Clôture Paris : le CAC 40 s'offre un rebond

Clôture Paris : le CAC 40 s'offre un rebond©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 24 janvier 2019 à 18h00

LA TENDANCE

Après trois séances consécutives de baisse, le CAC 40 a récupéré 0,65% ce jeudi, à 4.871 points en clôture. Du côté des valeurs, c'est STMicroelectronics qui a attiré l'attention des investisseurs aujourd'hui après avoir dévoilé ses comptes annuels. Le dossier est également soutenu par le rebond de Texas Instruments outre-Atlantique après la publication des résultats trimestriels du groupe. Carrefour, qui s'était envolé hier, redonne de son côté un peu de terrain. Sur le front économique, les opérateurs ont suivi dans l'après-midi la première réunion monétaire de la BCE de l'année 2019. Mario Draghi a notamment souligné la légère dégradation de l'économie, tout en estimant faibles les risques de récession et ce, malgré l'accumulation des incertitudes liées à la Chine ou encore au Brexit... Aux Etats-Unis, Wall Street hésite pour le moment, alors que les négociations autour du "shutdown" se poursuivent laborieusement... La saison des résultats US est quant à elle désormais bien engagée, en attendant les comptes d'Intel ce soir.

ECO ET DEVISES

L'Indice PMI Flash Composite de l'Activité Globale dans la zone euro se replie à 50,7 (51,1 en décembre), sur un plus bas de 66 mois. L'Indice PMI Flash de l'Activité de Services dans la zone euro se replie à 50,8 (51,2 en décembre), sur un plus bas de 65 mois. L'Indice PMI Flash de la Production Manufacturière dans la zone euro baisse à 50,4 (51,0 en décembre), sur un plus bas de 67 mois. Enfin, l'Indice PMI Flash de l'Industrie Manufacturière dans la zone euro se replie à 50,5 (51,4 en décembre), sur un plus bas de 50 mois...

Chris Williamson, Chief Business Economist à IHS Markit, commente ainsi les derniers chiffres de l'enquête PMI Flash : "Les dernières données PMI flash mettent en évidence un nouveau ralentissement de la croissance. La hausse de l'activité globale dans le secteur privé de la zone euro affiche désormais un rythme proche de la stagnation, tendance résultant notamment de la première baisse du volume des nouvelles affaires depuis plus de quatre ans en janvier. Ces résultats très décevants sont conformes à une hausse du PIB d'à peine 0,1 % au premier trimestre de l'année (...) Affaiblie par les mouvements protestataires des "gilets jaunes", l'économie française a enregistré sa plus forte contraction depuis novembre 2014 en janvier. A défaut d'un regain de l'activité globale au cours des prochains mois, la France pourrait voir son PIB se replier au premier trimestre. Outre-Rhin, les entreprises allemandes enregistrent également leurs plus faibles performances depuis quatre ans, l'industrie manufacturière se repliant en zone de contraction pour la première fois depuis 2014, tirée à la baisse par le plus fort recul des exportations depuis six ans".

Lors de la réunion qui s'est tenue ce jeudi, le Conseil des gouverneurs de la BCE (Banque centrale européenne) a décidé que le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement, ainsi que les taux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt allaient demeurer inchangés, à respectivement 0,00%, 0,25% et -0,40%. Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d'intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels "au moins jusqu'à l'été 2019", et aussi longtemps que nécessaire pour assurer la poursuite de la convergence durable de l'inflation vers des niveaux inférieurs à, mais proches de 2% à moyen terme. Concernant cette fois les mesures non conventionnelles de politique monétaire, le Conseil des gouverneurs entend poursuivre les réinvestissements, en totalité, des remboursements au titre du principal des titres arrivant à échéance acquis dans le cadre du programme d'achats d'actifs ('asset purchase programme' ou APP) "pendant une période prolongée après la date à laquelle il commencera à relever les taux d'intérêt directeurs de la BCE", et aussi longtemps que nécessaire pour maintenir des conditions de liquidité favorables et un degré élevé de soutien monétaire...

Le Sénat américain doit voter ce jour sur des propositions rivales, l'une soutenue par les Démocrates et l'autre par les Républicains, afin de mettre fin au shutdown, fermeture partielle du gouvernement qui atteint une durée historique de plus d'un mois - 34 jours pour être précis. Le Président américain Donald Trump exige 5,7 milliards de dollars pour le financement de son mur à la frontière avec le Mexique. Ce blocage affecte 800.000 travailleurs fédéraux, laissés sans salaires et dans des situations parfois préoccupantes. Kevin Hassett, conseiller à la Maison blanche, a reconnu sur CNN que la croissance des Etats-Unis pourrait être quasi nulle au premier trimestre si le "shutdown" durait jusqu'à fin mars...

Sur le front du commerce, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a estimé sur CNBC que Washington et Pékin se situaient "à des miles et des miles" de la résolution de leur conflit commercial...

D'après le Département américain au travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 19 janvier sont ressorties au nombre de 199.000, contre 212.000 pour la lecture révisée de la semaine antérieure. Ainsi, ces inscriptions régressent de 13.000 en comparaison de la précédente semaine.

L'indice Markit PMI composite américain 'flash' (préliminaire) du mois de janvier 2019, publié ce jeudi, est ressorti à 54,5 contre 54,2 de consensus de place. Sa lecture antérieure était de 53,6. L'indicateur manufacturier flash du mois de janvier s'est établi à 54,9, contre 53,5 de consensus. L'indice des services est pour sa part ressorti à 54,2, en ligne avec les prévisions des économistes.

L'indice des indicateurs avancés américains du Conference Board pour le mois de décembre 2018 est ressorti en retrait de 0,1% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus de place, après une progression de 0,2% au mois de novembre.

Sur le marché des changes, l'Euro vaut désormais 1,1342$. Du côté du pétrole, le baril WTI ressort à 52,9$ et le Brent s'affiche à 61$.

VALEURS EN HAUSSE

* Abivax grimpe encore 12,6% après avoir déjà gagné 7% hier.

* STMicroelectronics gagne 10,1% après la publication de ses résultats annuels. Le marché retient visiblement les bonnes nouvelles en faisant abstraction des points d'ombre. Il est vrai que le fabricant de composants microélectroniques franco-italien a dévoilé des comptes 2018 de très bonne facture, caractérisés par un chiffre d'affaires net en croissance de 15,8% à 9,66 milliards de dollars, un résultat d'exploitation qui bondit de 39,3% à 1,40 Md$s et un résultat net en progression de 60,4% à 1,29 Md$.Reste que les perspectives s'annoncent plus incertaines, ce qui explique a posteriori la prudence des investisseurs sur le titre depuis quelques mois... La décroissance devrait être au rendez-vous sur le début d'année : le groupe prévoit un chiffre d'affaires d'environ 2,1 milliards de dollars au point médian sur le premier trimestre 2019, soit une baisse d'environ 5,7% en variation annuelle et une baisse d'environ 20,7% en séquentiel, reflétant l'impact combiné d'une dynamique défavorable accrue dans certains marchés finaux, en plus de la saisonnalité habituelle du premier trimestre. S'agissant de la rentabilité, la marge brute devrait se situer à environ 39% au point médian, en baisse de 100 points de base par rapport au T4 2018 mais supérieur de 50 pb par rapport au consensus.

* Valeo regrimpe de 5,8% après avoir enregistré deux séance consécutives de correction.

* Seb (+5,1%). Pour l'année 2018, le chiffre d'affaires s'établit à 6.812 ME, en progression de 5,1%, dont une croissance organique de +7,8%. Au 4e trimestre, les ventes se sont élevées à 2.184 ME, en progression de 7,8% incluant notamment une croissance organique de 8,4%.

* Atos (+4,7%) a annoncé la sortie de la suite de sécurité Horus pour les systèmes de transport intelligents (ITS), une solution qui vise à sécuriser les communications des véhicules connectés.

* Elior gagne 3,3%. Le chiffre d'affaires s'élève à 1.754 millions d'euros pour le 1er trimestre de l'exercice 2018-2019. La progression de 3,5% par rapport à l'exercice précédent s'explique par la croissance organique de 1,8% sur la période, par les effets de la croissance externe et des variations de taux de change pour respectivement 1,8% et 0,6%, et par l'impact de changements de principes comptables, essentiellement liés à l'application de la norme IFRS 15 pour -0,7%.

* Bouygues monte de son côté de 2,9% et en profite pour repasser au-dessus des 30 euros.

* Airbus (+2,2%). Le président exécutif d'Airbus a alerté ce jour au sujet des conséquences éventuelles d'un Brexit sans accord. Dans une vidéo postée sur le site Web du géant aéronautique, Thomas Enders constate que "le secteur aérospatial britannique est maintenant au bord du précipice". Il ne prévoit pas d'évolution immédiate concernant la présence locale d'Airbus, mais fait état de possibles "décisions potentiellement très préjudiciables pour le Royaume-Uni" par la suite, en cas de Brexit 'dur'.

* Renault gagne 1,5%. C'est le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qui l'a révélé lors d'une interview à Bloomberg à l'occasion du Forum économique de Davos : Carlos Ghosn a démissionné la nuit dernière de la présidence de Renault. Selon Le Maire, il est temps désormais "de mettre en place une nouvelle gouvernance parce que le plus important aujourd'hui, c'est de préparer le futur de Renault et de l'alliance". Un conseil d'administration de Renault se tiendra justement ce jour, tournant définitivement la page Ghosn. Renaultdevrait - sauf surprise - confier ce jeudi au tandem composé de Jean-Dominique Senard et de Thierry Bolloré la succession de Carlos Ghosn, comme l'a récemment confirmé le 'Wall Street Journal'. Les deux hommes sont respectivement président de la gérance et directeur général délégué du constructeur automobile au losange. Ils prendraient respectivement la présidence et la direction générale du groupe. Selon les sources familières de la question du journal, le comité des nominations du constructeur devrait recommander les nominations de Thierry Bolloré et de Jean-Dominique Senard. Ces nominations requièrent l'approbation du 'board', le journal n'ayant pas totalement exclu l'hypothèse d'un changement de dernière minute...

VALEURS EN BAISSE

* Le Belier chute de 7,3% après un chiffre d'affaires en baisse au quatrième trimestre 2018. Quant à l'ambition d'atteindre 400 ME de ventes, elle est repoussée d'un an en passant de 2019 à 2020.

* Infotel (-7,2%) est sanctionné après la publication du quatrième trimestre, moins dynamique qu'escompté. Le chiffre d'affaires sur la période s'est élevé à 60,9 millions d'euros, en croissance purement organique de +6,7%, dont +7% pour les Services et -4,1% pour les Logiciels.

* Aubay (-4,4%) a légèrement dépassé son objectif de chiffre d'affaires 2018. Les revenus se situent à 400,6 ME, en progression de +14,9% dont +9,3% de croissance organique à comparer à une un objectif initial de croissance organique de 7% à 9%.

* Iliad perd 3,1%. Crédit Suisse a abaissé son objectif de cours de 140 à 130 euros.

* Carrefour rend 1,4% après sa hausse de près de 7% de la veille saluant la bonne publication 2018.

* Sur le CAC40, L'Oréal recule de 0,5% avec BNP Paribas (-0,5%) ou encore Safran (-0,5%).

Vos réactions doivent respecter nos CGU.