Clôture à Paris : coup de fraîcheur sur les marchés

Clôture à Paris : coup de fraîcheur sur les marchés
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Boursier.com, publié le mercredi 27 janvier 2021 à 18h00

Alors qu'hier le marché semblait vouloir se reprendre (+0,93% ; 5.523 points), la place parisienne s'est finalement enfoncée en territoire négatif au fil de l'après-midi. En clôture, le CAC 40 cède -1,16% à 5.459 points. Les hésitations de l'ouverture ont subitement laissé place à la baisse, avec un marché prenant la mesure de difficultés économiques liées à la perspective d'un 3e confinement en France et de manière générale à la crise sanitaire en Europe et dans le monde. Malgré de bons résultats annuels de plusieurs entreprises, les marchés se délestent.

Le spectre d'un nouveau confinement se précise... Même s'il ne semble plus prévu pour cette fin de semaine, aucune option n'est exclue, allant d'un maintien du cadre actuel à un confinement très serré. A ce stade, il est "peu probable" que le gouvernement se contente de prolonger le couvre-feu actuel à 18h qui a une "efficacité relative" et ne freine donc pas suffisamment la circulation du virus, a indiqué Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement à l'issue du conseil des ministres. Face à cette situation, les scénarios envisagés vont "d'un maintien du cadre actuel jusqu'à un confinement très serré".

Les investisseurs examinent maintenant l'impact économique d'un nouveau confinement à l'aune de données économiques peu engageantes, notamment sur le front de l'emploi. En France, selon les données publiées par le ministère du Travail et Pôle emploi, le nombre de demandeurs d'emploi n'exerçant aucune activité a progressé de +7,5% sur l'ensemble de 2020, un mouvement amplifié par la pandémie de coronavirus. Le nombre de demandeurs d'emploi pour la catégorie A s'élevait à fin décembre à 3.816.700 pour la France, y compris les départements-régions d'outre-mer et hors Mayotte. Au 4e trimestre, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A a reculé de seulement -2,7% après un repli de -11% au trimestre précédent. Sur l'ensemble des catégories A, B (personnes en activité réduite courte) et C (activité réduite longue), le nombre de demandeurs d'emplois a baissé de -1,3% au 4e trimestre mais progresse de +4,5% en 2020.

Autre source de stress pour les marchés, selon François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, les pertes sur les prêts garantis par l'Etat aux entreprises (PGE) pour surmonter la crise du coronavirus seraient dans une fourchette de 4,5 à 6% alors que les banques françaises ont prêté plus de 130 milliards d'euros depuis le début de la crise, plus que dans tout autre pays européen. L'endettement global des entreprises atteint des records même si la Banque de France souligne que nombre d'entre elles ont eu recours à ces PGE d'avantage par précaution que par nécessité. Ces pertes seraient très majoritairement couvertes par l'Etat, à 90%, et à 10% par les banques.

Par ailleurs, la réalité de l'entreprise rattrappe les marchés. Alors que les restaurants ne sont toujours pas autorisés à ouvrir, la chaîne française de restauration Flunch a demandé à bénéficier d'une procédure de sauvegarde en raison de difficultés accentuées par la crise du coronavirus. Elle envisage de se séparer d'une soixantaine de restaurants. Le projet pourrait concerner 1.300 postes. Le chiffre d'affaires de Flunch a baissé de plus de moitié, soit de 212 ME, en 2020 en raison du COVID-19 et des confinements successifs.

Klaas Knot, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a indiqué que les taux d'intérêt en zone euro vont rester durablement bas. La BCE est en capacité de réduire davantage son taux de dépôt si cela est nécessaire pour améliorer les conditions de financement et atteindre son objectif d'inflation. "Il est encore possible de réduire les taux (...) Mais bien sûr, cela devrait être vu en conjonction avec notre orientation monétaire globale, déterminée par une multiplicité d'outils", a déclaré le gouverneur de la banque centrale des Pays-Bas dans une interview à Bloomberg TV. Klaas Knot a indiqué que la BCE suivrait de près le récent renchérissement de l'euro afin d'en déterminer les effets sur les perspectives d'inflation. "C'est l'un des facteurs que nous prenons en compte dans l'évaluation de l'évolution de l'inflation", dit Klaas Knot qui est "prudemment optimiste" quant à la reprise économique en Europe cette année. La vaccination contre le COVID-19 devrait laisser une plus grande place pour un rebond de l'activité économique au second semestre.

L'euro réagit à ces déclarations, reculant de -0,57% à 1,2091$ entre banques.

Le baril de Brent se reprend de +0,32% à 56,26$. Le brut américain WTI grimpe de 0,62% à 53,62$. Ils repassent dans le vert après l'annonce du Département américain à l'Energie. Il a indiqué que les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close le 22 janvier ont chuté de 9,9 millions de barils à 476,7 mb, alors que le consensus tablait sur une hausse de 1,5 million de barils. Les réserves d'essence ont en revanche augmenté de 2,5 millions de barils (+1,3 mb anticipée par le marché), alors que les stocks de produits distillés ont diminué de 0,8 mb par rapport à la précédente semaine, contre une baisse de 0,5 mb attendue.

Aux Etats-Unis, Wall Street trébuche... Le DJIA rend -1% à 30.643 pts et le S&P 500 fléchit de -1,7% à 3.782 pts. Le Nasdaq n'est pas en reste avec un repli de 0,8% à 13.441 pts.
Les commandes de biens durables aux Etats-Unis pour le mois de décembre 2020 sont ressorties en hausse timide de +0,2% par rapport au mois précédent (+1% de consensus et +1,2% un mois avant). Hors transport, les commandes s'affichent en augmentation de +0,7% contre +0,5% de consensus, après un gain de +0,8% en novembre.
La journée est chargée outre-Atlantique, avec la décision monétaire de la Fed (20h), puis dans la soirée les résultats d'Apple, Facebook ou encore Tesla. Côté Fed, il ne devrait pas y avoir de surprise. Jerome Powell a récemment confirmé la posture très accommodante de la Fed compte tenu des incertitudes économiques et sanitaires. Le dirigeant de la Réserve Fédérale a par ailleurs repoussé pour l'heure l'idée du 'tapering', réduction des achats d'actifs de la Fed

VALEURS EN HAUSSE

* Unibail-Rodamco-Westfield (+19,9 à 71,9 euros) et Klépierre (+21,9 à 21,6 euros) prolongent leur rebond avec plusieurs foncières : Mercialys (+5,83% à 7,53 euros), Carmila (+5 à 11,4 euros), Covivio (+2,7%), Icade (+1,9%). Ces valeurs bénéficient d'un regain d'intérêt pour les titres les plus 'shortés'.

* Sartorius Stedim Biotech (+2,4% à 342 euros) a publié des résultats annuels préliminaires faisant état d'une augmentation de 34,6% de son chiffre d'affaires et d'une hausse de la marge d'Ebitda courant à 31,7% en 2020. La société vise une croissance de 20% à 26% de son chiffre d'affaires en 2021, et une augmentation de 1 MdE de son objectif de chiffre d'affaires 2025, soit 3,8 MdsE.

* Thales (+1,25% à 74,2 euros). Le flux acheteur sur le groupe d'électronique spécialisé dans l'aérospatiale et la défense est alimenté par une note d'Exane BNP Paribas qui est passé à 'surperformer' sur le dossier avec une cible rehaussée de 75 à 97 euros. La valeur est plébiscitée par les analystes puisque, selon le consensus 'Bloomberg', 13 sont à l''achat', 5 à 'conserver' et aucun à 'vendre'. L'objectif moyen à douze mois est fixé à 87,18 euros.

VALEURS EN BAISSE

* En hausse initiale Solutions 30 s'effondre de -8,8% à 9,75 euros. Quelques heures après avoir fait état d'une solide activité l'an passé, Solutions 30 a indiqué porter plainte pour diffamation à la suite des dernières sorties de Muddy Waters. La société rappelle avoir d'ores et déjà saisi l'Autorité des Marchés Financiers et porté plainte auprès du Parquet National Financier pour diffusion d'informations fausses et trompeuses et de manipulations de marché, après la diffusion d'un rapport anonyme à charge, contenant de très nombreuses informations erronées et mensongères.

* EDF (-2,7% à 10,45 euros) a annoncé un retard et une révision à la hausse de son projet de centrale nucléaire à Hinkley Point en Grande-Bretagne. Le début de production d'électricité par l'unité 1 de cette centrale est désormais prévu en juin 2026 au lieu de fin 2025. Le coût du projet est maintenant estimé entre 22 et 23 milliards de livres sterling (24,87 et 26 MdsE), contre une fourchette de 21,5 à 22,5 milliards lors de la précédente estimation en septembre 2019.

* STMicroelectronics perd -3% à 31,72 euros. Le secteur des semi-conducteurs recule en Europe. Texas Instruments a quelque peu inquiété la communauté financière hier soir à Wall Street. Si la firme texane a fait état de prévisions supérieures aux attentes du marchés, alimentées par une forte demande de puces dans les secteurs de l'automobile, de l'électronique industrielle et personnelle, certains s'inquiètent d'une éventuelle pénurie d'approvisionnement. Etant donné la large gamme de puces fournies par la société, les investisseurs considèrent son bulletin trimestriel comme un indicateur clef de la santé de l'industrie et d'autres secteurs où les semi-conducteurs sont des composants clés. Interrogé sur la rapidité du rebond de la demande et sur le fait de savoir si Texas Instruments et ses pairs disposent d'une offre suffisante, le management s'est voulu rassurant alors que certains constructeurs automobiles ont ralenti leur production, affirmant qu'ils n'avaient pas assez de puces en raison de la forte demande, pendant la pandémie, de semi-conducteurs utilisés dans des produits de consommation tels que les consoles de jeu, les smartphones et les ordinateurs portables.

* Sanofi (-2,47% à 79,07 euros) a confirméavoir conclu avec BioNTech un accord aux termes duquel le laboratoire français prêtera son concours à BioNTech pour la fabrication et la fourniture de son vaccin COVID-19 qui est codéveloppé avec Pfizer. Sanofi donnera à BioNTech l'accès à son outil de production et à son savoir-faire afin de produire plus de 125 millions de doses du vaccin COVID-19 de BioNTech en Europe. Les premiers lots de vaccins seront distribués par les installations de production de Sanofi situées à Francfort à partir de l'été 2021.

* Veolia (-1,31% à 21,88 euros) a rappelé à Suez qu'elle considère comme stratégiques certaines de ses activités : en Espagne, au Chili, aux Etats-Unis dans l'eau, ainsi qu'au Royaume-Uni et en Australie dans les déchets. Cette liste a été rendue publique depuis plusieurs semaines, aussi la cession de l'un de ces actifs serait "expressément contraire au contexte amical dans lequel Suez s'est déclaré prêt à ouvrir un dialogue et serait résolument hostile à son projet industriel, portant ainsi atteinte à l'intérêt social des deux groupes ainsi qu'aux intérêts de tous les actionnaires de Suez, dont Veolia".

* Suez (-1% à 17,05 euros) indique renforcer sa présence en Chine pour accompagner le pays dans sa "croissante verte". Au cours des 6 derniers mois, le groupe rappelle avoir signé une série de nouveaux contrats de conception, de construction, d'exploitation et de gestion de l'eau potable et de traitement des eaux usées en Chine pour un chiffre d'affaires total d'environ 266 millions d'euros. Ces nouveaux contrats concernent de nombreuses villes et provinces chinoises, notamment Beijing, Shanghai, Shaanxi, Guizhou Liaoning, Shandong, Jiangsu, Zhejiang et Guangdong. Le groupe a également noué un partenariat stratégique avec la Région autonome de Mongolie-Intérieure pour fournir des services intelligents de surveillance et de gestion de l'environnement. Conformément à son plan stratégique 'Suez 2030', le groupe renforce donc sa présence à l'international et plus particulièrement en Asie.

* LVMH (-0,3 à 506,4 euros) était soutenu ce matin par une nouvelle publication de très bonne facture avant de se retourner. Le numéro un mondial du luxe a fait état d'un chiffre d'affaires trimestriel de 14,3 milliards d'euros, en repli limité de 3% à taux de change et périmètre constants, en ligne avec les attentes des analystes. Mais c'est surtout la belle performance de la division Mode et Maroquinerie, qui nourrit les bénéfices du groupe, qui est saluée par les marchés ce matin. La branche qui comprend notamment les marques Louis Vuitton et Christian Dior a vu ses revenus croître de 18% sur les trois derniers mois de l'année, là où le consensus attendait une hausse limitée à 11%. Sur l'ensemble de l'exercice écoulé, le bénéfice net s'est contracté de -34%, à 4,7 MdsE, tandis que le résultat opérationnel courant s'est replié de -28%, à 8,31 MdsE. Le groupe qui compte 75 marques de luxe après le récent rachat du joaillier Tiffany, a réalisé un chiffre d'affaires annuel de 44,65 MdsE, en baisse de -17% en données publiées et de -16% à taux de change et périmètre constants.

* Christian Dior, qui a également publié de bons résultats annuels, redonne -1;26% à 438,6 euros. Le groupe affiche une confiance prudente pour 2021. Dans un contexte très perturbé, le résultat net part du Groupe s'élève à 1,9 MdE, en recul de -34%, mais la maison-mère de LVMH prévoit de distribuer un dividende de 6 euros par action. Un acompte sur dividende de 2 euros par action a été distribué le 3 décembre 2020. Le solde de 4 euros sera mis en paiement le 22 avril 2021.

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