Wall Street surnage tant bien que mal, miné par la guerre commerciale

Wall Street surnage tant bien que mal, miné par la guerre commerciale
Traders sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le jeudi 28 juin 2018 à 13h44

Wall Street remonte timidement en pré-séance ce jeudi, après une fin de journée particulièrement difficile hier mercredi. Ainsi, le S&P500 reprend 0,1% et le Nasdaq 0,2% avant bourse ce jour, en attendant les chiffres de l'emploi et du PIB aux États-Unis.

Après un début de séance en nette hausse, le pessimisme l'a finalement emporté hier mercredi à Wall Street (-0,68% sur le DJIA et -1,54% sur le Nasdaq en clôture). Le climat est resté plombé par les incertitudes concernant l'évolution des querelles commerciales déclenchées par Donald Trump. Le président américain a renoncé à cibler directement la Chine en matière d'investissements, mais il compte durcir la loi actuelle sur les investissements étrangers aux États-Unis, notamment dans les technologies. Le pétrole WTI a bondi au plus haut depuis la fin 2014 après l'annonce d'un net recul des stocks pétroliers domestiques aux Etats-Unis la semaine dernière.

Sur le front du commerce, l'administration Trump a un peu rassuré les marchés en renonçant à imposer des restrictions d'investissement spécifiques et immédiates visant la Chine. La Maison Blanche a plutôt opté pour un renforcement de la législation existante sur l'ensemble des investissements étrangers. Mais le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a jeté un froid en cours de journée, en estimant sur la TV 'Fox Business Network' que la décision de Donald Trump ne signifiait pas pour autant qu'il adoptait une approche plus souple vis-à-vis de la Chine...

Un projet de loi actuellement en discussion renforcera ainsi les pouvoirs du Comité des investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS), et les élargira pour s'assurer que les opérations ne menacent pas la sécurité nationale. Donald Trump, qui souhaite protéger les secteurs technologiques clés, a indiqué dans un communiqué : "Je suis arrivé à la conclusion qu'une telle législation apportera de nouveaux outils pour combattre les pratiques d'investissement prédatrices qui menacent notre leadership crucial dans la technologie, notre sécurité nationale et notre future prospérité économique".

En outre, Washington prévoit toujours l'entrée en vigueur le 6 juillet de droits de douane sur 34 milliards de dollars de produits chinois (première tranche d'un lot de 50 Mds$ de biens chinois à taxer). Rappelons également que le président Donald Trump avait demandé la semaine dernière à l'United States Trade Representative d'identifier 200 Mds$ de biens chinois supplémentaires susceptibles de faire l'objet de taxes additionnelles de 10%.

Pékin a fait savoir qu'il répliquerait aussi par des barrières douanières, mais selon les analystes, le pays pourrait aussi utiliser d'autres méthodes pour limiter les investissements américains sur son sol. Un simple appel au boycott, dans un pays où les consignes officielles sont suivies à la lettre, pourrait ainsi porter préjudice aux produits américains... Le président chinois Xi Jinping aurait déjà prévenu son cabinet de se préparer à "une guerre commerciale à grande échelle", selon une note de recherche de la firme SGH Macro Advisors. Xi aurait fait ce commentaire lors d'une réunion du corps exécutif chinois sur la question des relations commerciales avec les Etats-Unis.

Sur le Nymex, le baril de brut se maintient ce jeudi à haut niveau, à l'approche des 73$ pour le contrat d'août, après la flambée de la veille consécutive à l'annonce d'une forte chute des stocks américains de brut. Cette annonce, qui intervient alors que de nombreuses perturbations affectent l'offre mondiale, a renvoyé le cours du brut léger américai au plus haut depuis plus de 3 ans et demi.

Les stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis ont chuté de 9,9 millions de barils lors de la semaine close au 22 juin, à 416,6 millions de barils, alors que le consensus tablait sur une baisse de 2,5 mb. Il s'agit de la plus forte baisse hebdomadaire de ces stocks depuis septembre 2016.

Les prix du pétrole avaient déjà bondi mardi après un avertissement adressé par les Etats-Unis à tous les pays important du brut iranien, une menace qui pourrait entraîner une réduction de l'offre d'or noir sur le marché mondial. Washington a ainsi demandé à tous les pays d'arrêter leurs achats auprès de Téhéran d'ici au 4 novembre s'ils voulaient éviter les sanctions américaines et a signalé que l'administration n'accorderait pas d'exemption à ces sanctions.

Sur le front économique aux USA ce jeudi, les chiffres finaux du PIB du 1er trimestre 2018 seront connus à 14h30 (consensus au rythme de +2,2%, +1,9% pour l'indice des prix et +1% pour les dépenses réelles de consommation)... Ainsi, le PIB devrait ressortir conforme à son évaluation antérieure pour le 1er trimestre, à +2,2%, après un gain de +2,9% sur le quatrième trimestre 2017.

Steven Munchin, le Secrétaire américain au Trésor, a confié de son côté hier mercredi qu'il anticipait un solide PIB pour le second trimestre. Le consensus des économistes mise en effet lui aussi sur une forte accélération de la croissance pour ce T2 2018.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 23 juin seront communiquées à la même heure (consensus 220.000).

L'indice manufacturier de la Fed de Kansas City pour le mois de juin sera dévoilé pour finir à 17 heures. Il était de 29 au mois de mai.

Bed Bath & Beyond, Rite Aid et Pier 1 Imports ont annoncé leurs derniers résultats trimestriels après la clôture hier soir. Accenture, Conagra, McCormick et Walgreens Boots Alliance annoncent avant bourse ce jour, suivis ce soir par Nike ou KB Home.

Apple et Samsung ont soldé un litige de propriété intellectuelle. Ainsi, le groupe californien à la pomme et son rival sud-coréen ont mis un terme à ce conflit qui durait depuis 2011. Les termes financiers détaillés de l'accord - et le montant que devrait finalement débourser Samsung - ne sont toutefois pas connus. Un tribunal US avait récemment condamné Samsung à verser 539 M$ à Apple pour violation de brevets sur des smartphones.

Bed Bath & Beyond a annoncé hier soir des comptes mitigés. Le groupe du New Jersey a affiché des revenus de 2,75 Mds$, en ligne avec les attentes, mais la baisse de 0,6% des ventes à comparable était inattendue. Le bénéfice par action est ressorti quant à lui supérieur aux attentes à 32 cents. Le profit net total s'est élevé à 44 M$.

Madison Square Garden Company flambe avant bourse. Le groupe actif dans le sport et le divertissement a annoncé l'exploration d'une possible scission, afin de créer une entité indépendante et cotée spécialisée dans les franchises sportives.

Rite Aid a battu le consensus de revenus pour le 1er trimestre fiscal. La chaîne pharmaceutique américaine a affiché un bénéfice de 214 M$, contre une perte un an avant. Le bpa s'est élevé à 20 cents. Toutefois, le bpa ajusté trimestriel est ressorti dans le rouge à hauteur d'un cent par titre. Les revenus se sont élevés à 5,4 Mds$. Le bpa annuel est anticipé entre 2 et 6 cents, pour des revenus allant de 21,7 à 22,1 Mds$.

Walgreens Boots Alliance a dépassé les attentes pour son troisième trimestre fiscal 2018 et dévoilé par ailleurs un programme de rachat d'actions de 10 milliards de dollars. Avec l'acquisition de magasins US de Rite Aid, le groupe a dégagé un bénéfice trimestriel part du groupe de 1,34 Mds$, en croissance de 16%, pour un bpa de 1,35$. Sur ce trimestre clos fin mai, le bpa ajusté est ressorti à 1,53$, contre 1,48$ de consensus. Le dividende trimestriel a été majoré de 10% à 44 cents par titre.

Pier 1 Imports plonge avant bourse. Le groupe a publié hier soir des ventes en forte baisse à 372 M$ pour le trimestre clos, ainsi qu'une perte ajustée par action de 36 cents. Sur le trimestre écoulé, les ventes à comparable ont baissé de plus de 8%. Les analystes tablaient sur une baisse moins prononcée. Toutefois, la perte trimestrielle est quant à elle un peu moins lourde que prévu.

Accenture gagne du terrain avant bourse à Wall Street. Les revenus et profits trimestriels du groupe ont dépassé les attentes. La firme de consulting basée en Irlande a affiché un bénéfice net trimestriel part du groupe de 1,04 Md$ sur cette période close fin mai 2018, contre 669 M$ un an avant. Le bpa s'est élevé à 1,60$, contre 1,05$ un an auparavant. Le bpa ajusté a atteint 1,79$, contre 1,72$ de consensus. Les revenus se sont appréciés de 16% à 10,8 Mds$, alors que le consensus se situait à environ 10 Mds$.

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