Wall Street tente de remonter avec Trump

Wall Street tente de remonter avec Trump©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 09 avril 2018 à 12h22

Le président américain Donald Trump a tenté de rassurer hier, sur le réseau social Twitter, se disant convaincu qu'un accord allait être trouvé entre États-Unis et Chine sur les questions commerciales. Wall Street, qui s'était effondré vendredi soir devant l'escalade des menaces commerciales entre les deux pays, reprend donc un peu d'étoffe avant bourse ce lundi, sans euphorie toutefois. Le S&P500 est attendu en hausse de 0,6%, alors que le Nasdaq s'adjuge 0,9% en pré-séance.

"Le président Xi et moi serons toujours amis, quoi qu'il advienne de notre différend sur le commerce. La Chine va supprimer ses Barrières Commerciales, parce que c'est la bonne chose à faire. Les taxes deviendront Réciproques et un accord sera conclu sur la Propriété Intellectuelle. Un grand avenir pour les deux pays!", prédit ainsi Trump sur son réseau social préféré.

President Xi and I will always be friends, no matter what happens with our dispute on trade. China will take down its Trade Barriers because it is the right thing to do. Taxes will become Reciprocal & a deal will be made on Intellectual Property. Great future for both countries!
- Donald J. Trump (@realDonaldTrump)

Vendredi soir, la tension était à son paroxysme après les dernières menaces de taxes sur les importations. Le Dow Jones s'était effondré de 2,34% en clôture vendredi, sous les 24.000 pts, contre un recul de 2,28% sur le Nasdaq à 6.915 pts.

En fin de semaine dernière, Trump a annoncé avoir demandé au bureau du représentant américain au commerce d'étudier la mise en place de droits de douane sur 100 milliards de dollars de produits chinois supplémentaires ! Il s'agissait de la réponse aux représailles de Pékin, jugées 'injustes', et consécutives à une première série de tarifs douaniers sur environ 50 Mds$ de produits chinois essentiellement technologiques. Trump jugeait alors qu'au lieu de remédier à ses mauvaises actions, la Chine avait "décidé de nuire à nos agriculteurs et à nos producteurs".

Rappelons que la Chine avait répliqué aux plans initiaux de l'administration Trump visant 50 à 60 milliards de dollars d'importations chinoises. Pékin avait ainsi livré une liste comparable de produits importés des États-Unis, comprenant des avions, voitures, boissons, produits chimiques ou denrées agricoles. Les tarifs douaniers additionnels de 25% avancés par la Chine concernaient ainsi 106 catégories de produits américains, d'une valeur sensiblement équivalente à celle des produits chinois visés par Washington...

Ainsi, les tensions commerciales entre Washington et Pékin persistent, mais le président Trump semble aujourd'hui adopter un discours ouvrant la voie aux négociations. Larry Kudlow, désormais principal conseiller économique de Trump, se montre également optimiste. Il assure, sur Fox News, que l'administration américaine demeure en permanence en contact avec Pékin. Kudlow espère donc des discussions sérieuses d'ici deux mois... Le Secrétaire au Trésor Steve Mnuchin, interrogé pour sa part par CBS, a assuré qu'il n'y aurait "pas de guerre commerciale".

Les opérateurs suivront par ailleurs très attentivement, demain mardi, le discours du président chinois Xi Jinping au Forum de Boao (le 'Davos de l'Asie'). Ils surveilleront évidemment les commentaires éventuels du président chinois relatifs aux relations commerciales avec les USA de Trump...

Il n'y aura pas d'actualité notable sur le front économique aux États-Unis ce jour, alors que vendredi, le rapport mensuel sur l'emploi américain avait surpris (créations de postes très inférieures aux attentes à 103.000 en mars et taux de chômage stable à 4,1%).

Dans l'actualité des entreprises, Facebook reste sous les projecteurs, alors que son directeur général doit rencontrer ce lundi les législateurs. Zuckerberg s'exprimera demain mardi et mercredi, entendu par le Congrès américain après le scandale Cambridge Analytica... Le groupe a estimé la semaine dernière que les fuites de données pourraient avoir concerné près de 87 millions d'utilisateurs sur la seule affaire Cambridge.

De plus, Facebook a annoncé avoir supprimé une fonctionnalité qui permettait aux utilisateurs de renseigner des numéros de téléphone ou des adresses électroniques sur son moteur de recherche, afin de trouver d'autres personnes. Ces informations pouvaient être utilisées par des 'acteurs malicieux' pour obtenir les données publiques des membres. Ainsi, d'après Facebook, les données des 2 milliards d'utilisateurs étaient vulnérables "d'une manière ou d'une autre".

Depuis ce week-end, une autre affaire fait parler d'elle. Ainsi, la firme CubeYou, active dans l'analyse de données, aurait utilisé des questionnaires de personnalité destinés, en principe, à la recherche académique, afin de récolter des informations permettant par la suite à des tiers de trouver des clients. Il s'agirait donc d'une nouvelle affaire concernant l'usage potentiellement inapproprié de données personnelles d'utilisateurs. En effet, CubeYou s'engageait à ce que les informations amassées ne servent pas à une quelconque entité commerciale. CNBC, qui a révélé l'affaire, a informé Facebook.

AveXis, basé dans l'Illinois et coté sur le Nasdaq, va se faire racheter pour 8,7 milliards de dollars, environ 7 milliards d'euros, par le géant suisse Novartis. Ainsi, Novartis mise gros sur la thérapie génique en s'offrant AveXis pour 218$ par titre en cash, ce qui représente une belle prime de plus de 70% sur la moyenne à 30 jours pondérée des volumes, et une prime de 88% sur les cours de clôture de vendredi. La finalisation de l'opération est attendue en milieu d'année. Les conseils d'administration des deux firmes ont approuvé l'opération.

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