Clôture Paris : chute historique du CAC40 de 12,28% !

Clôture Paris : chute historique du CAC40 de 12,28% !©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 12 mars 2020 à 18h00

LA TENDANCE

Les marchés boursiers ont de nouveau plongé ce jeudi pour perdre 12,28% en clôture à 4.044 points sur le CAC40, soit la pire chute de l'indice depuis sa création en 1987. A l'issue d'une 6e séance consécutive dans le rouge, la baisse atteint désormais quasiment 35% depuis les récents pics atteints le mois dernier par le marché.
Ailleurs, la bourse de Milan chute de 16,6%, suivi de Madrid qui perd près de 15%, Bruxelles recule de 13,5% et Francfort de 12%. Londres abandonne 11% et Amsterdam 10,75%.
Wall Street cédait aussi à la panique, le DJIA chutant lui aussi de 8%. Les marchés demeurent plus que jamais tétanisés par les craintes relatives à la propagation rapide du coronavirus dans le monde et par son fort impact économique. La décision de Donald Trump d'interdire les voyages en provenance des 26 pays européens de l'espace Schengen pour 30 jours a fini de casser le moral des intervenants. L'intervention de la BCE ce jour n'a aucunement rassuré le marché... bien au contraire !

ECO ET DEVISES

Donald Trump a donc suspendu les voyages en provenance des 26 pays européens de l'espace Schengen pour 30 jours, à compter de vendredi minuit... Le décret suspend l'entrée sur le territoire américain d'étrangers s'étant rendus dans des pays de l'espace Schengen lors des 14 jours précédant la date de leur arrivée aux USA. Ces mesures ne concernent toutefois pas le Royaume-Uni, ni les ressortissants américains.

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- Donald J. Trump (@realDonaldTrump)

Dans l'après-midi, la BCE a décidé que le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureraient finalement inchangés, à respectivement 0,00%, 0,25% et -0,50%... Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d'intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas jusqu'à ce qu'il ait constaté que les perspectives d'inflation convergent durablement vers un niveau suffisamment proche de, mais inférieur à 2% sur son horizon de projection, et que cette convergence se reflète de manière cohérente dans la dynamique d'inflation sous-jacente.

La BCE a annoncé en revanche que des opérations de refinancement à plus long terme (LTRO) supplémentaires seront menées, temporairement, pour apporter un soutien immédiat en termes de liquidité au système financier de la zone euro.
Bien que le Conseil des gouverneurs ne voit pas de signes importants de tensions sur les marchés monétaires ou de pénurie de liquidités dans le système bancaire, ces opérations constitueront un soutien efficace en cas de besoin... Elles seront effectuées par le biais d'une procédure d'appel d'offres à taux fixe, la totalité des soumissions étant servie, avec un taux d'intérêt égal au taux moyen de la facilité de dépôt. Ces opérations de LTRO fourniront des liquidités à des conditions favorables pour couvrir la période allant jusqu'à l'opération TLTRO III prévue en juin prochain.

Enveloppe temporaire

Une enveloppe temporaire d'achats d'actifs nets supplémentaires de 120 milliards d'euros sera mise en place jusqu'à la fin de l'année, assurant une forte contribution du QE dédiée au secteur privé. En combinaison avec le programme d'achat d'actifs (APP) existant, cela permettra de soutenir des conditions de financement favorables pour l'économie réelle en période d'incertitude accrue. Le Conseil des gouverneurs continue de s'attendre à ce que les achats nets d'actifs durent aussi longtemps que nécessaire pour renforcer l'effet accommodant de ses taux directeurs et prennent fin peu avant qu'il ne commence à relever les taux d'intérêt directeurs...

Le discours de Christine Lagarde a été particulièrement mal reçu par les investisseurs, jugé contradictoire et très critique à l'attention des Etats européens et de leur "inaction face à la crise". La patronne de la BCE a estimé que "depuis la dernière réunion du Conseil des gouverneurs fin janvier, la propagation du coronavirus (COVID-19) a constitué un choc majeur pour les perspectives de croissance des économies mondiales et de la zone euro et a accru la volatilité des marchés". Même s'il est temporaire, ce choc aura un impact important sur l'économie... "Il ralentira la production en raison de la rupture des chaînes d'approvisionnement et réduira la demande intérieure et étrangère, notamment en raison de l'impact négatif des mesures de confinement nécessaires".

Les gouvernements sommés de réagir !

Dans ces conditions, "les gouvernements et toutes les autres institutions politiques sont invités à prendre des mesures opportunes et ciblées pour relever le défi de santé publique consistant à contenir la propagation du coronavirus et à atténuer son impact économique... Conformément à notre mandat, le Conseil des gouverneurs est déterminé à soutenir les ménages et les entreprises face aux perturbations économiques actuelles et à l'incertitude accrue".

Les risque sur les perspectives économiques sont ainsi clairement orientées à la baisse : "Les derniers indicateurs suggèrent une détérioration considérable des perspectives de croissance à court terme", a encore souligné la patronne de la BCE, qui voit désormais le PIB de la zone euro limiter sa progression à 0,8% cette année. Une projection qui prévoit une croissance très modérée au premier semestre suivie d'une amélioration sur la seconde partie de l'année. En 2021, la croissance est désormais attendue à 1,3% contre 1,4% précédemment alors qu'elle est toujours estimée à 1,4% en 2022. Les prévisions d'inflation restent inchangées par rapport à décembre mais Christine Lagarde souligne que de nombreuses incertitudes pèsent sur ces guidances compte tenu notamment de la chute des cours pétroliers. "L'inflation globale devrait diminuer considérablement au cours des prochains mois", note ainsi la dirigeante.

Dans ce contexte, Christine Lagarde a appelé une nouvelle fois les gouvernements à agir vite : "une position budgétaire ambitieuse et coordonnée est désormais nécessaire compte tenu de l'affaiblissement des perspectives et pour se prémunir contre une nouvelle matérialisation des risques à la baisse".
Lagarde a annoncé également que "la revue stratégique de la BCE était reportée pour le moment" ... "Nous ne déterminons pas notre position politique sur les variations monétaires ; nous y sommes attentifs, mais ce n'est pas le facteur déterminant", affirme également la directrice de l'Institution en réponse à une question d'un journaliste sur l'évolution de la parité euro/dollar.

En outre, la BCE utilisera toutes les flexibilités qui sont intégrées dans le cadre du programme d'achat d'actifs", précise Christine Lagarde. A la fin du QE, la BCE "convergera vers les clés de répartition du capital"... Ce soir, l'euro retombe à 1,1160/$, tandis que le pétrole retombe à 32,50$ le brent.

VALEURS EN HAUSSE

Savencia gagne 2%.

VALEURS EN BAISSE

Europcar : -29%, suivi de Navya (-28%).

Renault chute de 22% suivi de Natixis (-21%) et de Valeo (-20%)

AKKA : -20% avec SCOR

Peugeot : -18,5% suivi de CNP, ALD, Nexans

Bouygues : -17% avec Engie, Société Générale et Safran

TF1 : -16% avec Faurecia, Crédit Agricole, Airbus, Edenred, Veolia, FNAC Darty et EDF

Suez : -15% suivi de TechnipFMC et de Saint-Gobain

Pernod Ricard (-10%) a annoncé un partenariat avec Italicus, un aperitivo à l'italienne déjà récompensé pour son goût unique et élaboré à base d'ingrédients naturels de haute qualité. Depuis son lancement en 2016, la marque a rapidement conquis les mixologues du monde entier.

Eurazeo (-9,5%). L'ANR par action s'inscrit à 80,3 euros, en progression de +10,5% dividende inclus en 2019. La création de valeur du portefeuille est de 14,5% au total, dont 19% sur les actifs non-cotés. Le portefeuille reste très diversifié, aucun actif ne dépassant 10% de l'AN), composé à 96% d'actifs non cotés. Le Résultat net part du groupe est de 123 ME. Le niveau de trésorerie au 31 décembre 2019 s'inscrit à 533 ME, sans dette au niveau d'Eurazeo SE. Le groupe propose d'augmenter de 20% le dividende unitaire à 1,50 euro par action.

Danone (-8,5%) a lancé avec succès, le 11 mars 2020, une émission obligataire. Elle porte sur un montant de 800 millions d'euros. Cette émission permet à Danone d'allonger la maturité de sa dette et d'en optimiser le coût, dans un contexte de marché favorable aux émissions de qualité. Réalisée dans le cadre du programme Euro Medium Term Note (EMTN) de Danone, l'émission consiste en une obligation libellée en euros sur 7 ans à un taux fixe équivalent au taux mid swap +0,93%, offrant un coupon de 0,571%.

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