Clôture Paris : le CAC 40 perd 1,57%, dans la crainte d'un reconfinement

Clôture Paris : le CAC 40 perd 1,57%, dans la crainte d'un reconfinement
dose vaccin anti-covid 19

Boursier.com, publié le lundi 25 janvier 2021 à 18h00

LA TENDANCE

Après un début de séance en hausse, le CAC 40 a vite inversé la tendance, lundi, pour terminer en net recul de 1,57% à 5.472 points, retombant sous les 5.500 points pour la première fois depuis plus d'un mois. Alors que des informations de presse font état d'un possible reconfinement imminent, l'inquiétude monte pour les commerçants, qui pourraient à nouveau se retrouver contraints de fermer. Pour le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, les commerces doivent pouvoir rester ouverts en cas de troisième confinement en France.

La semaine s'annonce riche en publications de résultats qui vont s'intensifier tant en Europe qu'aux Etats-Unis. Aux Etats-Unis, les investisseurs attendent toujours la validation finale du fameux plan de relance de Biden chiffré à 1.900 milliards de dollars. Plusieurs responsables de l'administration Biden ont exhorté dimanche les sénateurs américains à l'adopter pour faire face aux conséquences sanitaires et économiques de l'épidémie de coronavirus. Toutefois, les sénateurs pourraient mettre plusieurs semaines avant de voter le plan, selon la presse américaine, ce qui pèse aussi sur la tendance à Wall Street ce lundi.

La semaine sera aussi marquée par une réunion de la Réserve fédérale américaine, mardi et mercredi.

VALEURS EN HAUSSE

* STMicroelectronics (+0,28% à 32,69 euros) publiera jeudi matin ses résultats trimestriels. STM avait déjà fait état d'un chiffre d'affaires net préliminaire de 3,24 milliards de dollars pour le quatrième trimestre fiscal, en hausse de 21,3% en séquentiel et 580 points de base au-dessus du niveau supérieur de la fourchette de prévisions.

* Suez (+0,7% à 17,16 euros) a dépassé ses objectifs au second semestre 2020, grâce notamment à ses baisses de coûts, et a indiqué qu'il se situait ainsi dans la trajectoire de son plan stratégique pour 2021 et 2022. Suez a précisé avoir enregistré au second semestre une baisse organique de son chiffre d'affaires d'environ 1%, contre un objectif de -4% à -2%. Suez a dans le même temps vu son résultat d'exploitation (Ebit) s'établir entre 670 et 680 millions d'euros environ, contre un objectif de 600 à 650 millions, tandis que son bénéfice avant impôts, charges financières, dépréciations et amortissements (Ebitda) a atteint environ 1,6 milliard. La dette nette devrait s'établir à environ 9 750 MdsE en forte baisse par rapport au 31 décembre 2019 et au 30 septembre 2020, grâce à une génération de trésorerie structurellement améliorée. Les résultats audités pour l'exercice 2020 seront présentés le 25 février.

* Eurofins Scientific (+0,23% à 78,18 euros) a dévoilé, à titre préliminaire, quelques données sur son exercice 2020. Porté notamment par la performance de ses activités liées au COVID-19, le groupe de services bio-analytiques fait état de revenus annuels supérieurs à 5,4 milliards d'euros, contre un objectif dernièrement rehaussé de 5,3 MdsE. La croissance organique de l'exercice est proche de 20% alors qu'elle a atteint près de 40% au quatrième trimestre.

VALEURS EN BAISSE

* EDF a plongé de 15,6% à 10,45 euros ! Le plan "Hercule" de réorganisation du groupe et la refonte de la réglementation de l'électricité nucléaire auraient pris du retard. Selon les informations de "'BFM Business', le projet "rencontre trop d'obstacles pour aboutir cette année", particulièrement à Bruxelles où Ursula Von der Leyen ne voudrait rien lâcher.

Réagissant à l'information, Bercy a indiqué que les négociations avec Bruxelles se poursuivent et qu'aucun délai supplémentaire n'a été demandé pour mener à bien ce projet.

La présidente de la Commission européenne souhaite notamment depuis longtemps une scission d'EDF, point sur lequel Bercy rechigne. Selon 'BFM', lors d'une réunion tenue à la mi-janvier, Mme Von der Leyen "est restée sur ses positions et n'a pas voulu accélérer le calendrier", indique une des sources du site d'informations, à la suite d'une réunion entre la dirigeante et une délégation française organisée mi-janvier. "La Commission n'a aucune raison d'aller vite sauf si la France cède sur les contreparties", ajoute une autre source.

Une information que devraient apprécier les syndicats d'EDF, vent-debout contre le projet Hercule. Ce plan, qui prévoit notamment une séparation entre les activités nucléaires d'EDF et celles liées aux énergies renouvelables, suscite d'importantes craintes parmi les organisations syndicales qui redoutent qu'il ne soit un premier pas vers un démantèlement du groupe.

Le courtier JP Morgan s'est dit surpris, en rappelant des informations antérieures faisant état d'un accord de principe entre les deux parties sur les points principaux. "Cet article semble toutefois suffisamment bien informé pour nous amener à envisager que cela pourrait être le cas et qu'une impasse pourrait avoir été atteinte, aussi surprenant que cela puisse paraître... Six mois supplémentaires de discussions signifieraient que le projet Hercule ne serait probablement pas voté au Parlement avant la fin de l'année, une échéance cruciale pour le gouvernement s'il veut parvenir à le mettre en oeuvre avant l'élection présidentielle de 2022", souligne JPM.

* Orange (-0,35% à 9,55 euros) crée Orange Concessions en s'associant avec des investisseurs de long terme. Ainsi, Orange a conclu un accord exclusif avec La Banque des Territoires (Caisse des Dépôts), CNP Assurances (CNP) et EDF Invest pour la vente de 50% du capital et le co-contrôle d'Orange Concessions. Avec 23 réseaux d'initiatives publiques (RIP) représentant plus de 4,5 millions de prises FTTH construites ou à construire, Orange Concessions sera le 1er opérateur en France des réseaux de fibre optique jusqu'à l'abonné (FTTH) déployés et opérés pour le compte des collectivités territoriales. Cette transaction valorise Orange Concessions à 2,675 milliards d'euros, "ce qui témoigne de la valeur et de la pertinence des choix d'investissements d'Orange dans la fibre optique", estime l'opérateur français. Orange disposera d'une option d'achat à terme lui permettant de prendre le contrôle et de consolider Orange Concessions.

* Vivendi (-1% à 26,28 euros) grimpe au capital de Prisa. Trois jours après avoir acquis 7,6% du capital de la société espagnole de médias, le groupe contrôlé par Bolloré indique détenir 9,9% du tour de table. "La prise de participation dans Prisa s'inscrit dans la stratégie de Vivendi de se renforcer en tant que groupe mondial de contenus, de médias et de communication, et d'élargir son accès aux marchés de langue espagnole en Europe, en Amérique latine et aux Etats-Unis", explique Vivendi.

* Solutions 30 a replongé de 21,9% à 10,58 euros, plombé par de nouvelles accusations de Muddy Waters. Le fonds américain revient à la charge contre le leader européen des solutions pour les Nouvelles Technologies, estimant que "les accusations de fraude et blanchiment d'argent portées par le rapport anonyme pointent probablement, a minima, dans la bonne direction, voire sont correctes dans certains cas". Dans une déclaration, Solutions 30 indiquait ce matin être la cible d'une campagne de déstabilisation et rejette à nouveau toutes les accusations du fonds : "Solutions 30 fait l'objet d'une campagne de déstabilisation initiée il y a plusieurs semaines. Dans ce cadre, un audit indépendant a été mandaté et se poursuit. Deloitte qui dirige cette mission et s'appuie sur Didier Kling Expertises et Conseil pour la partie comptabilité, audite l'ensemble des allégations soulevées et mène toutes les investigations nécessaires. Les conclusions seront communiquées à la fin des travaux. Entre temps, le groupe exécute sa stratégie et n'a pas constaté d'impact sur son activité. Le groupe publiera son chiffre d'affaires 2020 demain soir".

* Société Générale a cédé 4,4% à 15,61 euros. La mise en vente de Lyxor, la filiale de gestion d'actifs (ETF) attise les convoitises. Alors que le français Amundi, filiale du Crédit agricole et partenaire historique de la SocGen, semblait favori ces dernières semaines, au moins deux poids-lourds internationaux ont confirmé leur intérêt pour la société de gestion d'actifs. Selon des sources concordantes citées vendredi par le site web des 'Echos', au moins trois candidats auraient été sélectionnés pour un deuxième tour d'enchères, à savoir Amundi, l'américain State Street Global Advisors (SSGA), et l'allemand DWS, filiale cotée de Deutsche Bank. Société Générale attendrait de cette vente autour de 1 milliard d'euros, mais les candidats seraient prêts, dans une première approche du moins, à offrir environ 600 millions d'euros, selon ces mêmes sources.

* Parmi les plus fortes baisses du CAC40, Airbus (-4,46%) et Safran (-4%) sont repartis en baisse, la situation sanitaire et ses nouvelles restrictions pour le transport aérien n'autorisant guère d'optimisme sur le secteur aéronautique. Air France a aussi chuté de 3,2%.

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