Zone Euro : pas de rebond en vue, selon Draghi, les taux dégringolent

Zone Euro : pas de rebond en vue, selon Draghi, les taux dégringolent©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 23 septembre 2019 à 20h54

La semaine commence mal dans la zone euro, où les indicateurs PMI d'activité économique ont subi une nette dégradation en septembre, justifiant de fait les mesures de politique monétaire très accommodantes annoncées la semaine dernière par la banque centrale européenne.

Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêt ont chuté lundi après l'annonce d'un plongeon des indicateurs d'activité PMI, suivie de déclarations moroses de Mario Draghi, le patron de la BCE, qui ne voit pas de rebond de la croissance à l'horizon.

L'activité de la zone euro au plus bas depuis plus de 6 ans

Le rendement du Bund allemand à 10 ans a chuté lundi de 6 points de base à -0,58%, celui de l'OAT française de même échéance a perdu 7 pdb à -0,29%, et celui du 10 ans italien a abandonné 9 pdb à 0,54%.

Publié lundi matin, l'indice PMI Composite IHS Markit de la zone euro s'est replié de 51,9 en août à 50,4 en septembre, signalant ainsi la plus faible croissance de l'activité globale depuis juin 2013. Le consensus était positionné à 52. L'indice frôle désormais la barre des 50 qui sépare l'expansion de la contraction : l'activité manufacturière, en berne depuis des mois, a continué de se dégrader, et le secteur des services ralentit désormais lui aussi, notamment en Allemagne et en France.

Quelques heures après la publication de ces chiffres, le président de la BCE, Mario Draghi, les a commentés gravement en déclarant que "la croissance économique de la zone euro ne donne aucun signe probant indiquant un rebond à court terme".

"Equilibre des risques orienté à la baisse"

"Super Mario", qui cédera son poste à Christine Lagarde le 1er novembre, a précisé devant la commission des affaires économiques du Parlement européen que "les données récentes et les indicateurs avancés, comme les nouvelles commandes à l'export du secteur manufacturier, ne montrent aucun signe probant d'un rebond de la croissance dans un avenir proche et l'équilibre des risques pesant sur les perspectives de croissance reste orienté à la baisse".

"Les services résistent pour l'instant mais un affaiblissement prolongé des secteurs exposés à l'exportation risquerait de les contaminer", a ajouté Mario Draghi. "Plus longtemps durera la faiblesse du secteur manufacturier, plus grand sera le risque de voir les autres pans de l'économie affectés par le ralentissement", a-t-il conclu.

Appel aux gouvernements pour une relance budgétaire

La semaine dernière, dans l'espoir de relancer l'économie de la zone euro, la BCE a baissé une nouvelle fois son taux de dépôt, à -0,5%, et a annoncé la reprise de son programme de rachat d'actifs, au rythme de 20 milliards de dollars par mois à partir du 1er novembre prochain. Ce nouveau "QE" se poursuivra "aussi longtemps que nécessaire", a fait savoir l'institution européenne.

Mario Draghi a toutefois prévenu que les actions de la BCE ne suffiraient pas à relancer la machine de la croissance et a appelé les gouvernements européens qui le peuvent à utiliser leur marge de manoeuvre budgétaire pour stimuler l'investissement. Un appel qui s'adresse en premier lieu à l'Allemagne, menacée de récession au 3è trimestre, et où l'idée d'un plan de relance budgétaire a circulé ce dernières semaines.

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