaine. En fin de semaine dernière, Trump évoquait un accord réel - dont les détails restaient toutefois à écrire - entre les deux pays, alors que les responsables et les médias chinois faisaient plutôt état de "progrès" dans les négociations.

L'indice dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, se stabilise ce mardi à 98,5 après avoir progressé hier de 0,2%. Les cours du pétrole sont repartis en franche baisse depuis hier, après une forte hausse en fin de semaine dernière. Sur le Nymex, le brut léger américain WTI perd encore 2% ce jour à 52,5$, tandis que le Brent de la mer du Nord rend 2,1% à 58,1$. L'or reprend du terrain à 1.499$ l'once, pour le contrat à terme de décembre coté sur le marché Comex.

Les marchés profitent également ce jour d'un indice ZEW allemand du sentiment des investisseurs légèrement meilleur que prévu - bien que toujours très négatif -, ainsi que des espoirs sur le Brexit.

L'indice ZEW reste bien ancré en territoire négatif en octobre. Il ressort à -22,8 points après -22,5 en septembre, mais le consensus était encore plus déprimé à -27. L'indice relatif à la situation actuelle s'établit à -25,3, contre -19,9 le mois précédent et -26 de consensus. L'indice ZEW est compilé chaque mois auprès d'environ 350 experts financiers. Il représente la différence entre la portion d'analystes optimistes et la portion d'analystes pessimistes pour le développement économique allemand à 6 mois.

Sur le front du Brexit, un semblant d'espoir renaît. Il serait donc encore possible de trouver cette semaine un accord sur une sortie du Royaume-Uni de l'UE (Union européenne), a affirmé le négociateur en chef européen Michel Barnier, sans oublier d'ajouter que la tâche était de plus en plus ardue. Le Royaume-Uni doit livrer de nouvelles propositions afin de sortir de l'impasse, a indiqué la chaîne de télévision publique irlandaise RTE, reprise notamment par Reuters. Des pourparlers se dérouleront dans la semaine afin de déterminer les conditions du divorce, amiable, désordonné ou pourquoi pas repoussé.

Des négociations intensives se sont tenues à Bruxelles pendant le week-end entre les Britanniques et l'Union européennes, mais les deux parties se sont montrées prudentes dimanche sur leurs chances d'éviter un Brexit sans accord. Les négociateurs butent toujours sur la question clé de la frontière irlandaise. Lundi, vice-premier ministre irlandais Simon Coveney s'est toutefois montré prudemment optimiste, en jugeant qu'"un accord est possible et c'est possible ce mois-ci. C'est peut-être même possible cette semaine, mais nous n'y sommes pas encore".

Les marchés américains avaient commencé hier la semaine sur une note indécise, après avoir salué positivement vendredi l'annonce d'un l'accord commercial partiel entre les Etats-Unis et la Chine. Toutefois, cet accord de principe doit encore être détaillé, et la Chine souhaiterait encore en négocier certains points... Vendredi soir, Donald Trump avait annoncé depuis la Maison Blanche que les Etats-Unis et la Chine étaient parvenus à un accord commercial partiel "très important". Présenté comme la 'Phase 1' d'un processus en cours, l'accord comprend un forte hausse des achats de biens agricoles américains par la Chine, mais aussi des éléments concernant la propriété intellectuelle et les services financiers, ainsi qu'un volet sur les taux de change, a précisé président américain.

En signe de trêve, les Etats-Unis ont suspendu la hausse des droits de douanes prévue ce 15 octobre sur 250 milliards de dollars de marchandises chinoises importées. En revanche, pour l'instant, aucune décision n'a été prise sur les tarifs douaniers de 15% sur les produits de grande consommation qui doivent entrer en vigueur en décembre.

Les marchés apprécient peu que les contours de l'accord soient encore très flous. L'administration Trump a estimé qu'il faudrait encore 3 à 5 semaines pour le finaliser, l'objectif étant que Donald Trump et le président chinois Xi Jinping le signent en novembre, en marge du sommet de l'Association des pays riverains du Pacifique (APEC) qui se tiendra au Chili.

Cependant, selon des sources citées par 'Bloomberg', la Chine souhaite mener un nouveau round de négociations dès la fin octobre pour établir les détails de l'accord de "Phase 1". Comme les précédentes, les discussions seraient menées par le vice-Premier ministre chinois Liu He. Selon des sources citées par 'Bloomberg', Pékin souhaite désormais obtenir la suspension des droits de douane qui doivent entrer en vigueur en décembre.

Sur le front économique aux USA ce jour, les puristes suivront les interventions de James Bullard, Raphael Bostic, Esther George et Mary Daly de la Fed. Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité actuelle d'une baisse des taux d'un quart de point le 30 octobre (dans une fourchette de 1,50-1,75%) serait de 72,2%, contre 27,8% pour la probabilité d'un statu quo monétaire. Ce même outil donne 56,5% de chances à la fourchette 1,50-1,75% au 11 décembre, à l'issue de la dernière réunion monétaire de l'année.

Par ailleurs, la saison des publications financières trimestrielles débute outre-Atlantique. BlackRock, Charles Schwab, Citigroup, JP Morgan Chase, Goldman Sachs, UnitedHealth, Omnicom et Johnson & Johnson, publient avant bourse à Wall Street ! United Airlines annonce après la clôture.

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