Clôture Paris : l'indécision domine, le CAC refuse les 4.300 pts

Clôture Paris : l'indécision domine, le CAC refuse les 4.300 pts
Vue générale du Palais Brongniart, place de la bourse.

Boursier.com, publié le vendredi 15 mai 2020 à 18h00

La place parisienne a finalement raté son rebond ce vendredi, clôturant en hausse marginale de 0,11% après avoir pourtant franchi les 4.300 pts en début de séance. Le CAC 40 termine donc sa semaine à 4.277 pts. Les marchés demeurent extrêmement fébriles, face au risque de deuxième vague épidémique. La tension entre Washington et Pékin suscite également l'inquiétude. Enfin, les dernières statistiques économiques européennes et américaines confirment un ralentissement économique de grande ampleur... Sur le marché des changes, l'euro se traite à 1,081$, en progrès de 0,1%. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI avance de près de 5% vers les 29$, tandis que le Brent de la mer du Nord gagne 1,7% à 31,7$. L'once d'or s'adjuge 0,7% ce soir à 1.753$.

Wall Street perd du terrain à mi-parcours ce vendredi, DJIA, S&P500 et Nasdaq cédant de l'ordre de 0,8%. Les attaques de Trump contre la Chine ne sont pas du goût des opérateurs, déjà fébriles du fait des risques liés aux déconfinements. Les statistiques du jour confirment quant à elles la forte correction de la consommation américaine, de la production industrielle ou de l'emploi...

Selon l'Université Johns Hopkins, l'épidémie du nouveau coronavirus a contaminé désormais 4,44 millions de personnes dans le monde dont 1,42 million aux Etats-Unis. Le Covid-19 a causé près de 86.000 décès aux USA, 34.000 au Royaume-Uni et plus de 31.000 en Italie. La pandémie a fait plus de 302.000 morts dans le monde.

Les craintes de deuxième vague sont donc tangibles avec le redémarrage de l'activité et les mesures de déconfinement. L'Organisation Mondiale de la Santé a même prévenu cette semaine que le virus pourrait devenir endémique et ne jamais disparaître.

Les marchés bénéficient, certes, du soutien des banques centrales. Mais ce dernier a ses limites, comme l'a démontrée cette semaine l'intervention du président de la Fed, Jerome Powell, qui s'est refusé à envisager l'idée de taux négatifs. Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, sera pour sa part auditionné mardi par la commission bancaire du Sénat.

Donald Trump reste quant à lui agressif vis-à-vis de Pékin. Le président américain a suggéré encore qu'il pourrait rompre les liens avec la Chine, jugée responsable de la propagation du virus.

Dans un autre registre, l'administration américaine a restreint les livraisons de semi-conducteurs au Chinois Huawei. Le département au Commerce des Etats-Unis a ainsi amendé un règlement sur les exports afin de cibler stratégiquement l'acquisition par Huawei de semi-conducteurs qui sont le produit de logiciels et technologies américaines.

La chute de la consommation américaine au mois d'avril est impressionnante. Ainsi, les ventes de détail d'avril ont décroché de 16,4% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de -11,2% et une correction révisée à -8,3% sur le mois antérieur. Hors automobile cette fois, les ventes de détail se sont écroulées de 17,2% par rapport au mois de mars, contre -8,6% de consensus et -4% pour la lecture révisée du mois précédent. Hors automobile et essence, pour finir, la consommation américaine a trébuché de 16,2% en avril, contre -7,6% de consensus.

L'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York pour le mois de mai, qui vient lui aussi d'être publié, est ressorti négatif de 48,5 points, contre -65 de consensus et -78 un mois plus tôt. Il traduit une nette contraction de l'activité, mais dépasse les attentes de marché.

La Fed a fait état ce vendredi d'une chute de 11,2% de la production industrielle américaine pour le mois d'avril, contre un consensus de -11,5% et après un recul de 5,4% e,n mars. La production manufacturière a dévissé de 13,7% en avril, alors que le consensus était de -11,4%. Le taux d'utilisation des capacités s'est enfin établi à 64,9%, contre un consensus de 64,1%.

L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains pour le mois de mai 2020 est ressorti à 73,7, contre un consensus de place de 66. Après un plongeon record en avril, l'indice de confiance du Michigan parvient donc à dépasser les attentes au mois de mai, même s'il reste à très bas niveau.

Le rapport JOLTS du Département au Travail concernant les ouvertures de postes aux USA pour le mois de mars 2020 vient lui aussi d'être publié. Il fait ressortir 6,191 millions d'ouvertures de postes en mars, contre un consensus de 5,9 millions et un niveau révisé en hausse à plus de 7 millions pour le mois précédent. Ces ouvertures de postes de mars ressortent néanmoins au plus bas niveau depuis le mois de mai 2017.

Les dernières données de conjoncture en Europe sont par ailleurs peu reluisantes. Ainsi, la décroissance de la zone euro pour le premier trimestre 2020 a été confirmée à -3,8%, en ligne avec le consensus de place.

Au cours du premier trimestre 2020, le PIB corrigé des variations saisonnières a diminué de 3,8% dans la zone euro (ZE19) et de 3,3% dans l'UE par rapport au trimestre précédent, selon l'estimation rapide publiée par Eurostat, office statistique de l'Union européenne.

Il s'agit des reculs les plus importants depuis le début des séries temporelles en 1995. En mars 2020, le dernier mois de la période de référence, les mesures de confinement liées au Covid-19 ont commencé à être largement mises en place par les Etats membres. Au cours du quatrième trimestre 2019, le PIB avait augmenté de 0,1% dans la zone euro et de 0.2% dans l'UE.

En comparaison avec le même trimestre de l'année précédente, le PIB corrigé des variations saisonnières a enregistré une baisse de 3,2% dans la zone euro et de 2,6% dans l'UE au premier trimestre 2020, après respectivement +1,0% et +1,3% au trimestre précédent. Il s'agit des baisses les plus importantes depuis le troisième trimestre 2009 (-4,5% pour la zone euro et -4,4% pour l'UE).

Le nombre de personnes ayant un emploi a diminué de 0,2% tant dans la zone euro que dans l'UE au premier trimestre 2020 par rapport au trimestre précédent. Il s'agit du premier recul depuis le deuxième trimestre 2013 pour la zone euro et depuis le premier trimestre 2013 pour l'UE. Au cours du quatrième trimestre 2019, l'emploi avait augmenté de 0,3% dans les deux zones. Par rapport au même trimestre de l'année précédente, l'emploi a augmenté de 0,3% tant dans la zone euro que dans l'UE au premier trimestre 2020, après respectivement +1,1% et +1,0% au quatrième trimestre 2019. Il s'agit des taux de croissance les plus faibles depuis le premier trimestre 2014 pour la zone euro et depuis le quatrième trimestre 2013 pour l'UE.

Ce matin, la publication d'une hausse de la production industrielle en Chine au mois d'avril, pour la première fois cette année, avait en revanche rassuré quelque peu. Encourageant alors que les marchés naviguent à vue pour le moment, quant à la teneur de la reprise économique alors que les principales économies de la planète sortent du confinement. D'après le Bureau national de la statistique (BNS), la production industrielle a ainsi progressé le mois dernier de 3,9% en rythme annuel, battant le consensus qui ressortait à +1,5% après une contraction de 1,1% en mars.

Valeurs en hausse

Imerys (+9,3%) a annoncé vendredi avoir conclu un accord en vue du règlement définitif de contentieux liés au talc aux Etats-Unis. Imerys avait annoncé fin 2018 que trois de ses filiales en Amérique du Nord, représentant environ 3% du chiffre d'affaires, s'étaient placées sous la protection du "chapitre 11" pour régler leurs litiges historiques. Le talc, utilisé notamment pour les nourrissons, est au coeur d'une controverse aux Etats-Unis où des femmes accusent le produit - fourni également par Johnson & Johnson - d'avoir provoqué des cancers.

Pierre et Vacances Center Parcs (+11,4%). Le titre du premier exploitant européen de résidences et de villages touristiques reste porté par les dernières annonces d'Edouard Philippe. Le Premier ministre a indiqué jeudi que les Français pourront partir en vacances cet été : "Oui, sous réserve de l'évolution de l'épidémie et de possibles restrictions localisées, les Français pourront partir en vacances en France en juillet et en août".

Transgene (+10,3%) et BioInvent International AB, société de biotechnologie dédiée à la découverte et au développement d'anticorps immunomodulateurs innovants contre le cancer, annoncent la présentation de nouvelles données précliniques très encourageantes qui démontrent l'important potentiel thérapeutique de BT-001, un virus oncolytique encodant un anticorps anti- CTLA4, pour le traitement des tumeurs solides. Ces données seront présentées à l'AACR 2020 Virtual Annual Meeting II.

Eutelsat (+7,4%) fait état d'un chiffre d'affaires des activités opérationnelles du troisième trimestre en repli de 1,6% sur un an à 322 ME et en progression de 1,2% par rapport au deuxième trimestre.

Neoen (+6,7%). Le chiffre d'affaires du premier trimestre 2020 de s'est élevé à 95,8 ME, en hausse de 61% par rapport au premier trimestre 2019. La production d'électricité a atteint 1.110 GWh, en progression de 59% sur un an. La capacité en opération s'élève à 2 GW après la mise en service de 143 MWc au premier trimestre. Neoen confirme son objectif d'EBITDA compris entre 270 et 300 ME pour 2020, avec une marge d'EBITDA d'environ 80%.

Akwel (+0,7%) a enregistré au premier trimestre 2020 un chiffre d'affaires consolidé de 273,5 ME, en baisse de -6,6% par rapport au premier trimestre 2019.

Valeurs en baisse

Ubisoft (-0,1%) Le résultat opérationnel IFRS est une perte de 59,5 millions d'euros. Le résultat opérationnel non-IFRS chute de 92% à 34,2 millions d'euros sur l'exercice clos. Le chiffre d'affaires IFRS15 du quatrième trimestre 2019-20 s'élève à 481,1 ME, en baisse de 6,8% (-7,9% à taux de change constants), par rapport aux 516,5 MEUR réalisés au quatrième trimestre 2018-19. Le net bookings du quatrième trimestre 2019-20 s'élève à 417,4 ME, en baisse de 38,3% (-39% à taux de change constants). Le résultat net non-IFRS part du groupe est une perte de 10,2 ME, soit un résultat par action (dilué) non-IFRS de -0,09 euro. Suite à la comptabilisation d'une dépréciation de goodwill de 100,8 ME, le résultat net IFRS part du groupe ressort en pertes de 125,6 ME, soit un résultat par action (dilué) IFRS de -1,12 euro.

Ubisoft confirme sa capacité à atteindre les 600 ME de résultat opérationnel non-IFRS communiqué précédemment avec le lancement de 5 jeux AAAs (Assassin's Creed Valhalla, Watch_Dogs Legion, Gods & Monsters, Rainbow Six Quarantine et une franchise non annoncée). Dans le contexte de la crise du Covid-19 et afin de tenir compte de l'impact potentiel des incertitudes externes actuelles, Ubisoft met à jour ses objectifs. Le groupe fait état d'un net bookings attendu entre 2,35 et 2,65 MdsE sur l'exercice entamé, à comparer à un objectif précédent de 2,6 MdsE. Le résultat opérationnel non-IFRS est attendu entre 400 et 600 ME, à comparer à un objectif précédent de 600 ME.

Oncodesign (-1,2%) "n'a pas vocation en l'état à se positionner seul sur les infections respiratoires, comme le COVID-19. Nous envisageons cependant de rechercher un partenaire pour mettre en route un partenariat précoce sur ce thème", explique le dirigeant du groupe dans une interview publiée par Boursier.com.

Genfit plonge encore de 14,5% et perd les trois quarts de sa valeur cette semaine. Les espoirs concernant la principale molécule de la biotech, elafibranor, dans la Nash, la maladie du "foie gras", ont été douchés par l'annonce de l'échec d'un essai clinique de phase 3. La différence du taux de réponse entre les patients traités à l'elafibranor et ceux ayant pris un placebo n'est pas significative. "Ces résultats sont très décevants, non seulement pour les équipes de Genfit, mais aussi pour les patients et les soignants puisqu'il subsiste un besoin médical non-satisfait considérable dans le domaine de la NASH", a admis le directeur général du groupe.

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