Clôture Paris : le CAC retombe, déconfinement délicat

Clôture Paris : le CAC retombe, déconfinement délicat
Traders sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le lundi 11 mai 2020 à 18h00

Le CAC 40, qui était parvenu ce matin à progresser encore un peu en début de séance jusqu'à flirter avec les 4.570 points, n'a pas concrétisé et termine la journée piteusement, en déclin de 1,31% en clôture à 4.490 pts, manquant de conviction sur des craintes de deuxième vague épidémique. Les prises de bénéfices l'ont donc largement emporté.

La reprise des contaminations dans certains pays, notamment en Chine et en Corée du Sud, mais également en Allemagne, incite il est vrai à la prudence. Le compartiment aérien a par ailleurs souffert ce jour, le Premier ministre britannique Boris Johnson entendant mettre les voyageurs en isolement. La semaine dernière, les marchés avaient terminé sur une note plutôt positive, saluant l'apaisement relatif des tensions entre Pékin et Washington, qui avait pointé du doigt la douteuse gestion de la crise sanitaire par la Chine.

On le sait depuis le début de la crise, les banques centrales sont au rendez-vous et le compte-rendu de la réunion de politique monétaire de la Banque centrale du Japon du mois dernier publié ce lundi, révèle que plusieurs membres du conseil des gouverneurs ont appelé à prendre des mesures encore plus fortes que celles annoncées ! Et ce afin d'éviter que la crise du coronavirus ne provoque une répétition de la Grande Dépression des années 1930. Ils ont évoqué des mesures comme un renforcement de la coordination avec le gouvernement nippon et une revue des outils existants de politique monétaire de la banque centrale.

Sur le plan sanitaire, les mesures de confinement mises en oeuvre pour limiter la propagation du coronavirus sont progressivement levées dans plusieurs pays européens cette semaine. C'est le cas bien sûr en France où le déconfinement débute ce lundi, près de deux mois après la mise en place en urgence de mesures restrictives. Dans d'autres pays déjà déconfinés comme l'Allemagne, les craintes d'une deuxième vague apparaissent cependant...

Wall Street consolide désormais ce lundi à mi-parcours. Le S&P500 est orienté en retrait de 0,3%, contre une sanction de 0,6% sur l'indice historique Dow Jones. Le Nasdaq résiste, s'accordant même 0,4%. Le baril de brut WTI perd désormais 1,1% à 24,5$ sur le Nymex, alors que le Brent de la mer du Nord cède 3%. L'once d'or se tasse de 1% à 1.696$.

Les stratégies de déconfinement des grands pays développés laissent espérer une reprise économique assez importante à moyen terme, mais les marchés n'excluent pas le scénario tant redouté d'une seconde vague. Europe et Etats-Unis assouplissent ainsi les contraintes. Boris Johnson, Premier ministre britannique, a présenté hier des mesures d'assouplissement progressif du confinement.

Les Centres américains pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC) ont fait état hier dimanche de 26.660 nouveaux cas de Covid-19 aux USA pour 1.737 décès, ce qui porte le total à 1.300.696 cas et 78.771 morts. La Corée du Sud a prévenu dimanche d'une potentielle deuxième vague, les nouveaux cas ayant rebondi à un plus haut d'un mois. La Chine a pour sa part annoncé ce lundi 17 nouveaux cas dont cinq à Wuhan. En Allemagne, plus de 350 nouveaux cas ont été signalés ce lundi.

A ce stade, le bilan mondial fourni par l'Université Johns Hopkins, qui fait référence en la matière, fait ressortir plus de 4,1 millions de cas depuis le début de l'épidémie, dont 1,3 million aux USA, 224 milliers en Espagne, 224 également au Royaume-Uni ou 219 milliers en Italie. La Russie compterait 221 milliers de cas depuis le début de l'épidémie. Les autorités russes attribuent la hausse du nombre de cas (11.656 nouveaux annoncés ce jour) au programme massif de dépistage.

La bourse de New York avait bondi vendredi, malgré l'annonce d'un taux de chômage de près de 15% en avril aux Etats-Unis, et des mises en garde de plusieurs membres de la Fed sur une reprise économique qui s'annonce lente.

VALEURS EN HAUSSE

* Sur le CAC, Renault monte de 0,8% mais efface la majeure partie de ses gains de séance, terminant à 17,7 euros environ après un pic à 18,71 euros. Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a indiqué que le soutien de l'Etat à l'industrie automobile sera conditionné à des relocalisations.

* Essilorluxottica avance de 2,7%. Alors que la société n'a pas fourni de nouvelles prévisions pour l'exercice, Bryan Garnier anticipe désormais un recul des revenus de 11% sur l'année avec une croissance de 2% au second semestre. Si le courtier revoit à la baisse ses estimations de bpa 2020 et 2021 ainsi que sa 'fair value' de 142 à 130 euros, il reste 'acheteur' de la valeur. Il estime en effet que la société reste la mieux armée pour résister aux énormes turbulences causées par l'épidémie de Covid-19 et pour surperformer le marché mondial de la lunetterie grâce à son solide pipeline d'innovation, son portefeuille de marques et sa stratégie omnicanal.

* AB Science (+3%) tiendra une conférence web ce lundi après la clôture, suite à la récente autorisation de l'Agence française du médicament (ANSM), d'initier une étude de phase 2 évaluant le masitinib en combinaison avec l'isoquercetine dans le traitement du COVID-19.

VALEURS EN BAISSE

* Airbus perd 2,8%. Qantas Airways a informé Airbus et Boeing qu'elle ne prévoyait pas de prendre livraison de nouveaux avions à court terme alors que, comme tous ses pairs, elle est confrontée à une chute de la demande due à la pandémie de coronavirus. La compagnie australienne devait recevoir trois Boeing 787-9 d'ici la fin l'année et devait commencer à prendre livraison en août de 18 Airbus A321neos. Il n'y a plus de calendrier précis pour leur arrivée car le marché est trop incertain, a déclaré à Reuters un porte-parole de Qantas. La semaine dernière, Qantas avait déjà indiqué qu'elle avait mis en suspens son projet de commander cette année jusqu'à 12 A350 capables d'effectuer les plus longs vols commerciaux au monde entre Sydney et Londres. Le transporteur est en train de revoir l'évolution de sa flotte alors que la plupart des vols internationaux devraient mettre des années avant de retrouver leur fréquence d'avant crise.

* Safran est également affecté et perd 3,2%.

* Air France-KLM retombe de 3,3%. L'actualité autour de la compagnie franco-néerlandaise est marquée par plusieurs notes d'analystes après la publication des comptes trimestriels du transporteur ainsi que la confirmation d'un plan de soutien de 7 milliards d'euros de l'Etat français. Si Davy a dégradé la valeur à 'sous-performer', Bernstein a réitéré son conseil 'surperformer' et son objectif de 6,7 euros. Barclays a, pour sa part, ramené sa cible de 4,2 à 3,6 euros avec une recommandation maintenue à 'pondération en ligne' alors que HSBC a abaissé son objectif de 4,25 à 4 euros ('conserver'). Enfin, MainFirst reste à 'vendre' mais porte sa cible de 1 à 4,21 euros.

* ArcelorMittal perd plus de 16% ! L'agence Moody's a dégradé la note crédit senior non garantie du numéro un mondial de l'acier de 'Baa3' à 'Ba1'. "Les faiblesses du profil de crédit d'ArcelorMittal, notamment son exposition aux marchés finaux cycliques des industries telles que l'automobile, les machines et la construction ont laissé le groupe vulnérable aux changements de sentiment du marché dans ces conditions d'exploitation sans précédent", explique l'agence. L'entreprise "reste vulnérable à la propagation de l'épidémie".

* LafargeHolcim (-1,1%) ne cèdera pas ses activités aux Philippines. Du moins pas immédiatement. Le premier cimentier mondial avait annoncé en mai 2019 la cession de l'intégralité de sa participation de 85,7% dans sa filiale locale au groupe San Miguel Corporation dans le cadre de ses efforts de désendettement. Faute d'avoir reçu le feu vert de l'autorité philippine de la concurrence, le groupe franco-suisse ne pourra pas réaliser cette opération de 2,15 milliards de dollars.

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