Wall Street temporise, Boeing sous surveillance

Wall Street temporise, Boeing sous surveillance
Traders sur le floor du New York Stock Exchange (NYSE).

Boursier.com, publié le mercredi 27 mars 2019 à 11h09

Après son rebond de la veille (+0,55% sur le DJIA et +0,71% sur le Nasdaq), la cote américaine se stabilise avant bourse ce mercredi. Le S&P500 est attendu en retrait de 0,1% désormais, alors que le Nasdaq n'affiche plus guère d'évolution. Sur le marché des changes, l'indice dollar demeure actuellement à 96,7. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI pour mai se tasse de 0,6% à 59,5$ sur le Nymex.

La bourse de New York avait repris des couleurs hier mardi, après deux séances agitées, les investisseurs estimant peut-être exagérées les récentes craintes pour la croissance. Les marchés obligataires, qui s'étaient affolés depuis vendredi, signalant une possible récession, se sont calmés mardi. Le pétrole est reparti hier en nette hausse (mais reprend son souffle ce jour), entraînant les valeurs pétrolières à sa suite. L'action Apple a pesé sur la tendance après une décision de justice en sa défaveur. Bed Bath & Beyond s'est envolé hier après l'irruption concertée de trois fonds activistes dans son capital. Enfin, Viacom et CBS ont grimpé, après des informations de presse évoquant une reprise de leurs négociations en vue d'une fusion.

Sur les marchés obligataires, les taux avaient repris de la hauteur hier après deux séances de forte baisse entraînant une inversion de la courbe de taux, potentiel signe avant-coureur d'une récession. Mardi soir, le rendement du T-Bond à 10 ans était remonté à 2,42% (+2 points de base) après être tombé lundi sous 2,4% pour la première fois depuis 2017. Il revient cependant à 2,37% ce mercredi. Il reste inférieur au rendement de l'emprunt d'Etat américain à 3 mois qui s'affiche à 2,45% aujourd'hui... La situation reste donc anormale, puisque dans un contexte de croissance économique, plus la durée d'emprunt est longue, plus les taux d'intérêts devraient être élevés.

Dans l'actualité économique américaine ce mercredi, la balance du commerce international pour le mois de janvier 2019 sera publiée à 13h30 (consensus 57,3 milliards de déficit). La balance des comptes courants sera dévoilée à la même heure (consensus 133,6 Mds$ de déficit pour le quatrième trimestre).

Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 22 mars sera communiqué à 15h30 (consensus -1,1 million de barils pour les stocks de brut, hors réserve stratégique).

L'indice de confiance des investisseurs institutionnels mesuré par State Street pour le mois de février sera annoncé à 15 heures.

Le ralentissement se confirme par ailleurs en Chine. Les bénéfices des firmes industrielles chinoises ont connu, sur les deux premiers mois de l'année, leur plus forte baisse en huit ans au moins - dans un contexte de guerre commerciale avec les Etats-Unis. Selon les chiffres du Bureau national de la statistique (BNS) local, les résultats des firmes industrielles ont décliné de 14% en janvier-février et en rythme annuel, à 708 milliards de yuans. Il s'agit de la plus forte baisse observée par Reuters depuis 2011.

De son côté, le président de la BCE Mario Draghi s'est montré prudent ce matin, confirmant que les perspectives économiques étaient orientées à la baisse. Il affirme néanmoins que la Banque n'est pas à court d'armes pour remplir sa mission. Draghi relativise, jugeant que la Zone euro demeurerait résistante malgré cette faiblesse ponctuelle. A propos d'une éventuelle hausse ultérieure des taux de la BCE, Draghi a indiqué que la 'forward guidance' pourrait être ajustée.

Concernant le Brexit, la Première ministre britannique Theresa May reste sous pression. Les députés se réunissent ce jour afin de procéder à une série de votes indicatifs sur les options relatives à la sortie de l'Union européenne. Parmi les propositions étudiées, une sortie sans accord, une révocation de l'article 50 se traduisant par un maintien dans l'UE, un nouveau référendum, un accord de libre-échange amélioré inspiré de l'accord Canada-UE, une union douanière avec l'UE, ou un accord impliquant le maintien du Royaume-Uni dans le marché unique accompagné d'un arrangement douanier. L'accord de retrait conclu par May avec l'UE pourrait également être examiné par les députés, qui reprennent la main sur le dossier. Theresa May a déjà assuré qu'elle refuserait toute option impossible à négocier avec l'UE ou qui renierait les promesses électorales du Parti conservateur, rappelle Reuters.

KB Home a publié ses comptes trimestriels hier, après la clôture de Wall Street. Lennar annoncera avant bourse ce mercredi. PVH et Lululemon seront de la partie après bourse ce soir.

Boeing a convié plus de 200 pilotes, ainsi que des régulateurs et dirigeants, à une réunion d'information programmée ce mercredi pour détailler son projet de remise en service du 737 MAX. Le meeting aura lieu à Renton - Etat de Washington. Il s'agira pour le groupe américain de rétablir la confiance dans son appareil, impliqué dans deux crashs de Lion Air et d'Ethiopian Airways. Un correctif du logiciel des appareils prévoit d'empêcher que le système de prévention des décrochages soit activé plus d'une fois et qu'il soit complètement désactivé si les relevés des deux capteurs sont trop divergents.

Le système anti-décrochage MCAS est soumis à des contrôles depuis la catastrophe aérienne d'Ethiopian Airlines qui s'est produite ce mois, et qui avait suivi le crash de Lion Air en octobre en Indonésie. Les pilotes ont été informés que le système MCAS ne serait désormais activé qu'une seule fois pour chaque événement survenant en vol plutôt que d'imposer des corrections répétées, indiquent des sources de Reuters. Le MCAS serait par ailleurs désactivé lorsque les capteurs qui mesurent l'angle d'attaque divergent de manière excessive...

Vos réactions doivent respecter nos CGU.