Clôture Paris : le CAC retombe sur les 4.900 pts, après la Fed et la BCE

Clôture Paris : le CAC retombe sur les 4.900 pts, après la Fed et la BCE
Trader catastrophé sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le jeudi 20 août 2020 à 18h00

La correction est assez importante ce soir sur la place parisienne, le CAC 40 abandonnant 1,33% à 4.911 pts. La Fed n'a pas vraiment mobilisé les investisseurs hier soir, adoptant un discours très prudent. La BCE n'a pas plus convaincu ce jour. Il n'en fallait pas plus pour provoquer de lourdes prises de bénéfices, après les records du Nasdaq et du S&P500.

La cote américaine demeure hésitante ce jeudi, après le recul de la veille. Le DJIA cède 0,1%, alors que le S&P500 s'affiche presque stable et que le Nasdaq Composite prend 0,5%. Le baril de brut WTI fléchit de 1,1% à 42,6$, alors que le Brent abandonne 1,4% à 44,7$. L'once d'or régresse de 0,8% à 1.955$. L'indice dollar est stable face à un panier de devises de référence. L'euro se traite à 1,185$ environ (+0,1%).

Selon le Département américain au Travail ce jeudi, les inscriptions au chômage pour la semaine close au 15 août sont ressorties au nombre de 1,106 million, contre 930.000 de consensus de place et 971.000 pour la lecture révisée de la semaine antérieure.

L'indice manufacturier régional de la Fed de Philadelphie pour le mois d'août 2020, qui vient aussi d'être publié, s'est établi à 17,2, contre un consensus de 21.

L'indice des indicateurs avancés américains mesuré par le Conference Board pour le mois de juillet 2020 est ressorti en hausse de 1,4% en comparaison du mois antérieur, contre +1% de consensus, et après une lecture révisée à +3% pour le mois de juin.

En Europe, notons que l'indice allemand des prix à la production du mois de juillet a progressé de 0,2% en comparaison du mois antérieur, contre +0,1% de consensus...

Les opérateurs prennent aussi connaissance ce jour du compte rendu de la dernière réunion monétaire de la BCE, au lendemain de 'Minutes' de la Fed qui n'ont pas réellement convaincu. Les dirigeants de la Banque centrale européenne ont échangé lors de leur réunion de juillet au sujet de la flexibilité des achats d'obligations sur les marchés, dans le cadre des mesures exceptionnelles prises face à la crise sanitaire.

La BCE avait alors laissé sa politique inchangée le 16 juillet, confirmant néanmoins qu'elle restait prête à agir si nécessaire face à la récession provoquée par la pandémie. Le compte rendu suggère par ailleurs que certains responsables de l'institution ne seraient pas prêts à accepter un relèvement supplémentaire de l'enveloppe du programme d'achats d'urgence pandémique (PEPP), porté à 1.350 MdsE.

Les inquiétudes au sein de la Réserve fédérale américaine concernant la santé de l'économie ont ainsi refroidi les opérateurs, alors que persistent par ailleurs les tensions entre les Etats-Unis et la Chine et que la crise sanitaire préoccupe toujours.

Le compte rendu de la réunion de la Fed du mois de juillet montre par ailleurs que les responsables de l'institution monétaire se rapprochent d'un accord concernant l'évolution du cadre de leur politique, via une potentielle modification du communiqué sur les objectifs à plus long terme et la stratégie de politique monétaire. A l'issue de sa réunion de juillet, la Fed avait opté pour le statu quo, laissant inchangée sa politique monétaire et affirmant dans le même temps son engagement à soutenir l'économie face à la crise sanitaire.

Le comité monétaire de la Fed a débattu en juillet de différentes options qui pourraient être appropriées à un moment donné, parmi lesquelles l'engagement de maintenir les taux jusqu'à ce que des objectifs quantifiés soient atteints ou jusqu'à une certaine date. Les membres votants n'ont pas soutenu en revanche l'idée d'objectifs ou de plafonds sur les rendements des bons du Trésor. Plusieurs responsables ont jugé que la Fed pourrait avoir besoin d'assouplir encore sa politique. La Fed a déjà fixé son taux directeur à zéro et acheté des milliers de milliards de dollars d'obligations. Selon les Minutes de la réunion des 28 et 29 juillet, plusieurs membres s'inquièteraient toutefois de ce qu'ils perçoivent comme un ralentissement du marché du travail, ainsi que du manque de vigueur de la reprise.

Selon l'Université Johns Hopkins ce jeudi, 22,46 millions de cas confirmés du nouveau coronavirus ont été recensés dans le monde depuis le début de l'épidémie, dont 5,53 millions aux USA, 3,46 millions au Brésil et 2,84 millions en Inde. 788.803 morts sont déplorées dans le monde, dont 173.241 aux Etats-Unis et plus de 111.000 au Brésil. Le nombre quotidien de nouveaux cas aux Etats-Unis a diminué mais reste proche de 50.000 en moyenne, ce qui freine l'économie et pourrait retarder la rentrée scolaire dans certains Etats... Constatant la montée de l'incertitude qui entoure les perspectives sur la période séparant deux réunions monétaires, certaines membres de la Fed américaine ont suggéré qu'un assouplissement supplémentaire pourrait être nécessaire...

Le Brésil, second pays le plus frappé par le virus, a enregistré 49.298 nouveaux cas et 1.212 décès supplémentaires en 24 heures, selon le ministère local de la Santé. Le bilan en Colombie s'est également alourdi mercredi à plus de 500.000 cas de contamination et près de 16.000 décès, alors même que le confinement doit être levé en fin de mois.

L'Inde a fait état ce jour de 69.672 nouveaux cas, ce qui représente un record sur une journée et porte le bilan total à 2,84 millions de cas. Le nombre de décès ressort à 53.886, avec 997 morts de plus en une journée.

La Russie a déploré ce jeudi 110 nouveaux décès dus au virus en 24 heures, portzant le bilan à plus de 16.000 morts. Les autorités ont recensé 4.785 nouveaux cas pour un total de 942.106 depuis le début de l'épidémie.

En Europe, certains pays montrent également des signes préoccupants. Le nombre de cas confirmés en Allemagne a grimpé à 228.621, 1.707 de plus que la veille selon l'Institut Robert Koch (RKI) pour les maladies infectieuses. Dix décès supplémentaires ont été déplorés pour un total de 9.253 morts.

La France a enregistré 3.776 cas confirmés de plus en 24 heures, a annoncé hier l'agence Santé Publique France (SPF). Il s'agit du niveau quotidien le plus élevé depuis la fin du confinement. SPF avait recensé 2.238 cas mardi. 4.806 patients atteints du covid sont actuellement hospitalisés, 17 de moins que mardi. Le nombre de patients en réanimation a diminué, passant à 374 contre 380. Le nombre de décès depuis le début de l'épidémie atteint 30.468, dont 19.957 en milieu hospitalier, une hausse de 162 en 24 heures.

La Chine a recensé sept nouveaux cas au cours des vingt-quatre dernières heures. Selon les autorités locales, il s'agirait une fois encore de cas importés. Aucun décès supplémentaire n'a été déploré. Selon les données officielles, 84.895 cas ont été confirmés dans le pays depuis l'émergence du virus, pour 4.634 décès.

Donald Trump, lui, ne cesse de pointer du doigt la responsabilité de la Chine et mentionne fréquemment le "virus chinois". Les tensions sino-américaines s'étalent par ailleurs sur différents fronts ces dernières semaines.

Le département d'Etat américain a informé Hong Kong de la suspension ou de l'annulation de trois accords bilatéraux, en réponse à l'instauration, à l'initiative de la Chine, d'une nouvelle loi de sécurité nationale répressive. Pékin a répliqué rapidement. Le ministère chinois des affaires étrangères a indiqué que l'ancienne colonie britannique suspendrait certaines coopérations judiciaires avec les Etats-Unis. Trump a ordonné le mois dernier à son administration de mettre fin au traitement préférentiel accordé à Hong Kong afin de punir la Chine pour ses "actes d'oppression".

La Chine indique par ailleurs qu'elle prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger les intérêts de ses entreprises, suite à l'alourdissement des mesures contre Huawei, alors que l'administration Trump a étendu les restrictions annoncées en mai pour empêcher le géant télécom chinois d'obtenir des semi-conducteurs sans autorisation spéciale et a ajouté une quarantaine de ses filiales à sa liste noire.

Valeurs en hausse

Accor (+2,2%). Créer le leader mondial de l'hôtellerie, devant Marriott ! C'était peut-être le projet du Français étudié ces derniers mois et qui mettait en jeu une fusion avec le britannique Intercontinental Hotels Group (IHG). 'Le Figaro' qui révèle l'information ce matin explique que le projet n'est pas allé jusqu'au bout puisqu'Accor n'aurait même pas approché le britannique. Citant des sources non identifiées, le journal écrit que le PDG d'Accor, Sébastien Bazin, a créé début juin une équipe dédiée à ce projet, avec son directeur financier, Jean-Jacques Morin, et les banques d'affaires Centerview et Rothschild.

Bone Therapeutics (+1,7%) a reçu une subvention de 0,6 ME de la part de la Région Wallonne pour la recherche et les premières étapes préparatoires du développement clinique de BT-20, son nouveau produit de thérapie cellulaire allogénique prêt à l'emploi. L'objectif de cette étude de phase I sera d'évaluer le potentiel thérapeutique de BT-20 pour l'amélioration de la santé et du fonctionnement des poumons des patients souffrant de SDRA lié à la Covid-19, et pour la réduction de la mortalité.

Neoen (+0,7%) a remporté plus de 55 MWc dans le cadre du premier appel d'offres gouvernemental photovoltaïque en Irlande. Neoen et son partenaire BNRG, développeur solaire basé à Dublin, ont remporté, à titre provisoire, plus de 55 MWc. Les résultats formels seront publiés en septembre. Cette puissance est répartie en 3 projets situés dans plusieurs communes autour de Hilltown, Millvale et Hortland. La mise en service des centrales est prévue pour le second semestre 2021.

Ailleurs sur le marché, Covivio prend 3,2%, Icade remonte de 2,6%, Klépierre de 2,5% et Gecina de 2,2%.Unibail-Rodamco-Westfield, malmené depuis plusieurs jours sur des rumeurs d'augmentation de capital, se redresse de 2,9%.

Valeurs en baisse

Alstom (-1,6%). La commission australienne de la concurrence et du consommateur (ACCC) a annoncé jeudi qu'elle ne s'opposerait pas au rachat par Alstom de la division ferroviaire de Bombardier.

TechnipFMC (-3,5%) a fait part d'un important contrat dans le cadre d'un appel d'offres piloté par Petrobras, leader et opérateur du Consortium Libra. Ce consortium a été formé par Petrobras, Shell Brasil, Total, CNPC, CNOOC Limited et Pré-sal Petróleo SA (PPSA), pour le champ pré-salifère Mero, situé dans le bassin de Santos, au large du Brésil, à 2100 mètres de profondeur. TechnipFMC évoque un "grand" contrat, ce qui signifie que sa valeur se situe entre 500 millions de dollars et 1 milliard de dollars.

CBo Territoria (-1,5%). Le chiffre d'affaires du 1er semestre 2020 est de 37,8 ME, soit -21,9%. Dans la partie foncière, les revenus sont de 10,5 ME, en baisse de 2,2%, un recul lié aux cessions en bloc de logements avec une bonne résilience face à la crise sanitaire. Pour ce qui est de la promotion, les ventes sont en repli de 27% à 25,7 ME avec un report sur les 12 prochains mois d'une partie de l'activité suite au confinement. La société indique ne pas ressentir de désistements.

SES (-1,2%) a choisi SpaceX comme partenaire pour lancer les quatre satellites O3b mPOWER récemment commandés, destinés à son système de communication en orbite terrestre moyenne (MEO) de nouvelle génération. Tout comme les sept premiers satellites O3b mPOWER, ces quatre satellites supplémentaires seront lancés dans l'espace à bord de fusées Falcon 9 depuis Cap Canaveral. Quatre fusées Falcon 9 seront utilisées au total pour déployer tous les satellites O3b mPOWER.

Eramet chute ce soir de 5,6%, Renault de 4,9%, DBV de 4% et Faurecia de 4% également. Plastic Omnium, TF1, Veolia, Peugeot et AKKA abandonnent plus de 3% en fin de séance.

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