Clôture Paris : le CAC 40 arrache une hausse 'au finish'

Clôture Paris : le CAC 40 arrache une hausse 'au finish'
Trader sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le mardi 10 décembre 2019 à 18h00

Le CAC 40 est finalement parvenu à clôturer très timidement dans le vert, en hausse de 0,18% à 5.848 pts, après avoir passé une bonne partie de la séance dans le rouge et inscrit un plancher intraday de 5.776 pts. La place parisienne a bénéficié de la bonne tenue de la cote US, le Wall Street Journal ayant apporté un semblant d'espoir commercial en indiquant que les États-Unis et la Chine prépareraient effectivement un report du relèvement des droits de douane pour l'heure prévu en décembre... L'euro se traite actuellement à 1,1092$ (+0,3%). Le baril de brut se redresse de 0,5% à 59,3$ sur le WTI et +0,3% à 64,4$ pour le Brent de la mer du Nord.

La cote américaine se ressaisit quelque peu ce mardi, S&P500 et Nasdaq s'affichant marginalement dans le vert. Les opérateurs espèrent que l'administration Trump ne mette finalement pas en application ses menaces de nouvelles taxes douanières sur plus de 150 milliards de produits chinois au 15 décembre. Le secrétaire à l'Agriculture Sonny Perdue a précisé que Trump ne voulait pas instaurer ces nouveaux droits... mais qu'il désirait observer "du mouvement" de la part de la Chine pour s'abstenir des nouvelles surtaxes douanières. Le ministère chinois au Commerce indique pour sa part souhaiter un accord dès que possible... Il y a quelques instants, le Conseiller économique de la Maison blanche Larry Kudlow s'est montré quant à lui très prudent, estimant qu'il ne pouvait confirmer le report des taxes sur les produits chinois.

La tendance était précédemment baissière, à l'approche de l'échéance commerciale sino-américaine du 15 décembre. La réunion de la Fed, qui débute ce jour et donnera lieu demain à un probable statu quo, n'offrira vraisemblablement pas de grand soutien réel aux marchés. D'après le rapport du jour aux Etats-Unis, la productivité non-agricole du troisième trimestre 2019 a reculé sur un rythme de 0,2%, contre un consensus de -0,1% et après un déclin de 0,3% sur le trimestre antérieur. Il s'agit de la lecture révisée de la productivité du troisième trimestre. Les coûts unitaires du travail, quant à eux, ont augmenté sur un rythme de 2,5%, contre +3,4% de consensus.

Les statistiques chinoises ressortent quant à elles déprimées. les derniers chiffres du commerce extérieur montrent que le pays souffre de la guerre commerciale, avec des exportations en berne. Et ce matin, on apprenait que les prix à la production en Chine ont décliné pour un cinquième mois consécutif en novembre. Autre rendez-vous de la semaine, celui avec les banquiers centraux : La Fed et la BCE se réuniront, mais les marchés n'attendent pas de changement de leur politique monétaire. Les élections au Royaume-Uni, jeudi, seront aussi très suivies par les marchés financiers qui aimeraient enfin être fixés sur les modalités du Brexit.

Le rendez-vous économique majeur de la semaine aux États-Unis est celui de la réunion monétaire de la Fed, qui se tient ce mardi et demain mercredi. Le communiqué monétaire de la Banque centrale américaine est attendu à 20 heures mercredi soir, avant la conférence de presse de Jerome Powell qui aura lieu à 20h30. Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité d'un statu quo monétaire (taux inchangés entre 1,50 et 1,75%) le 11 décembre serait de plus de 97% (contre 2,2% de chances d'un relèvement d'un quart de point), ce qui laisse donc peu de suspense.

En France, la production industrielle est restée bien orientée en octobre, affichant une hausse de 0,4%, identique à celle du mois précédent. Le consensus tablait sur une progression de 0,2%. La production de la seule industrie manufacturière a augmenté de 0,5% après +0,8% en septembre, précise l'Insee. Au cours des trois derniers mois, la production baisse en revanche dans l'industrie manufacturière (-0,8%), et plus nettement dans l'ensemble de l'industrie (-1,2%).

L'indice ZEW allemand s'est nettement amélioré en décembre. L'indice ressort à 10,7 points après -2,1 en novembre, et contre +1,1 de consensus. L'indice relatif à la situation actuelle s'établit de son côté à -19,9 contre -24,7 le mois précédent et -22,3 de consensus. L'indice ZEW est compilé chaque mois auprès d'environ 350 experts financiers. Il représente la différence entre la portion d'analystes optimistes et la portion d'analystes pessimistes pour le développement économique allemand à 6 mois.

Le produit intérieur brut britannique est resté inchangé après deux mois consécutifs de déclin, vient d'annoncer l'Office national de la statistique. Le marché tablait sur une légère progression de 0,1%. En glissement annuel, la croissance se limite à 0,7%, soit la plus faible hausse depuis juin 2012. Le secteur des services a soutenu l'activité, tout comme le secteur manufacturier, la constitution des stocks ayant repris avant la date limite initiale du Brexit fixée au 31 octobre. Toutefois, ces progressions ont été compensées par le recul de l'exploitation de pétrole et par la plus forte baisse de la production dans le secteur de la construction depuis le début de l'année 2018. Selon les dernières prévisions, la Grande-Bretagne devrait enregistrer une croissance d'à peine plus de 1% cette année, sa pire performance depuis la crise financière, il y a une décennie.

Valeurs en hausse

GTT (+2%) progresse, soutenu par une nouvelle commande et un conseil de Portzamparc, qui vient de revoir sa recommandation de 'conserver' à 'acheter' avec un objectif de cours relevé de 89,2 à 94,9 euros. Selon l'intermédiaire, le newsflow devrait rester favorable sur le long terme pour GTT. Les FID de projets de liquéfaction, attendues en 2020, et le marché de remplacement, offrent des perspectives solides. Par ailleurs, GTT a reçu une commande de la part du chantier naval chinois Hudong-Zhonghua pour la conception des cuves d'un navire de soutage de GNL pour le compte de l'armateur japonais Mitsui OSK Lines Ltd. (MOL).

Sanofi (+5,9%). Les investisseurs saluent la nouvelle feuille de route du laboratoire. Le groupe a annoncé son intention de mettre fin à ses recherches sur le diabète et les maladies cardio-vasculaires dans le cadre d'un plan de réorganisation en trois grandes entités commerciales globales. Sous la houlette de Paul Hudson, Sanofi vise deux milliards d'euros d'économies supplémentaires d'ici 2022 et table sur une marge opérationnelle de 30% la même année, puis de plus de 32% en 2025. Bernstein évoque aussi "un bon départ", louant la stratégie consistant à se concentrer sur les coûts, à 'sortir' de l'activité diabète et parle d'une première étape vers une vente ou un spin-off de la branche 'santé grand public'.

Le Bélier (+22,6%) s'envole pour sa reprise de cotation. On a appris hier que les actionnaires majoritaires de l'équipementier étaient entrés en négociations exclusives avec le Chinois Wencan en vue d'une cession de leurs participations respectives au prix de 38,18 euros par titre. Une OPA simplifiée devrait suivre... L'idée consiste à rapprocher un spécialiste de la fonderie gravité en coquille avec un leader de la fonderie sous pression.

Quantum Genomics (+0,3%). L'entreprise biopharmaceutique, spécialisée dans le développement d'une nouvelle classe de médicaments agissant directement sur le cerveau pour traiter l'hypertension artérielle résistante et l'insuffisance cardiaque, et Biolab Sanus Pharmaceutical, un des cinq plus grands laboratoires pharmaceutiques au Brésil, annoncent la signature d'un accord exclusif de licence et de collaboration pour développer et commercialiser le firibastat en Amérique latine. Il s'agit du premier partenariat régional pour Quantum Genomics, qui recevra des paiements initiaux (upfront) et d'étapes (milestones) s'élevant à 21,2 M$, auxquels s'ajouteront des royalties sur les ventes.

Rallye (+14,1% !). Les sociétés d'investissement de Jean-Charles Naouri, qui coiffent le groupe de distribution Casino (+2,3%), ont annoncé lundi avoir finalisé leurs projets de plans de sauvegarde. Rallye, Foncière Euris, Finatis et Euris ont précisé dans un communiqué commun que ces projets, élaborés avec le concours des administrateurs judiciaires, seront transmis par les mandataires judiciaires dans les prochaines semaines aux créanciers des Sociétés, en vue de recueillir leur acceptation ou leur refus sur les propositions. Les créanciers disposeront d'un délai de 30 jours calendaires à compter de la réception des propositions d'apurement du passif afin de se prononcer sur lesdites propositions. Les projets de plans de sauvegarde des Sociétés sont "interdépendants et se fondent sur la chaîne de détention économique existant à ce jour. Ils prévoient la capacité des Sociétés à verser des dividendes pendant la durée des plans", précise le communiqué.

FDJ (+1,7%). La Française des Jeux a mis en place une couverture d'assurance globale pour couvrir son risque de contrepartie à partir du 1er janvier 2020. La réforme du cadre fiscal et règlementaire dans le cadre de la privatisation de FDJ a notamment mis fin au système des "fonds de contrepartie", assurance que l'Etat fournissait à l'entreprise en laissant à celle-ci une partie de ses prélèvements sur les jeux afin de constituer un fonds de garantie, mobilisable en cas d'évènement de contrepartie rarissime mais potentiellement élevé... FDJ devient par ailleurs 'Partenaire Officiel' des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 à compter du 2ème trimestre 2020, et rejoint ainsi le programme national de partenariat de Paris 2024.

SMCP (+4%) a connu un sursaut technique en fin de journée après un plancher de 6,57 euros en séance. Outre les propres difficultés de la société liées notamment à la forte détérioration du marché à Hong Kong, la firme n'est également pas épargnée par les déboires financiers de son principal actionnaire, Shandong Ruyi. La société chinoise a demandé vendredi à S&P de suspendre sa notation crédit 'CCC+' (perspective 'négative')... Sur le front des analystes, un nouvel ajustement est à relever ce matin puisque CIC Market Solutions a coupé sa cible de 19,1 à 14,6 euros tout en restant à l''achat'.

Total (+0,1%) et la National Oil Corporation, en accord avec le gouvernement de Libye, ont signé ce mardi un accord sur la mise en oeuvre de la participation de Total dans les concessions de Waha, située dans le bassin de Sirte en Libye.

EDF (+0,1%) et Veolia (stable), via leurs filiales respectives Cyclife Holding et Asteralis, annoncent la création d'une structure commune : Graphitech, pour répondre aux enjeux de démantèlement des réacteurs nucléaires de technologie graphite. La déconstruction des réacteurs graphite est complexe en raison de leur conception (empilement de couches de graphite à l'intérieur du réacteur) et du volume de matériaux à évacuer. A l'échelle mondiale, seuls deux réacteurs de technologie graphite de petite puissance ont été démantelés à ce jour.

Valeurs en baisse

Valeo (-7,4%) décroche après la présentation de son nouveau plan stratégique pour la période 2020-2022. Alors que l'équipementier automobile entend combiner croissance et résilience et se focaliser sur l'amélioration de sa profitabilité et de sa génération de cash-flow libre d'ici 2022, les premiers retours d'analystes sur cette présentation ne sont pas très reluisants. A 'vendre' sur le dossier, Citi explique que les nouveaux objectifs financiers de Valeo sont légèrement supérieurs au consensus, tandis que le cash-flow libre reste la priorité dans un environnement automobile difficile. Selon le courtier, l'augmentation du contenu par véhicule et l'amélioration de l'efficacité opérationnelle devraient entraîner une progression des marges, tandis que la réduction de la R&D et des dépenses en immobilisations en pourcentage des ventes devraient soutenir la FCC...

Capgemini (-0,2%) fléchit. La SSII a pourtant annoncé hier soir le gain d'un nouveau contrat avec Var Energi, la plus grande société indépendante d'exploration et de production pétrolière et gazière sur le plateau continental norvégien. Dans le cadre de cet accord, Capgemini mènera un vaste programme de transformation, incluant la fourniture de services numériques, pour aider Var Energi à accélérer sa transformation numérique conformément à ses objectifs. Les modalités financières n'ont pas été dévoilées. Exane BNP Paribas a par ailleurs abaissé son objectif sur la valeur de 127 à 120 euros tout en confirmant son conseil 'surperformer'.

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