Wall Street timidement dans le vert, en attendant la Fed

Wall Street timidement dans le vert, en attendant la Fed
Réaction de traders après la clôture du NYSE.

Boursier.com, publié le mercredi 16 décembre 2020 à 10h49

Wall Street reste pour l'heure sur sa lancée de la veille avant bourse ce mercredi et affiche encore une légère hausse indicative, le DJIA prenant 0,2%, le S&P 500 0,3% et le Nasdaq 0,4%. Sur le Nymex, le baril de brut WTI évolue peu à 47,7$. L'once d'or gagne 0,6% à 1.867$. L'indice du dollar recule de 0,3% face à un panier de devises.

Les marchés spéculent sur une issue positive à court terme concernant le plan de stimulus de l'activité aux États-Unis et ignorent désormais les tristes records sur le front sanitaire (cas et hospitalisations dus au coronavirus), préférant saluer la perspective d'une vaccination progressive de la population. Concernant le plan de relance, le consensus indique que le Congrès pourrait trouver un accord dans la zone des 750 milliards de dollars. Les leaders américains du Congrès ont évoqué hier des progrès. Le Washington Post indique que des leaders du congressistes se sont rencontrés hier pour discuter de la législation de soutien. Un accord ne serait donc pas exclu sur un package de 748 milliards correspondant au volet de la proposition bipartisane excluant les questions litigieuses (aide aux Etats et gouvernements locaux, protections des responsabilités). Mitch McConnell, leader de la majorité au Sénat, a exprimé un certain optimisme, tout comme le leader de la minorité, Chuck Schumer.

Le projet prévoit ainsi une enveloppe de 748 Mds$, relativement consensuelle, qui permettrait de verser 300$ par semaine d'indemnités aux chômeurs pendant 4 mois à partir de janvier, ainsi qu'une enveloppe de 300 Mds$ d'aide aux PME, et de 35 Mds$ de soutien au secteur de la santé. Le package bipartisan complémentaire de 160 Mds$ comprenant des sujets qui continuent de diviser démocrates et républicains, à savoir les aides aux Etats et aux collectivités (refusées par les républicains), ainsi que la question de la protection contre les poursuite judiciaires liées au Covid (exigée par les républicains), est plus hypothétique.

Les investisseurs attendent par ailleurs le verdict de la Fed ce soir, à l'issue de sa réunion monétaire. La Réserve Fédérale se montrant déjà outrageusement accommodante, les marchés devraient se concentrer sur la 'guidance' offerte. La Fed devrait quoi qu'il en soit maintenir le rythme et la composition de ses achats d'actifs. Il est aussi possible que l'institution monétaire américaine étende la durée de ses achats afin de faire notamment face à une reprise un peu plus lente qu'escompté du marché du travail et aux fermetures de certaines activités sur fond de flambée des infections. Il n'est même plus question du taux des 'fed funds', qui devrait demeurer proche de zéro jusqu'en 2023. La guidance concernant les perspectives de croissance du PIB ne devrait pas grandement évoluer.

Concernant les vaccinations, alors que les inoculations ont débuté cette semaine aux USA et au Canada avec le produit de Pfizer et BioNTech, la FDA devrait aussi approuver sous peu le candidat vaccin de Moderna, probablement d'ici quelques jours. La FDA a dévoilé des données détaillées mardi montrant que le vaccin de Moderna était sûr et hautement efficace dans la prévention des cas du virus chez les adultes. La revue révélée a confirmé le taux d'efficacité de plus de 94% mesuré par le laboratoire via un essai de grande ampleur portant sur 30.000 personnes. Un comité consultatif de la FDA se réunit jeudi pour considérer l'utilisation d'urgence du vaccin, et l'agence pourrait ainsi donner son accord dès vendredi. 6 millions de doses pourraient être distribuées juste après.

L'administration Trump anticipe par ailleurs des demandes d'autorisations d'utilisations d'urgence de Johnson & Johnson et d'AstraZeneca d'ici la fin du mois de février. Selon Politico, les Etats-Unis disposeraient alors de quatre vaccins possibles, pour atteindre l'objectif d'immuniser 100 millions d'Américains à fin mars.

La matinée était marquée, ailleurs dans le monde, par les publications d'indices PMI. Le PMI manufacturier préliminaire japonais est ressorti légèrement en-dessous de la zone de stabilité des 50. L'indice français est quant à lui en légère expansion sur les 51 pour le secteur manufacturier en décembre, mais ressort vers les 49 pour les services. En Allemagne, le contraste est encore plus fort avec un indice manufacturier de 58,6 et un indice des services de 47,7.

Le renforcement de la croissance de la production dans l'industrie manufacturière ayant contrebalancé la nouvelle baisse de l'activité du secteur des services, le volume d'activité global du secteur privé de la zone euro s'est quasiment stabilisé en décembre. L'Indice PMI Flash composite de l'activité globale ressort en effet à 49,8 après 45,3 en novembre, et contre 45,7 de consensus. L'Indice PMI flash de l'activité de services dans remonte pour sa part de 41,7 à 47,3 (42 de consensus) et l'Indice PMI Flash de l'industrie manufacturière atteint un plus haut de 31 mois, à 55,5 (53,8 en novembre et 53 de consensus).

La Bourse de New York a progressé mardi, alors que le Congrès américain s'active pour adopter avant Noël un nouveau plan de soutien à l'économie, au moment où l'épidémie de coronavirus vient de franchir le seuil des 300.000 morts aux Etats-Unis, et où la ville de New York envisage de se reconfiner. Les investisseurs attendent aussi le verdict de la Fed. Comme prévu, le Collège Electoral a confirmé lundi soir l'élection de Joe Biden comme 46e président des Etats-Unis, dont la prise fonction se fera le 20 janvier prochain.

A la clôture, l'indice Dow Jones a regagné 1,13% à 30.199 points, tandis que l'indice large S&P 500 a repris 1,29% à 3.694 pts et que l'indice Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a grimpé de 1,25% à 12.595 pts.

Du côté des valeurs, Apple s'est distingué par bond de 5%, après des informations du 'Nikkei' selon lesquelles la firme à la pomme prévoit de produire jusqu'à 96 millions d'iPhone au premier semestre 2021, ce qui serait un bond de près de 30% par rapport à la même période de 2019... Malgré la crise du Covid, la demande aurait ainsi été dopée par les modèles 5G lancés en novembre.

Face à la situation sanitaire dégradée, les opérateurs attendent assez impatiemment le verdict de la Fed. La banque centrale américaine pourrait à cette occasion annoncer une prolongation de ses programmes d'achats d'actifs ("QE") jusqu'à ce que la reprise économique remplisse certaines conditions.

Concernant le Brexit, Royaume-Uni et Union européenne ont accepté de poursuivre les discussions jusqu'au dernier moment pour tenter d'éviter un Brexit sans accord le 1er janvier prochain. Des sources proches des négociations signalent des progrès, mais rien n'est encore assuré loin de là, des désaccords demeurant.

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