Clôture Paris : le CAC rebondit de 2,4%

Clôture Paris : le CAC rebondit de 2,4%
Deux traders souriants sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le lundi 28 septembre 2020 à 18h00

Après une chute de 5% la semaine dernière, le CAC40 débute la semaine nettement plus positivement ce lundi, bouclant la séance sur un gain de 2,4% à 4.843 pts. Le secteur bancaire a tiré la tendance, influencé notamment par la forte hausse de HSBC Holdings à Londres après que son actionnaire Ping An Insurance eut légèrement augmenté sa participation dans le géant financier britannique à 8%.

La cote américaine poursuit également son rebond après le rallye de vendredi soir (+1,34% sur le DJIA et +2,26% sur le Nasdaq). Le Dow est orienté en hausse de 1,7%, alors que le S&P500 avance de 1,5% et que le Nasdaq prend 1,5% lui aussi. Le baril de brut WTI grappille 0,2% à 40,3$ sur le Nymex. L'once d'or prend 0,6% à 1.877$. L'indice dollar régresse de 0,3% face à un panier de devises de référence.

Christine Lagarde s'exprimait ce jour devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. La présidente de la Banque centrale européenne a expliqué une nouvelle fois que l'impact de la pandémie de coronavirus se faisait encore sentir dans toute la zone euro.

"Les entreprises sont confrontées à des difficultés, les gens perdent leur emploi et les perspectives restent incertaines. Si l'activité économique de la zone euro a rebondi au troisième trimestre, la reprise reste incomplète, incertaine et inégale. Les dépenses de consommation ont repris de manière significative, mais les consommateurs restent prudents en raison de l'inquiétude que suscitent leurs perspectives d'emploi et de revenus. De même, les investissements des entreprises ont repris, mais la faiblesse de la demande et l'incertitude élevée continuent de peser sur les plans d'investissement des sociétés. Dans ce contexte, les programmes de maintien de l'emploi et les garanties nationales sur les prêts bancaires restent des facteurs essentiels pour réduire l'incertitude et atténuer l'impact de la pandémie".

"Les dernières projections des services de la BCE prévoient une croissance annuelle du PIB réel de -8,0% en 2020, de 5% en 2021 et de 3,2% en 2022. Le PIB réel de la zone euro ne devrait retrouver les niveaux d'avant la crise que vers la fin de 2022, mais la vigueur de la reprise reste très dépendante de l'évolution de la pandémie de COVID-19 et du succès des politiques d'endiguement. La crise sanitaire continuera de peser sur l'activité économique et fait peser des risques sur les perspectives économiques.

La forte baisse de l'activité économique au début de l'année a affaibli les pressions sur les prix. L'inflation globale annuelle dans la zone euro s'est élevée à -0,2% en août et devrait rester négative au cours des prochains mois, en raison des effets des baisses antérieures des prix de l'énergie, d'un euro plus fort et d'une réduction temporaire du taux de TVA en Allemagne. La BCE prévoit que l'inflation annuelle augmentera progressivement, passant d'une moyenne de 0,3% en 2020, à une moyenne de 1,0% en 2021 et de 1,3% en 2022".

Wall Street semble pour sa part vouloir prolonger son sursaut, ignorant également les incertitudes politiques à la veille du débat Trump / Biden... Les investisseurs saluent notamment les nouvelles positives venues de Chine, avec un quatrième mois consécutif de progression des bénéfices des sociétés industrielles chinoises.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, l'indice manufacturier régional de la Fed de Dallas pour le mois de septembre traduit une poursuite de l'expansion (13,6 contre 8,5 de consensus). La journée de demain sera un peu plus animée du point de vue économique, avec l'indice Case-Shiller des prix de l'immobilier ou l'indice de confiance du Conference Board.

Trump a choisi la juge Amy Coney Barrett comme candidate à la Cour suprême en remplacement de Ruth Barber Ginsburg, récemment décédée. Amy Coney Barrett, 48 ans, dirige depuis trois ans la cour d'appel du 7e circuit à Chicago. "Aujourd'hui c'est mon honneur de nommer à la Cour suprême l'une des juristes les plus brillantes et douées de notre nation", a lancé le président américain. En cas de confirmation par le Sénat de cette nomination à vie, Barrett deviendrait la cinquième femme de la juridiction. Trump estime que les auditions de confirmation devraient débuter dès le 12 octobre.

Joe Biden, candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine, a quant à lui estimé que le choix du remplaçant de Ginsburg devait être celui du vainqueur du scrutin du 3 novembre... En cas de confirmation de Barrett, la majorité conservatrice à la Cour suprême serait de six juges contre trois.

Dans un autre registre, Trump est attaqué au sujet de la faiblesse des impôts qu'il aurait payés ces dernières années, suite aux révélations du New York Times. Trump aurait donc versé des montants très faibles en impôts sur le revenu durant les années récentes, les pertes de ses entreprises ayant compensé des centaines de millions de revenus. Le New York Times cite les déclarations de revenus du leader américain.

Trump n'aurait payé que 750 dollars d'impôts fédéraux en 2016 et 2017, et il n'aurait versé aucun impôt sur le revenu pour 10 des 15 dernières années, malgré les 427 millions de dollars perçus en 2018 pour son émission de téléréalité et d'autres contrats. Trump aurait donc allégé l'addition en compensant ces revenus par de lourdes pertes de ses sociétés (47,4 millions de dollars de pertes déclarées en 2018).

Lors d'une conférence de presse à la Maison blanche, Trump a gardé son aplomb et qualifié l'article du New York Times de 'fake news'. Alan Garten, avocat de la Trump Organization, affirme que Trump a payé des millions de dollars d'impôts sur le revenu durant la décennie passée...

Le débat télévisé Trump / Biden sera particulièrement suivi demain mardi. Taclant son rival sur Twitter, le président américain en poste a réclamé... un test antidopage pour Biden - que Trump surnomme 'Sleepy Joe' pour son manque supposé de dynamisme. L'affrontement d'une heure trente entre les deux hommes devrait être animé. Deux autres débats sont attendus avant la présidentielle.

Le dernier bilan de l'épidémie du nouveau coronavirus fait ressortir 33,2 millions de cas confirmés au niveau mondial selon l'Université Johns Hopkins, dont 7,1 millions de cas aux Etats-Unis, 6,1 millions en Inde et 4,7 millions au Brésil. La Russie a recensé 1,15 million de cas depuis l'émergence du virus, contre 813.056 en Colombie et 800.142 au Pérou... Le virus a fait 998.674 morts dans le monde depuis son apparition, dont 204.778 aux USA, 141.741 au Brésil et 95.542 en Inde...

Le nombre de cas confirmés en Inde a donc dépassé le seuil des 6 millions, avec 82.170 nouvelles infections en 24 heures selon le ministère de la Santé. 1.039 décès supplémentaires ont été recensés.

En Europe, la situation demeure préoccupante dans certains pays, comme en France où 11.123 nouveaux cas ont été confirmés pour 27 décès supplémentaires en 24 heures, selon les données de Santé Publique France. Le nombre total des contaminations a franchi vendredi la barre des 500.000 et ressort maintenant à 538.569. Le nombre de morts est de 31.727. Santé Publique France recense 4.204 hospitalisations sur les sept derniers jours, dont 786 en réanimation.

Le gouvernement britannique entend pour sa part mettre en place une interdiction totale des activités sociales dans une grande majorité du nord de la Grande-Bretagne et pourrait faire de même à Londres, selon The Times. Les nouvelles mesures attendues pourraient comprendre la fermeture de l'ensemble des pubs, restaurants et bars pour une période initiale de deux semaines.

La Chine a recensé 21 nouveaux cas en 24 heures, mais ce sont bien évidemment des personnes venues de l'étranger, il ne saurait en être autrement. La Commission nationale de la santé fait état d'un bilan de 85.372 cas confirmés au total en Chine continentale depuis l'émergence du virus pour 4.634 décès. Aucun nouveau décès n'a bien entendu été signalé ce lundi.

VALEURS EN HAUSSE

* Crédit Agricole (+5,8%), BNP Paribas (+5,2%) et Société Générale (+5%) se distinguent, sur un compartiment bancaire en grande forme. Natixis prend même 7,2%.

* PSA Groupe (+4,3%) a proposé de céder au groupe japonais Toyota sa branche véhicules utilitaires, afin de répondre aux inquiétudes de la Commission européenne concernant son projet de fusion avec Fiat Chrysler Automobiles (FCA), selon des sources au fait du dossier, citées vendredi soir par l'agence d'information 'Reuters'.

* Compagnie des Alpes (+1,7%) a annoncé l'obtention d'un accord, avec l'ensemble de ses partenaires bancaires et obligataires concernés, portant sur la suspension de son covenant de levier d'endettement (ratio dette nette / EBO hors IFRS 16 inférieur à 3,5) pour les deux prochaines dates auxquelles celui-ci devait être testé, à savoir le 30 septembre 2020 et le 31 mars 2021.

* Rémy Cointreau (+3,5%) et Pernod Ricard (+2,7%) profitent de la tendance dans le sillage de Diageo qui gagne 6% à Londres. Le numéro un mondial des spiritueux a fait état d'un démarrage solide pour son exercice fiscal 2020-2021 entamé en juillet, grâce notamment à une reprise plus forte que prévu de son activité aux Etats-Unis. "Nos perspectives pour le premier semestre de l'exercice 2021 se sont améliorées depuis la fin du précédent exercice, reflétant le bon début de l'année, en particulier pour nos activités aux États-Unis", a déclaré le PDG du groupe, Ivan Menezes, en amont de l'assemblée générale annuelle de la société. Selon plusieurs analystes, les commentaires plus optimistes du management pourraient conduire à une certaine amélioration du consensus.

* Accor remonte de 5%. A la suite d'une acquisition d'actions sur le marché, Huazhu, l'un des leaders de l'hôtellerie en Chine, a déclaré auprès de l'AMF avoir franchi le seuil de 5% du capital d'Accor, et détenir désormais 5,02% du capital et 3,86% des droits de vote.

* Genfit (+30,8%) et LabCorp ont annoncé la signature d'un accord de licence exclusif d'une durée de cinq ans pour la technologie NIS4 de Genfit visant à faciliter l'identification des patients atteints de NASH à risque. Selon les termes de l'accord, LabCorp commercialisera un test diagnostic moléculaire sanguin basé sur la technologie NIS4 aux États-Unis et au Canada, généralisant ainsi son accès aux professionnels de santé. Les termes financiers de l'accord n'ont pas été divulgués.

VALEURS EN BAISSE

* Technicolor (-4,3%) reste confiant dans l'atteinte des perspectives présentées dans son communiqué de presse du 30 juillet 2020, avec notamment la réalisation d'économies de coûts supérieures à 160 ME sur l'année. En particulier, l'EBITDA devrait atteindre 169 ME en 2020 et 425 ME en 2022. Le flux de trésorerie disponible des activités poursuivies avant résultats financiers et impôts est prévu entre -115 et -150 ME en 2020 et à 259 ME en 2022.

* Latécoère perd 6,8%. La cotation du titre a repris ce jour. Cette suspension avait été décidée en vue de l'annonce du projet de transformation de l'entreprise en France "visant à assurer la pérennité de son activité et la poursuite de son développement dans le contexte de crise sanitaire". Le projet conduirait à la suppression de 475 postes sur les 1.504 que comptait le groupe en France au 31 juillet. Il intervient afin d'adapter ses effectifs au volume d'activité et aux prévisions de lente reprise du trafic aérien.

* Soitec (-1,1%) a annoncé le lancement d'une émission d'obligations à option de conversion et/ou d'échange en actions ordinaires nouvelles ou existantes (OCEANEs) venant à échéance le 1 octobre 2025, par placement auprès d'investisseurs qualifiés et d'un montant nominal maximal d'environ 325 millions d'euros. Le produit net donnera une flexibilité additionnelle des points de vue opérationnel et stratégique et permettrait de financer de potentielles "opportunités de croissance". Les Obligations seront émises à leur valeur nominale à la Date d'Émission et ne porteront pas d'intérêt. La valeur nominale par Obligation fera apparaître une prime comprise entre 40% et 50% par rapport au cours de référence de l'action sur Euronext Paris.

* Veolia (-0,3%) a confirmé ce matin qu'il remettrait bien son offre améliorée à Engie pour le rachat de la majeure partie de sa participation dans Suez au plus tard le 30 septembre, soit mercredi. C'est bien le timing prévu depuis le début... "Veolia confirme ce jour qu'Engie ayant annulé son conseil d'administration prévu le 25 septembre dernier, elle lui remettra son offre améliorée au plus tard le 30 septembre 2020", a indiqué le groupe.

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