Clôture Paris : le CAC40 perd 1,57% avec les banques

Clôture Paris : le CAC40 perd 1,57% avec les banques©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 03 avril 2020 à 18h00

LA TENDANCE

Le CAC40 a reperdu 1,57% à 4.154 points ce vendredi, alors que les marchés européens font face à de nouveaux indicateurs économiques qui confirment l'étendue de la crise actuelle... Les avertissements des entreprises se poursuivent à haut débit et les dividendes qui étaient attendus dans les prochaines semaines se volatilisent. Sur la semaine, la correction ressort à 4,5%.
Wall Street recule aussi nettement en cette fin de semaine, sur fond de nouveaux chiffres catastrophiques de l'emploi américain. Les inquiétudes autour de la pandémie de Covid-19 et ses conséquences autant sanitaires qu'économiques restent très fortes dans les salles de marché.

ECO ET DEVISES

Après l'annonce d'un doublement des inscriptions au chômage la semaine dernière, les chiffres mensuels de l'emploi américain promettaient le pire, même s'ils ne portent pas totalement la trace de la pandémie de coronavirus puisque l'enquête du Département américain au Travail a été réalisée avant que la majorité des mesures de confinement soient mises en place aux Etats-Unis. Il n'en reste pas moins que 701.000 emplois non-agricoles ont été détruits le mois dernier, un niveau nettement supérieur aux 100.000 éliminations d'emplois attendues par le consensus de place. Il s'agit des premières destructions de postes depuis 2010 aux Etats-Unis !

Le taux de chômage a de son côté bondi de 3,5% à 4,4%, contre 3,8% de consensus. Les suppressions d'emploi dans le privé sont ressorties au nombre de 713.000, contre -163.000 de consensus. Le taux de participation à la force de travail s'est établi à 62,7%, contre 63,3% attendu par le marché. Enfin, le salaire horaire moyen a augmenté de 3,1% en glissement annuel et +0,4% par rapport au mois antérieur.

Selon des prévisions publiées par le Congressional Budget Office (CBO) aux Etats-Unis, le taux de chômage dans le pays pourrait dépasser les 10% au deuxième trimestre et la contraction du PIB atteindre plus de 7% en conséquence de la pandémie. Les économistes de Bank of America estiment que près de 20 millions d'emplois pourraient être supprimés au cours des deux prochains mois en raison de l'épidémie, ce qui entraînerait un taux de chômage maximum de 15,6%. Toujours sur le front macroéconomique, les indices ISM et PMI des services du mois de mars seront dévoilés cet après-midi...

Après être tombés sur des niveaux oubliés depuis 18 ans, les cours du brut poursuivent leur rebond à 33$, dopés par l'espoir d'un accord entre pays producteurs et les dernières déclarations du président américain, qui s'attend à un compromis sur la production entre la Russie et l'Arabie saoudite dans les prochains jours. Hier, le baril de Brent a pris jusqu'à 47% en séance, un record !
Par ailleurs, selon 'Bloomberg', l'Opep+ organiserait une réunion 'en ligne' d'urgence lundi. L'agence, qui cite deux délégués du cartel, précise que le rendez-vous sera ouvert à tous les producteurs, et pas seulement aux membres de l'organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés habituels. La liste des participants est cruciale dans la mesure où l'Arabie Saoudite a clairement indiqué qu'elle ne réduira sa production que si d'autres pays, dont les États-Unis, assument une partie du fardeau.

En France, les indices PMI IHS Markit de mars signalent une baisse sans précédent de l'activité dans le secteur des services. Les nombreux arrêts d'activité et fermetures d'établissements ont entraîné la plus forte contraction du volume des nouvelles affaires de l'histoire de l'enquête, surpassant largement le précédent record enregistré au plus fort de la dernière crise financière mondiale en 2009. L'effondrement de la demande mondiale s'est traduit par une baisse considérable du volume des nouvelles affaires à l'export tandis que les prestataires de services français ont procédé à la plus forte réduction de leurs effectifs depuis janvier 2013, souligne IHS Markit. L'indice titre IHS Markit de l'activité commerciale s'est ainsi effondré par rapport à son niveau de février (52,5) pour afficher, à 27,4 en mars (29 en première estimation), son plus bas niveau historique.
L'euro retombe ce soir sur les 1,08/$ entre banques.

VALEURS EN HAUSSE

TFF : +10,8% avec Chargeurs (+10%) et Gensight

Carrefour (+6%) profite de son positionnement défensif.

Lumibird : +5% avec Tarkett, Eutelsat, Abivax, Guerbet

ILiad : +4% avec Publicis, Euronext, Genfit

Spie : +3,5% suivi de Ubisoft, Manitou

Sanofi (+2,5%) a annoncé que les résultats de l'essai pivot de phase III montrent que Dupixent (dupilumab), en association avec un traitement standard par corticoïdes topiques chez des enfants âgés de 6 à 11 ans souffrant de dermatite atopique sévère non contrôlée, a permis d'atténuer significativement les signes et symptômes de la maladie et d'améliorer la qualité de vie liée à la santé. Sanofi et Regeneron avaient annoncé les premiers résultats de cet essai en août 2019.

Air Liquide : +2% avec EDF, Stef et Imerys

Air France KLM : +1,5% avec Nexans, Casino, Mersen, Schneider, Hermes, Séché

VALEURS EN BAISSE

Natixis (-18,7%) emmène le reste des financières. BNP Paribas (-5%) a rejoint jeudi les autres grandes banques françaises qui ont renoncé à verser un dividende, sous la pression de la BCE, afin d'être mieux armées pour lutter contre la crise du coronavirus. CNP (-9%) Société Générale (-8%)

Showroomprivé (-14,5%) se dit impacté sur l'ensemble de ses activités, y compris internet et média, compte tenu notamment des perturbations sur la chaîne d'approvisionnement. L'activité du groupe demeure en effet étroitement liée aux conditions de livraison et d'approvisionnement dans les pays où le groupe opère. Le groupe entend ainsi limiter dans la mesure du possible l'impact de la baisse d'activité sur sa rentabilité, la projection d'amélioration progressive de la marge d'Ebitda étant logiquement suspendu compte tenu du manque de visibilité actuelle.

Elis : -8% avec IPSEN, Safran, Solocal, Atari

Rexel : -5,5% avec Klepierre, Synergie, Veolia, TechnipFMC

AXA : -4% avec Faurecia, Valeo, FDJ et Elior

Ingenico : -4% avec Capgemini

Getlink (-3,8%) a décidé, "par prudence, et compte tenu d'une tendance générale" de ne pas proposer le paiement en 2020 du dividende au titre de l'exercice 2019.. La société a en outre mis à temps partiel 2 339 salariés français et travaille sur un schéma équivalent pour les salariés britanniques. "Cette décision, réversible, correspond à la baisse sensible du trafic passagers, mais à la relative bonne tenue du trafic vans et camions", explique l'ex Eurotunnel. Par solidarité Jacques Gounon a proposé que son salaire soit réduit pendant que cet effort est demandé aux salariés.

Accor (-3,4%) : plus de la moitié des hôtels sous enseigne sont fermés et deux tiers devraient l'être dans les semaines à venir. La seule bonne nouvelle dans cet environnement concerne le marché hôtelier chinois, avec une reprise progressive des taux d'occupation et de l'activité de restauration.

Rémy Cointreau (-2,4%) estime que son chiffre d'affaires pour l'année fiscale 2019/20 à fin mars 2020, sera en baisse d'environ 9% en publié, et de 12% en organique. Ces attentes impliquent un repli organique d'environ 26% au 4ème trimestre, malgré un excellent début de Nouvel An chinois en janvier et une bonne résilience de l'activité e-commerce depuis le début de l'épidémie en Chine. Par conséquent, le groupe anticipe un Résultat Opérationnel Courant en repli de 20% à 25% en publié et de 25% à 30% en organique, pour l'année fiscale 2019/20. Le groupe observe actuellement quelques améliorations en Grande Chine, où la plupart des magasins ont réouvert, ainsi que certains restaurants et bars.

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