Clôture Paris : le CAC 40 préserve les 5.400 pts, malgré la crise turque

Clôture Paris : le CAC 40 préserve les 5.400 pts, malgré la crise turque
finance investisseur bourse

Boursier.com, publié le mardi 14 août 2018 à 18h00

La place parisienne termine sans grand évolution dans un volume réduit ce mardi soir, en cette veille de 15 août. Le CAC 40 s'affiche ce soir en retrait de 0,16% en clôture à 5.403 pts. Les opérateurs relativisent désormais la crise turque, qui devrait se révéler durable, mais dont les dommages collatéraux demeurent difficiles à évaluer...

Sur le marché des changes, l'euro se tasse de 0,4% à 1,136$. Sur le Nymex, le baril de brut WTI se stabilise sur les 67$, contre un niveau de 72,7$ pour le Brent.

Sursaut de la livre turque

La livre turque, qui s'était effondrée depuis vendredi pour toucher un plancher historique, reprend un peu d'étoffe ce mardi suite à l'intervention de la Banque centrale et à l'annonce d'un plan économique. Le dollar retombe actuellement de 5% à 6,51 livres turques, après un pic historique de 7,24 inscrit hier. Hier, la livre turque avait perdu près du dixième de sa valeur durant la journée. La parité de clôture hier soir était de 1 dollar américain pour 6,9 livres turques. La monnaie turque a perdu par ailleurs près de la moitié de sa valeur contre le dollar cette année.

La Banque centrale de Turquie a précisé qu'elle allait fournir toute la liquidité nécessaire aux banques locales. Un plan économique a été annoncé par le ministre des finances Berat Albayrak, qui veut surtout soutenir les banques et les petites entreprises. Enfin, Albayrak doit tenir jeudi une conférence téléphonique avec des investisseurs... des Etats-Unis, d'Europe ou encore du Moyen-Orient, croit savoir un responsable du ministère turc des finances cité par l'agence Reuters.

La dégradation des relations avec les USA avait précédemment plombé la monnaie turque. La baisse s'était accélérée en fin de semaine dernière avec les sanctions américaines contre la Turquie, consécutives à l'échec de négociations pour la libération du pasteur américain Andrew Brunson.

Erdogan très remonté

Le président Erdogan, qui avait déjà évoque des "attaques économiques", est revenu à la charge ce mardi, annonçant que la Turquie allait boycotter les produits électroniques américains tels que les iPhones d'Apple. "Nous allons imposer un boycott sur les produits électroniques américains. S'ils ont des iPhones, il existe Samsung de l'autre côté, et nous avons nos propres Vestel ici", a lancé Erdogan, repris notamment par l'agence Reuters. En outre, le président turc explique que son gouvernement prendra des mesures supplémentaires afin d'inciter les entreprises à investir en Turquie...

Série de statistiques en Europe

Sur le front économique ce mardi en Europe, les opérateurs suivaientles PIB de l'Allemagne et de l'Europe, l'indice ZEW et les chiffres de l'emploi en France.

L'économie allemande a légèrement accéléré au deuxième trimestre. Selon les données préliminaires de l'Office fédérale de la statistique, le PIB, ajusté des effets calendaires et des variations saisonnières, a augmenté de 0,5% sur la période après +0,4% au trimestre précédent. La demande intérieure a soutenu la croissance avec une augmentation des dépenses privées et publiques. Sur un an, le PIB affiche une hausse de 2,3% après +1,4% au cours des trois premiers mois de l'année. Le consensus tablait sur une croissance de 0,4% en séquentiel et de 2,5% en glissement annuel.

Le PIB, corrigé des variations saisonnières, a progressé davantage qu'attendu au deuxième trimestre dans la zone euro. Selon la première estimation d'Eurostat, la croissance atteint 0,4% sur la période, comme au cours des trois premiers mois de l'année. Sur un an, le PIB affiche une hausse de 2,2% après +2,5% au premier trimestre. Le consensus tablait respectivement sur des progressions de 0,3% et 2,1%.

L'indice ZEW allemand est resté négatif en août. Il remonte toutefois la pente puisqu'il ressort à -13,7 points après s'être affiché à -24,7 en juillet. Le consensus était de -20,1.

Le taux de chômage en France, calculé avec les normes du Bureau international du travail (BIT), a diminué de 0,3 point sur un an au deuxième trimestre pour atteindre 9,1% de la population active (hors Mayotte). Il était de 9,2% au trimestre précédent. En ne prenant en compte que la France métropolitaine, le nombre de chômeurs baisse de 48.000, à 2,5 millions de personnes, et le taux de chômage diminue ainsi de 0,2 point sur le trimestre (après +0,3 point au premier trimestre), à 8,7%.

Les prix à la consommation ont reculé de 0,1% en juillet. Confirmant son estimation initiale, l'Insee souligne que cette baisse provient d'un recul saisonnier des prix des produits manufacturés (-2,8%) dû aux soldes d'été, compensé en partie par un rebond des prix des services (+1,1%), notamment ceux des transports aériens avec le début des vacances scolaires. Les prix des produits énergétiques ralentissent (+0,5% après +0,9%). Enfin, les prix des produits alimentaires rebondissent légèrement (+0,1% après -0,2%). Calculée aux normes européennes, l'inflation recule également de 0,1% sur un mois mais progresse de 2,6% en glissement annuel.

Valeurs en hausse

* Air France-KLM (+2,3% à 8,78 euros). Secoué hier, le titre remonte assez nettement ce soir, alors que la compagnie franco-néerlandaise fait pourtant face à des menaces de grève de ses pilotes français mais aussi hollandais.

* Vinci grappille 0,1% à 83,18 euros. Vinci Energies, à travers sa filiale Eitech, leader suédois des travaux électriques et de l'ingénierie, a signé un contrat avec NCC Sverige AB portant sur la prise en charge de toutes les installations techniques du projet partiel E02 de la Gare Centrale de Göteborg. Les attributions incluent une station souterraine d'un train de banlieue et environ 2 kilomètres de tunnel ferroviaire, ce qui représente une part importante de l'investissement de l'Administration nationale suédoise des Transports dans le West Link. La commande initiale pour le contrat de phase 2 est estimée à environ 55 millions d'euros.

Valeurs en baisse

* BNP Paribas fléchit de 0,3% à 51,86 euros en clôture. Sur le papier, BNP Paribas est l'établissement français le plus exposé à la Turquie, même si les enjeux sont relativement limités. Selon les calculs de la Deutsche Bank, la Turquie représente moins de 2% des prêts et environ 2,5% du résultat avant impôt de la banque française via sa participation de 72% dans Türk Ekonomi Bankasi (TEB).

* Crédit Agricole et Société Générale ratent la séance, et reculent de respectivement 1,7% et 0,9%. Hier, la banque centrale turque a annoncé qu'elle fournirait toute la liquidité nécessaire aux banques, ainsi qu'une réduction des coefficients de réserves obligatoires (RO) exprimés en livre et en devises. Par ailleurs, le ministre des Finances a indiqué que la Turquie mettrait en oeuvre un plan d'action économique...

* Fnac Darty perd 3,1% à 75,25 euros. Le distributeur d'électronique grand public allemand Ceconomy, qui détient 24% du groupe français, a annoncé qu'il chercherait à réduire ses coûts après la publication de ses résultats trimestriels qui ont été pénalisés par une dépréciation de sa participation dans Metro.

* Euronext (-0,8% à 54,05 euros) a acquis un bloc d'environ 8% du capital de FastMatch, portant à 97,3% sa participation dans cet opérateur mondial du marché au comptant, intervenant en tant qu'entreprise Euronext depuis août 2017. Cette participation supplémentaire a été acquise en achetant les actions détenues par Dmitri Galinov, PDG cofondateur de FastMatch, pour un montant de 0,001 dollar par action.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU