Clôture Paris : le CAC 40 soutenu par l'espoir d'un accord commercial sino-américain

Clôture Paris : le CAC 40 soutenu par l'espoir d'un accord commercial sino-américain
Réaction de traders après la clôture du NYSE.

Boursier.com, publié le jeudi 12 décembre 2019 à 18h00

La place parisienne termine finalement dans le vert, le CAC 40 alignant une troisième séance positive et s'adjugeant 0,40% à 5.884 pts après une 'pointe' intraday à 5.916 pts. L'élément essentiel ce jour aura été... un bref tweet du président américain faisant état d'un accord important en vue avec la Chine... La réunion de la BCE n'aura quant à elle pas vraiment animé les marchés, pas plus que celle de la Fed la veille. Sur le marché des changes, l'euro se traite ce soir à 1,1114$ (-0,1%), alors que l'indice dollar prend 0,3% à 97,4. Le baril de brut WTI progresse de 1,1% à 59,4$ et le Brent de la mer du Nord de 1,2% à 64,5$.

La cote américaine s'affiche en vive progression à mi-parcours ce jeudi, accélérant suite à de nouvelles rumeurs - positives - concernant les éternelles négociations commerciales sino-américaines. Donald Trump a d'ailleurs confirmé les rumeurs il y a quelques minutes sur Twitter : "Nous sommes TRÈS proches d'un GRAND ACCORD avec la Chine. Ils le veulent, et nous aussi !". Le Wall Street Journal a indiqué pour sa part que les négociateurs américains sur le commerce proposaient d'annuler les droits de douane qui devaient entrer en vigueur dimanche. Mieux encore, toujours selon le WSJ, les négociateurs US envisagent jusqu'à 50% de réduction des droits de douane déjà en place sur 360 milliards de dollars d'importations chinoises. Le WSJ cite des sources non identifiées... Wall Street en profite évidemment. Le DJIA gagne maintenant 0,6%. Le S&P500 avance de 0,6% également, au plus haut de son histoire. Le Nasdaq s'adjuge 0,4%. La cote américaine avait débuté sur une note prudente ce jour, suite aux annonces de la Fed puis de la BCE.

Donald Trump doit statuer avec l'aide de ses conseillers seniors sur la question des tarifs douaniers devant entrer en vigueur le 15 décembre. Le ministère chinois au Commerce a affirmé que les USA et la Chine étaient en contact étroit sur les questions commerciales. L'éditeur du Global Times a lui indiqué que Pékin entendait répliquer en cas d'implémentation des taxes douanières de l'administration Trump le 15 décembre. Par ailleurs, la Chine entend maintenir une politique fiscale 'proactive' et une politique monétaire prudente...

Le président américain rencontre ses principaux conseillers ce jeudi afin de s'entretenir avec eux sur les questions commerciales, croit savoir Reuters. Il s'agit d'évaluer l'intérêt de mettre en application de nouvelles surtaxes douanières portant sur près de 160 milliards de dollars de marchandises importées de Chine. Les opinions divergeraient parmi les conseillers. Peter Navarro aurait même récemment fait circuler des notes mettant en avant le fait que les tarifs douaniers n'auraient pas réellement pesé sur la croissance américaine ou sur les marchés actions. Évidemment, c'est le président américain qui aura le mot de la fin, et il semble plutôt en faveur de la conciliation - à moins qu'il ne fasse encore volte-face. Il reste probable que les USA suspendent ces nouvelles taxes afin de pouvoir poursuivre sereinement les pourparlers avec Pékin.

Sur le front économique ce jeudi outre-Atlantique, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 7 décembre sont ressorties au nombre de 252.000, ce qui constitue une très mauvaise surprise puisque le consensus était de 213.000. Les inscriptions sont en progression de 49.000 en comparaison de la semaine antérieure. L'indice des prix à la production pour le mois de novembre 2019 est pour sa part resté stable en comparaison du mois antérieur, contre +0,2% de consensus. Hors alimentation et énergie, le 'PPI' américain a reculé de 0,2% par rapport au mois précédent, alors que le consensus était de +0,2%. En glissement annuel, cet indice des prix à la production a grimpé de +1,1% (+1,3% hors alimentation et énergie).

Comme anticipé, la BCE a décidé que le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 0,00%, 0,25% et -0,50%. Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d'intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas jusqu'à ce qu'il ait constaté que les perspectives d'inflation convergent durablement vers un niveau suffisamment proche de, mais inférieur à 2% sur son horizon de projection, et que cette convergence se reflète de manière cohérente dans la dynamique d'inflation sous-jacente.

Le 1er novembre, les achats nets d'actifs ont repris dans le cadre de son programme de rachat (asset purchase programme, APP) à un rythme mensuel de 20 milliards d'euros. Le Conseil des gouverneurs prévoit d'y avoir recours aussi longtemps que nécessaire pour renforcer les effets accommodants de ses taux d'intérêt directeurs et d'y mettre fin peu avant qu'il ne commence à relever les taux d'intérêt directeurs de la BCE.

Le Conseil des gouverneurs entend poursuivre les réinvestissements, en totalité, des remboursements au titre du principal des titres arrivant à échéance acquis dans le cadre de l'APP pendant une période prolongée après la date à laquelle il commencera à relever les taux d'intérêt directeurs de la BCE et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire pour maintenir des conditions de liquidité favorables et un degré élevé de soutien monétaire.

Christine Lagarde s'est exprimée devant la presse à la suite de la décision de politique monétaire de la BCE. Une première pour la nouvelle patronne de l'Institution basée à Francfort. Très attendue sur ce point, Christine Lagarde a affirmé que l'examen stratégique de la politique de la BCE commencerait en janvier et se terminerait d'ici la fin 2020. "Il n'y a pas de zone d'atterrissage préconçue à l'heure actuelle pour les résultats de l'examen stratégique". La revue inclura en revanche les aspects liés à la hausse des inégalités, aux changements technologiques et au changement climatique. Le dernier examen stratégique de l'Institution a eu lieu en 2003.

Interrogée sur les effets secondaires de la politique monétaire très accommodante de la BCE, Christine Lagarde précise que ces effets sont un sujet de préoccupation pour le Conseil. "Nous continuerons de surveiller les effets secondaires et nous pourrions développer ce travail".

Dans le sillage de Mario Draghi, la dirigeante appelle également les gouvernements à agir : "il serait très souhaitable que d'autres politiques s'ajoutent à la politique monétaire pour soutenir la réduction des capacités inutilisées et atteindre le potentiel de croissance - tant en termes budgétaires qu'en termes de réformes structurelles".

Néanmoins, la Banque centrale européenne a réaffirmé qu'elle restait prête à assouplir encore sa politique si nécessaire pour soutenir l'économie de la zone euro.

La production industrielle, corrigée des variations saisonnières, a diminué de 0,5% dans la zone euro en octobre après avoir déjà baissé de 0,1% le mois précédent. En glissement annuel, Eurostat souligne que la production industrielle affiche un repli de 2,2%. Le consensus tablait sur des reculs respectifs de 0,5% et 2,4%.

Les données finales relatives à l'évolution des prix à la consommation en Allemagne en novembre n'ont pas révélé de surprises. Selon les chiffres de l'institut fédéral de la statistique, les prix ont reculé de 0,8% en séquentiel et affichent une hausse de 1,1% en glissement annuel. Calculée aux normes européennes, l'inflation annuelle ressort à 1,2% après +0,9% au cours des deux mois précédents. En France, l'indice final des prix à la consommation a lui augmenté de 0,1%, comme attendu.

Valeurs en hausse

TechnipFMC (+4%) grimpe encore. Le titre était déjà soutenu hier par une note de Citigroup, qui était passé de 'neutre' à 'acheter' sur le dossier malgré un objectif de cours réduit de 25,5 à 21,5 euros. Les analystes restent majoritairement positifs sur le titre puisque, selon le consensus Bloomberg, 30 sont à l''achat', 7 à conserver' et 2 à 'vendre'. L'objectif moyen à douze mois est fixé à 26,03 euros.

PSA (+2,3%) et Fiat Chrysler Automobiles seraient tout proches d'un accord formel. Selon les sources proches des deux constructeurs, citées par 'Bloomberg', les deux groupes comptent signer la semaine prochaine un protocole d'accord (Memorandum of understanding). Certaines questions en suspens doivent néanmoins encore être résolues. Les moyens d'évaluer les passifs potentiels de Fiat qui ont été mis au jour depuis la publication des grandes lignes du projet de fusion le 31 octobre seraient notamment toujours en discussion, précise l'agence. Les deux entreprises ont indiqué à plusieurs reprises qu'elles avaient l'intention de signer un deal d'ici la fin de l'année.

Groupe Partouche (+1,1%) affiche au 4ème trimestre de son exercice 2018-2019 un Produit Brut des Jeux (PBJ) de 178,7 ME (+7,4%). En France, le PBJ profite d'une forte hausse de la fréquentation de +5,4% et progresse de +10,1 MEUR à 150,2 ME (+7,2%). Le PBJ des machines à sous continue sur sa lancée et enregistre une hausse de +5,6% à 122,2 ME. Le PBJ des jeux traditionnels accélère sa croissance à +14,7% (28,1 ME), porté par les formes électroniques (+41,8%). Au global, le chiffre d'affaires du 4ème trimestre s'établit à 106,7 ME, en progression de +7,1 %. Partouche souligne que ces performances sont d'autant plus notables qu'elles tiennent compte de l'arrêt de l'exploitation fin juin 2019 du casino de Boulogne-sur-Mer.

Air France-KLM (+1,1%). L'actualité autour de la compagnie franco-néerlandaise est marquée par une note de la Deutsche Bank qui a revalorisé le dossier de 8,1 à 10,4 euros tout en restant à 'conserver'. Le broker évoque une "vue plus constructive" sur 2020 alors qu'il n'y a aucune raison d'envisager un scénario de récession l'an prochain malgré le stade avancé du cycle économique.

Total (+0,5%) investit dans deux projets en eaux profondes dans le Golfe du Mexique. Le groupe annonce la prise de décision finale d'investissement (FID) pour le développement du champ d'Anchor, ainsi que le lancement des études d'ingénierie (FEED - Front End Engineering and Design) sur la découverte de North Platte. Total détient une participation de 37,14% dans le projet d'Anchor, aux côtés de l'opérateur Chevron (62,86%). Le champ d'Anchor sera développé avec 7 puits sous-marins raccordés à une unité de production flottante semi-submersible d'une capacité journalière de 75.000 barils de pétrole brut et de 28 millions de pieds cubes de gaz. Le démarrage de la production est prévu pour 2024.

Solutions 30 (+3,3%) a été retenu par plusieurs opérateurs très haut débit pour déployer de nouvelles connexions FTTH en France. Ces contrats, signés avec plusieurs opérateurs dont certains clients historiques, représentent un chiffre d'affaires total de près de 40 ME sur 3 ans. Sur un marché en pleine croissance, le groupe prend en outre une participation de 51% au capital de Byon SAS, un acteur dynamique spécialisé dans le déploiement et la maintenance de réseaux FTTH.

L'Oréal (+0,8%) a signé avec Prada un contrat de licence à long terme pour la création, le développement et la distribution de produits de beauté de luxe pour la marque italienne. Cet accord permettra aux deux sociétés d'apporter l'expertise de leur secteur respectif. Ce contrat entrera en vigueur le 1er janvier 2021 après obtention des autorisations réglementaires éventuelles. Aucun détail financier n'a filtré.

STMicroelectronics (+2%). Le titre du spécialiste des semi-conducteurs figure dans les petits papiers de Morgan Stanley ('surpondérer') qui a rehaussé son objectif de 22 à 28 euros. Le Credit Suisse a de son côté réitéré son avis 'surperformer' et sa cible de 27,5 euros. Le dossier reste plébiscité par les analystes puisque, selon le consensus Bloomberg, 18 sont à l''achat', 5 à 'conserver' et un seul à la 'vente'. L'objectif moyen à douze mois est fixé à 22,99 euros.

Valeurs en baisse

Getlink (-1,8%). Pénalisé par un effet de stockage observé au mois d'octobre en prévision du Brexit ainsi qu'un effet calendaire défavorable, Le Shuttle Freight a transporté 130.952 camions le mois dernier, en baisse de 13% sur un an. Depuis le début 2019, avec près de 1,5 million poids-lourds transportés à bord des Navettes Le Shuttle Freight, le trafic Camions connaît une baisse de 6% à période comparable. Les Navettes Passagers ont transporté 142.106 véhicules de tourisme, en baisse de 13% par rapport à novembre 2018, pénalisées par le climat d'incertitude en Grande-Bretagne lié aux élections. Depuis le 1er janvier, 2.418.827 véhicules de tourisme ont traversé la Manche avec Le Shuttle, soit un repli de 2% sur un an.

Carrefour (-1,2%) aligne une quatrième séance de repli. Ce n'est un secret pour personne, les hypermarchés des grandes enseignes de distribution ont connu des jours meilleurs. Le désamour des Français pour les très grandes surfaces semble en effet se confirmer mois après mois. Ces derniers privilégient de plus en plus les magasins de proximité et les achats en ligne pour faire leurs courses. Cette évolution pèse ainsi logiquement sur l'activité des grands groupes français tels qu'Auchan et Carrefour, les deux grands spécialistes des hypers. Selon les données obtenues par le magazine 'Linéaires', les hypermarchés de Carrefour, Auchan et Casino ont ainsi perdu 2,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires entre 2012 et 2018, dont 1 MdE pour les deux premiers...

Atos (-0,7%) a été choisi par Bayer, multinationale allemande des Sciences de la vie, comme partenaire stratégique pour l'accompagner dans l'accélération de sa transformation numérique. A ce titre, Atos remporte ainsi un nouveau contrat et assurera la fourniture de services de sécurité à l'échelle mondiale du groupe. Ce contrat s'ajoute à celui récemment signé et pour lequel Atos s'est vu confier la mise en oeuvre et la fourniture de services d'environnement de travail connecté. Ce projet s'étalera sur une durée de six ans avec une possibilité d'extension d'un an.

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