Wall Street : un beau 'package Biden', pas de tapering, et pourtant...

Wall Street : un beau 'package Biden', pas de tapering, et pourtant...©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 15 janvier 2021 à 08h52

La tendance indicative à Wall Street est légèrement négative, après le repli de la veille (-0,22% sur le DJIA et -0,12% sur le Nasdaq), malgré le plan économique de 1.900 milliards de dollars présenté par le président élu Joe Biden et l'engagement de Jerome Powell, patron de la Fed, à poursuivre une politique monétaire très souple.

Biden a annoncé un projet de plan de relance chiffré à 1.900 milliards de dollars, face à la crise sanitaire qui frappe tout particulièrement les États-Unis. Les rumeurs de marché étaient très diverses sur le sujet, allant de 1.500 milliards jusqu'à 3.000 milliards de dollars. Biden a critiqué hier soir la gestion de la crise sanitaire par Trump. "Une crise de souffrance humaine profonde est à la vue de tous et il n'y a pas de temps à perdre", a lancé le président élu depuis Wilmington, Delaware, où il réside.

Le package proposé comprend 415 milliards de dollars pour le renforcement de la lutte et de la vaccination contre le covid, 1.000 milliards environ d'aides directes aux ménages et 440 milliards de dollars d'aides aux petites entreprises et aux municipalités les plus gravement touchées. Des 'chèques de stimulus' de 1.400 dollars seront versés aux Américains, contre 600 dollars versés au titre du dernier plan voté par le Congrès. L'allocation chômage sera augmentée à 400 dollars par semaine contre 300, et prolongée jusqu'en septembre. Les leaders démocrates du Congrès, où le parti a obtenu une courte majorité dans les deux chambres, ont fait savoir qu'ils allaient faire le maximum pour adopter rapidement le plan.

Trump a quant à lui été mis en accusation mercredi pour incitation à l'insurrection dans l'affaire de l'attaque du Capitole par ses partisans la semaine dernière. Il est possible que cela retarde quelque peu les travaux du Congrès au début du mandat Biden. "J'espère que les dirigeants du Sénat vont trouver le moyen de répondre à leurs obligations constitutionnelles sur la destitution tout en travaillant sur d'autres questions urgentes", a indiqué Biden. Le futur conseiller économique du président élu, Brian Deese, a déclaré à Reuters qu'une fois le plan adopté, Biden ferait pression sur le Congrès pour l'adoption de mesures de plus long terme liées aux soins de santé et aux infrastructures.

Par ailleurs, Biden a appelé le Congrès à relever à 15 dollars le salaire horaire minimum, et indiqué que son plan prévoyait des fonds pour un programme national de dépistage et de vaccination. "Les vaccins offrent tant d'espoir, mais leur déploiement aux Etats-Unis a été un échec lamentable jusqu'à présent", a asséné Biden. Ce dernier doit présenter ce jour un plan visant à vacciner, comme il l'avait déjà promis, 100 millions d'Américains lors de ses 100 premiers jours à la Maison blanche.

Selon l'Université Johns Hopkins ce vendredi, le nombre de cas confirmés du virus depuis le début de la pandémie ressort désormais à plus de 93 millions dans le monde, dont 23,3 millions aux USA, pays le plus affecté. Le nouveau coronavirus a fait maintenant près de 2 millions de morts dans le monde, dont près de 389.000 aux Etats-Unis.

L'autre soutien des marchés provient de Jerome Powell. Le patron de la Fed a coupé court aux spéculations, en assurant que la banque centrale américaine préviendrait "très en avance" lorsqu'elle déciderait de réduire ses achats d'obligations d'Etat. Pour l'instant, l'économie est "loin de nos objectifs".

Face à la brusque tension sur les taux longs observée depuis le début de l'année outre-Atlantique, le président de la Fed Jerome Powell a assuré jeudi qu'il était bien trop tôt pour évoquer une baisse du soutien apporté aux marchés par la banque centrale américaine pour faire face à la crise du Covid-19.

Il a assuré que la banque centrale américaine préviendrait "très en avance" les marchés lorsqu'elle déciderait de réduire ses achats d'obligations d'Etat et de titres adossées à des prêts hypothécaires (MBS). Face à la crise du coronavirus, la Fed a lancé en mars 2020 un vaste programme d'achat portant sur 120 milliards de dollars par mois.

La question du "tapering" n'est actuellement pas d'actualité, a affirmé M. Powell, ajoutant que la Fed attendra d'avoir des "preuves claires" de progrès en matière d'emploi et d'objectifs d'inflation avant de réduire son soutien. "Actuellement, ce n'est pas le moment de parler de cela (...) L'économie est loin de nos objectifs", a indiqué le patron de la Fed lors d'une conférence organisée par l'Université de Princeton. Quand les "preuves claires" seront avérées "nous communiquerons très clairement au public et nous le ferons très en avance avant de considérer concrètement de commencer à réduire graduellement nos achats d'actifs" a-t-il affirmé.

Le premier banquier central ne s'est pas montré préoccupé par un regain d'inflation qui pourrait accompagner la reprise économique, mais cette hausse des prix ne devrait pas selon lui être durable. "Le marché de l'emploi est encore très faible et il est improbable que la hausse des salaires atteigne un niveau susceptible de créer et de maintenir une inflation élevée" aux Etats-Unis, a-t-il estimé. Conformément à la nouvelle stratégie de la Fed, décidée en septembre 2020, Jerome Powell a confirmé que l'institution n'agirait plus de façon préemptive et laisserait l'inflation de dépasser temporairement son objectif de 2% avant de considérer de relever ses taux directeurs. Le moment de les relever "n'est pas près d'arriver", a-t-il ajouté.

Sur le front économique ce vendredi aux Etats-Unis, les statistiques sont nombreuses. L'indice final des prix à la production pour décembre sera annoncé à 14h30 (consensus +0,4% en comparaison du mois antérieur, +0,2% hors alimentaire et énergie).

Les ventes de détail de décembre seront publiées à la même heure (consensus -0,1% en comparaison du mois précédent, -0,1% hors véhicules, -0,3% hors véhicules et essence).

L'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York pour janvier 2021 sera révélé lui aussi à 14h30 (consensus 6).

La Fed annoncera à 15h15 les chiffres de la production industrielle américaine pour le mois de décembre (consensus +0,5% par rapport au mois antérieur, +0,5% pour la production manufacturière, 73,6% de taux d'utilisation des capacités).

Les stocks et ventes des entreprises pour novembre seront annoncés à 16 heures (consensus +0,4%) pour les stocks. L'indice du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan pour janvier (préliminaire) sera dévoilé à la même heure (consensus 80).

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