Clôture Paris : le CAC40 accélère avec Trump et LVMH

Clôture Paris : le CAC40 accélère avec Trump et LVMH
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Boursier.com, publié le jeudi 10 octobre 2019 à 18h00

LA TENDANCE

Sans direction claire en début de journée, le CAC40 a appuyé sur l'accélérateur en fin de séance pour clôturer sur une notre très positive, en hausse de 1,27% à 5.569 points. Le déclic est venu en milieu d'après-midi d'un tweet plutôt encourageant de Donald Trump sur la question du commerce. Le président américain a annoncé qu'il allait recevoir le vice-Premier ministre chinois Liu He demain à la Maison blanche. Un signal très positif, qui souligne la volonté de Pékin et de Washington d'avancer en vue d'un accord sur leurs échanges commerciaux, même s'il convient bien sûr de rester prudent, les rebondissements dans ces négociations sino-américaines ayant été nombreux ces derniers mois.
Selon des informations de presse, la Chine serait désireuse de parvenir à un accord partiel dans le cadre du nouveau round de négociations qui s'est ouvert aujourd'hui. Pékin entend stopper la dégradation de son économie. En cas d'échec de cette nouvelle série de pourparlers, Washington a prévu de relever dès le 15 octobre les taxes sur l'importation de 250 milliards de dollars de marchandises chinoises, puis d'instaurer des droits de douane sur la totalité des biens chinois importés en décembre. Si Washington renonçait à ces nouvelles taxes, Pékin serait prêt à des concessions, notamment sous la forme d'achats de produits agricoles américains, selon des sources citées par le 'Financial Times'. La Chine ne serait cependant pas disposée à avancer sur des dossiers plus fondamentaux, pourtant chers à Washington, à commencer par une réforme de la politique industrielle chinoise, ainsi que la question des subventions d'Etat.
Sur le front des valeurs, LVMH a très bien lancé la saison des trimestriels avec une nouvelle publication de grande qualité.

ECO ET DEVISES

En Europe, les ministres des Finances de l'Union européenne sont parvenus à un accord sur les conditions de mise en oeuvre d'un budget de la zone euro qui entrera en vigueur en 2021. Ce budget sera doté d'environ 17 milliards d'euros et sera consacré à l'investissement et au soutien aux réformes économiques. Ce montant correspond à la part allouée à la zone euro sur les 25 MdsE que la Commission européenne propose de consacrer aux réformes économiques dans l'UE.

Aux Etats-Unis, l'indice des prix à la consommation du mois de septembre 2019 est ressorti comme prévu stable en comparaison mois précédent (soit +1,7% en glissement annuel). Hors alimentaire et énergie cette fois, le 'CPI' a augmenté de 0,1% par rapport au mois antérieur, contre +0,2% de consensus. Il s'affiche en croissance de 2,4% en glissement annuel. Un mois plus tôt, le CPI était ressorti en croissance de 0,1% (+0,3% hors alimentation et énergie).

Le Département américain au Travail a annoncé pour sa part les chiffres des inscriptions au chômage, qui ressortent au nombre de 210.000 pour la semaine close au 5 octobre 2019, contre un consensus de 219.000 et un niveau de 220.000 une semaine auparavant.

VALEURS EN HAUSSE

* LVMH s'est adjugé 5,6% à 376,85 euros. Le numéro un mondial du luxe a encore une fois dépassé toutes les attentes au troisième trimestre, faisant fi des tensions à Hong Kong ou du ralentissement de la croissance mondiale. Sur les trois mois clos fin septembre, le propriétaire des marques Louis Vuitton, Dior, Bulgari ou Sephora a réalisé des ventes de 13,3 milliards d'euros, en croissance de 17% en publié et de 11% en organique. Le consensus était positionné à 9% en données comparables.

* Kering et Hermès ont grimpé respectivement de 4,2% et 1,3% dans le sillage de LVMH. Le numéro un mondial du luxe a encore une fois fait forte impression au troisième trimestre, ne montrant aucun signe de fléchissement malgré les craintes pesant sur la croissance mondiale et les manifestations géantes qui secouent Hong Kong depuis plusieurs mois. RBC évoque une performance impressionnante pour la division 'Mode & Maroquinerie' de LVMH, qui devrait apaiser les inquiétudes des plus pessimistes alors que l'ancienne colonie britannique est un marché clef pour le secteur.

* Saint-Gobain a bondi de 4,1% à 35,24 euros, bien aidé par une note de Morgan Stanley. La banque américaine explique que le groupe offre une exposition à des marchés finaux attrayants, une bonne implantation régionale tandis que la restructuration organisationnelle devrait soutenir la marge. De quoi passer de 'sous-pondérer' à 'surpondérer' en visant 42 euros, contre 37,5 euros précédemment. Compte tenu des incertitudes pesant sur le marché de la construction, le courtier apprécie l'exposition élevée du groupe à la rénovation et aux infrastructures, et sa faible dépendance aux nouveaux marchés résidentiels. Enfin, MS estime que la valeur est la dernière vraie action 'value' après la sous-performance du titre au cours des deux dernières années.

* Plastic Omnium a rebondi de 6,8% à 22,29 euros. L'onde de choc du "profit warning" réalisé hier par l'équipementier n'est pourtant toujours pas dissipé. En témoigne l'ajustement d'objectif réalisé ce jour par JPMorgan. Le bureau de recherche a ramené de 26 à 24 euros sa 'fair value' sur le dossier et reconduit sa recommandation "neutre". Il emboîte le pas à Oddo BHF, dont le cours cible a été abaissé 30 à 25 euros, avec une opinion "achat" malgré tout reconduite.

* Le compartiment des équipementiers automobiles a été recherché, dans le sillage des annonces sur les négociations sino-américaines sur le commerce. Valeo s'est adjugé 3,8% à 30,19 euros et Faurecia a grappillé 3,2% à 41,84 euros.

* Neoen (+0,4% à 22,95 euros). Le courant acheteur est galvanisé par le changement de recommandation de Clémence Blenck, analyste à Société Générale, passée à l'achat sur le spécialiste des énergies renouvelables avec un cours cible fixé à 27,5 euros, dans le haut de la fourchette des objectifs des brokers. Le consensus reste malgré tout globalement neutre sur Neoen avec une majorité d'opinions "conserver" sur le dossier. Il est vrai que le producteur indépendant d'énergie verte affiche une hausse de plus de 20% depuis le début de l'année, proche de sommets historiques.

* Renault (+0,6% à 50,80 euros). Le remplacement du directeur général de Thierry Bolloré, ancien bras droit de Carlos Ghosn, se profilerait bien à l'horizon, selon des sources concordantes. Ainsi, mercredi soir, une source au sein de l'Etat français a confirmé à l'agence 'Reuters' que Jean-Dominique Senard, président de Renault, envisageait de proposer au conseil d'administration de trouver un successeur à M. Bolloré.

* Legrand a avancé de 0,2% à 65,66 euros, proche de sommets historiques. L'actualité sur l'équipementier électrique est à chercher dans une initiation de couverture d'analyste. Bryan, Garnier & Co a débuté le suivi en adoptant une recommandation "neutre" et en fixant sa 'fair value' à 70 euros. Le bureau de recherche apprécie la stratégie de renforcement progressif dans les infrastructures digitales, principal levier d'accélération du développement du groupe, mais estime l'action bien valorisée : "Le marché semble avoir bien anticipé les perspectives de croissance et la valeur se traite d'ailleurs toujours avec une certaine prime face au secteur des biens d'équipement. Enfin, les incertitudes sur la macro mondiale pourraient pénaliser le titre", argumente BG dans son étude.

VALEURS EN BAISSE

* Valbiotis a décroché de 16,9% à 2,41 euros. Le groupe lance une augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription des actionnaires d'un montant maximum de 7,2 ME, pouvant être porté à 8,3 ME en cas d'exercice de la clause d'extension. Par ailleurs, quel que soit le montant final de l'offre, la société indique qu'elle sera confrontée à de nouveaux besoins de financements pour a minima finaliser le programme clinique de Valedia afin de pouvoir déposer une demande d'allégation santé auprès des autorités compétentes (Europe et États-Unis).

* Bastide (-3,1% à 36,10 euros) après avoir dévoilé ses résultats annuels. Les comptes 2018-2019 se caractérisent par une amélioration de la rentabilité opérationnelle courante et une baisse du résultat net, impacté par diverses charges non récurrentes et par l'ajustement comptable de la juste valeur des compléments de prix, pour 6,4 ME, lié principalement à la surperformance de Baywater au Royaume-Uni.

* Pernod Ricard a piqué du nez (-1,1% à 170,4 euros), sur des prises de bénéfices. Le groupe de spiritueux a annoncé hier la finalisation de l'acquisition de Castle Brands propriétaire entre autres du bourbon Jefferson's, pour 223 millions de dollars. Côté analystes, AlphaValue a réitéré son conseil 'accumuler' avec un objectif ajusté à la marge, de 187 à 186 euros.

* Atari ne parvient toujours pas à se stabiliser (-1,4% à 0,28 euros), pénalisé par les informations sur l'avenir de sa console Atari VCS. Mardi, le sulfureux site britannique d'actualité technologique 'The Register' indiquait que l'architecte de la console rétro, Rob Wyatt, aurait tout simplement quitté le projet. Ce à quoi Atari a répondu en affirmant que le projet se poursuivait selon son calendrier précédemment annoncé.

* Toujours dans l'univers des jeux vidéo, Ubisoft a repris le chemin de la baisse (-2,3% à 56,88 euros), les investisseurs s'inquiétant du démarrage commercial du jeu à gros budget Ghost Recon Breakpoint, cible de quelques critiques. Sur le front des analystes, AlphaValue a débuté le suivi de l'éditeur avec un avis "achat" et un cours cible de 80,6 euros.

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