Clôture Paris : le CAC 40 décroche sous les 5.800 pts, Trump plombe les marchés

Clôture Paris : le CAC 40 décroche sous les 5.800 pts, Trump plombe les marchés
Un trader fatigué sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le lundi 02 décembre 2019 à 18h00

La place parisienne a accéléré considérablement sa baisse ce lundi, après trois séances d'une consolidation molle. La chute du jour traduit essentiellement le retour des inquiétudes commerciales, après une série de tweets de Donald Trump et quelques commentaires de Wilbur Ross. L'indice phare parisien, le CAC 40, a terminé sa journée en forte baisse de 2,01% à 5.786,7 pts. Sur le marché des changes, l'euro monte de 0,6% désormais à 1,1082$, alors que l'indice dollar perd 0,4% à 97,9 face à un panier de devises de référence.

La tendance est désormais franchement négative à Wall Street, le Nasdaq reculant de 1,2%, le DJIA rendant 0,7% et le S&P500 cédant 0,8%. La cote américaine était encore attendue ce matin en progression assez nette, avant que Donald Trump ne fasse des siennes sur le réseau social média Twitter, ravivant les craintes commerciales. Trump, qui avait fait sensation sur Twitter la semaine dernière en postant un montage de son portrait sur le corps de Rocky Balboa, a donc mis les marchés KO en quelques petits tweets...

Sur le Nymex, le baril de brut WTI gagne actuellement 1,7% à 56,1$. Le Brent de la mer du Nord avance de 1,4% à 61,3$. Le baril de pétrole rebondit nettement en ce début de semaine, sur des espoirs de coupes additionnelles de production de la part de l'OPEP et de ses alliés. Selon les derniers bruits de marché relayés par Reuters, l'Arabie saoudite pousserait pour que l'OPEP+ trouve un accord pour réduire sa production d'or noir de 400.000 barils par jour supplémentaires. Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés avaient précédemment accepté d'abaisser leur production de de 1,2 mbj. Cet accord, qui court jusqu'au mois de mars, pourrait ainsi être 'gonflé' et prolongé jusqu'à juin 2020.

Le président américain a gâché donc la fête ce lundi, alors que ce week-end de Thanksgiving s'était révélé particulièrement propice à la consommation outre-Atlantique. Ce 'Cyber Monday' pourrait d'ailleurs être la journée la plus active de l'histoire du commerce en ligne aux USA, 69 millions d'Américains devant acheter des produits sur Internet pour des ventes estimées de 9,4 milliards de dollars... Trump a remis un 'coup de pression' sur la Fed de Jerome Powell ce lundi, à l'approche de la dernière réunion monétaire de l'année, celle des 10 et 11 décembre, qui devrait se solder selon toute probabilité par un statu quo. Il s'en est pris par ailleurs au Brésil et à l'Argentine, réinstaurant les tarifs sur l'acier et l'aluminium...

"Le Brésil et l'Argentine ont présidé à une dévaluation massive de leurs monnaies, ce qui n'est pas bon pour nos agriculteurs. Par conséquent, dès maintenant, je vais restaurer les Tarifs sur tout l'Acier et l'Aluminium de ces pays livré aux USA. La Réserve Fédérale devrait pareillement agir afin que des pays, qui sont nombreux, ne profitent plus de notre dollar fort en dévaluant encore plus leurs monnaies. Cela complique fortement les justes exportations de marchandises de nos industriels & agriculteurs. Abaissez les Taux & Assouplissez - Fed !", a tweeté Trump.

Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité que la Fed laisse les taux inchangés entre 1,50 et 1,75% à l'issue de la réunion des 10 et 11 décembre se situe à 93,4%, contre 6,6% de chances... d'un relèvement des taux d'un quart de point entre 1,75 et 2%. Bref, après trois assouplissements monétaires d'un quart de point cette année, plus personne ne s'attend à un nouveau geste de générosité de la Banque centrale américaine. Il faudrait, selon FedWatch, attendre le milieu d'année prochaine, pour espérer une nouvelle baisse des taux - qui n'est d'ailleurs pas l'hypothèse la plus probable.

Concernant l'affrontement commercial avec la Chine, Trump tweete par ailleurs ce jour : "Les Marchés (ndlr : actions) US sont en hausse de 21% depuis l'annonce des Tarifs douaniers le 1er mars 2018 - et les USA empochent des sommes d'argent conséquentes (et en restituent une partie à nos agriculteurs, qui ont été visés par la Chine)!"

Les négociations commerciales sino-américaines restent le point crucial à l'heure actuelle pour les marchés. La position américaine concernant les manifestations à Hong Kong a heurté la semaine dernière les autorités chinoises. Le 'Global Times' affirme pour sa part que la Chine ne signera d'accord intermédiaire que s'il inclut un retour sur certains tarifs douaniers précédemment mis en place. Par ailleurs, Pékin a menacé les USA de représailles sur le dossier hongkongais, s'offusquant de l'ingérence supposée des Américains dans ses affaires 'internes'.

Pour l'heure, les discussions seraient au point mort du fait de la législation votée aux États-Unis concernant Hong Kong. Tout accord 'de phase 1' n'interviendrait au plus tôt qu'à la fin de l'année. En attendant, Trump devrait en principe ajourner les tarifs douaniers programmés pour mi-décembre afin de pouvoir poursuivre les pourparlers avec la Chine.

Une déclaration de Wilbur Ross sur la 'Fox' a toutefois semé le trouble et plombé un peu plus l'ambiance ce jour, puisque le secrétaire américain au Commerce a affirmé que Trump allait augmenter les tarifs douaniers sur les produits chinois si Washington et Pékin ne parvenaient pas à conclure un accord commercial : "Eh bien, vous avez une date limite logique qui est le 15 décembre... Si rien ne se passe d'ici là, le président a dit clairement qu'il relèverait les tarifs".

L'indice PMI manufacturier américain final du mois de novembre 2019 est ressorti à 52,6, contre 52,2 de consensus de place et 51,3 un mois avant. Il traduit donc une expansion de l'activité manufacturière nationale américaine en novembre... En revanche, et comme bien souvent, l'indice ISM manufacturier de novembre 2019 qui vient lui aussi d'être publié, fournit une image tout à fait différente. L'indice ressort à 48,1, contre 49,4 de consensus et 48,3 un mois auparavant. Cet indice déprimé traduit une contraction de l'activité manufacturière américaine.

En Asie, l'impulsion était pourtant favorable ce matin, l'indice composite chinois SSE ayant terminé dans le vert après un indice PMI manufacturier officiel solide et un indice de Caixin affichant sa plus forte expansion en trois ans.

Du côté de la BCE, Christine Lagarde vient de juger que la croissance restait faible en zone euro, la consommation tenant tout de même bon et la politique monétaire accommodante fournissant un soutien constant. La Banque Centrale Européenne entend jouer son rôle conformément à son mandat. De plus, les décisions du conseil en septembre montrent que la BCE est consciente des effets secondaires potentiels de sa politique, dit la nouvelle présidente de la Banque, pour sa première audition au Parlement européen depuis son entrée en fonction du mois dernier. "La situation sur le marché du travail a continué de s'améliorer" a également estimé Christine Lagarde.

La conjoncture s'est de nouveau détériorée dans le secteur manufacturier de la zone euro en novembre, la contraction ayant toutefois affiché son rythme le plus faible depuis trois mois. Après correction des variations saisonnières, l'Indice PMI final IHS Markit pour l'industrie manufacturière de la zone euro s'établit à 46,9. Se redressant par rapport à octobre (45,9) et à sa dernière estimation Flash (46,6), il reste toutefois nettement inférieur à la barre des 50 et signale une dixième contraction mensuelle consécutive du secteur.

La France a connu la plus forte hausse de sa production manufacturière en cinq mois en novembre. Se redressant de 50,7 en octobre à 51,7, l'Indice des Acheteurs PMI IHS Markit signale un léger renforcement de la croissance, et ressort légèrement au-dessus de son estimation flash (51,6). Cette amélioration de la conjoncture résulte essentiellement d'une accélération de la hausse des volumes de production, tendance que les entreprises interrogées attribuent généralement à un renforcement de la demande clients. Le taux d'expansion de la production atteint ainsi un sommet de cinq mois, demeurant toutefois modéré, précise IHS.

Valeurs en hausse

Pierre et Vacances (+6,7%) grimpe, au plus haut depuis le début du mois d'août. Cette progression s'accompagne d'importants volumes mais aussi de l'échange de blocs. Le groupe avait rappelons-le dégagé un résultat positif sur l'exercice clos fin septembre alors que son résultat opérationnel courant atteignait 30,9 millions d'euros contre 9,8 ME un an plus tôt. Compte tenu du portefeuille de réservations à date, le management anticipe une croissance des activités touristiques au 1er trimestre de l'exercice 2019-2020.

Carmat (+0,6%) aligne une cinquième séance de progression. La société a reçu l'accord de l'autorité de santé du Kazakhstan pour reprendre l'étude Pivot dans le pays. L'étude peut désormais être menée simultanément dans 3 pays : le Danemark, la République tchèque et le Kazakhstan.

Tarkett (+2%). Aucune information particulière n'explique ce sursaut avant tout technique. AlphaValue avait dernièrement réitéré son opinion 'achat' tout en ajustant sa cible de 19,2 à 18,6 euros.

EDF (+0,5%) aligne sa quatrième séance consécutive dans le vert. Une séquence qui n'efface pas la piètre performance de la valeur en 2019... La poussée du jour est à relier à une note de Morgan Stanley, qui a débuté le suivi de la valeur avec un conseil 'surpondérer' et une cible de 13 euros.

Europcar (+0,05%). Le loueur de voitures indique que son Conseil de surveillance a mis en place un comité ad hoc indépendant suite aux déclarations d'Eurazeo relatives à sa participation. Il précise également être assisté par ses financiers et juridiques. Eurazeo avait auparavant confirmé conduire une revue stratégique de ses options concernant sa participation dans Europcar Mobility Group pouvant éventuellement conduire à la cession de tout ou partie de sa participation. A ce jour, Eurazeo détient 29,9% du capital de l'entreprise dirigée par Caroline Parot.

Valeurs en baisse

Airbus (-2,7%). L'Organisation mondiale du commerce (OMC) juge que l'Union européenne continue à subventionner Airbus de manière injuste. Le groupe spécial de l'Organisation en charge de la mise en conformité a donc jugé que l'UE n'avait pas adopté de mesures appropriées afin d'éliminer les effets défavorables des subventions accordées à l'A380 et l'A350. Cela constituerait, selon l'OMC, une entrave décrite comme "réelle et substantielle" aux règles de concurrence... L'OMC avait donné son accord en octobre aux États-Unis pour taxer 7,5 milliards de dollars d'importations européennes sur le dossier des subventions européennes à Airbus, rappelle par ailleurs Reuters.

Air France-KLM (-2,2%). Transavia France, la compagnie à bas coûts du groupe Air France-KLM basée dans l'Hexagone, poursuit son développement avec l'ouverture d'une base à Montpellier. Le transporteur, qui disposera de deux avions dans l'Hérault (des Boeing 737), desservira 14 villes à compter d'avril 2020. Faro, Lisbonne, Séville, Athènes ou encore Rome seront notamment reliés à Montpellier.

Vivendi (-1,5%). La justice italienne a fixé la date d'audience sollicitée par Vivendi au 6 décembre sur le dossier Mediaset. Le Français entend bloquer le projet de Mediaset de créer un champion européen des médias via l'entité MediaForEurope (MFE).

EOS imaging (-8,9%). Financière Arbevel - détenue à hauteur de 37,16% par M. Lalevée et à hauteur de 36,66% par M. Delabare -, agissant pour le compte de fonds dont elle assure la gestion, a déclaré à l'Autorité des marchés financiers avoir franchi en baisse, le 29 novembre 2019, les seuils de 5% du capital et des droits de vote d'EOS imaging, et détenir 1.245.209 actions EOS imaging représentant autant de droits de vote, soit 4,75% du capital et des droits de vote.

Renault (-0,5%) annonce la nomination de Xavier Martinet en tant que directeur du marketing monde du Groupe. Il est rattaché à Olivier Murguet, directeur des régions et du commerce, directeur général adjoint par intérim du Groupe Renault.

PSA (-1,8%). Le rapprochement de 50 milliards de dollars tant attendu entre PSA et FCA se précise. La nouvelle avancée concerne cette fois Fiat Chrysler Automobiles, qui vient de s'accorder avec le syndicat United Auto Workers (UAW). L'accord de principe porte sur une convention collective de 4 ans incluant un engagement d'investissement de FCA chiffré à 9 milliards de dollars accompagné des créations de 7.900 emplois sur les quatre ans. 4,5 milliards doivent comme annoncé être investis dans cinq usines et générer 6.500 postes. Le projet d'accord doit être ratifié par les membres de l'UAW. Le syndicat avait déjà scellé des accords similaires avec Ford et GM.

Sanofi (-2,3%). Les rumeurs autour de Sanofi continuent à aller bon train à l'approche de la présentation du nouveau plan stratégique de la société prévue le 10 décembre aux Etats-Unis. La dernière en date prêtait au laboratoire français son intention de céder Seprafilm à Baxter. Une opération que vient de confirmer l'Américain... La transaction, qui atteint 350 millions de dollars, devrait être bouclée avant la fin du premier trimestre 2020. Les ventes des produits acquis devraient s'élever à environ 100 millions de dollars au cours des 12 mois suivant la clôture de l'opération.

STMicroelectronics (-2,2%) a finalisé l'acquisition totale de Norstel AB fabricant suédois de plaquettes en carbure de silicium (SiC). ST a exercé son option d'acquisition des 45% restants du capital social de Norstel, suite à la transaction initiale annoncée en février 2019. L'acquisition de Norstel, pour un montant total de 137,5 millions de dollars, a été financée sur de la trésorerie disponible.

Suez (-2,9%) va être doté d'une nouvelle organisation dès le mois prochain. Le plan de performance vise notamment à réaliser 1 milliard d'euros d'économies d'ici 2023. L'objectif est d'améliorer la profitabilité opérationnelle et d'augmenter le financement des investissements dans l'innovation et la digitalisation.

Saint-Gobain (-0,03%) a finalisé la cession de la société Distribution Matériaux pour les Travaux Publics (DMTP) au groupe Frans Bonhomme. La cession de cette activité, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros pour un résultat d'exploitation de près de 3 millions d'euros en 2018, s'est effectuée sur la base d'une valeur d'entreprise de 70 millions d'euros.

Oxatis (-39,3%). A la demande de la société, le Tribunal de Commerce de Marseille a prononcé l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire en date du 28 novembre. Oxatis recourt à cette procédure "pour protéger ses intérêts et lui permettre de poursuivre la transformation et la réorganisation de sa structure, afin d'être en mesure d'atteindre rapidement une croissance rentable".

Sensorion (-52,6%). SENS-111 n'a pas atteint le critère d'évaluation principal représenté par l'intensité du vertige, lors de sa phase 2b. L'intensité des vertiges (VI-VAS) était évaluée en position debout pendant les quatre jours de traitement avec huit mesures sous traitement. Sensorion annonce qu'aucune activité concernant le SENS-111 ne sera poursuivie et veut se concentrer dorénavant sur le développement de son pipeline dans la perte d'audition.

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