Wall Street stationnaire avant la Fed, malgré FedEx et les craintes commerciales

Wall Street stationnaire avant la Fed, malgré FedEx et les craintes commerciales
Deux traders inquiets sur le floor du NYSE à New York.

Boursier.com, publié le mercredi 20 mars 2019 à 11h32

La cote américaine se stabilise avant bourse ce mercredi, les principaux indices étant attendus en timide hausse, au lendemain d'une journée de consolidation hier mardi. Les opérateurs restent relativement prudents concernant l'issue des négociations commerciales, tandis que la situation s'enlise également du côté du Brexit. Les espoirs du jour concernent donc évidemment la réunion monétaire de la Fed.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, grappille 0,1% à 96,5. Sur le segment des matières premières, le baril de brut WTI se tasse de 0,3% à 59,1$ sur le Nymex, avant le rapport hebdomadaire du Département américain à l'énergie relatif aux stocks pétroliers domestiques - qui sera publié à 15h30.

Selon des sources citées hier par 'Bloomberg', certains responsables américains s'inquiètent de voir la Chine faire marche arrière sur plusieurs concessions, faisant patiner les négociations en cours avec les Etats-Unis. Dans le même temps, le 'Wall Street Journal' se montre plus optimiste, indiquant que les parties en seraient aux "étapes finales" des pourparlers.

Les responsables chinois auraient modifié selon Bloomberg leur position au sujet du respect de la propriété intellectuelle. Ils n'auraient en effet pas reçu d'assurances de la part de l'administration Trump concernant la levée des droits de douane sur leurs exportations, selon deux sources ayant requis l'anonymat. Les négociateurs chinois seraient aussi revenus sur leurs promesses concernant la protection des brevets pharmaceutiques, sans donner de détails sur la protection des liens entre brevets.

En outre, Pékin chercherait à faire inclure dans le texte que les éléments de l'accord devront être compatibles avec les lois chinoises.

De son côté, le président américain Donald Trump a assuré hier que les négociations avec la Chine se passaient très bien, à l'occasion d'une conférence de presse commune avec le président brésilien Jair Bolsonaro, en visite à Washington.

Le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin se rendront à nouveau à Pékin dans la semaine du 25 mars pour aplanir les derniers différends, selon le 'Wall Street Journal', et un nouveau voyage du vice-premier ministre chinois Liu He à Washington est programmé pour la semaine suivante.

La Fed tient quant à elle depuis hier sa réunion de politique monétaire. Un statu quo est évidemment l'hypothèse la plus probable à l'issue de cette réunion FOMC (probabilité de 98,7% - selon l'outil FedWatch du CME Group - que le taux des fed funds demeure entre 2,25 et 2,50%).

Les opérateurs détailleront évidemment le communiqué monétaire de la Fed ce soir (19h), ainsi que ses prévisions économiques ajustées. La conférence de presse de Jerome Powell (programmée à 19h30) sera également surveillée. Les investisseurs misent désormais sur une pause monétaire durable de la Banque centrale américaine, dans un contexte de moindre croissance économique. Les marchés voudront sans doute en savoir plus à propos du bilan de la Fed, dont la réduction ('resserrement quantitatif') équivaut à une hausse des taux.

Sur le front des taux, certains opérateurs anticipent même un léger assouplissement d'un quart de point (probabilité de 24,6% d'un taux de 2 à 2,25% au 11 décembre selon FedWatch) d'ici la fin de l'année. La probabilité d'un taux demeurant entre 2,25 et 2,50% jusqu'à la fin de l'année est d'environ 71,7%.

Concernant le Brexit cette fois, la Première ministre britannique Theresa May va adresser un courrier à ses partenaires européens pour demander une brève prolongation de l'Article 50 du Traité européen afin de parvenir au Brexit. C'est ce qu'affirme Reuters, citant la BBC et la chaîne Sky. Il s'agirait de donner au parlement un peu de temps pour trouver un terrain d'entente. May a affirmé que si la Chambre des communes n'approuvait pas l'accord de Brexit qu'elle soutient, elle devrait demander une prolongation au-delà du 30 juin, ce qui remettrait en fait en cause le processus de sortie.

FedEx a cédé du terrain hier soir, hors marché à Wall Street, après la publication de ses comptes trimestriels. Le groupe américain a enregistré un bénéfice de 739 millions de dollars soit 2,80 dollars par action sur la période, contre 2,07 milliards de dollars ou 7,59 dollars par action un an auparavant. Le bénéfice ajusté ressort quant à lui à 797 millions de dollars soit 3,03 dollars par titre, contre 3,72$ par action un an plus tôt. Les revenus s'élèvent à 17 milliards de dollars contre 16,5 milliards sur la même période, l'année précédente. Le bénéfice ajusté par action ressort en ligne avec le consensus, mais les revenus du trimestre clos sont inférieurs aux attentes de marché.

Pour l'ensemble de l'exercice 2019, FedEx table sur un bénéfice par action ajusté compris entre 15,10 et 15,90 dollars, largement inférieur au consensus des analystes. C'est la deuxième fois en trois mois que FedEx abaisse son objectif de bénéfice annuel. En décembre, le groupe évoquait une croissance faible en Europe, ainsi que le ralentissement économique de la Chine en plein conflit commercial avec les Etats-Unis. FedEx explique par ailleurs ces résultats décevants par les coûts liés au lancement d'une nouvelle grille horaire chez FedEx Ground aux Etats-Unis, mais aussi par la faiblesse persistante de sa filiale internationale Express - dont fait partie TNT Express. Le groupe de messagerie et de logistique avait acheté la société néerlandaise en 2016.

Il semble donc que le nouvel avertissement de FedEx ne reflète pas forcément - ou du moins pas seulement - un ralentissement économique global profond. Des éléments propres au groupe, comme les difficultés de l'unité Express ou les coûts accrus de FedEx Ground, pèsent sur la performance.

Google (Alphabet) a annoncé mardi le lancement d'un service de jeux vidéo en streaming, avec lequel il espère capitaliser sur sa technologie cloud et son réseau mondial de centres de données. Cette plateforme, baptisée Stadia, permettra de jouer à des jeux sophistiqués sur un navigateur internet et sur tout type d'appareils, sans avoir à les télécharger. Stadia sera ainsi accessible à partir de tous les terminaux : ordinateurs fixes et portables, téléviseurs, tablettes et smartphones. Selon le géant du web, des jeux aussi complexes qu'Assassin's Creed Odyssey (jeu créé par Ubisoft) pourront être accessibles en moins de 5 secondes via le cloud.

Apple a décidé d'innover en matière de communication... Au lieu de regrouper ses annonces produits lors de sa grande conférence annuelle, la firme à la pomme a choisi d'égrener ces annonces au jour le jour, avant la fameuse "keynote", prévue le lundi 25 mars. Une stratégie de "teasing" destinée à mettre le marché en appétit pour le clou du spectacle, à savoir la présentation de son futur service de vidéo en streaming, attendu de pied ferme par les marchés financiers et par les consommateurs. La "keynote", qui se déroulera au siège du groupe à Cupertino, en Californie, a été intitulée "It's show time", ce qui laisse penser qu'il s'agira bien d'annonces relatives à des contenus.

En attendant, l'inventeur de l'iPhone a présenté lundi deux nouvelles tablettes iPad (un iPad Air et un iPad mini), puis a enchaîné ce mardi en présentant des nouveaux modèles d'ordinateurs iMac, dotés de processeurs plus puissants et aux capacités graphiques améliorées. Cette nouvelle gamme sera équipée de processeurs Intel de 8ème génération et en option, de cartes graphiques basées sur l'architecture Vega d'AMD (Radeon Pro Vega). Ces nouvelles versions de l'iMac sont disponibles en ligne et vendues entre 1.299 et 2.599 euros, hors personnalisation. Selon des sites spécialisés dans les produits Apple, le groupe pourrait aussi annoncer, ce jour, un baladeur iPod touch de 7ème génération...

En attendant, les spéculation vont bon train sur la future plateforme de vidéos à la demande sur laquelle le groupe de Cupertino a entretenu le mystère. Selon les rumeurs, elle serait disponible sur iPhone, iPad ou Apple TV. Elle proposerait des séries, films et documentaires exclusifs, gratuits pour ceux et celles qui possèdent un appareil Apple, payants pour les autres. Le groupe aurait déjà produit des contenus originaux, dont 5 séries et au moins 5 autres séries seraient en post-production. La plateforme devrait réunir un catalogue made in Apple mais aussi des contenus partenaires. Selon 'Bloomberg', Apple discuterait avec HBO, Showtime ou encore Starz pour obtenir le droit de diffuser certains de leurs contenus sur sa plateforme.

En revanche, Netflix a confirmé mardi qu'il ne ferait pas figurer ses films et séries sur la future plateforme de vidéo d'Apple. Le leader de la vidéo en streaming souhaite poursuivre sa stratégie en tant que fournisseur indépendant. "Nous préférons laisser nos clients regarder nos contenus sur notre service", a indiqué le directeur général de Netflix, Reed Hastings. "Nous avons fait le choix de ne pas être intégrés à leur service", a-t-il ajouté.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.