Wall Street toujours porté par les espoirs de 'recovery'

Wall Street toujours porté par les espoirs de 'recovery'
Traders sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le mercredi 17 juin 2020 à 10h59

La cote américaine progresse encore avant bourse ce mercredi. Le S&P500 est attendu en hausse de 0,7% et le Nasdaq en progression de 0,6%. L'indice historique DJIA s'adjuge 0,8%. Le baril de brut WTI gagne 0,7% à 38,7$ sur le Nymex. L'once d'or consolide de 0,5% à 1.728$.

Les opérateurs misent toujours sur une reprise économique forte, alors que les dernières statistiques américaines concernant en particulier l'emploi ou la consommation ont très positivement surpris. Le soutien des banques centrales et des États conforte cet optimisme, alors que sur le front sanitaire, l'épidémie de Covid-19 ne montre pourtant pas de signe tangible de ralentissement au niveau mondial.

Dans l'actualité économique outre-Atlantique ce jour, les mises en chantier de logements et permis de construire aux USA pour le mois de mai seront communiqués à 14h30 (consensus 1,1 million pour les mises en chantier, 1,25 million pour les permis).

Jerome Powell, président de la Fed, ainsi que les responsables régionaux Raphael Bostic (Fed d'Atlanta) ou Loretta Mester (Fed de Cleveland), s'exprimeront durant la journée.

Le rapport hebdomadaire du Département à l'Energie concernant les stocks pétroliers domestiques américains pour la semaine close au 12 juin sera annoncé à 16h30. Les économistes n'anticipent en moyenne pas d'évolution sur les stocks de brut.

Les inquiétudes sur la pandémie de coronavirus et les foyers de tension géopolitique en Asie ne remettent donc pas en cause le sentiment d'optimisme relatif à la reprise économique. Les solides ventes au détail aux Etats-Unis publiées hier (+17,7% !) et l'évocation d'un potentiel plan d'investissement de 1.000 milliards de dollars de l'administration Trump soutiennent les marchés, alors que les derniers commentaires de Jerome Powell n'ont pas vraiment surpris.

Les marchés ne paniquent donc pas à l'idée d'une potentielle deuxième vague de la pandémie. Il faut dire que les autorités américaines ont clairement laissé comprendre qu'elles n'entendaient pas reconfiner. Les derniers chiffres de l'épidémie restent pourtant préoccupants. Selon l'Université Johns Hopkins, le nombre de cas de contamination au niveau mondial s'élève désormais à 8,176 millions, dont 2,137 millions aux Etats-Unis, 923.189 au Brésil ou 544.725 en Russie. L'épidémie a fait 443.765 morts dans le monde, dont 116.963 aux USA, 45.241 au Brésil et 42.054 au Royaume-Uni.

En Chine, les autorités de Pékin multiplient les mesures de restriction et confinement suite au recensement de 137 nouveaux cas sur les six derniers jours. Des centaines de vols ont été annulés à l'arrivée et au départ de la capitale. Une trentaine de quartiers sont soumis à des mesures de contrôle. Les établissements scolaires restent fermés.

Aux Etats-Unis, le nombre de nouveaux cas a atteint un record dans six Etats, dont la Floride et le Texas, et le nombre d'hospitalisations est lui aussi en forte hausse selon Reuters.

Enfin, les opérateurs surveillent la situation à la frontière entre Corée du Nord et Corée du Sud, ainsi qu'à la frontière sino-indienne.

La Bourse de New York a fini en nette hausse, hier mardi, après l'annonce d'un vif rebond de la consommation aux Etats-Unis en mai, ce qui laisse espérer un redémarrage en "V" de l'économie. Pourtant, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 augmente dans de nombreux Etats américains, ainsi qu'en Chine, mais les marchés parient sur la mise au point d'un vaccin à l'automne, et en attendant, ils misent sur les actions renforcées de la Fed et de l'Etat fédéral pour soutenir l'économie.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 2,04% à 26.289 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 1,9% à 3.124 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a avancé de 1,75% à 9.895 pts. La hausse du S&P 500 a été tirée par les indices sectoriels de de l'Energie (+2,8%), de la Santé (+2,4%) et des Matériaux de base (+2,1%).

Les marchés américains ont ignoré un nouveau discours prudent du président de la Fed Jerome Powell, préférant saluer l'annonce par la Fed de la mise en oeuvre de son programme de rachat d'obligations d'entreprises. Par ailleurs, un projet évoqué par l'agence 'Bloomberg', à savoir un plan de l'administration Trump de 1.000 milliards dollars pour renforcer les infrastructures aux Etats-Unis, a aussi soutenu les marchés d'actions.

Le président de la Fed Jerome Powell, qui s'exprimait ce mardi devant une commission du Sénat, a commenté ces chiffres de l'emploi et des ventes de détail en estimant que l'économie avait sans doute désormais touché son point bas et qu'elle commençait à se rétablir, après la phase de confinement de mars et avril.

Cependant, le patron de la banque centrale américaine s'est montré prudent soulignant que la vigueur de la reprise restait incertaine. "Une bonne partie de cette incertitude vient des incertitudes concernant l'évolution de la maladie et l'efficacité des mesures prises pour la maîtriser", a expliqué Jerome Powell, devant une commission du Sénat. "Tant que la population n'est pas certaine qu'elle (la pandémie) est endiguée, il est peu probable que l'économie se remette complètement", a-t-il ajouté.

Lundi soir, la Fed a accru son soutien en annonçant le démarrage de son programme de rachat d'obligations d'entreprises, prévu dans le cadre de la batterie de mesures annoncées le 23 mars dernier pour faire face à la récession provoquée par la crise sanitaire. Jusqu'à présent, la Banque centrale américaine avait uniquement acheté des obligations privées de façon indirecte, via des fonds indiciels (ETF).

Le 10 juin, à l'issue de sa dernière réunion de politique monétaire, la Fed s'était montrée inquiète d'une reprise économique lente et avait signalé son intention de maintenir ses taux directeurs proches de zéro au moins jusqu'à la fin 2022. Elle a réitéré son engagement à utiliser toute la gamme de ses outils pour sortir l'économie américaine de l'ornière où l'a précipitée la pandémie.

Alors que cette résurgence de la maladie avait provoqué la semaine dernière une forte correction des Bourses, cette semaine, les marchés préfèrent parier sur la reprise, et sur des avancées médicales pour lutter contre le coronavirus. Ainsi, selon les premiers résultats d'un essai clinique britannique, un médicament de la famille des stéroïdes, le dexamethasone, permet de réduire d'un tiers la mortalité chez les malades les plus gravement atteints par le Covid-19.

Par ailleurs, les investisseurs espèrent qu'un vaccin viendra juguler le virus à l'automne. Le week-end dernier, le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a estimé être en mesure de livrer les premières doses de vaccin dès le mois d'octobre si les essais cliniques en cours sont couronnés de succès. De nombreux autres laboratoires dans le monde (dont la biotech américaine Moderna et le français Sanofi) testent des vaccins, avec pour objectif une commercialisation à l'automne ou au plus tard début 2021.

Oracle a publié mardi soir après la clôture de Wall Street des bénéfices supérieurs aux attentes, mais des ventes décevantes en raison de la crise engendrée par le coronavirus. L'action de l'éditeur de logiciels de gestion d'entreprises chutait mardi soir à New York dans les cotations électroniques après la clôture.

Le bénéfice net du T4 fiscal, achevé fin mai, s'est établi à 3,11 milliards de dollars, soit 0,99$ par action, en baisse de 7,5% par rapport au 1,07$ par action sur la même période de l'exercice précédent. Le bénéfice par action ajusté des éléments exceptionnels a cependant atteint 1,2$ (+3,4%), supérieur au 1,15$ attendu par le consensus établi par le cabinet FactSet. En revanche, les ventes du groupe fondé par Larry Ellison ont reculé de 6,3% à 10,44 Mds$, contre 11,14 Mds$ un an plus tôt, et alors que les analystes s'attendaient à une légère progression, à 11,61 Mds$.

En mars, avant les mesures de restriction prises face à la pandémie de Covid-19, Oracle avait indiqué s'attendre à un bpa ajusté de 1,20$ à 1,28$, pour un chiffre d'affaires de 10,92 à 11,36 Mds$.

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