Clôture Paris : le CAC termine la semaine par un plongeon

Clôture Paris : le CAC termine la semaine par un plongeon
Vue générale du Palais Brongniart, place de la bourse.

Boursier.com, publié le vendredi 06 mars 2020 à 18h00

Les indices boursiers européens ont décroché ce vendredi, accélérant leur correction de la veille. Le CAC 40 a abandonné finalement 4,14% à 5.139 points. Il s'agit d'un nouveau plus bas annuel pour l'indice parisien, en déclin de 14% depuis le début de l'année. La correction est même de 16% par rapport aux récents plus hauts de 6.111 points qui ne datent que d'environ 2 semaines !

Après la Fed cette semaine, les investisseurs attendent une éventuelle baisse du taux de dépôt de la Banque centrale européenne lors de sa réunion de politique monétaire jeudi prochain, mais beaucoup d'intervenants de marché doutent de l'efficacité d'une telle mesure.

La cote américaine n'en finit plus de s'enfoncer. Après le plongeon de la veille (-3,58% sur le DJIA et -3,10% pour le Nasdaq), la tendance ce vendredi demeure pour l'heure baissière, le S&P500 régressant de 2,2% et le Nasdaq de 2,3%. Le Dow Jones trébuche de 1,8%. Visiblement, les marchés n'écoutent pas Donald Trump, qui vient d'estimer pourtant qu'un rebond serait probable. L'indice dollar régresse de 1% à 95,9 environ face à un panier de devises de référence. L'euro pointe à 1,1318$ (+0,7%). L'once d'or se stabilise à 1.668$.

Le baril de brut WTI chute de 8% à 42,2$ sur le Nymex, alors que le Brent de la mer du Nord abandonne 8,1% à 46$. Les membres de l'Opep et la Russie n'ont pas réussi à sceller un accord à Vienne concernant la production de pétrole. L'Opep+ publie ce soir un communiqué ne mentionnant donc pas de réduction de production, mais indique que les pays producteurs de pétrole vont poursuivre les consultations afin de stabiliser le marché. L'Opep désirait une baisse additionnelle de production de 1,5 million de barils par jour jusqu'à la fin de l'année, mais la Russie s'y est refusée.

D'après le Département américain au Travail ce vendredi, les créations de postes non-agricoles aux États-Unis pour le mois de février 2020 sont ressorties au nombre de 273.000, contre 177.000 de consensus de place et 273.000 pour le mois antérieur. La précédente lecture du mois de janvier a donc été revue de 225.000 à 273.000. Le taux de chômage a reculé pour sa part à 3,5%, contre 3,6% de consensus et 3,6% un mois plus tôt. Les créations de postes dans le privé sont ressorties au nombre de 228.000, contre 155.000 de consensus. Le taux de participation à la force de travail s'est établi à 63,4%, en ligne avec les attentes de marché. Le salaire horaire moyen a augmenté comme prévu de 3% en glissement annuel et +0,3% par rapport au mois antérieur.

Le déficit commercial du mois de janvier 2020, qui vient aussi d'être annoncé, est ressorti à 45,3 milliards de dollars, contre un consensus de -46,1 milliards et un niveau révisé à -48,6 milliards pour le mois antérieur.

Rappelons que les marchés spéculent désormais sur une baisse des taux d'un demi-point supplémentaire à l'issue de la prochaine réunion monétaire de la Fed programmée les 17 et 18 mars.

La Fed avait rappelons-le surpris mardi en réduisant ses taux d'un demi-point. La situation exceptionnelle née de la crise sanitaire du coronavirus Covid-19 aura apparemment alerté les autorités monétaires américaines, qui ont donc abaissé les taux d'un demi-point sur les 'fed funds', entre 1 et 1,25%. Selon le communiqué de la Banque centrale américaine publié mardi, les fondamentaux de l'économie des Etats-Unis restent solides, mais l'épidémie de coronavirus fait peser des risques sur l'activité. Compte tenu de ces risques et afin d'assurer l'emploi maximal et la stabilité des prix, le Federal Open Market Committee a décidé de réduire ses taux de 1/2 point de pourcentage. Le Comité dit par ailleurs surveiller attentivement les développements et les implications en termes de perspectives économiques, et utilisera ses outils pour agir de manière appropriée afin de soutenir l'économie.

Jerome Powell, président de la Fed, a assuré de la solidité de l'économie américaine, mais expliqué que les banquiers centraux américains, observant la propagation de l'épidémie, avaient jugé qu'il était temps d'agir. "Nous avons observé la propagation du virus... Nous avons perçu un risque pesant sur les perspectives économiques et avons choisi d'agir". En effet, les risques auraient évolué de manière significative... La Fed demeure prête à utiliser ses outils pour agir de manière appropriée, selon les événements à venir.

L'épidémie de coronavirus Covid-19 poursuit son expansion hors de Chine. Environ 100.000 cas ont déjà été détectés à travers le monde depuis le début de l'épidémie dans 85 pays - le seuil des 100.000 aurait même été dépassé selon un décompte Reuters. Plus de 3.300 personnes ont succombé au virus.

Aux Etats-Unis, trois Etats ont désormais déclaré l'état d'urgence et de nombreuses fermetures d'écoles sont rapportées, à Seattle en particulier. Les entreprises sont par ailleurs nombreuses à demander à leurs employés de télétravailler. Trump a reconnu que l'économie américaine allait souffrir du virus. A New York, plus de 2.700 personnes sont en quarantaine. A San Francisco, Facebook et Google ont demandé à leurs salariés de travailler à la maison. A Seattle, Microsoft, Google, Facebook et Amazon conseillent aux employés de rester chez eux.

Le système de santé américaine serait mis à rude épreuve selon Bloomberg, qui fait état de problèmes d'approvisionnement et du manque de tests... Pourtant, selon Reuters, qui cite des responsables américains, les Etats-Unis s'estiment en mesure de tester 400.000 personnes d'ici à la fin de la semaine... Le Sénat a validé hier un financement d'urgence de 8,3 milliards de dollars pour combattre le virus, qui vient d'être signé par Donald Trump à la Maison blanche. Les Etats-Unis comptent 230 cas et 12 morts.

En Chine, la province du Hubei... n'a pas rapporté de cas durant les dernières 24 heures en dehors de Wuhan, épicentre initial de l'épidémie. Des experts estiment que le nombre de nouveaux cas à Wuhan devrait aussi se rapprocher de zéro d'ici la fin du mois... Le Japon n'a pas l'air totalement rassuré, puisque le pays a décidé de placer en quarantaine tous les visiteurs provenant de Chine et de Corée du Sud. La Corée du Sud, justement, a fait état de 196 nouveaux cas pour un total de 6.284 et 42 morts.

En Italie, le gouvernement a fortement renforcé ses aides financières, l'épidémie poursuivant à grande vitesse sa propagation après avoir fait déjà 148 morts. Un premier cas d'infection a été identifié par les services de santé du Vatican.

En Iran, les informations relatives à l'étendue de l'épidémie sont peu claires...

La situation se détériore par ailleurs dans de nombreux pays tels que la France (154 cas et deux morts supplémentaires, 577 cas au total) ou l'Australie (première école fermée), ainsi qu'au Royaume-Uni (premier décès).

Valeurs en hausse

Air France-KLM s'est redressé de 3,3% en fin de journée avec le plongeon des prix du pétrole. Notons que KLM, branche néerlandaise du groupe, va annuler plusieurs vols vers l'Italie au cours de la semaine prochaine du fait de la propagation locale du coronavirus.

Europcar Mobility Group (+4,5%) et Renault (+1%) ont aussi bénéficié de sursauts d'orgueil en fin de journée.

Eutelsat (+2%). T. Rowe Price Associates, Inc. (Baltimore, Maryland, Etats-Unis), agissant pour le compte de fonds et de clients dans le cadre de mandats de gestion, a déclaré à l'Autorité des marchés financiers avoir franchi en hausse, le 27 février 2020, les seuils de 5% du capital et des droits de vote de la société Eutelsat Communications et détenir, pour le compte desdits fonds et clients, 5,06% du capital et des droits de vote. Ce franchissement de seuils résulte d'une acquisition d'actions sur le marché.

JCDecaux (+0,8%) sauve l'honneur, se redressant sur ses plus bas de sept ans, alors que le groupe anticipe désormais une décroissance organique de 10% au premier trimestre... Les derniers avis de brokers sont prudents, à l'image de celui d'Oddo BHF qui reste à l'achat mais avec un objectif de cours ramené de 34 à 30 euros. Barclays reste de son côté à 'sous-pondérer' avec un cours cible de 23,50 euros.

Neurones se stabilise à 21 euros après de bons résultats annuels. Le résultat opérationnel 2019 de Neurones progresse de 16,8% à 47,1 ME et représente 10,5% du chiffre d'affaires et 9,6% hors plus-value. En croissance de 18,9%, le résultat net s'est établi à 35,2 ME, soit 6,9% du chiffre d'affaires.

Valeurs en baisse

TechnipFMC abandonne 8,1% avec les cours du brut, alors que Total chute de 4,9%.

Airbus dévisse de 7,6%, après avoir fait état hier d'un mois de février sans commandes, qui fait tout de même - fort heureusement - suite à un excellent mois de janvier 2020.

Schneider recule de 6,3%. BNP Paribas (-4,9%) et Société Générale (-6,1%) souffrent, tout comme Carrefour (-5,7%), Vinci (-6%), Bouygues (-6%) ou Safran (-5,6%).

Vallourec tombe de 14,1%, accentuant la correction sectorielle.

CGG plonge de 11,9%. Le groupe a publié pour son quatrième trimestre un EBITDAs des activités conforme aux attentes de marché, à 206 M$ contre 204 M$ de consensus de place. Le groupe table sur une marge 2020 d'Ebitda d'environ 50% et un cash flow net de 175 à 200 M$. Le management se dit confiant dans l'atteinte des objectifs 2021. Pour 2020, le CA est attendu en croissance à un chiffre en milieu de fourchette, par rapport à un chiffre d'affaires 2019 retraité de 50 M$ des commissions de transferts exceptionnels et compte tenu d'un impact limité du Coronavirus (COVID-19).

LVMH et Kering cèdent respectivement 3,8% et 3,6% à la clôture.

EssilorLuxottica perd 3,9%. Les objectifs financiers du groupe pour 2020 supposent que l'épidémie de COVID-19 se résorbe dans les prochains mois. Sous cette hypothèse, et hors impact de GrandVision, EssilorLuxottica s'attend à une croissance de ses ventes et de ses résultats.

Bonduelle (-3,3%) a réalisé au 1er semestre un chiffre d'affaires de 1,442 MdE en hausse de 2,5%, ou +0,6% en données comparables. Les effets de change contribuent pour 1,9% à la croissance publiée du semestre avec le renforcement des dollars américain et canadien et du rouble russe. Le groupe affiche un résultat opérationnel courant à 57,2 millions d'euros soit une variation de -6,2% en données publiées et -8,3% en données comparables.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.