Clôture de Wall Street : 2ème séance de rebond, en attendant l'inflation...

Clôture de Wall Street : 2ème séance de rebond, en attendant l'inflation...©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 12 février 2018 à 22h30

La Bourse américaine a poursuivi lundi son rebond entamé vendredi, les indices progressant de l'ordre de 1,5% en clôture. L'annonce du plan de Donald Trump pour investir 1.500 milliards de dollars sur 10 ans dans la rénovation des infrastructures américaines a notamment soutenu la cote. Mais le climat général est resté volatil, en attendant la publication, mercredi, des chiffres de l'inflation aux Etats-Unis en janvier. Parmi les plus fortes hausses du Dow Jones, Apple a repris 4% et Boeing a rebondi de 3,3%.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 1,70% à 24.601 points (après +1,38% vendredi), tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 1,39% à 2.656 pts (après +1,49% vendredi) et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a pris 1,56% à 6.982 pts (après +1,44% vendredi).

L'inflation et la Fed toujours en ligne de mire

La semaine dernière, les trois indices avaient abandonné respectivement 5,2%, 5,2% et 5% en 5 séances, malgré le regain de vendredi. Jeudi dernier, avant ce rebond, le DJIA et le S&P 500 étaient entrés brièvement dans une phase de correction, avec une perte de plus de 10% par rapport à leurs sommets historiques de la fin janvier. Ce seuil des 10% a déclenché des achats d'opportunité, mais les analystes restent encore très partagés sur l'issue de la correction en cours.

Nombreux sont ceux qui s'attendent à de nouvelles secousses ces prochains jours, surtout si les chiffres de l'inflation en janvier ressortaient supérieurs aux attentes... Bien que la croissance économique américaine soit dynamique, une accélération de l'inflation pourrait amener la Fed à relever ses taux plus rapidement que prévu, ce qui pourrait peser sur la croissance et les bénéfices des entreprises.

Le calme est revenu sur les marchés des changes et des taux

En attendant, sur le marché des changes, le dollar est reparti lundi en légère baisse, après un gain de 1,4% sur la semaine passée, où il avait servi de valeur refuge avec le yen. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises (euro, yen, franc suisse, livre sterling, dollar canadien et couronne suédoise) a reculé lundi de 0,33% à 90,15. L'euro a regagné 0,3% à 1,2290$ après un recul de 2% face au billet vert la semaine dernière.

Le marché obligataire a aussi retrouvé son calme en cours de séance : le rendement du T-Bond à 10 ans a pourtant grimpé en matinée jusqu'à 1,8930% au plus haut depuis 4 ans, avant de refluer, pour finir à 2,85%, au même niveau que vendredi soir. Le chiffre-clé de la semaine sera la publication, mercredi, du chiffre de l'inflation (prix à la consommation) en janvier aux Etats-Unis. Il est attendu en hausse de 0,3% sur un mois et de 2% sur un an par le consensus compilé par l'agence 'Reuters'.

Le pétrole s'est stabilisé lundi après 6 séances de baisse consécutives, et une chute de 10% par rapport à son récent pic de la fin janvier, au-dessus de 66$ pour le WTI. Le baril WTI a grappillé lundi soir 0,15%, à 59,29$ (contrat à terme de mars sur le Nymex), mais le Brent de mer du nord a encore cédé 0,32%, à 62,59$ (contrat à terme d'avril).

Trump promet 1.500 Mds$ pour les infrastructures, de quoi creuser les déficits

Sur le plan politique, les investisseurs ont pris acte de l'annonce par Donald Trump d'un vaste plan d'investissement de 1.500 milliards de dollars sur 10 ans pour rénover les infrastructures américaines. Sur ce total, 200 Mds$ devraient être financés par l'Etat fédéral, le solde provenant des états et du secteur privé.

Le projet doit désormais passer le cap du Congrès, où il pourrait avoir du mal à être adopté, de nombreux élus rechignant à approuver des dépenses de 200 Mds$ qui vont creuser le déficit budgétaire, déjà affecté négativement par la réforme fiscale adoptée fin 2017. L'administration Trump compte réduire d'autant d'autres programmes fédéraux, mais le débat risque d'être rude à l'approche des élections de mi-mandat en novembre prochain, où les élus auront des comptes à rendre à leurs électeurs s'ils réduisent des budgets sociaux...

L'indice sectoriel S&P 500 des valeurs de construction et d'ingénierie a gagné lundi 1,75% en clôture, surperformant légèrement l'indice large S&P 500. L'indice sectoriel "Construction et ingénierie" a plongé de plus de 9% lors de la récente correction, mais il gagne encore environ 20% depuis l'élection de Donald Trump en novembre 2016.

LES VALEURS

General Dynamics (-1,2%), le contractant américain de défense, a annoncé la signature d'un accord pour le rachat de CSRA (+31%), société US spécialisée dans l'IT business pour le gouvernement américain. Le prix de l'opération s'élève à 40,75$ par action en numéraire, soit un total d'environ 9,6 Milliards de dollars en prenant en compte la dette de 2,8 Mds$ de CSRA. La transaction devrait être finalisée sur le premier semestre 2018.

Restaurant Brands International (+6%) a publié ses comptes du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 395 M$ (1,59$ par action), contre 118,4 M$ (0,50$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 0,66$, contre 0,44$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus s'élèvent à 1,23 Md$, contre 1,11 Md$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,57$, pour des revenus de 1,26 Md$. Les ventes "comparables" montent de 0,1% pour Tim Hortons, grimpent de 4,6% pour Burger King, et reculent de 1,3% pour Popeyes Louisiana Kitchen.

First Data (+3,1%) a atteint le consensus de profit au quatrième trimestre. Le groupe d'Atlanta a dégagé un bénéfice net de 948 M$ et 1$ par titre, alors que le bpa ajusté s'est établi à 44 cents, en ligne avec les attentes. Les revenus trimestriels ont totalisé 3,15 Mds$. Les revenus ajustés ont été de 1,95 Mds$, également conformes au consensus de place. Le bpa annuel pour l'exercice entamé est anticipé entre 1,35 et 1,40$.

Qualcomm (+2,6%) / Broadcom (+3,8%). Les directions des deux groupes pourraient se rencontrer mercredi, afin d'échanger au sujet de la dernière offre de Broadcom chiffrée à 121 Mds$. C'est du moins ce qu'affirment les sources 'proches de la question' de l'agence Reuters. Par ailleurs, Broadcom a sécurisé 100 Mds$ de financement par la dette afin de pouvoir mener à bien ce rachat, selon le 'Wall Street Journal'... Rappelons que Broadcom a récemment rehaussé son offre en cash et actions, de 70$ à 82$ par titre Qualcomm. Broadcom a également accepté de nouvelles concessions, proposant en particulier une commission de 8 Mds$ en cas d'échec devant les régulateurs antitrust.

Qualcomm, répondant à la dernière offre, a estimé la semaine dernière qu'elle sous-évaluait encore ses activités. Qualcomm a néanmoins proposé de rencontrer son acquéreur potentiel, ce qui signale que le groupe pourrait changer de position, selon les ajustements consentis par Broadcom. Qualcomm désire que Broadcom fasse le nécessaire, afin de s'assurer que l'opération franchisse les obstacles antitrust. Il s'agirait donc que Broadcom, désormais basé à Singapour, s'engage aux désinvestissements adéquats.

Facebook (+0,17%) / Alphabet (+1,3%). Unilever (+1,8%) a menacé de retirer ses publicités des sites Facebook et Google, si les deux firmes ne font pas le nécessaire pour contrôler les dérivés en matière de contenus extrémistes et illégaux. Unilever estime en effet que la confiance accordée par les consommateurs aux médias sociaux atteint un nouveau plancher. "Nous ne pouvons pas avoir un environnement dans lequel nos consommateurs ne font pas confiance à ce qu'ils voient en ligne", a lancé le directeur marketing d'Unilever, Keith Weed. Il serait donc dans l'intérêt des médias sociaux d'agir, avant de perdre leurs annonceurs...

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