Clôture Paris : le CAC retombe sur les 4.800 pts, malgré le sursaut de Wall Street

Clôture Paris : le CAC retombe sur les 4.800 pts, malgré le sursaut de Wall Street
Traders sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le mercredi 30 septembre 2020 à 18h00

Le CAC40 termine finalement en retrait de 0,59% à 4.803 pts au terme d'une séance volatile et nerveuse, alors que Wall Street tente pourtant un sursaut suite à des statistiques rassurantes dans l'ensemble. Le thème des OPA reste d'actualité, avec un relèvement de l'offre de Veolia sur la part d'Engie dans Suez. Veolia se dit prêt à s'engager à déposer une OPA à la condition qu'elle soit amicale.

Aux Etats-Unis, le premier affrontement télévisé entre le président américain Donald Trump et son rival démocrate pour l'heure favori dans les sondages, Joe Biden, n'a pas apporté grand-chose de concluant ou constructif, comme on pouvait s'y attendre. Trump et Biden se sont donc livrés à une joute musclée, abordant les sujets phares du moment tels que la crise sanitaire et l'intégrité de l'élection du 3 novembre. "Voulez-vous la fermer ?", a même asséné durant le débat un Biden plutôt remonté, jugeant le comportement de Trump indigne de sa fonction, alors qu'était évoquée la question du remplacement de Ruth Barber Ginsburg à la Cour suprême.

A l'approche de l'élection présidentielle et des législatives du 3 novembre, le temps presse par ailleurs aux Etats-Unis pour trouver un accord bipartisan sur un nouveau plan de relance face à la récession provoquée par la pandémie. Si aucun projet n'est adopté avant l'élection, les économistes craignent que la reprise économique en cours ne s'essouffle, surtout en cas de résultats électoraux serrés, voire de contestation des résultats par Donald Trump.

Après une clôture sans relief hier soir, la cote américaine, qui corrigeait assez fortement avant bourse dans la matinée sur fond d'incertitude politique, rebondit désormais suite à des statistiques conformes ou meilleures que prévu. Le DJIA prend maintenant 1,6% et le S&P500 1,3% à mi-parcours ce mercredi. Le Nasdaq grimpe de 1,4%.

Le baril de brut WTI remonte de 1,3% sur le Nymex à 39,8$, alors que le Brent de la mer du Nord gagne 0,8% à 41,9$. L'once d'or perd 0,1% à 1.901$. L'indice dollar cède 0,1% face à un panier de devises de référence. L'euro se traite à 1,173$, presque stable.

La lecture finale du PIB américain (dernière des trois estimations) pour le second trimestre 2020 fait ressortir un effondrement sur un rythme annualisé de 31,4% de l'économie aux États-Unis, contre un consensus de -31,7% et une chute de 31,7% également pour la précédente estimation. Les dépenses personnelles de consommation ont trébuché de 33,2%, contre -34,1% de consensus et -34,1% pour la précédente lecture. L'indice final des prix a régressé au rythme de -1,8%, contre -2% de consensus et -2% également pour l'évaluation antérieure.

Selon ADP ce mercredi, les créations de postes dans le privé aux Etats-Unis pour le mois de septembre 2020 sont ressorties à 749.000, nettement supérieures aux attentes, alors que le consensus était de 650.000. La lecture révisée du mois d'août est par ailleurs ajustée en hausse à 481.000, contre 428.000 auparavant évalué.

Notons également que l'indicateur manufacturier PMI de Chicago pour le mois de septembre a été prématurément divulgué, et ressort à 62,4 contre un consensus de 52,1. L'indice dépasse donc nettement les attentes, et traduit une forte accélération de l'expansion de l'activité manufacturière dans la région.

L'indice des promesses de ventes de logements aux Etats-Unis de la National Association of Realtors pour le mois d'août 2020 est ressorti en forte augmentation de 8,8% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de +3,1% et après un gain de 5,9% sur le mois de juillet. Il ressort ainsi à 132,8.

Les cours du pétrole montent après l'annonce d'une baisse surprise des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine passée. D'après le Département à l'Energie, les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close le 25 septembre ont reculé de 2 millions de barils à 492,4 mb, contre un consensus de +1 million de barils. Les réserves d'essence ont progressé de 0,7 million de barils, alors que les stocks de produits distillés ont reculé de 3,2 mb par rapport à la précédente semaine.

Le duel Trump / Biden n'a pas fait bouger les lignes. Biden a qualifié notamment Trump de "clown", "raciste" et "chiot" de Vladimir Poutine. "Vous êtes le pire président que l'Amérique ait jamais eu", a lancé Biden. Trump a résumé pour sa part son ressenti en affirmant qu'il n'y avait aucune intelligence chez son rival. Les deux hommes se sont régulièrement interrompus... Biden a bien évidemment vivement critiqué la gestion de la crise sanitaire par l'administration Trump, alors que le nouveau coronavirus a fait près de 206.000 morts aux Etats-Unis. Selon le candidat démocrate, Trump a tout simplement "paniqué" et échoué, incapable de protéger les Américains et obnubilé par l'économie ou les marchés boursiers. "Il a paniqué ou regardé le marché boursier", a estimé Biden, alors que Trump a choisi la réouverture de l'activité et régulièrement relativisé la gravité du virus. "Beaucoup de personnes sont mortes et beaucoup d'autres mourront s'il ne se montre pas beaucoup plus intelligent", a jugé l'ancien vice-président démocrate.

Trump a raillé l'usage du terme "intelligent". "N'utilisez jamais ce mot avec moi", a lancé le président américain. Le locataire actuel de la Maison blanche a estimé au contraire que son administration avait fait un "travail génial" dont le démocrate aurait été incapable. "Vous n'avez pas ça dans le sang", a asséné Trump.

Plus d'un million d'Américains ont déjà voté par anticipation. Trump a estimé encore que le vote par courrier allait entraîner une fraude. Il prévoit que la Cour suprême soit forcée de décider de l'issue du scrutin. "Si j'ai les voix, tout sera fini. Il s'en ira", a pour sa part affirmé Biden. Le démocrate a par ailleurs dévoilé son avis d'imposition de l'an dernier, son équipe demandant à Trump d'en faire autant - alors que le président actuel est attaqué ces derniers jours à propos de la faiblesse de son imposition. "J'ai payé des millions de dollars d'impôts", a pourtant affirmé Trump, questionné à propos d'un article du New York Times.

Pour l'heure, les sondages créditent Joe Biden d'une notable avance sur Trump, mais les deux candidats restent au coude-à-coude dans les 'swing states' si cruciaux.

Après l'adoption d'un premier plan d'urgence de 2.200 milliards de dollars en mars, en pleine période confinement face au coronavirus, les négociations sur un second plan de soutien ont été entamées dès le mois de mai, mais depuis le 7 août, elles étaient au point mort, faute d'accord entre Démocrates et Républicains sur le montant et la forme des aides à apporter.

Un lueur d'espoir s'est toutefois allumée ces derniers jours, avec la reprise des discussions entre l'administration Trump et la Démocrate Nancy Pelosi, présidente de la chambre des représentants. Cette dernière a annoncé lundi soir que les parlementaires démocrates avaient modifié leur projet de plan de relance, et proposaient désormais un nouveau "package" de 2.200 milliards de dollars pour atténuer les effets de la pandémie.

Des discussions entre Nancy Pelosi et le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin se sont déroulées lundi, et se sont poursuivies mardi par une conversation téléphonique d'environ 50 minutes. Mme Pelosi s'est montrée optimiste en déclarant ensuite à la chaîne MSNBC que "notre conversation a été positive. Nous nous parlerons encore demain pour voir comment trouver un terrain d'entente".

Initialement, les Démocrates avaient proposé un plan de 3.400 Mds$, tandis que du côté de la Maison blanche, le secrétaire général Mark Meadows avait évoqué fin août un montant limité à 1.300 Mds$, ciblé sur les secteurs les plus affectés par la crise sanitaire.

Le temps presse pour adopter le plan avant les élections du 3 novembre, alors que le Congrès a prévu de lever sa session actuelle à la fin de cette semaine. Les règlements intérieurs des deux chambres permettent cependant de jouer les prolongations si la volonté politique est au rendez-vous...

Le dernier bilan de l'épidémie de coronavirus fait ressortir 33,7 millions de cas confirmés dans le monde, dont près de 7,2 millions uniquement aux Etats-Unis, 6,2 millions en Inde et 4,8 millions au Brésil. Le virus a fait 1,008 million de morts à l'échelle mondiale depuis son apparition, dont plus de 206.000 aux USA, 142.921 au Brésil et 97.497 en Inde. En Inde, 80.472 nouvelles infections ont encore été rapportées en 24 heures, contre environ 39.000 aux USA et 32.000 au Brésil. La Russie a fait état ce mercredi de 8.481 nouveaux cas et de 177 décès supplémentaires liés à l'épidémie au cours des dernières 24 heures. Le bilan russe s'élève désormais à 1.176.286 cas confirmés et 20.722 morts.

En Europe, alors qu'un léger ralentissement à confirmer semble perceptible en France (8.051 cas supplémentaires et 81 nouveaux décès en 24 heures), c'est au tour du Royaume-Uni d'enregistrer un record de cas. Selon les données gouvernementales, le Royaume-Uni a recensé mardi 7.143 nouveaux cas, bilan quotidien le plus élevé depuis le début de l'épidémie, pour 71 décès - bilan le plus lourd depuis le 1er juillet.

Petite consolation, Regeneron indique qu'un traitement contre le coronavirus combinant deux anticorps aurait montré des résultats encourageants durant un essai clinique. Moderna précise de son côté que les résultats d'une étude de sécurité de stade préliminaire sur son candidat vaccin contre le coronavirus ont montré qu'il produisait chez les personnes âgées des anticorps neutralisant le virus à des niveaux similaires à ceux observés chez les jeunes adultes...

VALEURS EN HAUSSE

Veolia gagne 0,5% et Suez 5,9% à 15,805 euros. Veolia a relevé son offre de reprise de la participation de 29,9% d'Engie dans Suez de 15,5 à 18 euros par action ! Mais contrairement à ce qu'espérait Bercy, l'offre reste valable jusqu'à ce soir minuit seulement. "Ayant pris en compte les préoccupations de l'Etat et d'Engie, Veolia a décidé d'améliorer sa proposition dans l'ensemble de ses composantes afin de présenter la meilleure offre possible en vue de la délibération du conseil d'Engie de ce jour". Après l'acquisition éventuelle du bloc de 29,9% de Suez auprès d'Engie, Veolia est prêt à s'engager à ne déposer une offre publique portant sur 70,1% du capital de Suez qu'à la condition qu'elle soit amicale, bénéficiant d'un accueil favorable du conseil d'administration de Suez. Pour y parvenir, Veolia propose à Suez de se donner une période de six mois expirant le 31 mars 2021, pendant laquelle les parties feront leurs meilleurs efforts pour rechercher les bases communes d'un accord relatif à la mise en oeuvre du projet porté par Veolia.

Suez n'aura pas mis longtemps à réagir. Quelques heures après que Veolia eut annoncé avoir rehaussé son offre à 18 euros par action pour la part de 29,9% d'Engie (+1,2%) dans Suez, le Conseil d'administration de ce dernier affirme que "les propositions faites ce jour par Veolia restent floues et qu'elles ne garantissent pas l'intérêt des actionnaires et parties-prenantes que le Conseil est chargé de défendre". Il "en appelle au Conseil d'Engie et à ses actionnaires pour ne pas décider de l'avenir de Suez dans les conditions et le calendrier dictés par Veolia".

Total (+3,1%). Les investisseurs saluent la feuille de route de la major pétrolière qui vise à rediriger la société vers les activités bas carbone tout en augmentant les résultats financiers et en choyant ses actionnaires. Sur la prochaine décennie, Total compte ainsi accroître d'un tiers sa production d'énergie, en passant d'environ de 3 à 4 Mbep/j. Cette croissance proviendra pour moitié du GNL et pour moitié de l'électricité, principalement à partir de renouvelables. Les investissements rentables dans les renouvelables et l'électricité augmenteront progressivement en passant de 2 à 3 G$ par an, et représenteront alors plus de 20% des investissements nets du Groupe.

S'appuyant sur l'élan pris en 2020, Total a pour ambition de devenir un leader mondial dans le domaine des énergies renouvelables, et porte son objectif à 35 GW de capacité brute en 2025 (70% déjà en portefeuille) avec l'ambition d'une croissance de 10 GW par an au-delà, comme il l'a réalisé en 2020. Total investira également plus d'un milliard de dollars dans les dix prochaines années dans la révolution de la mobilité électrique, tant dans la fabrication de batteries que dans les bornes de recharge pour véhicules électriques, avec un objectif de 150.000 points de recharge d'ici 2025. Ces investissements, qui doivent permettre à la firme d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, s'accompagneront d'une amélioration de la rentabilité avec une croissance du cash-flow de 5 milliards de dollars d'ici 2025 et une rentabilité des capitaux propres supérieure à 10% dans un environnement à 50 $/b.

Enfin, dernier point et non des moindres, le Conseil d'administration confirme que le dividende est soutenable à 40$/b. Au-delà des investissements et du service du dividende, priorité sera donnée, en termes d'allocation du cash-flow, à l'abaissement du taux d'endettement sous les 20%.

Voluntis flambe de plus de 50% ! Le groupe a dévoilé des résultats intermédiaires en légère amélioration et a surtout réitéré ses objectifs financiers à court et moyen terme. Malgré le contexte sanitaire, le management a confirmé viser une croissance significative de ses facturations commerciales en 2020 ainsi que l'atteinte de l'équilibre financier, soit un Ebitda ajusté positif, courant 2021.

TechnipFMC (+4,1%) a remporté un contrat 'significatif' (entre 75 et 250 millions de dollars dans la terminologie du groupe) auprès de Shell Moerdijk portant sur l'ingénierie, la fourniture des équipements et la fabrication (EPF) d'équipements propriétaires et de services associés pour huit fours de production éthylène au complexe pétrochimique de Moerdijk aux Pays-Bas. Ces nouveaux fours vont utiliser la technologie de TechnipFMC de disposition innovante des tubes de vapocraquage en plusieurs rangées et remplaceront, sans perte de capacité, les 16 anciens fours, tout en augmentant l'efficacité énergétique et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Cette modernisation devrait permettre de réduire d'environ 10% les émissions annuelles de CO2 de Shell Moerdijk.

Pernod Ricard (+0,2%) a annoncé une prise de participation majoritaire au sein de Vermutería de Galicia, ce qui permet d'ajouter le vermouth espagnol St. Petroni à son portefeuille de marques. Créée en 2014, cet apéritif est produit à Padrón, en Galice, dans le nord de l'Espagne.

Technicolor gagne 5,3%. Le groupe se réjouit de l'amélioration de sa note corporate de Moody's à 'Caa2' avec perspectives stables et de la notation 'Caa1' de sa nouvelle dette. Cette amélioration fait suite à celle de S&P avec une notation 'CCC+' (note corporate) et 'B' (nouvelle dette) et reflète la réussite de la restructuration financière, grâce à laquelle il a obtenu 420 millions d'euros (nets de frais) de nouveaux financements et s'est désendetté via la conversion en capital de 660 millions d'euros de dette.

Europcar Mobility Group bondit de 20,4% avec la signature d'une nouvelle alliance stratégique avec Routes Car Rental, un des principaux acteurs de la location de véhicules au Canada. Grâce à ce partenariat, "les clients de Routes Car Rental et d'Europcar bénéficieront d'une offre de services de qualité partout dans le monde", explique Europcar. Routes Car Rental, basé à Toronto au Canada, dispose d'une flotte de plus de 6 000 véhicules de toutes catégories et transporte 250 000 passagers chaque année.

EssilorLuxottica prend 0,6% à 116,15 euros. HSBC est passé à l'achat avec un objectif relevé de 127 à 140 euros.

VALEURS EN BAISSE

Alstom cède 3,6% à 42,52 euros, alors que Bouygues (+1,2%) a annoncé la cession de 11 millions d'actions, représentant au total 4,8% du capital social, du groupe français spécialisé dans les transports. L'opération a été réalisée à 42 euros par titre. A cette fin, Bouygues a conclu une vente à terme avec BNP Paribas, soumise à la réalisation effective d'un placement dont le dénouement interviendra le 3 novembre 2020. A l'issue du dénouement physique de la vente à terme, Bouygues conservera une participation d'environ 9,7% du capital social d'Alstom. Jusqu'au dénouement physique de la vente à terme, Bouygues conservera l'entière propriété de ses 32,9 millions d'actions et des 65,9 millions droits de vote associés afin de voter en faveur du projet d'acquisition de Bombardier Transport à l'assemblée générale extraordinaire des actionnaires prévue le 29 octobre 2020. Bouygues réitère en effet sa confiance envers l'équipe dirigeante d'Alstom et dans sa stratégie.

Airbus et Safran reculent de 0,8% et 1%, alors que SEB abandonne 4%.

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