Wall Street soutenu par les espoirs de relance

Wall Street soutenu par les espoirs de relance
Traders sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le jeudi 17 décembre 2020 à 10h02

La cote américaine positive avant bourse ce jeudi avec les espoirs relatifs au plan de relance. Le Dow Jones est attendu en progression de 0,5%, alors que le S&P 500 grimpe de 0,6%. Le Nasdaq s'adjuge également 0,6% selon la première tendance indicative. Sur le Nymex, le baril de brut WTI avance de 1,2% à 48,4$. L'once d'or s'adjuge 1,4% à 1.885$. L'indice dollar abandonne encore 0,6% face à un panier de devises de référence.

Les mises en chantier de logements et permis de construire du mois de novembre aux États-Unis seront connus à 14h30 (consensus 1,53 million pour les mises en chantier, 1,55 million pour les permis). Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 12 décembre seront dévoilées à la même heure (consensus 806.000), tout comme l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour décembre (consensus 21). L'indice manufacturier de la Fed de Kansas City sera annoncé à 17 heures (consensus 10).

Au lendemain de la réunion de la Fed, les banques centrales restent sous observation, alors que la Banque Nationale Suisse vient de laisser son taux directeur inchangé à -0,75% et se dit toujours disposée à intervenir. Les banques centrales de Norvège et d'Angleterre sont aussi de la partie ce jour. Hier soir, la Fed a globalement maintenu le cap et mis en relief sa guidance de rachat d'actifs. Par ailleurs, les espoirs sont élevés désormais concernant le tant (trop) attendu nouveau plan de relance budgétaire de l'activité aux USA, le Congrès se rapprochant apparemment d'un 'deal'. Les nouveaux développements relatifs au Brexit sont également suivis de près, avec l'espoir ici encore d'un accord avant la fin de l'année - malgré certaines pierres d'achoppement.

Sur le front sanitaire, les investisseurs préfèrent comme toujours ignorer la propagation du virus et se concentrer sur l'actualité plus favorable des vaccins. Un panel consultatif de la FDA doit se réunir ce jeudi pour discuter du candidat vaccin de Moderna, dont l'utilisation d'urgence devrait être approuvée sous peu. Hier soir, la FDA s'est montrée optimiste concernant l'approvisionnement en vaccins de Pfizer / BioNTech.

Selon l'Université Johns Hopkins ce jeudi, le nombre de cas confirmés du nouveau coronavirus depuis le début de l'épidémie dépasse désormais les 74 millions à l'échelle mondiale, dont 17 millions aux Etats-Unis. Le virus a fait 1,65 million de morts dans le monde depuis son émergence, dont plus de 307.500 aux USA.

A propos du conflit sino-américain, Robert Lighthizer, United States Trade Representative, a estimé que le président-élu Joe Biden se devait d'insister pour que la Chine continue à se plier à l'accord commercial 'de phase 1' conclu sous l'administration Trump. En outre, les USA et le Royaume-Uni seraient en discussions sur un deal visant à réduire les tarifs commerciaux.

A l'issue d'une séance volatile, la Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mercredi, le Nasdaq inscrivant un nouveau record, alors que le S&P 500 frôlait le sien. En soirée, la Fed a rassuré sur son intention de poursuivre son soutien à long terme, et s'est montrée plus optimiste sur la reprise en 2021, malgré quelques mois difficiles à venir, avant que la campagne de vaccination contre le coronavirus ne produise ses effets. Les marchés espèrent en outre que le Congrès américain annoncera rapidement un accord sur un nouveau plan de soutien de 900 milliards de dollars pour faire face à la crise du coronavirus.

A la clôture, l'indice Dow Jones a finalement cédé 0,15% à 30.154 points, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 0,18% à 3.701 pts, à seulement 1 point de son dernier record. L'indice Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a pris 0,50% à 12.658 pts, ce qui constitue son deuxième record consécutif.

La Réserve fédérale américaine n'a pas modifié sa politique monétaire mercredi soir, à l'issue de sa dernière réunion de l'année, mais elle s'est efforcée de rassurer les marchés sur son intention de maintenir son soutien massif jusqu'à ce que l'économie américaine ait surmonté la crise sanitaire actuelle. Ainsi, la Fed a maintenu comme prévu ses taux proches de zéro et affirmé son intention de poursuivre les rachats d'actifs au rythme actuel d'au moins 120 milliards mensuels, jusqu'à ce que des progrès substantiels soient faits en matière d'emploi et d'inflation. Il n'y a pas eu d'évolution concernant le rythme ou la composition des rachats. Le résumé des projections économiques n'a pas non plus révélé de grand changement en termes de perspectives pour le taux benchmark, même si cinq membres anticipent maintenant une hausse des taux... en 2023. Notons quand même que les membres tablent maintenant sur un taux de chômage ramené à 5% en 2021, contre 5,5% auparavant.

La banque centrale s'est en outre montrée un peu plus optimiste qu'auparavant sur la reprise de l'économie et du marché de l'emploi. Son président Jerome Powell a salué l'espoir que représente la vaccination contre le coronavirus, mais a rappelé que des incertitudes persistent à court terme. Il affirme que la Fed a la flexibilité de fournir plus 'd'accommodation' si nécessaire.

Le patron de la Fed s'est ainsi dit inquiet pour les 4 à 5 mois à venir, mais il prévoit ensuite une forte croissance de l'économie au second semestre 2021. Il a estimé que le soutien budgétaire supplémentaire de la part de l'Etat fédéral était fortement justifié, alors qu'un accord de 900 milliards de dollars est en cours de négociation au Congrès.

Jerome Powell a laissé entendre que la Fed pourrait accroître encore son soutien, si nécessaire. "Nous continuons de penser que la politique actuelle est appropriée", mais "nous avons la flexibilité pour fournir davantage de mesures accommodantes... Et nous sommes conscients que les circonstances pourraient évoluer", a-t-il ajouté.

Après des mois de négociations, le Congrès américain semble donc enfin sur le point de s'accorder sur un nouveau plan de soutien. Après une réunion cruciale, mardi soir, entre les leaders des deux chambres du Congrès, un accord pourrait être conclu sur un plan de relance de 900 milliards de dollars, selon plusieurs sources proches du Congrès citées par les médias américains. Les négociations continuent chez les leaders congressistes, et Joe Biden a précisé qu'un accord était très proche ! Le plan, élaboré à partir d'un projet rédigé il y a deux semaines par un groupe de sénateurs démocrates et républicains, prévoirait le versement d'une aide directe aux particuliers ainsi que des indemnités de chômage.

En revanche, il n'inclurait pas d'aide aux Etats ni aux municipalités, et ne serait assorti d'aucune garantie concernant la responsabilité des entreprises. Les discussions avaient bloqué ces derniers jours sur ces deux derniers sujets, les Républicains refusant d'approuver des aides directes aux Etats et collectivités, et exigeant des garanties pour les entreprises poursuivies en justice dans le cadre de la pandémie de Covid-19.

Face à la crise du coronavirus, le Congrès américain a déjà adopté environ 3.000 Mds$ d'aides aux particuliers et aux entreprises, dont un plan massif de 2.200 Mds$ voté en mars dernier, le CARES Act. Cependant, la plupart des programmes d'aide prendront fin le 31 décembre, ce qui priverait notamment 12 millions de personnes d'indemnités de chômage et mettrait aussi fin aux moratoires sur les crédits et loyers...

Un échec du Congrès avant la fin de la législature (ce vendredi soir, sauf coup de théâtre) reporterait d'au moins un mois l'adoption d'un nouveau package, qui serait soumis au nouveau Congrès qui prendre ses fonctions début janvier, mais ne devrait pas voter de lois avant l'investiture de Joe Biden.

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