Clôture Paris : -3,4% pour terminer une semaine noire

Clôture Paris : -3,4% pour terminer une semaine noire©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 28 février 2020 à 18h00

LA TENDANCE

C'est une semaine noire qui s'est confirmée pour les indices boursiers. Le CAC40 décroche encore de 3,4% ce vendredi à 5.309 points, ce qui porte à 12% la chute observée cette semaine. Un plus bas de 5.230 points a été touché en séance, ce qui renvoie aux niveaux du mois d'août 2019 quand les bourses broyaient du noir en pleine guerre commerciale entre les Etats-Unis et le Chine. La baisse est même de -14% sur les tout récents plus hauts de 6.111 points qui ne datent que d'une dizaine de jours ! Vu la rapidité à laquelle de nombreux pays viennent d'être touchés par l'épidémie de coronavirus, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'exclut plus désormais le scénario d'une pandémie.

La cote américaine ne parvient toujours pas à se redresser ce vendredi, bien au contraire, le S&P500 et le Dow Jones abandonnant environ près de 3%. Sur le Nymex, le baril de brut WTI tombe de 6% à 44,3$, alors que le Brent de la mer du Nord régresse de 4,7% à 49,3$. Même l'once d'or corrige de 3,5% à 1.583$ après ses sommets de sept ans. Les indices boursiers américains affichent leur pire performance hebdomadaire depuis la crise financière de 2008-2009 consécutive à l'effondrement de la banque d'affaires Lehman Brothers. En six jours seulement, le S&P, indice large américain, a décroché de plus de 10%. Cette sanction extrêmement brutale s'est produite alors que les marchés américains abordaient leurs plus hauts niveaux historiques.

Dans le même temps, la probabilité d'un assouplissement monétaire de la Fed ne cesse de croître à mesure que la débâcle se confirme. Le taux des fonds fédéraux est actuellement logé entre 1,50 et 1,75%, et pourrait baisser d'un quart ou d'un demi-point à 1,25-1,50% ou 1-1,25% le 18 mars prochain selon l'outil FedWatch du CME Group, qui évalue à 52,8% la probabilité d'un assouplissement d'un quart de point et 47,2% la 'proba' d'une baisse d'un demi-point.

VALEURS EN HAUSSE

* Seb gagne 5% à 119,2 euros. Le groupe a indiqué jeudi en publiant ses résultats 2019 que pour ce qui est de son activité industrielle en Chine, 6 usines sur 7 ont repris leur activité entre le 17 février et le 24 février, selon les sites, avec une montée en puissance progressive en fonction de la disponibilité des employés. Seb estime à ce stade un retour à pleine capacité de sa production en Chine à fin mars.

* Seule hausse (légère) sur le CAC40, LVMH grappille 0,3% à 371 euros.

VALEURS EN BAISSE

* La chute des marchés accélère encore la baisse des valeurs bancaires : BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole perdent jusqu'à 5%. Les trois banques décrochent d'environ 18% sur la semaine.

* Veolia (-3,3% à 25,9 euros) a présenté vendredi un plan stratégique et a précisé que son plan de quatre ans, nommé "Impact 2023", se traduirait par des cessions représentant environ 20% de ses 16 milliards d'euros de capitaux employés - soit quelque 3 milliards - et par un nouveau programme d'économies d'un milliard d'euros au total. Antoine Frérot a précisé que Veolia investirait quelque 5 milliards d'euros dans de nouvelles activités et que le groupe n'envisageait pas d'acquisitions de grande taille mais plutôt des opérations petites et moyennes, représentant jusqu'à 500 millions d'euros chacune environ.

* Engie (-6% à 15 euros) : Au 1er mars 2020, les tarifs réglementés hors taxe baissent de -4,6% par rapport au barème en vigueur applicable depuis le 1er février 2020. Cette baisse est de -1,2% pour les clients qui utilisent le gaz pour la cuisson, de -2,7% pour ceux qui ont un double usage, cuisson et eau chaude, et de 4,8% pour les foyers qui se chauffent au gaz. Depuis le 1er janvier 2019, les tarifs réglementés de vente de gaz d'Engie ont baissé en tout de 18,6%.

* Saint-Gobain perd 4,4% à 31,6 euros. Le résultat d'exploitation enregistre une nouvelle progression en 2019 de +5,7% en réel et +4,7% à structure et taux de change comparables, dont +1,6% au second semestre. La marge d'exploitation de Saint-Gobain progresse à 8% contre 7,7% en 2018 (7,5% publié avant ajustement IFRS 16), avec un second semestre à 8,4% (contre 8,1% au second semestre 2018). Les plus et moins-values de cessions, les dépréciations d'actifs et les frais d'acquisitions de sociétés s'inscrivent, en net, à -416 millions d'euros contre -2.074 millions d'euros en 2018. Le bénéfice net du groupe progresse ainsi significativement à 1.406 millions d'euros, contre 397 millions d'euros en 2018. Il sera proposé à l'Assemblée Générale du 4 juin de distribuer en espèces un dividende en hausse à 1,38 euro par action. Saint-Gobain vise cette année une nouvelle progression de son résultat d'exploitation à structure et taux de change comparables, avec une incertitude sur l'impact du coronavirus qui affecte ses activités en Chine (lesquelles représentent environ 2% du chiffre d'affaires du groupe).

* Lagardère perd près de 10% sous les 16 euros après les comptes 2019. Le résultat net consolidé s'affiche à +11 ME contre +199 ME en 2018, en raison de l'effet défavorable du résultat net des activités abandonnées. Retraité des éléments non récurrents et non opérationnels, le résultat net ajusté part du groupe s'établit à +200 ME, stable par rapport à 2018. Comme pour l'exercice 2018, le dividende ordinaire proposé à l'AG des actionnaires au titre de l'exercice 2019 sera fixé à 1,30 euro par action.

* Renault perd 2,7% à 26,5 euros et PSA groupe 3,7% à 17,5 euros. L'apparition des premiers cas confirmés de coronavirus en Suisse aura eu raison du salon automobile de Genève, annulé à quelques jours de son ouverture qui devait intervenir lundi pour les médias et à partir du 5 mars pour le grand public. L'organisation du salon a précisé ce vendredi qu'elle se range à une injonction du Conseil fédéral du selon laquelle tous les événements en Suisse réunissant plus de 1.000 personnes sont interdits jusqu'au 15 mars 2020.

Parmi les constructeurs français, Renault devait notamment dévoiler à Genève sa première Dacia électrique. Chez PSA groupe, seule la marque haut de gamme DS devait être présente à Genève cette année pour présenter la nouvelle grande berline DS9. Les conséquences financières pour tous les acteurs de la manifestation sont importantes et devront être évaluées dans les semaines à venir.

* TechnipFMC chute encore de 7% à 13,3 euros et de presque 15% sur la semaine. Les analystes d'UBS se montrent surtout déçus par les perspectives 2020 de la branche Subsea (marge d'EBITDA d'au moins 11%) alors que les autres indicateurs publiés cette semaine sont jugés globalement conformes aux attentes.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.